Vous nous parlez de la Suisse : 78 % de l’électricité produite par la petite hydraulique. Votre chiffre est évidemment complètement fantaisiste, comme il est très facile de le voir en consultant le site de l’OFEN, Office fédéral de l’énergie.
Un extrait :
"La petite hydraulique existe depuis longtemps en Suisse, puisqu’on dénombrait déjà 7000 petites centrales hydroélectriques et petites unités de production hydroélectrique au début du XXe siècle. Mais la production de courant à moindre coût dans les grandes centrales a entraîné la mise hors service d’un grand nombre de ces installations.
A ce jour, la Suisse compte plus de 1000 petites centrales hydroélectriques, dont la puissance installée est d’environ 760 MW et la production annuelle de 3400 GWh.
La petite hydraulique offre encore des possibilités de développement allant jusqu’à 2200 GWh par an, si elle peut bénéficier de mesures écologiques."
Ces chiffres sont à rapporter à la production totale d’électricité en Suisse : 61 805 GWh en 2008.
La petite hydraulique représente donc 5,5% de la production. Et en grattant les fonds de tiroir, on n’arriverait même pas à 10 %.
Vos développements sur les économies d’énergie, Areva, les ampoules basses consommation, le débit des fleuves, etc sont peut être intéressants, mais je ne vous parlais pas de cela.
Je reformule donc ma remarque.
Vous avez fait une intervention dans ce fil, le 5 mars 2009 à 15H14, centrée sur le thème du petit hydraulique. Je l’ai relue attentivement, vous en vantez les mérites et vous avez bien écrit en conclusion :
« Nous pourrions grâce à cette diversification, diviser le nombre de centrales nucléaire par deux… ! »
Soit, selon vous, une production de plus de 200 TWh annuels.
Je vous ai fait part de mes doutes quant à l’ordre de grandeur de ce chiffre, m’appuyant sur une étude citée par l’Ademe, organisme qui me semble avoir quelque compétence sur la question, qui table sur un potentiel de 24 TWh pour l’Europe
mais il y a peut être quelque chose qui m’a échappé ?
Donc, si je comprends bien, vous préférez transformer en certitude ce qui, aux yeux des spécialistes mondialement reconnus sur le sujet, n’est qu’une hypothèse.
« le réchauffement planétaire diminue le débit des fleuves… »
Cette affirmation me semble bien prématurée.
Selon les experts du GIEC, on peut lire, dans leur dernier rapport de 2007, page 9 :
« On estime avec un degré de confiance élevé que, d’ici le milieu du siècle, le débit annuel moyen des cours d’eau et la disponibilité des ressources en eau augmenteront aux hautes latitudes (et dans certaines régions tropicales humides) et diminueront dans certaines régions sèches des latitudes moyennes et des tropiques. Bon nombre de zones semi-arides (bassin méditerranéen, ouest des États-Unis, Afrique australe, nord-est du Brésil, etc.) souffriront d’une baisse des ressources en eau imputable aux changements climatiques. »
Les conséquences sur la France sont difficiles à établir, car nous sommes au carrefour de plusieurs influences, certaines ayant tendance à augmenter la pluviométrie, d’autres la diminuer. Et il ne faut pas oublier que les prévisions d’évolution de la pluviométrie sont plus incertaines que celles de la température.