Votre article est passionnant et plein de "bon sens" (une denrée qui se fait rare.) Effectivement, le temps passé à absorber son repas, mais aussi le plaisir de découvrir le goût des aliments sont les deux piliers de la lutte contre l’obésité. Ne disait-on pas "un moine joufflu", consommateur par nécessité et un "fin gourmet", consommateur par plaisir ?
Les défauts que l’on inculque aux enfants (aliments hors des repas, plateau devant la télé) déconnectent l’intellect de ceux-ci de leur corps et leur font prendre les pires habitudes qui soient : le repas est devenu un acte banalisé, et de très complexes mécanismes de rétro-contrôles hormonaux régulant la faim et la sasiété sont dérèglés dès le plus jeune âge. De plus, le cerveau goûte l’émission de télé alors qu’il devrait entièrement être disponible pour le repas.
Je ne suis pas sûr que la "mal-bouffe" soit entièrement imputable à des produits de mauvaise qualité, ou, du moins, qu’ils soient les seuls responsables : l’atmosphère du repas, le temps passé à table, voire à la cuisine (quand les repas sont encore préparés à la maison) comptent peut-être autant que la qualité du produit. Et la foutue télé n’a pas sa place dans cette cuisine : c’est une machine à fabriquer en série des anorexiques ou des obèses.
Au fond (si on peut parler ainsi), la technique est peu différente de celle du Monde : que celui qui réclame son droit soit "psychorigide", "qui a un problème avec l’alcool" ou "caractériel", nous restons dans la transformation morbide d’un désir de justice en un acharnement "procédurier", mot fourre-tout qui permet à un journaliste d’émettre un diagnostic sans risquer un retour de bâton.
J’espère que ledit prof aura eu à coeur de demander un droit de réponse à ce journaliste qui, une fois encore, remet en cause l’autorité de la chose jugée, juste pour le plaisir d’écrire dans le sens du courant, sans se soucier de savoir comment fonctionne une "noble institution" au-dessus de tout soupçon, surtout quand rien ne filtre de la maison.
Il est très difficile de sortir indemne d’une affaire de ce genre, car dans l’opinion, c’est le vieil adage "il n’y a pas de fumée sans feu" qui prévaudra toujours et qui continuera à faire des ravages, parfois longtemps après les faits.
Messieurs les censeurs, vous gagnerez toujours, mais parfois, vous vous couvrirez de ridicule.
Et pourquoi ne descendez-vous pas dans la rue pour changer tout ça ? Le fric n’est pas une denrée rare en France, contrairement à ce que vous essayez de faire croire. Encore faut-il avoir le courage d’aller foutre une bonne trouille aux bourgeois pour qu’ils en lâchent un bon paquet.
Sinon, pour la société de consommation, la pollution, etc..., vous pourrez aller sur le site de l’Institut National de l’Audiovisuel et vous serez peut-être surpris d’apprendre que la protection de l’environnement et l’écologie sont aussi nées en 1968. Idem pour le droit des femmes, pour la liberté d’expression que vous utilisez ici.
Bref, avant de condamner l’héritage de 1968, il conviendrait d’en faire l’inventaire. Ce ne fut d’ailleurs pas un mouvement propre à la France, puisque des événements du même type se sont produits dans des pays aussi divers que les USA, l’Allemagne, la Pologne, la Tchécoslovaquie et bien d’autres...