Jetez un coup d’oeil à Mars Direct. A force de persévérance, Zubrin a réussi à en faire la mission de référence de la NASA, plutôt que le programme Constellation, très coûteux et reposant sur des technologies non encore disponibles.
Puissance utilisée par l’humanité : 1,2e13 W (12 tera watt, 12 mille milliards de watt)
Puissance reçue par la Terre (dans l’espace) : 1,8e17 W, soit 10.000 fois plus que ce que consomme l’humanité.
Puissance du soleil : 3,8e26 W, soit deux milliards de fois plus que la puissance reçue par la Terre, soit vingt mille milliards de fois ce que utilise l’humanité.
D’un autre point de vue, le Soleil pourrait théoriquement abriter 2 milliards de fois la biosphère terrestre et vingt mille milliards de fois plus d’êtres humains (soit, sous des hypothèses certes très contestables, 120 mille milliards de milliards d’êtres humains.
Ca en fait, de la vie en plus dans le système solaire !
J’ai cité plus haut le bouquin de Robert Zubrin « Cap sur Mars ». Je vous en recommande chaudement la lecture. Il présente entre autres un plan nommé « Mars Direct » relativement aventureux mais démarrable a priori immédiatement.
Il repose sur l’utilisation d’un lanceur lourd qui ressemble à la navette spatiale, mais sans navette (pour gagner de la masse) et non réutilisable (il coûterait au final moins cher). L’idée est d’envoyer en régime établi deux lancements tous les deux ans de ce lanceur.
On commence par un premier lancement qui envoie le module de retour directement sur Mars. Là, pendant deux ans, il synthétisera à partir de son hydrogène embarqué et du CO2 de l’atmosphère martien, du méthane (combustible) et de l’eau (éventuellement électrolysé en hydrogène et oxygène).
Deux ans plus tard, quand il a été vérifié que le plein est fait, commencent les deux lancements : * un contenant le module habitable de l’équipage. * un contenant le même module de retour pour l’expédition suivante (deux ans plus tard), éventuellement utilisable comme module de secours. Et ainsi de suite tous les deux ans.
Le génie de ce plan est que, outre le fait d’utiliser les ressources locales, avec de faibles moyens et des technologies quasiment éprouvées, on sème en quelques décennies des dizaines de bases sur toute la surface de Mars, éventuellement déplaçables et regroupables pour former de véritables bases. Le plan est en outre modulaire, et au fur et à mesure des années, on peut envisager un accroissement progressif du nombre de lancements jusqu’à ce que, effectivement, la colonisation de Mars ait commencé.
Pas besoin de gros vaisseau interplanétaire. Et ce qui est intéressant, c’est que toute innovation ultérieure (propulseur nucléaire, par exemple, type VASIMR ou autre) peut être implémentée dans ce schéma.
A 700 M$ la navette, en majorant, cela devrait faire du 1 G$/an, hors frais de développement. Et on peut commencer tout de suite.
C’est un budget ridicule pour aller semer la vie sur une autre planète !
Je profite de votre post pour rebondir un peu plus loin :
Il y a également, sur le Lune, de l’aluminium, du silicium et un faible delta-V pour amener, si besoin, des centrales solaires orbitales en orbite géostationnaire (le seul endroit malin pour placer du photovoltaïque sans intermittence et sans filtrage pour l’atmosphère et les nuages). Il y a aussi foison d’oxygène, pour alimenter la part la plus lourde du carburant pour fusée.
Depuis Mars, et comme cela est exposé dans Cap sur Mars de Zubrin (j’espère que vous l’avez lu ) il y a également tout ce qu’il faut pour faire du carburant pour fusée et de la nourriture pour des missions vers les astéroïdes ou les NEO, ou nous pourrons trouver des matériaux de toutes sortes pour des centaines de générations d’êtres humains.
Et pour leur trouver de la place, si c’est derniers veulent se reproduire, l’aluminium lunaire pourra également servir à la construction d’habitats orbitaux type Cylindres de O’Neill, susceptibles d’abriter tous les milliards d’humains qui voudront naître, doucement éclairés par les modestes 3e26 W du Soleil.
Bien sûr la faisabilité de tout cela est à démontrer, mais, grâce au temps et à l’ingéniosité humaine, l’on peut être optimiste.
Merci en tout cas pour ce dialogue que vous nous présentez !