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Le Modèle Joule d’André Giardino — modèle économique postcapitaliste fondé sur la comptabilisation de l’énergie humaine. Poète essayiste militant syndicaliste à la retraite.
La vie commande d’être convaincu qu’il y a un absolu où tout ce que nous concevons s'écroule, Il faut donc comprendre que celui qui dispose d’une certitude absolue peut se suicider car c’est un mort vivant et ne peut développer pour vivre que la mort qu’il porte.
Voir le site « La République de l’énergie humaine »
 

Tableau de bord

  • Premier article le 06/06/2007
  • Modérateur depuis le 27/06/2007
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • ddacoudre ddacoudre 15 août 2007 00:39

    Bonjour un article bien écrit. Quand tu parles de l’extrême gauche je situe, quand tu parles de la gauche il faut situer car le socialisme anti communiste à une origine et une histoire dont les socialistes d’aujourd’hui non qu’abusivement conservé le nom puisqu’ils sont devenus des sociaux démocrate.

    Je partage la première partie de ton article car même caricaturalement elle est bien traitée. La seconde partie qui traite du travail et du salaire est un sujet trop volumineux pour en faire le tour dans les limites fixées aux articles par agoravox mais tu y défends clairement ton point de vue.

    Aujourd’hui, l’enseignement est presque exclusivement synonyme de débouché vers un emploi, d’autant mieux rémunéré que cet emploi est important. Pourtant il n’est pas rare d’entendre ces dernières années « à quoi cela sert-il d’envoyer nos enfants acquérir des diplômes s’ils ne donnent pas accès à un emploi ? « Maintenant pour être balayeur il faut le bac ». Est-il impensable d’imaginer que l’on puisse, à l’excès, être agrégé de lettres et occuper un emploi d’éboueur ? Faut-il forcément être « con », pour occuper un tel emploi ? Les inactifs devraient-ils être des ignorants ? Cela parce que par pragmatisme opportuniste nous considérons qu’un emploi ne justifie qu’une complémentarité de connaissance en seule liaison avec son exercice.

    C’est là un point de vue restrictif

    Cette difficulté provient de notre façon de considérer l’enseignement sous ses deux aspects étroitement liés et dynamiques, qui élaborent au fil des générations, l’apprentissage d’un langage culturel commun qui édifie et façonne toute société, le « sociologique » et le « technique ». L’enseignement « sociologique » (enseignement général) qui conduit à la satisfaction de nos exigences matérielles par l’enseignement technique. Lesquelles, s’élevant en qualité, nous libèrent, et nous offrent la possibilité d’accéder à un échelon supérieur, d’indépendance contingentée. Plus simplement, plus nous nous libérons des tâches de production et ménagères, et plus nous disposons de temps pour un autre usage qui va dépendre aussi, de notre enseignement.

    Par indépendance contingentée, je veux indiquer que la technologie, due au développement du langage social, nous offre des possibilités qui sont restreintes par l’usage que nous faisons de la monnaie, dans notre organisation sociale, du fait même des concepts que nous élaborons à travers elle, par le poids des mots. Je m’explique. Si je veux définir ma notion d’interdépendance entre l’individuel et le collectif comme partie inséparable d’une fonction organique de l’espèce, je n’ai pas de mot, car nos analyses présentent toujours cette fonction, sous une dualité, et politiquement stupidement droite et gauche. Certes, les deux notions examinées séparément sont fondées. Mais trouvez-moi un être humain qui n’ait pas déterminé sa personnalité au travers des autres, et que, même s’il éprouve le besoin de s’isoler, ne recherche-t-il pas la société de ses semblables pour se prouver qu’il existe, parce qu’il est cela, (En dehors des schizophrènes ou des autistes, ou des isolés que nous fabriquons par la technologie, comme de potentiels schizophrènes, comme d’autres ont fabriqué des ermites). Pourtant, nous n’avons pas de mot pour définir cette fonction vitale de l’individu qui lui permet de se collectiviser en « collectif d’individualiste », (en dehors de l’holisme) que je désigne sous le terme de « collectivisme fractal » en référence à Mandelbrot. Nous serions donc des « Holistes ». Si nous spécifions un mot pour cela, nous pourrons développer un concept qui englobera les deux autres. Il agira sur notre construction psychique par le poids du mot défini (son sens), de la même manière que le mot individualisme induit dans notre conscient historique une notion de liberté, qui ne peut qu’être affectée par le concept collectiviste, ou collectif qui déjà par son terme, indique une dépendance à un ensemble, et restreint de fait la liberté, en référence aussi à un usage historique qui en a été fait dans les ex-pays dit socialistes. Et dans le débat qui oppose cesdeuxtermes, il s’agit moins de trouver la réalité d’une relation, que de soutenir un point de vue arbitraire fondé, moins par la raison, que par l’intérêt individuel égoïste exacerbé dans les deux approches. Cela, bien que notre existence ne soit qu’un énorme assemblage, la communauté, où la place de l’individu, de l’individualité ne consiste qu’à composer l’ensemble, dont l’individu exhibera sa « créativité ». « Créativité » à laquelle concourt cet ensemble par acculturation (assimilation, accommodation, équilibration), et qui ne peut s’exprimer qu’au travers de l’individu comme conséquence d’un ensemble dont il est issu, et avec lequel il devra s’associer ou périr. Ainsi, cette approche individualiste contingente également l’appréciation que nous portons sur notre enseignement. Si bien que lorsque nous en sortons diplômé, nous croyons que c’est grâce à notre seul travail, parce que nous avons oublié toutes les pressions exercées pour nous inciter ou nous forcer à apprendre. Notre seul mérite, c’est d’avoir appris. Appris, du patrimoine collectif, ce qu’aucun de nos parents n’aurait pu nous apporter. Pourtant, nous n’en retiendrons que l’aspect qui se coule ou se glisse dans l’idéologie que véhicule la société. Si bien que nous ne retiendrons de l’enseignement que le moyen d’accéder à un emploi rémunérateur, et éventuellement nous reprocherons à cette collectivité, que nous contestons tant, de ne pas toujours savoir nous y préparer. N’attendant de lui, que de la « monnaie », qu’elle serait donc la raison qui nous pousserait à utiliser une part du temps libre, que l’enseignement technologique a permis de dégager, pour suivre un enseignement complémentaire ?

    Aucune ! Notre organisation socio idéologique ne conduit pas à cela, et c’est en cela que nous restreignons notre enseignement.

    Aussi, il faut élargir notre enseignement idéologique, par l’ajout d’un enseignement plus complet à organiser, qui est un enseignement permanent pour adultes. Celui qui concerne le développement intellectuel de l’espèce humaine tout au long de son existence par accumulation de connaissances et Savoir, sans but immédiat de production d’un bien consommable, car ce but est contenu dans l’accumulation des connaissances dont il émergera un jour, demain ou dans mille ans. En effet, dés que l’homme connaît deux mots de plus, il les associe pour y trouver une utilité, et ce, même si l’équilibre ou l’épanouissement intellectuel, pour certains, doit transiter par l’apprentissage d’une activité manuelle. L’Homme ne pourra pas faire l’économie d’un apprentissage « sociologique » s’il veut cesser de s’opposer parce qu’il croit lui être en propre : sa culture, à laquelle il pense toujours que les autres doivent se plier.

    Nous oublions trop souvent que nous avons un « esprit malléable », et qu’élevé par des canards nous bougerions du cul en faisant coin-coin.

    J’espère que ce point de vue qui envisage une solution au travers de l’éducation générale permanente sera de nature à faire évoluer les hommes bloqués que nous sommes et qui ne se valorise qu’au détriment des autres sur la même fréquence.

    Pour autant les idées, les espérances, les utopies qui conceptualisent nos désirs n’ont pas une durée de vie à la mesure d’une existence humaine, elles peuvent s’éteindre rapidement comme durer des siècles en rebondissant sur des générations, ou rebondir après une traversée du désert. On peut donc espérer que l’humanisme social qui n’est pas la charité mais la solidarité égoïste recouvre le droit de citer plus tôt que le sénile opposition gauche droite ou individu contre collectif. Le collectivisme, un mot qui est devenu péjoratif, un mot qui s’est opposé à l’individualisme pendant plus de 70 ans. Heureusement, il retrouve toutes ses vertus sous la citation d’Aimé Jacquet : « On a gagné parce que chacun s’est mis au service du collectif même si des individualités en sont ressorties ». Aimé Jacquet était entraîneur de l’équipe de France de football en 1998 quand elle a gagné la coupe du monde, il fut fort décrié pour avoir privilégié le groupe à l’individualisme et à l’élitisme médiatique.

    Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 12 août 2007 22:23

    Bonjour julien. Intéressant ton article ainsi que de nombreux commentaires

    Mais ce que l’on à tendance à oublier c’est que ces concepts autour du libéralisme ne s’adressait pas au peuple mais seulement à la parti bourgeoise (sans connotation péjorative) de la population . De plus ce ne sont pas les ignorants qui s’émancipent, ce qui n’empêche aucunement d’en faire une extension au fil des siècles faire à mesure que la population s’éduque et de nourrir par ce concept tous les capitalismes jusqu’à la confusion entretenu par les capitalistes eux qui justifiaient et justifient toujours aujourd’hui leurs comportements dictatoriaux par le libéralisme. Je ne doute pas qu’un jour apparaisse un autre concept comme l’économie holistique (holisme. Doctrine épistémologique selon laquelle, face à l’expérience, chaque énoncé scientifique est tributaire du domaine tout entier dans lequel il apparaît, ou pour ce qui nous occupe, le comportement individuel est tributaire du comportement collectif dans lequel il opère.)

    Ce concept de libéralisme s‘effondrera sur lui- même car toutes les dictatures économiques en abusent par désinformation et les démocraties font de l’autoritarisme pour ne pas dire plus, mais les populations et les politiciens continuent comme pour conjurer le sort de parler de liberté alors qu’il n’y a jamais eu autant de systèmes de surveillance digne du franquisme, des colonels grec, ou des anciens pays l’Est. Nous justifions de cela par la menace terroriste et l’insécurité, comme ces pays le justifiaient, certain par la lutte contre le bolchevisme et l’immoralité, ceux de l’Est par la lutte contre le capitalisme et les réactionnaires réfractaires.

    Nous continuons à parler de libéralisme alors que nous vivons sous le joug de la loi des marchés financiers soutenu par les démocraties qui se sont démises de leur pouvoir monétaire à leur bénéfice. Comme je le rappelle ci-dessous les mots au fil des siècles changent de sens, n’ont par la volonté des individus mais sous l’évolution de la prégnance des faits qu’ils désignent.

    Liberté. Au XII ième siècle son sens usuel signifié « généreux » emprunté au latin Libéralis, au XIII ième siècle son sens est « digne d’un homme libre. Le XVIII ième siècle ne connaît pas l’adjectif libéral, considéré employé pour la première fois le 19 brumaire par Bonaparte dans sa proclamation : Français vous reconnaîtrez sans doute à cette conduite, le zèle d’un soldat de la liberté, d’un citoyen dévoué à la république.



  • ddacoudre ddacoudre 12 août 2007 21:12

    bonjour bien sympathique ton article, même avec ses amalgames. La seule responsabilité que nous avons est celle d’acteur de l’existnce. Quand aux actes que nous effectuons ils sont le résultat d’événements sur lesquels nous n’avons aucun controle. Heureusement car nous ferions comme l’empeureur jaune.

    La pensée Taoïste l’exprime dans la réponse d’un sage Kouang-tch’eng-tseu répondant au désir de l’empereur Jaune de connaître le principe parfait pour assurer le bien être de tous. Il répondit : Ce sur quoi vous voulez m’interroger, est la substance même du chaos ; ce que vous voulez régler est la diversité des choses. Si vous gouverniez le monde suivant votre propre désir... la lumière du soleil et de la lune serait vite éteinte. Mais dans notre monde occidental il nous fait plaisir de dire que nous sommes responsable de notre destin, mais bien sur nous parlons d’autre chose que de cette réalité. Nous définissons seulement une imputabilité des événements à la mesure de la limite de notre cerveau.

    Ceci dit souviens-toi, 68 tous voulaient assumer leur destin, prendre leur responsabilité. Puis avec le ministère de R Barre ce fut le début de « on individualise la responsabilité ».

    Ensuite nous sommes entrés dans une espèce de privatisation de l’Etat providence. L’Etat providence était discrédité au bénéfice de mêmes services rendus par des groupements privés à but lucratif. Depuis lors le slogan ressemble à ceci, vous avez un problème, une difficulté, rassurez-vous contre quatre sous la société tartan pion s’en charge.

    Même les adhésions aux associations participatives synonymes d’un volontaire engagement sont devenues des adhésions de client, on y adhère nous pour y donner de son temps mais pour recevoir un service.

    Bien sur les politiques n’y ont pas échappé, vous avez un problème une difficulté, le candidat, le ministre, le président s’en occupera, pire ils sont à l’origine de l’intolérance zéro, Cette notion de sécurité absolue touche tous les secteurs de la société ; au principe républicain de la sécurité des personnes et des biens, viennent s’ajouter la sécurité dans le domaine de la santé, des transports, sécurité dans le domaine de l’énergie, sécurité alimentaire, etc. Tout doit être sécurisé, et il en va de la responsabilité politique. Avec cette demande de la société, le politique a introduit un concept dans le but de s’exonérer de la responsabilité : le principe de précaution. Ce principe qui fait, par exemple, qu’au moindre signe de maladie de la vache folle, on abat tout le troupeau. Principe qui conduit les citoyens devant une catastrophe naturelle à faire à l’État le reproche de l’imprévision, mais qu’ils se retiennent de le dire conscients d’être sur le point de dire une énormité. Principe de précaution qui pousse à fermer des sites industriels, naturels, publics, simplement présumés dangereux. A quand l’idée de nous empêcher de naître pour ne pas prendre le risque de mourir ? Pour l’instant il semblerait que nous transformons les réalités des périls de l’existence en phobie.

    Cette infantilisation n’est donc pas surprenante, c’est un peu comme si l’on demandait aux citoyens de n’être que consommateurs de tous produits qui soulageront tous les maux et les mots dont ils se plaignent.

    Nous sommes dans une société hédoniste qui demande à l’inverse une grande connaissance de nos comportements pour trouver le juste à propos.

    Et parfois cela donne l’impression de grands enfants plaintifs auxquels les parents répondent :"joue (consomme)on s’occupe du reste.

    Alors tu as eu bien raison d’essayer d’intenter un procès à Dieu, mais la seule erreur que tu as commise, est de t’adresser à un tribunal laïque. Il ne te reste vraiment que les compagnies assurances. Un jour j’ai voulu m’assurer contre le risque de dire des conneries, mais la cotisation était trop élevée, du coup je ne sais pas à qui me plaindre de pas être assez intelligent. Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 11 août 2007 16:52

    Bonjour claude.

    Je suis bien d’accord avec toi, mais nous pouvons nous interroger plus loin. Tous ceux qui tentent ce type de procès je ne crois pas que ce soit seulement l’appât du gain. Dans notre Europe un certain nombre de sujets son extra sensibles des qu’on les évoque comme ceux tenant au nazisme et leurs corollaires. Si j’indique cela c’est, sans porter de jugement, qu’après la guerre une chasse sans merci à était livré à tous les auteurs et fomenteurs actes de tueries industrielles. J’utilise sciemment ce terme pour ce qu’il a de choquant à l’employer au regard de la situation des camps de la mort, car les tueries égrainent l’histoire humaine de l’ancien testament à aujourd’hui pour ne parler que de l’occident. Nous avons nationalement et internationalement légiféré pour le respect de la dignité humaine ce qui se comprend, et même défini la notion de crime de guerre et d’imprescriptibilité de certains crime, deux notions délirantes tu m’excusera de ne pas t’expliquer le pourquoi ce serait trop long. D’autres réclament avec leurs raisons, que je ne juge pas, la reconnaissance de telle ou telle situation antérieure et se posent en victime de situations qu’ils n’ont parfois pas connu, parce qu’en leurs temps ces situations n’étaient pas politiquement adéquates avec l’histoire du moment. Ensuite nous avons une consommation d’information spéculative et « audiomatique » (je penses que tu saisiras le sens de ce néologisme) faramineuse où le meilleur y côtoie le pire.

    Egalement une information médiatique majoritairement sécuritaire, où si l’on ne choisit pas de se faire réveiller par l’éloge du savoir sur France culture, il faut se farcir sur les autres ondes tous les faits divers et toutes les recommandations qui rappellent que la vie est mortelle à heure régulière. Alors tous ces gens, qui du passé tirent leur raison d’être du moment, ne sont pas en désaccord avec notre manière d’aborder l’existence présente exempte d’espérance mobilisatrice ou utopique et qui ne scrute que son instant pour n’en retenir que ce qui sert sa tendance.

    Il n’y a en cela aucun complot obscur d’une main invisible, seulement un engendrement de faits environnementaux qui engendrent une stabilité de comportements en attendant de s’expurger des élément d’évolution de transformation ou de désordre suivant ses propre concepts.

    Ainsi donc ce jeune, dans le cadre de la réhabilitation de la dignité humaine avec les raisons que lui seul connaît, ne déroge pas à l’ambiance globale de victimisation en tous genres.

    Cela nous donne l’image de ce que nous générons et auquel nous contribuons sans le savoir, Pourtant c’est de lui que nous faisons le procès. Mais cette ingratitude est notre lot.

    Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 8 août 2007 23:19

    Olivier bonjour. J’ai apprécié ton approche humoristique et c’est très bien d’avoir posé une autre borne. Ce qui suit est un peut indigeste mais justifie que ton utopie n’est pas sotte, car moins l’on travaille plus nous disposons de temps pour dépenser de l’argent, mais ce n’est pas la seule solution car celle-ci soutient une croissance qui nous tue.

    Dans notre existence, l’incertitude s’associe à la probabilité de la survenance d’un désir dont nous anticipons les possibilités de réalisation en fonction des connaissances objectives ou subjectives que nous possédons de lui .

    Ainsi, nous n’aurons « toujours » qu’une connaissance limitée, d’autant plus que l’ensemble sera complexe ou bien qu’un ensemble simple fasse intervenir un ensemble plus complexe qui nous conduira à des échecs. Ces échecs eux-mêmes accroîtront notre connaissance de toutes choses. Sauf que l’échec, produit de l’incertitude, culturellement nous nous en culpabilisons, et nous en punissons. De plus notre apprentissage est basé aussi sur un système punitif, qui va de la gifle au paradis, par défaut de connaissance de ce que nous sommes, car l’événement culturel accroît les contraintes de son exercice. Contraintes qui engendrent autant de systèmes punitifs inappropriés, que des approches superstitieuses, ou divinatoires pseudo scientifiques, graphologie, numérologie, astrologie etc. qui relèvent de l’escroquerie, car si cela pouvait être, ces gens serait des dieux. Le jour où l’un d’entre eux vous dira, à la seconde, à quelle heure le lendemain vous allez vous laver les dents, alors vous pourrez lui baiser les pieds. Pour l’instant les seuls qui soient exercés à de telles prédictions sont des scientifiques, et eux, qui sont capables de prévoir quand il y aura une éclipse, ils se gardent bien de prédire quand vous allez vous laver les dents. S’il en était autrement, il y a longtemps que les casinos de jeux et les jeux auraient fait faillite.

    Ainsi nous humains qui sommes au-dessus de l’incertitude il n’est pas nécessaire de s’instruire, puisque nous avons depuis la nuit des temps nos devins, nos astronomes, nos messies (aujourd’hui en complet cravate), car nous sommes justes à côté de l’univers, dans une planète taillée à notre mesure livrée à notre arbitraire. D’ailleurs, c’est pour cela que lorsqu’un projet, une espérance, une réalisation ne se concrétisent pas suivant la prévision escomptée, qu’une erreur survient, nous sanctionnons, nous licencions, nous pénalisons car il n’est pas normal que nous nous trompions.

    Et avec tous ces carcans censés nous apporter la certitude, nous ne parvenons pas à tous les coups à gagner au tiercé. Pourquoi ?

    Sais-tu pourquoi nous ne parvenons pas à gagner à tous les coups ? Parce que nous ne sommes pas aussi grands que nous le croyons, nous n’avons qu’une illusion de notre grandeur. Et, pour comprendre l’événement, il nous faut arrêter les choses, arrêter le mouvement, peut-être parce que notre propre existence s’arrête aussi, et que nous ne savons pas, et ne pouvons pas raisonner en un Tout. En effet, même si notre cerveau photographie un paysage nous ne retiendrons que ce qui aura arrêté notre attention, des fragments (le reste se fixera dans notre cerveau sans que nous en soyons conscients de manière plus ou moins durable). Fragments que nous figerons dans une image passéiste, alors que le paysage aura changé dans la seconde même ou nous l’avons fixé. Ce changement aura échappé à notre regard, et heureusement, car sans cela, avec le traitement sélectif de notre cerveau actuel, nous ne pourrions rien fonder. Aussi, nous pourrions dire que nous sommes intelligents parce que le reste du Tout nous échappe, nous pourrions dire que nous sommes intelligents parce que nous n’avons pas accès à notre inconscient. Ainsi, nous perdons au tiercé parce que nous fixons une limite à la course. Mais imagine qu’elle n’en est pas : dix (10) chevaux s’élancent de 0 à l’infini, difficile de savoir quel est le meilleur, non ! C’est simple. Tous les 10 kilomètres tu relèves les ordres de passage. Arrivé à l’infini tu faits la moyenne de celui qui est passé le plus de fois en tête aux bornes des dix kilomètres, et tu as gagné. Tu as trouvé le meilleur cheval en établissant des positions moyennes, nous pouvons miser dessus. C’est certain ? Non ! Si tu faits le point tous les 15 kilomètres, cela en sera un autre. Ton utopie Ainsi, le meilleur ne sera pas le réel meilleur, mais celui que notre ordre aura défini.

    Comme à l’infini, au Tout nous n’y avons pas accès, nous faisons donc partir 10 chevaux sur mille mètres. Il nous faudra alors étudier toutes les courses qu’ont faites ces chevaux, étudier l’état du terrain, étudier le parcours professionnel des jockeys, étudier la santé physiologique des chevaux et des jockeys, ainsi qu’étudier leur santé psychique. En procédant ainsi, nous aurons réduit l’incertitude. Il ne nous restera que la période entre la clôture des paris et le départ de la course, puis les aléas de la course elle-même. Ou, alors comme nous le faisons, nous jouons au hasard faute d’arriver à déterminer la probabilité de régularités gagnantes qui apparaîtront en fonction du nombre de chevaux et de joueurs.

    Il en est également ainsi de notre existence et de son système « méritocratique » punitif. Son évolution est symptomatique de notre faculté à comprendre les événements, et faute de tout comprendre, nous recherchons toujours une imputabilité rassurante.

    Pourtant, le plus souvent pour gagner, nous ne comptabilisons que les probabilités gagnantes, pas les perdantes. Ainsi, quand nous regardons ce que nous pouvons faire avec la monnaie, nous ne comptabilisons pas ce que nous ne pouvons pas faire parce que nous en manquons, parce que nous la raréfions. Nous avons à l’esprit, avec l’argent, une échelle de rapport comme si c’était un biorythme. Or, ce rapport est seulement culturel. Si nous nous demandions combien d’argent il nous faudrait pour réaliser les désirs que nous n’avons pas comptabilisés, l’impossibilité réelle n’est plus une question de quantité d’argent, mais de temps et de technologie (travail plus outils) parce que la vie ne suffirait pas à réaliser tous nos désirs.

    Aussi, pour résoudre cette problématique, nous raréfions la monnaie, nous posons une borne de 0 à l’infini, et nous organisons des courses autour d’elle que nous pensons essentielles. En conséquence de quoi nous sommes amenés à nous poser des questions existentielles autour d’elle à la mesure de ce que nous avons appris. Pourtant, rien ne nous empêche d‘en définir une nouvelle à côté de celle qui existe (la rareté) pour que de 0 à l’infini, il y ait plus de gagnants. Puis nous en posons une autre, et encore une autre.

    Il n’y a que nous, pour nous empêcher d’en poser, car nous avons fait de la diversité une confrontation, et non un échange en acceptant par facilité l’héritage de nos ancêtres qui avaient un besoin social de fabriquer des Vérités conquérantes.

    Ainsi le travail pourvoyeur de revenus et distributeur inégalitaire n’est dans sont concept actuel pas irréversible il ne dépend que des normes que nous avons établi « conflictuellement » et parmi celle-ci une comptabilisation de cette activité qui développe dans son sillage une organisation efficiente engendré par la maîtrise de la lumière, du machinisme, de la technologie, de la communication, la conséquence en est que l’humain à été emmené dans le cadre d’une compétition de dépasser ses rythmes biologiques, ceux du sommeil, celui de l’effort continu dans la durée, celui d’une attention soutenu ou répétitive exclusive, des postures non conforme à la morphologie humaine, et j’en passe. 10 années comme administrateur dans une association de médecine du travail laisse des souvenirs, tu aurais pu t’y référer pour justifier sans équivoque ton approche.

    Naturellement notre faculté d’adaptation à pour beaucoup contribuer à l’assimilation des contraintes posturales et psychologiques, allant même à s’inverser car l’on sait que l’absence de travail affecte beaucoup de personnes qui y sont en quête.

    Heureusement que la médecine a suivit le progrès, on ne meurt plus de silicose, mais de cancer. Il suffit de se rendre dans les comités techniques des caisses régionales et réclamer la liste des maladies professionnelles reconnues pour ne plus douter que le travail tue.

    Le reconnaître n’est pas en faire son procès car nous pourrons dans un avenir proche nous passer de certain biens faute de matière première, mais jamais de ce qu’il est nécessaire de manger pour vivre.

    Bien évidemment l’on peut travailler différemment il suffit de modifier la borne des 10 kilomètres, mais ceux qui sont les gagnants sur cette distance ne l’entendent pas de cette oreille car ils y ont établi leur puissance et s’appuient comme tous les tyrans (lire le discours sur la servitude volontaire de la Boétie) sur le renoncement à l’effort.

    Cordialement.

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