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59 ans
Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 26 mai 2011 13:21



    Vous enjoignez DSK de « quitter dans ça ».

    C’est de votre part, autoritaire et peu psychologue.

    Mais surtout, il ressort de votre texte que vous l’invitez à une meilleure posture pour l’avenir.

    Or il a le noeud actuel à résoudre.
    Moi j’irais donc à lui parler de changer de posture sur le sujet actuel, essentiellement face à son accusatrice.

    Quand on tient compte de la psychologie des gens, on réalise qu’il n’est pas possible de les envoyer sur le vide (de leur point de vue). Quitter dans ça, mais pour aller où ?

    En toute fraternité de sort humain et en toute psychologie, on doit conseiller une personne égarée en lui proposant une voie qui est déjà parmi ses possibilités, une voie qui est en cohérence avec quelque chose d’elle.

    Exemple : un forgeron a violé et semble dénier. Plus au frais que lui pour y réfléchir, on entrevoit qu’il serait préférable pour lui mais aussi pour tous (l’intérêt passe alors plus collectif) qu’il avoue. A cette fin, on ne lui demandera pas de « quitter dans ça » mais de mieux prolonger dans la forge. On trouvera un lien, une passerelle, une voie entre son image de forgeron et la posture de franchise. On l’aidera en manière de « Parce que toute ta vie, tu as forgé, tu dois continuer sur cette belle voie en dénonçant ce faux-pas peu cohérent avec la forge »


    Ceux qui connaissent DSK pourraient par exemple lui montrer que le fait de reconnaître avoir mordu dans le fruit défendu (nonobstant tout complot et toute responsabilité de la femme de chambre) s’inscrirait dans la logique ou la continuité de ses oeuvres socialistes ou gauchistes ou universalistes ou émancipatrices que sais-je.
    Il ne faut pas, par quelque « quitter ça » donner l’impression à un fautif qu’il a tout faux et qu’il est bon pour la casse. Il est indispensable, au moment où l’on accuse gravement quelqu’un sur un geste, de dire aussi qu’il a fait des millions d’autres gestes honorables.


    Au moment de la faute, il y a les hormones et les circonstances favorables-défavorables. Ces moments où l’on est trop seul face à son reptile, conduisent toujours à des fautes. Mais ensuite vient la réflexion. Après la faute arrivent les sages et les lyncheurs. Arrive du monde. Et là, il faut réfléchir. Là il faut dire que OK pour la faute, mais il reste à la considérer selon son éthique de fond, à l’inscrire dans un comportement de fond plus correct.

    Lorsque nous avançons dans la vie, nous ne cessons de choisir entre différentes voies. Mais chacune des options que nous examinons est à peu près jouable. En tant que charpentier, il ne nous vient pas du tout à l’esprit d’envisager l’option de devenir cosmonaute ou pilote de chasse alors que nous envisageons de faire des meubles de cuisine ou des navires. Ainsi, juste à côté de chaque option que nous retenons, nous avons laissé quelques autres options compatibles et cohérentes avec nous.

    Face à cette femme, DSK avait donc en vue quelques options, toutes cohérentes avec lui. Et parmi ces options, outre celle de forcer peut-être, il y avait aussi probablement celles de supplier, de payer, de marchander, de patienter ou de renoncer, chacune étant compatible, cohérente et faisable. (Chacune ayant peut-être déjà été expérimentée par ailleurs)
    Il aurait hélas choisi l’option du forçage. Et ça l’amène à un coincement.

    Au lieu de lui demander de quitter ça, sans exactement préciser quoi quitter et lui donner l’impression qu’il doit tout quitter pour se retrouver alors dans le vide, il vaudrait mieux lui montrer qu’il est passé à ras de la bonne voie, que cette bonne voie était déjà en lui, qu’il a seulement manqué de la préférer et qu’il lui suffit simplement d’y revenir. La courtoisie n’étant pas forcément exclue de ses manières, il lui suffit de l’inviter à y revenir.

    Il ne faut pas demander à un Homme de tout abandonner, de renoncer à tout ce qu’il est. Il faut lui montrer que là, tout dernièrement, sur une récente bifurcation, il a fait un mauvais choix. Il a alors seulement un pas en arrière à faire, du point de vue posture. Rien qu’un pas.



    Le problème alors, c’est qu’un DSK dira « Si ce n’est qu’un pas en arrière que je dois faire du point de vue de ma posture, pourquoi me faire payer ce malheureux faux-pas par 74 années de prison ? Pourquoi me menacer, si j’avoue, d’une telle peine ? Pourquoi me choquer par une telle menace ? Pourquoi déjà me malmener et me traumatiser par un tel déploiement de forces et de violences pour me demander ensuite plus de sérénité et de raison ?

    Ainsi, d’un côté le »quittez ça" exige d’un Homme qu’il saute dans le vide total pendant que l’invitation à faire un seul pas en arrière ne colle pas avec la sanction terrifiante que lui vaut ce pas de travers.


    Ces temps-ci, on aura beaucoup parlé de DSK mais trop peu de la folie des 74 ans.

    On demande à des accusés, à des coupables de devenir raisonnables et là, bien au frais, on les menace de tortures délirantes en rageant que par quelque moyen, ils y échappent (DSK ayant été un maître du Monde, il porte une grande responsabilité dans le fait de n’avoir jamais rien entrepris contre ces menaces délirantes)



    Modifions un peu la forme de torture hypocrite que nous pratiquons actuellement et revenons seulement au franc grillage sur un bûcher.

    Comment peut-on enjoindre un coupable à devenir raisonnable, à penser aux gens, à sa famille, à sa victime, à l’Humanité et donc à reconnaître son faux-pas alors que, dans le même temps, on lui promet que s’il est reconnu coupable, il devra subir le feu ?

    Jeanne avait bien avoué tous les faits les plus matériels n’est-ce pas ?
    Mais elle bien fini grillée, à ce qui se dit. Alors, à quoi bon reconnaître le moindre faux-pas dans ce délire de Justice ?


    74 ans, 20 ans dans un cloaque, pour un faux-pas en grande part d’origine hormonale, si ce n’est pas du normalisme délirant qu’est-ce que c’est ?

    Quand aux tricoteuses (hommes et femmes) qui n’en ont jamais assez et qui imposent leurs exigences délirantes au motif que la victime souffre toute sa vie, je rappelle qu’on peut prétendre souffrir toute sa vie d’avoir perdu son chien. Il faudrait donc condamner à vie quiconque écrase un chien ou un chat de tricoteuse.

    Sauf à nous faire une raison par quelque biais d’humilité et de simplicité, nous souffririons toute notre vie du moindre dol, de la moindre perte de dent ou de nounours et nous devrions alors tous passer notre vie dans des geôles puisque nous sommes tous coupables de quelque souffrance infligée à autrui.

    Dans les procès, les regards se tournent trop vers l’accusé qui se voit même interdit de retourner l’index ou le miroir vers qui que ce soit.
    Pour sortir du délire de Justice, il faudrait profiter des procès pour tout regarder, l’accusé, l’accusateur, les témoins, les juges, les avocats, le public, les journalistes, les médias, l’Humanité donc.



  • easy easy 25 mai 2011 15:20

    Notre Cour de Cassation ayant examiné ce sujet récemment, a donc dit que la France n’était pas actuellement en conformité avec la directive du CDEH.

    Et notre Etat a donc décidé de passer au plus vite à cette normalisation.

    Mais notre CC ne dit pas depuis quand nous ne sommes pas en conformité.

    Et la CDEH non plus ne dit pas depuis quand il aurait fallu que...





    D’autre part.
    Il arrive que des lois soient modifiées ou inventées avec une justification en liminaire. Par exemple, on pourrait dire « Bon, étant donné qu’il y a maintenant plus de bagnoles que de chevaux, nous posons la loi suivante... »
    Mais il arrive trop souvent que des lois soient parachutées sans liminaire de justification liée à un historique.
    Or, la Justice étant lente, son action portant sur des faits anciens, ses sentances portant également sur de longues durées, elle devrait toujours argumenter sur un historique.

    Je méconnais ce qui s’était dit au sein de la CDEH pour qu’elle en vienne à cette recommandation mais si elle a pondu cette obligation sans la raccorder au passé, elle aura fait l’impasse sur la légalité des décisions de justice antérieures.




    Il est évident qu’une CDEH ne peut pas remettre en cause une décision de justice qu’aurait rendue Saint Louis. Mais elle devrait au minimum dire la problématique posée par les décisions survenues juste avant, dire aussi l’incongruité des virages de la Justice et dire surtout le défaut de corrélation entre ses virages (allant dans une meilleure direction) et la ligne droite de plus en plus dure, jamais remise en cause, concernant le traitement des condamné.

    Il y a un Etat des EU où tout délinquant sexuel (et on peut l’être à 18 ans pour avoir câliné sa douce de 16 ans) est non seulement fiché à vie mais interdit de s’approcher de tout un tas de structures au point de n’avoir plus d’autre choix que de vivre sous un certain long pont. C’est du délire sécuritaire or aucun délire sécuritaire n’empêchera une première fois gravissime. 
    (On focalise beaucoup sur les récidives qui ont un côté épuisant et démoralisant, certes, mais en volume, ce sont les premières fois qui sont largment les plus nombreuses et conséquentes)


    Depuis Hammurabi, Justice a opéré mille virages, parfois en faveur des prévenus. Mais concernant les condamnés, aucun virage concret ou intellectuel n’a eu lieu, pas même depuis l’invention de la psychanalyse.
    Un condamné reste considéré comme une ordure. Il est donc invité à se comporter comme telle.



  • easy easy 25 mai 2011 14:41


    Il y a sauver une vie et sauver une vie.

    Lorsqu’on plonge dans une rivière, parfois sans savoir nager, pour sauver quelqu’un, on accomplit un geste applaudi par tous.

    Lorsqu’on sauve un Gitan, un paria, un homo, un Juif, un Nègre, un violeur, un sans-papiers ou un Palestinien stigmatisé par une masse qui le préfèrerait mort ou torturé, lorsqu’on s’expose donc à la colère et à la vengeance de cette masse qui réclame du sang et de la souffrance, on est dans un geste d’une toute autre ampleur. C’est là qu’on sauve largement plus qu’une simple vie physique. On sauve une transcendance essentielle, l’Espérance dans le renoncement à la violence et au reptile.



  • easy easy 25 mai 2011 14:03

    Quel dommage en effet que quelques uns d’entre nous, parce qu’ils ont du fric, échappent au concept infernal que nous avons concocté !

    Quel gâchis de ranger des guillotines qui tranchent encore si bien !

    Quel dépit de voir toutes ces cordes inutilisées, toutes ces épées immobiles, toutes ces vierges de Nuremberg remisées, ces menottes vides !

    Mais surtout, quelle rage de ne pas pouvoir infliger plus d’un siècle de torture aux gens !

    Selon ce qu’avait fait Franco sur son lit de mort, on nous donnerait à choisir entre allonger notre propre vie et allonger celle d’un torturé, nous choisirions la seconde option afin que ce salaud profite davantage de notre sadisme.













  • easy easy 25 mai 2011 12:48

    Je ne vois rien à redire à votre déclamation.

    Pour ma part, ça fait 4 ans que j’ai ouvert mon église de la déception.



    Toutefois, afin d’essayer de conserver notre réflexe d’espérance sans lequel nous filerions droit à la dépression, je pense qu’au lieu de procéder de l’habituelle élimination de l’objet décevant et parce que cet objet est vivant d’être humain, parce qu’il conserve toujours une potentialité de correction, j’irais à conseiller de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

    J’irais à dire que DSK détient la solution, la Grande Solution.

    Imaginons que ce princissime ayant commis (avec tous les guillemets de préséance) un geste décevant, imaginons donc qu’il en vienne à déclarer, alors qu’il risque l’enfer dont nous avons savamment concocté tous les rouages par le biais du principe carcéral en tas, que la voix de la petite vaut au moins la sienne et cela quel que soit son passé
     ou sa réputation.

    Les conséquences d’un tel geste seraient, de fil en aiguille, considérables. Ce geste sublime renverserait, pour la première fois de l’Histoire des Hommes, le sempiternel et empoisonnant principe consistant à hausser son propre col et à piétiner le crédit, la parole, la bonne foi, l’image des autres. Cet incontournable principe est précisément celui qui nous a conduits à rehausser notre image au moyen de toutes sortes d’artifices chapeaux, plumes et perruques censés nous crédibiliser.


    A ma connaissance, jamais un homme n’aura été en configuration aussi idéale pour offrir ce Geste sublime au Monde des Hommes.

    Alors, au lieu d’enterrer déjà le princissime DSK qui est confronté à la parole d’une servante, il vaudrait mieux lui faire passer le message qu’on espère de lui le plus beau, le plus extraordinaire des gestes.

    « Crucial DSK, rappelez donc vos chiens et dites que la parole de la petite vaut bien la vôtre, en tout dépouillement d’artifices, en toute nudité, en toute diogénitude. Opposez-lui votre vision de l’affaire et votre intelligence mais ne la discréditez pas, ne l’humiliez pas, ne l’isolez pas, ne rejetez pas son esprit surtout après vous êtes servi de son corps, déjà par le coup d’aspirateur et de plumeau mais aussi par le coup tiré en foudre »




    Le cas DSK offre la situation la plus emblématique que l’Humanité puisse rêver. Pour la première fois de l’Histoire, un Maître du Monde se retrouve confronté à la parole d’une servante en risquant les pires des tortures dont nous sommes capables et dont nous venons de lui donner un aperçu.

    Alors que nous tenons l’opportunité la plus extraordinaire qui soit, déjà nous envisageons, après le temps de sidération, le deuil de nos espoirs et l’enfouissement de l’affaire.
    Autrement dit, nous ne faisons rien, absolument rien pour inviter DSK à remarquer que loin d’être voué à la déchetterie de l’Histoire, il représente une chance inouïe pour l’Humanité.

    Car c’est paradoxalement maintenant que Tout se joue.

    DSK est dans une situation très difficile, il est à l’envers et la pression d’Anne, de Camille, de ses amis, pression qui va probablement à lui demander de lâcher des chiens contre la petite, est plus forte que jamais. Disons qu’il est zombie ou en tous cas plus zombie qu’avant.

    Il est donc capital, si nous tenons à sauver cette chance fabuleuse qui s’offre à nous, de lui envoyer un message non pas en lassitude, non pas en dénigrement, non pas en dos tourné, non pas en écoeurement mais au contraire en supplique et en confiance.

    « Oui, nous pensons que vous pouvez nous offrir ici bien plus que n’importe quelle gesticulation présidentielle. Vous pouvez nous offrir quelque chose qu’aucun Christ n’a pensé à offrir, vous pouvez nous offrir ce Geste dont l’Humanité a besoin, ce Geste qui nous sauvera du désespoir »

    Si à cette heure-ci, ce Geste n’est pas accompli, si ce sont au contraire les chiens qui sont à leur oeuvre, la responsabilité n’en revient pas qu’à DSK, choqué qu’il est par le lynchage dont il vient de faire l’objet. Elle revient à 7 milliards d’individus qui disposent de plus de recul, qui ne sont pas attaqués par toutes sortes de chiens, qui sont au frais pour réfléchir et qui, malgré ça, versent encore et jours dans le principe du lynchage sous diverses formes et formules, en tous cas dans le principe du bébé jeté avec l’eau du bain.

    Pour que la responsabilité de ce non-Geste ne revienne plus qu’à DSK, il faudrait au minimum que nous, qui formons le méta jury de ses actes, nous lui formulions très clairement notre grande attente de ce Geste de sa part.

    De commentaires en commentaires, sur AVox, je ne cesse d’attirer l’attention sur ce point. Pour l’instant, personne ne semble y trouver intérêt. Il ne reste qu’une poignée de jours avant le 6 Juin où DSK devra marquer officiellement sa position. Si d’ici là ma supplique reste lettre morte, si je continue de prêcher dans le désert, ce qu’il entendra de notre méta jury c’est que nous n’attendons aucun miracle de lui, aucune transcendance inédite. Il en restera donc à ne servir strictement que ses intérêts les plus immanents et n’articulera sa défense que sur les transcendances habituelles, celles qui vont à l’auto-autorité, à l’autorisation de soi d’abord, celles qui, de millénaire en millénaire, nous déçoivent.

    De différentes manières, l’Homme a essayé de construire des espoirs en traitant ses cadavres. Un cadavre est ce qui reste d’un être humain quand il ne peut plus rien pour lui-même, quand tout ne dépend plus que de ses survivants ;

    En traitant avec des encens et des fleurs nos cadavres, nous allons dans le bon sens.
    Mais un homme en situation de DSK, un violeur, un assassin ou un voleur avéré, sont déjà en voie d’être des cadavres, ils sont des cadavres sociaux. En les traitant mal, en les condamnant à la déchetterie sans fleurs ni couronnes et alors même qu’ils détiennent une potientialité d’action, nous commettons une erreur fondamentale qui invalide nos efforts envers les cadavres physiques.

    Nous devrions accorder plus d’attention à nos cadavres moraux. Il y a en eux et en l’attitude que nous avons envers eux, la clef de notre devenir.

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