J’ai connu des Syriens pleins d’adab (de politesse, de savoir vivre), mais il y a quelque temps alors que j’étais arrivé en avance de deux heures pour un bus, mais avais pris la mauvaise file, allant dans la bonne file assez en avant, un jeune syrien (je pense) me fait remarquer que je dois me mettre à la fin, je n’ai pas su lui répondre et les apparences étaient contre moi.
Je suis assez vieux pour avoir traversé l’Afghanistan (certains le font encore), ce qui me surprenait la plus c’était la dignité, les turbans tout ça, inconsciemment je me demandais « mais de quoi sont t ils fiers », il faut lire Kessel, je veux bien que les aventuriers ou les passeurs soient une minorité.
Un livre que j’ai trouvé très intéressant et qui a reçu le Goncourt des lycéens « Grand Frère », c’est un récit à deux voix, deux frères, une famille exilée de Syrie, qui mêle différents univers, jihad et aide humanitaire ( tous les français revenant de Syrie sont suspects, avec ou sans raison) la banlieue du rap du foot et de la drogue avec son argot, le conflit VTC/taxis car l’un des deux frères est VTC, le père est taxi, les deux sont au contact de populations diverses . Ce qui transparait, c’est que les arabes orientaux ont un regard détaché on peut dire un peu hautain sur les Maghrébins, physiquement ils n’ont pas les mêmes traits et leur arabe est plus classique, ils peuvent ressembler à des européens du nord, blond et yeux bleus (comme les kabyles d’ailleurs) Il y a aussi une grand-mère bretonne d’un coté.
L’ascendance de l’auteur est kurde et turque.
disons qu’on se retrouve par affinité et que l’identité nationale est une affinité, mais elle n’est pas la seule, après ça dépend des gens et de vos centres d’intérêts.
Un maitre musulman européen (mais il guidait autant des chrétiens) disait « la caste prime la race », deux notions, l’une je pense faisait référence à la théorie hindoue des différenciations verticales, et l’autre à la différence horizontale entre les ethnies (le Coran parle de « couleurs » et il lie la différence de « couleurs » à la différence des langues, il se peut que les deux processus aient été liés, en tout cas la différence est reconnue mais dans un sens positif, c’est à dire que la différence de couleurs et de langues permet une connaissance différenciée qui ne serait pas possible si l’humanité était monolithique.
Donc des personnes d’affinités identiques, intellectuelles ou autres, mais d’ethnies ou de « couleurs » différentes auront entre elles plus de similitude qu’avec des membres de leur ethnie.
La langue est un élément décisif car parler la langue c’est parler la culture.