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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 18 juin 2011 12:10

    Punaise, quelle déception !

    Je vois enfin quelqu’un qui serait très bien placé pour nous parler d’Emir et qui ne nous en dit rien, se contentant de clamer son amour pour lui.

    J’aurais bossé avec ce réalisateur hors normes, c’est des pages et des pages sur ce qu’il fait en tournage voire au-delà que j’aurais livrées aux agoranautes.

    Kusturica est, à ma petite connaissance, le réalisateur le plus porté à entraîner les populations dans la dynamique que créent les tournages dans les bleds. Il y a Debouze qui aurait des velléités en ce sens, Sigourney Weaver aussi sans doute qui ne rate pas une occasion de mobiliser en protection de la nature, Dany Boon aussi dans un certain sens. Ariane Mnouchkine, Pagnol aussi. Mais la plupart des réalisateurs se servent d’un endroit, d’une population et se tirent sans un regard derrière eux quand ils lèvent l’ancre.

    Ces grands faiseurs qui font à la manière de Kusturica (ou de Coluche) nous exposent donc dans leur film bien davantage la manière de vivre de populations que la leur. On sort de ces films en éprouvant un amour pour des gens exposés bien plus qu’un amour pour celui qui les expose.

    Ce papier ne nous apprend strictement rien sur ce génie des Carpates.

    Grrrrr !
     



  • easy easy 17 juin 2011 22:13

    Sans l’instinct de clan, l’orgueil, la fierté, la prétention, le nationalisme, il y a longtemps que tous les peuples n’auraient été qu’un.

    A mon sens, il vaut mieux qu’il y ait des différenciations et des concurrences culturelles.

    Et si l’on en vient à se soumettre ou à embrasser l’anglais, c’est trop clairement pour des raisons matérialistes. Alors qu’il y a un siècle, certains d’entre nous se mettaient à l’Allemand pour mieux apprécier Goethe, d’autres, plus rares, à l’Arabe (pendant l’Orientalisme) pour s’enivrer de la poésie Arabe et comprendre le Coran, d’autres au Chinois pour le seul plaisir d’être en pointe de l’échange intellectuel avec eux.

    Non vraiment, la systématisation de l’anglais, y compris au niveau des publications scientifiques, est beaucoup trop corrélée au boulot, à l’argent qu’il rapporte, au pécuniaire.
    L’anglicisation affirme et confirme notre obsession de l’efficacité matérialiste.

    Mais attention les amis. Là on se sent, sans trop y penser, Français point. Et si nous nous sentons tous Français point, c’est clairement parce que Jules Ferry point.

    Avant lui, avant l’industrialisation de tout, dont l’enseignement matérialiste et nationaliste, qui a démarré en 1800, nous tiendrions en ce moment et entre nous, des discours bien plus discordants. Et nous aurions un mal fou à nous comprendre (sauf à parler en latin). Dans l’hexagone, Jules Ferry et ses amis ont écrasé toutes les singularités régionales dont les patois et le mot folklore a été péjoré.

    C’est pour des raisons de progrès déjà très matérialistes, pas du tout intellectuelles, que les unités de mesure se sont unifiées en France comme dans chaque pays européen et qu’après les premiers expositions universelles, on s’est dit qu’il fallait même uniformiser entre européens, et même partout dans le Monde.

    Nous trouvons ridicule que les largeurs des voies de chemin de fer varient encore d’un pays à un autre, qu’ici il suffise d’un triangle rouge dans sa voiture quand en Espagne il nous en faut deux. Et nous avons apprécié l’uniformisation de nos monnaies (tout en pleurant la valse des étiquettes qui s’en est suivi) 
     
    Alors mutatis mutandis, si dans un siècle nous ne parlions plus qu’anglais, nous raillerions les derniers francophiles que nous sommes encore.

    Dès l’instant qu’on réalise et qu’on admet que ce n’est que le consumérisme qui a fait du XIXème siècle le départ de l’industrialisation et de la normalisation de tout, y compris du mariage, de la mise à mort et de l’amour, que c’est aussi dans cet élan normaliste qu’on a pondu tant de dictionnaires pour standardiser les mots, leur sens et leur orthographe, on doit, pour mieux résister à l’anglicisation, dire que nous avions fait fausse route.

    Car tout se tient. Si nous validons le massacre des particularités qui a été entrepris au XIXème au prétexte de gagner en puissance collective, si nous en sommes fiers, nous offrons les meilleurs arguments à ceux qui, pour les mêmes raisons, exigent qu’on aille encore plus loin dans la normalisation de l’Homme.

    Bin voui, il faut choisir quelle civilisation nous voulons. Car si c’est celle de l’Airbus, il vaut mieux que nous soyons tous d’accord pour utiliser exactement les mêmes mots avec les mêmes accents sinon badaboum, bobo la tête.
    T’imagine, les pilotes des vols internationaux, les contrôleurs du ciel, si chacun parlait son swahili ou son breton ?



  • easy easy 17 juin 2011 19:18

    «  »«  »puis au fil du temps on prend confiance en soi et on essaie d’autres techniques, d’autres approches. on ose la couleur jusqu’à ce que celle ci devienne indispensable«  »"

    Moi, je serais bien du genre à craindre le passage à la couleur et j’ai mis des années avant d’oser. Maintenant que je suis sûr de n’avoir pas foiré, j’y vais plus directement mais j’ai bel et bien eu peur de colorer. (faut dire qu’à 17 ans, j’ai voulu faire une bonne surprise à ma mère qui a découvert en rentrant du boulot que j’avais repeint la cuisine en ... vert foncé. On s’était tellement moqué de moi que ça m’a calmé un moment sur les couleurs.)

    M’enfin je vois que bien des gens se lancent directement dans la couleur sans la même appréhension. Séraphine, Khalo, Saint Phalle, Audrey Flack, semblent n’avoir aucun complexe vis à vis de la couleur



  • easy easy 17 juin 2011 18:51

    Oui, le cheminement est un phénomène quasiment constant chez les artistes. Picasso a fait de sacrés virages, Munch aussi. M’enfin César Manrique, je reconnais sa patte à tous les étages, Victor Hugo aussi. 

    Et au-delà de la variation ou des périodes, j’ai été saisi par ce qui m’est arrivé ici en découvrant Odilon Redon, en croyant avoir lu Odile et en trouvant que ce spectacle ne collait pas avec son attribution à une femme, même lesbienne (car il y a deux pièces très vulvaires)


    A part quelques Mucha ou Aslan, il me semble qu’un artiste n’est pas dans « j’exprime mon sexe »
    Il irait même souvent dans une expression asexuée (une jeune auteure s’était fait remarquée en écrivant un livre en « Je » tout en dissimulant son sexe. 

    Que l’artiste ait l’impression de parler hors sexe, n’empêche pas que son sexe transparaisse malgré tout sans ses oeuvres. (Le cas des couples créant parfois des anomalies à cette caractérisation sexuelle s’ils sont trop fusionnels).

    On ferait donc le test que je suggère, je pense qu’on constaterait un fort taux de réussite dans la devinette (malgré les aberrations que pourraient créer les homosexualités) 



    Tiens, il se pourrait que les garçons aillent régulièrement dans la représentation de quelque chose tenant à la grégarisation, au groupe, à la société. Alors qu’une femme irait peut-être davantage à considérer l’individu hors groupe dans ses pensées artistiques(alors qu’elles le pratiquent très bien au quotidien)

    Ou alors, autre piste, les garçons iraient à exprimer quelque sublime (parfois dans le fond, parfois dans la forme, parfois dans les deux à la fois) pendant que les filles n’auraient pas cette préoccupation sauf sur le thème de la passion amoureuse. (Bizarrement, alors qu’elles enfantent et que c’est assez énorme en soi, les femmes jouent rarement de ce thème sur le plan artistique)

    Hommes et femmes se rejoindraient éventuellement sur le thème de la folie.

    Mah, avant de spéculer sur ce qui ferait leur différence, il faudrait d’abord faire ce test pour prouver qu’elle existe ou non.



  • easy easy 17 juin 2011 17:30


    Merci pour cette fenêtre.

    Je ne connaissais pas.

    Ne faisant pas suffisamment attention au prénom, je me mets à regarder les images en croyant avoir affaire à une Odile.

    D’image en image, je me dis
    « bizarre qu’une femme soit aussi éclectique »
    « M’enfin, c’est incroyable de la part d’une femme »
    « Quoi ? une femme a peint ça ? »
    Que des réflexions dans le genre
    Va savoir pourquoi

    Après, je relis le papier, les commentaires, et là je vois qu’il s’agit d’un homme

    « Ahhhhh »



    Je me demande alors pourquoi une femme ne peindrait-elle pas ça, pas de cette manière (la question valant tout de même plus pour la variation d’un tableau à l’autre que pour une oeuvre isolée) ?


    On devrait essayer ce test. On demanderait à 50 hommes+ 50 femmes de regarder 
    20 catalogues d’artistes qui leur sont inconnus et comprenant 10 hommes et 10 femmes, chaque catalogue contenant 10 oeuvres.
     
    Et on demanderait à ces 100 testeurs d’essayer de deviner le sexe de chacun des 20 artistes
    On ferait l’expérience pour les livres, les films, des peintures, les musiques, les sculptures, les ballets...

    Il me semble qu’on peut se tromper de sexe au vu d’une seule pièce d’un artiste, mais qu’on ne se méprend généralement pas au vu de son catalogue

    Peut-être qu’une femme ferait du Cocteau, du Klimt, du Chagall, mais certainement pas du César Baldaccini, du Serra, du Rembrandt, du Dali, du Trémois.
     

    (J’aurais eu beaucoup de mal à certifier le sexe de Niki de Saint Phalle à travers son seul catalogue)

    Bon, et quand on aura découvert que les oeuvres portent la marque du sexe de leur auteur et qu’elle est visible, comment ferons-nous pour expliquer où elle se trouve, et comment on la voit ?

    (Ca me fait penser que la fontaine Tinguely - Saint Phalle de Beaubourg n’a pas résisté au temps et intempéries. Elle devrait être remisée car là, c’est la honte) 

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