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  • daryn daryn 17 décembre 2009 11:13

    @Alex Marces

    c’est amusant, votre message ne fait que confirmer les analyses d’Imhotep (et d’autres).

    Vous dites : Au fond le divorce entre ceux qui ont créé le Nouveau Centre et Bayrou s’est fait sur cette divergence politique. Ceux qui voulaient faire alliance avec la droite et ceux qui ne le voulaient pas. Bayrou n’a pas voulu, il est resté seul au milieu du gué.

    C’est en partie vrai. Mais attention. La divergence apparait en 2006 quand la motion de Bayrou de s’émanciper de l’UMP est approuvée à 97% par les militants contre la motion alternative de de Robien d’une alliance pré-électorale avec l’UMP. Santini et de Robien en ont pris acte et sont partis. Mais les autres, les Lagarde, Sauvadet, Leroy et consorts  ? Ils sont restés. Pour quelle raison ? Je me souviens encore de les voir chanter ’Bayrou en finale’ lors des meetings de campagne... Alors si le plan A (Bayrou élu) avait fonctionné, j’ai peine à croire qu’ils se seraient drapés dans leur dignité et partis vers l’UMP pour éviter (horreur suprême) d’avoir à gouverner avec la gauche ; d’autant plus qu’ils étaient pour certains co-rédacteurs du programme présidentiel de Bayrou, qui vous vous en souvenez peut-être faisait une large part à l’ouverture !

    Ce qui s’est passé après le premier tour c’est que Sarkozy, qui avait eu très chaud, s’est employé avec une violence incroyable à détruire Bayrou et ses soutiens. Parce que rien ne l’obligeait à forcer la création du nouveau centre, il n’en avait pas besoin. Et c’est là que la force de caractère des uns et des autres a été mise en lumière. Car certains sortants auraient pu être réélus aux législatives suivantes sous l’étiquette UDF/MoDem. Mais pas tous, et la compétition avec l’UMP aurait été très difficile.

    Dans son discours du 25 Avril 2007 Bayrou avait été très clair : Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche. C’est bien ce qui s’est passé, et les transfuges du nouveau centre en sont les complices objectfs.

    En ce qui concerne la forme des alliances que propose Bayrou, deux possibilités. Soit vous êtes de mauvaise foi et feignez d’ignorer l’argument pluraliste cent fois répété par Bayrou que le premier tour est celui du choix, et le second celui des rassemblements, auquel cas vous deviez considérer l’offre de Ségolène comme le bras d’honneur qu’elle est en réalité ; soit vous êtes sincère et désirez effectivement à des alliances dès le premier tour. Je penche pour la seconde, mais cela fait de vous des notables sans projets propres qui n’aspirent qu’à être appelés et non élus (Sa Suffisance J.M. Cavada étant particulièrement exemplaire de cette espèce), inféodés et à la merci d’une UMP qui sera la seule à pouvoir vous donner les places que vous ne voulez pas conquérir. Ca n’incite pas franchement au respect.



  • daryn daryn 16 décembre 2009 17:20

    poncifs et influences, oui, mais parfois un avis éclairé. La réponse la plus honnête serait sans doute la plupart du temps je ne sais pas, et de temps à autre vu ce que j’en sais, nanani, nanana... C’est aussi pour cela qu’on délègue. La faculté de raisonner ne suffit pas parce que personne n’a l’envie ni le temps ni l’information nécessaire pour se former une opinion sur tout.

    Par contre, là où tout le monde pourrait se rejoindre utilement, c’est bien sur les modalités et le contrôle de cette délégation.



  • daryn daryn 16 décembre 2009 16:59

    @JL

    il me semble quand même que ça pose une question essentielle. Si l’on admet que le pouvoir est nécessaire, parce que la prise de décision est nécessaire, quelle est la responsabilité de chacun d’entre nous dans ses dérives ? Est-ce qu’on peut vraiment dire c’est pas ma faute, j’y suis pour rien, c’est l’autre ?



  • daryn daryn 16 décembre 2009 13:25

    Argh. Dans le dernier paragraphe, remplacer « une majorité de fait » par « des majorités d’idées et de projets (car la majorité de fait est sans doute inaccessible) ». Merci.



  • daryn daryn 16 décembre 2009 13:16

    Il me semble que la notion de centre à la VGE, un peu de droite et un peu de gauche, a vécu. Parce que ni l’un ni l’autre ne peuvent à l’heure actuelle être sources d’inspiration.

    En ce qui concerne l’exercice du pouvoir, du côté droit cannibalisé par le président, on a une pratique Machiavellienne dans laquelle le succès n’est pas affaire d’excellence mais bien de destruction de l’adversaire et de domination médiatique. Du côté gauche, une dispersion qui rappelle la féodalité médiévale : chacun est fort dans sa région ou son courant mais il n’y a pas d’unité, ni donc de dessein, au plan national.

    En termes de projet, c’est pire. Parce qu’on assiste bien du coté droit à un pillage méthodique des ressources nationales présentes ou à venir pour les amis du pouvoir, et plus ils sont gros meilleur c’est. Du côté gauche, c’est le désert, beaucoup d’analyses pertinentes mais pas de vision commune.

    Cette situation est bien la conséquence de la bipolarisation prétenduement clarificatrice que certains appelaient de leur voeux, et qui en pratique s’avère stérilisante, infantilisante et démobilisatrice.

    Il est urgent de sortir de cette situation, et l’axe principal choisi pour ce faire par le Mouvement Démocrate, à savoir remettre au gout du jour une démocratie de plein exercice, me semble à cet égard légitime et salvateur. Toute la difficulté est d’atteindre la taille critique qui lui permette, par une majorité de fait, d’effectuer au moins pour un temps la synthèse des aspirations de la droite et de la gauche, de rendre à l’état et la liberté leur juste place, aux électeurs leur dignité et aux élus leur légitimité..

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