Super. Vous auriez l’article complet du site, parce que le résumé .... J’aimerai voir la statistique concernant le bâtiment seul ou l’industrie oléique seule.
Du point de vue de la personne, entre toucher une retraite de misère ou un chomage de misère, je ne vois pas ce que ca change. C’est toujours un revenu de misère.
Par ailleurs, sur le problème du nombre de chomeurs ou de retraités, ca ne change pas grand chose non plus : le jour où on ne peut plus payer, c’est la catastrophe, que ces personnes soient des chômeurs ou des retraités.
Mais le chômage est une situation réversible, contrairement à la retraite.
Ce qu’on peut se poser comme question, concernant ce mécanisme de retraite, c’est s’il n’a pas grandement facilité la vie de l’Etat grec, qui a probablement dû pouvoir présenter un taux de chômage inférieur à ce qu’il aurait dû déclarer si ces jeunes retraités n’avaient pas pû prendre leur retraite.
Même les pays les plus sociaux sont revenus sur ce principe simpliste qui consiste à mettre à la retraite quelqu’un pour libérer un travail pour un jeune.
Philou « Vous faites une pure projection sans réalité »
??????????
Je vous décris la situation de l’emploi en Grèce. Et comme je suppose que vous n’avez pas forcément conscience de ce que cela représente, je vous donne une équivalence en nombre de personnes si la France était la Grèce.
Je ne prétends pas que ce soit ni la réalité en France, ni le devenir en France. C’est juste une équivalence permettant de réaliser plus facilement ce qu’à l’échelle de la Grèce ce mécanisme implique.
En Grèce, selon la CCI franco-hélénique (tout à l’heure, j’ai dit helvétique, par habitude, désolé), c’est entre 10 et 15% de la population active qui peut bénéficier de ce mécanisme de retraite anticipée (passage en retraite restreinte 12 avant l’âge. En France, ce mécanisme concerne moins de 1% de la population active.
Par ailleurs, vous me reparlez de l’age moyen, alors qu’avec lemexicain, suite à la recherche que j’ai faite, j’ai moi-même convenu que l’erreur déclaré par l’auteur était en fait l’inverse : que les journaux ont parlé d’age moyen, alors qu’il s’agissait d’ages légaux permettant l’ouverture des droits retraites. La Grèce revient sur ce mécanisme de prise de retraite à 53 ans.
A noter, par ailleurs, que l’observatoire des retraites vous donnent les chiffres public-privé confondu : en France, hors fonction publique, l’age moyen de la retraite est à un poil plus de 61 ans, selon les données de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (et qu’on retrouve dans le rapport de la Cour des Comptes).
L’Agirc et l’Arrco ne disposent pas des données brutes concernant les salariés non Agirc ni Arrco (un minuscule problème de CNIL). Pour le chiffre cumulé public-privé, la CNAV publie le même.
Pti Ludo : que ces personnes soient en retraite ou au chomage, ca ne change pas grand chose à la paupérisation du pays. Mais le chomage est réversible : meme si un seul chomeur de 50 ans retrouve un travail, c’est toujours une personne de moins à la charge de l’Etat. Alors qu’un retraité ...
Philou
la retraite anticipée, en France, est très limitée. Il faut avoir commencer à travailler avant 16 ans, et avoir la totalité de ces annuités. Ca concerne un volume très limité de personne, du fait 1) de l’encadrement du travail (dans les années 60), 2) du décompte par trimestre.
L’ancienne préretraite n’existe plus, elle a été remplacé par le FNE (uniquement pour les licenciements économiques), le CATS et le cas spécial des préretraites amiante. Le Cats, c’est une retraite prise en charge par les entreprises. Le FNE concerne les entreprises en difficulté économique, ne peut concerner que les plus de 57 ans, et est financée pour moitié par les entreprises, donc pas uniquement par l’Etat, contrairement au mécanisme grec (qui correspond à la préretraite francaise des années 80, c’est à dire intégralement prise en charge par l’Etat)
Le décompte par trimestre est défavorable au salarié : qu’il travaille 4 jours par semaine ou 6, le trimestre est un trimestre.
En Grèce, on calcule par jour. Du coup un salarié à 4j par semaine ne cumule pas aussi vite qu’un salarié à 6j par semaine.
Prenez un salarié travaillant 6j par semaine, ce qui n’est pas rare. Il peut déclarer 300j par an. A ce rythme, il lui faut de 25 ans (travailleur dans un secteur pénible, comme le batiment —> 7500 jours) pour ouvrir ses droits retraites, à 33 ans dans un secteur non pénible. Vous croisez cela avec le niveau d’éducation du pays, qui fait qu’une grosse partie des salariés ont commencé jeune, et vous avez une recette explosive permettant à une part importante de la population d’avoir des droits retraites à un age largement inférieur à l’age légal au sens classique du terme.
Selon la chambre de commerce franco-helvétique, si on regarde dans le secteur secondaire : BTP, siderurgie, transports, 10 à 15% de la population active peut prétendre à la notion de métier pénible. 15% de la population qui aurait droit de demander cette retraite restreinte à 53 ans et pleine à 55. Et on ne parle par de l’agriculture (qui y a droit de fait), et de certains métiers du tertiaire.
C’est comme si en France, on avait 4 à 5 millions de personnes dans le privé qui avaient droit de demander leur retraite 10 ans plus tôt que prévu par le système. C’est énorme.
Lorsque la Suède avait un age légal de la retraite à 63 ans, le taux d’emploi des seniors était plus bas. Pourtant la stratégie sur la qualité du travail était déjà engagée. Par ailleurs cette stratégie pousse les gens à repousser leur demande de retraite, ce ne sont pas les employeurs qui maitrisent ce départ.
Pour un employeur, la seule chose maitrisable c’est : ce futur employé a-t-il ou non ses annuités ? Peut-il décider de prendre sa retraite du jour au lendemain ? Curieusement le taux d’emploi des seniors, en Suède, chute vers 60 ans ... 5 ans avant l’âge légal. Comme en France.
Mais il n’y a aucun lien, vous avez raison. Aucune raison qu’une embauche puisse ne pas avoir lieu pour une raison aussi minime qu’une histoire de risque de départ pour retraite ...