Karl Lagerfeld, aurait plutôt, semble-t-il, offert gracieusement sa participation à cette campagne de publicité (que je trouve personnellement très réussie).
Mais évidemment, ce n’est pas assez, on m’opposera qu’il se fait sa propre pub. C’est bien connu, tout le monde est ou noir ou blanc, soyons manichéens mes frères...
Il ne me semble pas que le mariage "vise" à procréer (mais à permettre d’assurer la succession patrimoniale, ce qui est un tantinet différent et n’appelle pas forcément une filiation), mais soit, cet exemple peut en effet ne pas paraître limpide. Quid, donc, du cas où la personne serait malade, ou divorcée (comme Cosmic Dancer vous en soumettait l’exemple) ? puisque comme cela a déjà été souligné les motifs d’annulation peuvent être assez divers. Ces motifs ont donné lieu à des annulations. Je ne vois pas qui que ce soit en appeler à l’équité dans ces cas de figure... puisqu’encore une fois il ne s’agit pas de définir dans l’absolu ces fameuses "qualités essentielles". On me semble en appeler ici aux Droits de l’Homme un peu vite.
L’exemple que vous citez, est, vous en conviendrez, pour le moins cocasse et j’avoue que je peine à vous répondre. (j’ai un peu de mal à supporter que l’on me prenne pour une andouille...) L’Etat n’ayant pas à se soucier de ce genre de facéties... J’en resterai à des considérations plus sérieuses (et dans notre culture, les croyances religieuses le sont). Enfin ne m’en veuillez pas si je passe sur cet exemple de teinture pour cheveux...
Reste que ce que le juge apprécie est avant tout la capacité de chaque époux à s’engager en toute bonne foi. Et l’on sait à quel point la virginité peut avoir une importance dans les croyances, notamment religieuses, de certains de nos contemporains. Pouvez-vous sincèrement affirmer que vous trouveriez tout aussi illégitime la même demande d’annulation s’il s’agissait d’un couple de catholiques ? Je ne parviens pas à penser que les médias ont choisi au hasard de développer précisément CETTE affaire.
Ce que vous soulignez, Gazi Borat, me semble un point commun à nombre de débats farouches des derniers mois... ce fameux "nous vous forcerons d’être libre" qui permet, sous couvert de défendre les droits de l’Homme, d’instrumentaliser l’autre, de lui dicter sa conduite, en négligeant évidemment le fait qu’il puisse avoir une volonté propre.
Si pour le mari la virginité est une "qualité essentielle" pour qu’il consente à se marier, que sa femme le sait (car elle a bien spécifié qu’elle savait que tel était le cas), et qu’elle lui ment, la confiance que définissent en fin de compte ces fameuses "qualités essentielles" n’est pas permise. Il me semble donc assez évident que le consentement n’a pas été donné en toute liberté par le mari puisqu’il n’avait pas des informations propres à lui permettre de consentir en toute bonne foi.
Prenons un exemple : un couple se marie mais l’un des deux a caché à l’autre qu’il est atteint d’impuissance sexuelle. Si le conjoint demande l’annulation, verra-t-on la presse, la classe politique, etc. s’offusquer de ce que la capacité sexuelle d’une personne soit une "qualité essentielle" de celle-ci ? Plaidera-t-on pour le maintien de cette union au nom de l’égalité entre les êtres ? Je pense que non. Car il ne s’agit pas de "qualités essentielles" qui seraient objectivement définies par la loi (elles ne font l’objet d’aucune liste si je ne m’abuse), mais de "qualités" qui sont à définir entre époux pour générer la confiance que présuppose la signature d’un contrat de mariage.