La Grèce restera dans l’euro et sa dette sera, pour le
moins, effacée de moitié. Tout le reste n’est que gesticulation de
créanciers largement responsables de la crise grecque et qui ne veulent
pas perdre la face et reconnaître leurs konneries : prêter sans compter
Plusieurs remarques :
Je ne pense pas me tromper en écrivant que le but de Bruxelles et des différents négociateurs n’est pas la résolution du problème grec, mais la chute du gouvernement Tsipras, qu’ils voient comme un très, très mauvais exemple de résistance à la finance dérégulée et au néo libéralisme. On lui présente donc systématiquement des propositions inacceptables, et l’on ne tient aucun compte des propositions du gouvernement grec. Et on recule juste avant le dépôt de bilan de la Grèce pour empêcher la destruction de l’euro.
D’où l’impression d’un « jeu de con », un peu comme une roulette russe, et ces « réunions de la dernière chance » qui se succèdent. Cette « dernière chance », c’est le chantage, la révélation de la pression énorme qui est mise sur le gouvernement grec.
Comprenez que par chez nous, par exemple, l’arrivée de Tsipras et de la coalition menée par Siriza au pouvoir et une véritable gifle pour Hollande, qui a été élu, à ce que ses électeurs avaient cru comprendre (« Mon ennemi, c’est la finance. »), sur un projet assez proche de celui de Siriza, projet qu’il n’a même pas essayé de mettre en œuvre.Le courage et la détermination du gouvernement grec pose un gros problème au P« S », parce qu’en creux, il révèle sans ambiguïté sa lâcheté et sa compromission (et c’est peu de le dire). Et cela, que le gouvernement grec réussisse ou échoue, c’est déjà là. Il faut donc que ce gouvernement chute le plus vite possible, et que, comme par hasard, un accord soit trouvé facilement avec ses successeurs, quels qu’ils soient, pourvu qu’il ne soit pas sur une ligne combative. Même « Aube Dorée » ferait bien l’affaire, après tout, puisqu’on pourra accuser Siriza d’avoir favoriser son accession au pouvoir.
Hors de chez nous, bien sûr, ce « mauvais exemple » fait aussi peur parce qu’il donne des ailes à Podemos en Espagne, et aux différents mouvement de résistances à cette « Europe » dégueulasse un peu partout. D’où, mêmes conclusions.Les négociateurs Schleus (ils ne sont pas Allemands, mais Schleus, ou Boschs, comme vous voulez, je connais des Allemands très bien qui les conchient tant qu’ils peuvent) et « Européens » ne veulent pas de solutions. En tout cas pas avec Siriza. Ils veulent la chute de Siriza à tout prix, le seul prix qu’ils ne sont pas près à payer étant la destruction de l’Euro, et les Grecs peuvent bien crever la gueule ouverte. C’est tout. Si vous avez compris ça, les choses paraissent un peu plus claires, il me semble.
Ce n’est pas sans espoirs pour Siriza, car il est fort possible que la peur de l’explosion de l’Euro soit la plus forte, et que Siriza finisse par gagner. Qui vivra verra. Mais ce serait un désastre presqu’aussi grand pour les eurotarés que la disparition de l’euro du fait d’un défaut grec.
Ensuite, sur les créanciers.
Ce sont des saloperies.
Les taux d’intérêt rémunèrent le risque. S’ils ont encaissé de gros intérêts, c’est que le risque était grand (ces fumiers ont prêté à la Grèce avec des taux allant jusqu’à 20%). Si la Grèce fait défaut, tant pis pour eux, qu’ils crèvent ! On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. On ne peut pas à la foi prêté à des taux élevé parce qu’il y a un risque élevé, puis demander le renflouement par les états si le défaut arrive !
Le problème, c’est que la dette grecque a déjà été rachetée en grande partie par des institutions publiques (Etats et BCE). Pour éviter d’exposer nos très chères banques à de trop grands risques ! Risque que ces fumiers n’ont pas hésité à se faire grassement payer par le gouvernement grec (taux d’intérêt élevés).
A ce niveau de foutage de gueule, je sais plus quoi écrire... Le risque, c’est bon pour les pauvres, pas pour les oligarques... Risque qu’ils se font pourtant payer, encore une fois. Pile, je gagne, face, tu perds.
Il reste cependant encore pas mal de titres grecs dans les coffres de nos banques. J’espère que Siriza les fera crever, que le gouvernement néolib de Hollande soit obligé de les nationaliser pour éviter le désastre. Ça serait vraiment comique.
Lorsque les feignants de riches ne font rien d’autre avec leur pognon (qu’ils ont gagné avec le travail des autres) que de le cramer dans le casino de la spéculation, heureusement que l’Etat leur prend une part de ce pognon pour l’investir dans l’économie.
Plusieurs remarques :
1) L’argent que dépense l’Etat ne disparait pas dans un grand trou noir. Cet argent paye des fonctionnaires (qui dépensent leur argent), des entrepreneurs, etc. Dépense de fonctionnement ou pas.
J’ai assisté il y a quelques semaines dans ma ville, devant la préfecture, à une manif des entrepreneur du BTP qui gueulaient parce que leurs contrats fondaient comme neige au soleil en raison de la baisse des dépenses des collectivités locales. Vous noterez que ces contrats qui rémunèrent ces entrepreneurs privés sont comptés dans vos 57%. Et donc :
2) 57% du PIB dépense de l’Etat ? Et alors, la belle affaire ? Hôpitaux, crèche, écoles, universités, sécu, transports... autant de trucs qui sont privés dans bien des pays, et que les gens payent quand même... beaucoup plus cher. Mais chez eux, ça ne compte pas dans les dépenses de l’Etat, youpi !
En plus, ce chiffre ne veux pas dire grand chose. L’Etat français a encore des participations dans de nombreuse entreprises privées et para-publiques, et ça compte dans ce pourcentage. Je ne sais pas si vous vous rendez compte que :
a) Ce chiffre ne signifie en aucun cas que l’Etat prélève 57% pourcent de la richesse produite. Il signifie qu’il participe à hauteur de 57 % à la production de cette richesse. b) Ce chiffre montre à lui seul la catastrophe que constitue une baisse des dépenses publiques en situations de crise. Si l’Etat participe à l’économie à hauteur de 50% et baisse ses dépense de 10%, et bien c’est mécaniquement 5% de récession dans notre gueule. Demandez aux grecs...
3) J’en reviens à ce que j’écrivais plus haut...
Pas la peine de faire des débats théoriques compliqués. Il faut être bouché à l’émeri pour ne pas constater qu’empiriquement, il arrive que les politiques keynésiennes fonctionnes (pas toujours, mais il arrive que ça marche, même très bien parfois), alors que les politiques libérales échouent TOUJOURS SYSTÉMATIQUEMENT. Sans exceptions aucunes...
Il y a encore pire que les déréglementations libérales (si c’était encore possible). Il y a la recherche à tous prix de l’équilibre budgétaire par la baisse des dépenses publiques... un désastre économique à chaque fois que ces politiques débiles ont été appliquées. Sans exceptions aucunes :
_Années 30 un peu partout, avec notamment : * Laval en France (ça l’a tellement discrédité qu’il a eu du mal à poursuivre sa carrière politique... jusqu’au moment une une superbe opportunité s’est présentée...). * Grüning en Boschie. Sa politique déflationniste a été tellement efficace qu’elle a réussi à ressusciter le parti Nazi, auparavant en pleine déliquescence.... Avec les conséquences que l’on sait... * Hoover aux US. Relisez Steinbeck.
Après ces glorieux épisodes, les libéraux n’étaient plus tolérés dans les universités que s’ils n’y donnaient pas de cours. Laisser lavé les chiottes à un libéral étaient tout juste admis... Ça à durée 30 ans, 30 ans de prospérité...
Puis ils sont revenus, par la bande, par entrisme, ils ont fini par tout noyauter, et la cata économique revient avec eux, maisditesdonccommec’estbizarre :
* Amérique latine tout au long des années 80-90. Mension spécial à Cambdessus, l’homme qui rit au milieu des cadavres... * Le top du top des exploits libéraux : L’Europe de l’Est (ex URSS incluse) au début des années 90. Un désastre peut-être sans précédent dans toute l’histoire économique. Et ils ont fait ça tout seul avec leurs petites mains invisibles... * 2008, crise des subprimes. Mais là, je sorts un peu du cadre puisque ce n’est pas la rigueur libérale qui est en cause, mais la déréglementation libérale. Mais en fait non, je reste bien dedans, parce que nous sortir de la crise, on fait quoi ? De la rigueur déflationniste libérale, le truc qui marche jamais... D’où : * Grèce, Espagne, Portugal mis dans la merde...
Vraiment, ce n’est pas la peine de lancer des arguments théoriques... L’empirisme suffit amplement.
Vous allez maintenant nous expliquer où et quand une politique keynésienne a été appliquée en Europe au cours de trente dernières années. Je serai curieux de l’apprendre.
A part peut-être une petite parenthèse jospinienne au tournant des années 2000, ce qui avait donné à la France une croissance qui avait tiré vers le haut toute l’économie européenne. On préfère l’oublier aujourd’hui. Cerise sur le gâteau, cette politique avait en plus dégagée un excédent budgétaire que la droite libérale s’était empressé de dénoncer comme un scandale(souvenez vous, la « cagnotte »). Le PS de l’époque avait baissé la tête en marmonnant des excuses, comme quoi ils ne comprenaient vraiment rien à ce qu’ils avaient fait. Rétrospectivement, on croit rêver ! J’étais jeune en ce temps là, mais je mes souviens bien, on ne me la fait pas...
D’autant que la relance jospinienne avait été bien modeste, et s’était accompagnée de privatisations scandaleuses. Mais ça avait marché même à sa petite échelle, au delà des espérance de leurs instigateurs eux-même (qui, en bon libéraux, n’en attendaient rien et voulait juste donner des gages à l’aile gauche de leur électorat... ils n’ont même pas encore compris aujourd’hui ce qui avait marché et pourquoi ça avait marché, attribuant la croissance à un retournement soudain de conjoncture, sans comprendre que le multiplicateur keynésien qu’ils avaient initié en était à l’origine). Comme quoi, si c’est bien menée (ce qui n’est pas simple), une politique keynésienne peut être très, très, efficace.
Par contre, du libéralisme en veux tu en voilà, on en a eu, même quand on en voulait pas.
Franchement, quand les libéraux viennent faire la leçon, il y a de quoi se la mordre ! Ce ne sont pas les keynésiens qui dictaient les politiques économiques avant la crise de 2008 que je sache. C’était bien vos copains libéraux, si je ne m’abuse.
Ont pourrait parler des taux de chômage et de croissance lorsque les keynésiens étaient effectivement au pouvoir, on va dire, entre 1945 et le milieu des années 70... C’est vrai que le keynésianisme, c’est compliqué, il n’y a pas de recette miracle, des fois ça marche, des fois ça marche pas. Par contre, le keynésianisme n’échoue pas SYSTEMATIQUEMENT, contrairement au libéralisme depuis ce bon M Turgot. Il serait quand même temps de commencer à en tirer des leçons empiriques.
Mais au delà de tout ça, comment un libéral peut-il avoir l’audace de nous prendre pour des c... au point d’imputer la situation actuelle aux keynésiens ? C’est quand même gonflé ! La crise, c’est vos potes, Spartacus (ou Péripate, il me semble). Ce sont vos conceptions économiques qui sont à l’œuvre, et qui continuent à l’être ! C’est quand même l’hôpital qui se fout de la charité de reprocher la crise de 2008 et la crise grecque au keynésien (qui ont bien des défauts, j’en convient, mais sûrement pas ceux qui concernent la merdasse actuelle).
Il faut quand même avoir l’esprit tordu pour reprocher à Stiglitz ou Piketty la crise contemporaine, alors qu’aucune des politiques menée depuis des décennies en Europe ne s’inspirent de leurs travaux ! Piketty a assez râler d’avoir participé à la rédaction du programme économique de Hollande, d’avoir été reçu plusieurs fois à l’Elysée sans que Hollande ne tienne AUCUN compte de ses avis.
Encore une fois, il faut avoir l’esprit singulièrement tordu pour attribuer quoi que ce soit du désastre contemporain à Piketty ou Stiglitz !
Le meilleurs compliment que je puisse vous faire, après lecture de ce commentaire, c’est d’affirmer que vous l’avez écrit à des fins de propagande libérale. Parce que si ce n’est pas le cas, ça voudrait dire que vous êtes complètement c..., au delà de toute rédemption. Si par malheur vous êtes de bonne foi, j’ai une mauvaise nouvelle, c’est que votre cerveau ne fonctionne pas bien. Les donnés empiriques qu’il collecte ne correspondent en rien aux conclusions qu’il en tire. Il faut consulter un spécialiste. Il n’est pas question d’opinion ici, juste des conclusions que l’on peut tirer de l’analyse des faits. Je veux bien que l’on soit un peu libéral de temps en temps sans avoir de problèmes cognitifs, mais reprocher la crise à ceux qui n’en on objectivement (j’insiste) aucune part pour dédouaner ceux qui en ont objectivement (j’insiste encore) toute la responsabilité, c’est quand même très fort ! J’ose espérer pour vous que vous êtes de mauvaise foi...
Tiens, je viens de comprendre ce qui a inspiré en partie « Le Faucon et l’Hirondelle » de Boris Akounine. Ou plutôt le choix étrange qu’il a fait pour raconter son histoire. Une grande partie du roman est en effet constituée des mémoires d’un perroquet très savant et très sage. C’est assez amusant comme procédé d’ailleurs : l’œil omniscient de l’écrivain et remplacé par... les mémoires d’un perroquet... sur un navire français au début du XVII ième siècle... tiens, tiens...
Et ça marche. On finit par y croire et à se laisser prendre par cette histoire de chasse au trésor à la Stevenson, aux allés et retour entre l’époque contemporaine et le XVII ième, et à la naration du perroquet (qui ne parle pas, mais connait plusieurs langues et sait lire et écrire).
Pour les besoins de la narration, ce perroquet est cependant muet, et d’origine japonaise, mais la coïncidence est bien là.
Un érudit comme Akounine n’a pas pu passer à côté de cette histoire... Je pense qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence.
Ça serait bien que vous ayez des arguments factuels pour critiquer l’article. C’est un peu facile de se baser sur de grands concepts sur ce que serait devenu la gauche, le débat politik, etc.
Si vous voulez, je peux vous en donner, des faits.
L’article fait une grave erreur historique : il est faux de considérer que les néonazis ukrainiens ont quoi que ce soit à voir avec la division Das Reich. Das Reich était constitué de Nazis bien germaniques, avec, malheureusement, des Alsaciens incorporés de force dedans.
Par contre, juste au dessus de chez moi, sur les plateaux du Vercors, les troupes nazis qui sont intervenus étaient essentiellement constituées d’Ukrainiens, et, en petite minorité, de Russes collabos de la division Vlassov. Au point que les gens du coin les ont surnommer les Mongols.
Alors, vous comprendrez qu’en faisant référence à ces braves gens, entendre les fascistes ukrainiens brailler « Slava Ukraïna, slava goroïm », soit « Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros », me fasse un peu ch... quelque part, les héros en question ayant fait pas mal de tourisme dans le Vercors.
Je vous parle de faits historiques et politiques établis, pas de l’interprétation que vous avez du débat politique. Les gens qui ont pris le pouvoir à Kiev font explicitement référence à ces « héros », ayant jusqu’à les déterrer pour les ré enterrer avec les honneurs, bannières nazis en tête, salve d’honneur par des guignols déguisés en SS, etc... Encore une fois, je vous parle de faits documentés, pas de rhétorique à deux balles.
Donc, votre scolastique politique en apesanteur, qui ne repose sur aucun fait concret, vous vous la roulez en cône et vous vous asseyez dessus.