C’est un bilan global. Donc les recettes indirectes liées aux dépenses sont comptabilisées. Autrement dit le budget est déficitaire sans même comptabiliser le principal (la dette) mais uniquement les intérêts qui augmentent en volume chaque année à cause des emprunts.
C’est un commentaire particulièrement argumenté qui fait plaisir à lire. Pour les détruire vous avez une technique préférée ? Pour le décret, euh... ce serait bien d’élaborer un peu parce que je reste sur ma faim (et que juridiquement par la voie réglementaire ça me semble osé, mais je suis attentif à tout ce qui est innovant).
Hervé, j’apprécie que vous n’ayez pas pris mal mon commentaire et que vous ayez le sens de l’humour.
Même dans ce que vous qualifiez de besoins primaires ou secondaires il y a besoin d’entrepreneurs. Cloisonner uniquement l’entrepreneur dans le secteur du gadget superfétatoire vendu à à coup de marketing, c’est vraiment très réducteur, même si effectivement il y en a.
Beaucoup de progrès ne passent pas par du marketing grand public avec de la pub télé ou du tractage sur les marchés (ça c’est plutôt les politiques) ; énormément d’activités sont liées à du B2B (d’entreprise à entreprise) : le petit entrepreneur qui est fournisseur d’une pièce optimisée à un gros fabricant connu. Bref le consommateur n’est pas forcément dans la boucle directe. C’est la pire des conditions pour ces entrepreneurs car ils dépendent souvent en totalité d’un seul client et de son carnet de commande ou de production, mais quand ça marche bien ils embauchent. Néanmoins - et pour le plaisir de taquiner L.F. - le travail initial a été prépondérant pour se trouver dans cette situation.
Omettre la sous-traitance en ne considérant que ce que perçoit de façon déformée le grand public de l’entrepreneuriat n’est pas très représentatif de la situation réelle. Au delà du CAC 40 et des entreprises capables de payer 100000 € pour 20 secondes de pub pour faire du matraquage, il y a aussi des petits plus discrets qui sont obligés d’innover pour exister (contrairement aux multinationales qui disposent d’une inertie considérable).
Pour l’analogie de la perceuse, déjà je récuse la paternité que vous m’attribuez ! C’est un exemple anglo-saxon classique pour expliquer de façon marquante le marketing moderne (et je vois que vous n’y avez pas été insensible ). Au départ il y a les 4P : product, price, place, promotion c’est le point de vue du fabricant, puis les 4P ont été complétés par les 4C : consumer need, cost, communication, convenience to buy c’est le point de vue du consommateur. Il faut bien sûr que les deux se rejoignent, et ce n’est pas si facile et c’est ce qui fait la différence en avant vente et qui même se fait en amont du produit.
Bien sûr qu’il faut vendre, mais ce n’est pas le travail que d’un commercial mais plutôt d’une entreprise. Ensuite (et heureusement) un produit mauvais a tendance à ne pas se vendre très longtemps, il y a malgré tout un peu de darwinisme dans ce monde de brutes, même si dans ce cas ce sont les salariés qui pâtissent des erreurs de « management ».
Merci pour le simplisme, deux de mes devises préférées sont « small is beautiful » et « keep it simply, stupid » même si j’imagine que ce n’est pas le sens dans lequel vous l’entendez.
Je ne suis pas certain d’avoir tout compris à votre commentaire mais vous avez écrit quelque chose d’intéressant :
« Pour créer des emplois il faut des besoins »
Condition nécessaire mais non suffisante, que je me permets de reformuler ainsi :
« Un besoin latent mais non satisfait peut être à l’origine du travail d’un entrepreneur qui, s’il réussit créera des emplois ».
Le marketing est une composante nécessaire du travail d’une entreprise, sous sa forme moderne on utilise les 4P et les 4C que l’on peut résumer par la célèbre analogie de la perceuse : « vous fabriquez des perceuses, mais vos clients achètent des trous ».
Le marketing c’est de l’avant vente et c’est une stratégie fondamentale de l’entreprise avant la sortie d’un produit, ce n’est pas du commercial. Maintenant résumer un bon entrepreneur à un commercial c’est vraiment très réducteur, il y a deux trois petites choses à connaître en plus, enfin faut mieux. Je vous épargne la liste (et j’ai la flemme de taper).
Pour le reste de votre commentaire vous avez oublié juste un petit truc qui s’appelle l’innovation (de rupture de préférence), bref le progrès.
Alors ne faisons rien puisque l’on est dans le meilleur des mondes.
Juste pour vous rassurer je ne suis pas très rangement
Maintenant sur le travail dit productif, là je suis en total désaccord car vous omettez complètement le cas des immatériels comme un logiciel ou un service. Quel sens a le mot production dans ce contexte ? Quel sens a le mot production quand Foxconn (qui fabrique des gadgets électroniques type iTruc) prévoit de virer 1 million d’employés pour entièrement automatiser ses chaînes d’assemblage (qui le sont déjà pas mal) ?
Aujourd’hui la valeur réside plus dans la conception que dans la production au sens où vous l’entendez, aucun projet industriel nouveau ne peut voir le jour sans être optimisé (comprendre le moins de personnes possible). Et on arrive à des situations où des productions industrielles gigantesques peuvent être assurées par des équipes de quelques personnes. La valeur ajoutée des personnes assurant la production est énorme selon les calculs classiques mais le mérite revient à une écrasante majorité aux concepteurs de la logistique de fonctionnement.
Donc cette notion de travail productif continue à me perturber : dans une entreprise tout le monde travaille, et si possible en bonne intelligence. Il y a un ensemble de contraintes qui font que certains emplois pourraient être qualifiés d’improductifs mais en aucune façon d’inutiles car ils sont nécessaires au fonctionnement de l’entreprise. Typiquement en R&D on met 99,9% du boulot à la poubelle mais le 0,1% restant a une valeur considérable ; productif ou pas productif ?
À mon sens la valeur est créée par le mouvement ce qui semble un peu antinomique avec la production qui est elle statique. Mais nul doute qu’il y a matière à débattre sur ce sujet pendant des heures.