Tu es affligé, cela t’abat moralement ? Mais tu devrais te réjouir ! Le vrai mal moral moderne est débusqué : nous sommes placés, par les idéologies modernes, dans un conflit perpétuel et absurde, alors qu’il nous suffirait de vivre par amour... C’est cela qui est affligeant.
Mais peut-être es-tu adepte du scepticisme ? De cette polémosophie qui prône « Le combat du Doute contre la Certitude pour découvrir le Vrai » C’est cela qui t’entretient dans la déprime, l’hésitation et l’affliction.
Au contraire, il faut aimer le vrai, et c’est ainsi que tu peux avoir des certitudes, et grâce à la prudence en tes actions, si tu t’aperçois qu’une certitude est erronée, tu va la corriger, par amour du vrai.
Note : affliger -> latin ad- (renforce l’action) + fligo (frapper / heurter). confligo -> laton con- (ensemble) + fligo = s’entre-frapper. Si cela mes arguments t’affligent, c’est que les polémosophies modernes t’ont fait croire pour valide qu’il fallait te battre contre toi-même, et ton affliction vient du fait que tu combats en toi la certitude que je te donne. Mais le vrai, il suffit de l’aimer. Corriger l’erreur en soi ne fait pas mal, c’est au contraire très bon.
Gollum, il ne me semble pas que l’église professe la séparation entre Dieu et l’homme, mais au contraire l’unité entre Dieu et les hommes, par l’obéissance des hommes à Sa Volonté, au sein du corps mystique du Christ (= l’Eglise).
Soi-même, ce qui t’afflige, c’est que mon argumentation t’a déplu, car elle a certainement brisé une de tes idoles, je suppose : Elle démasque d’un trait les diverses pseudo-philosophies modernes (en fait, des polémosophies), les déshabille de leur appareillage sophistiqué et en montre leur profonde unité conceptuelle.
Si tu veux parler de non-argumentation, c’est bien plutôt dans ton message qu’il faut regarder.
J’ai encore deux à rajouter dans mon panel des polémosophies modernes (pensées gnostiques et manichéennes) :
- Le fascisme :
Fascism [...]conceives
of life as a struggle in which it behooves a man to
win for himself a really worthy place, first of all by fitting himself
(physically, morally, intellectually) to become the implement
required for winning it. Le fascisme conçoit la vie comme une lutte dans laquelle il appartient à l’homme de gagner sa dignité par lui-même, avant-tout en se battant (physiquement, moralement, intellectuellement) pour devenir sa propre oeuvre.
Struggle is at the origin of all things, for life is full of contrasts :
there is love and hatred, white and black, day and night, good and evil ;
and until these contrasts achieve balance, struggle fatefully remains
at the root of human nature. However,
it is good for it to be so. Today
we can indulge in wars, economic battles, conflicts of ideas,
but if a day came to pass when struggle ceased to exist, that day
would be tinged with melancholy ; it
would be a day of ruin, the day of
ending. La lutte est à l’origine de tout, puisque la vie est pleine de contrastes : il y a l’amour et la haine, le blanc et le noir, le jour et la nuit, le bon et le mauvais ; Tant que ces contrastes continuent de s’équilibrer, la lutte restera à la racine de la nature humaine. Pourtant, il est bon que cela soit ainsi. Aujourd’hui, nous pouvons nous livrer à des guerres, des batailles économiques, des conflits d’idées, mais si un jour vient où la lutte cesse, ce jour sera teinté de mélancolie ; Ce sera un jour de ruine, ce sera la fin des temps.
Justement, il me semble que Saint-Augustin se démarque clairement du manichéisme, lorsqu’il dit : « 2 amours ont produit 2 cités ».
En effet, le manichéisme propose une mythologie de la création qui repose sur un conflit de substances : « le combat du Bien contre le Mal, le combat de la lumière contre les ténèbres, lequel engendra l’homme ». En revanche, le christianisme (ou le platonicisme) repose sur l’idée que c’est l’amour qui est créateur.
De fait, l’époque actuelle est déjà gnostique et manichéenne : Le libéralisme -> la concurrence des agents économiques pour prospérer. Le darwinisme -> la lutte des espèces pour évoluer. Le marxisme -> la lutte des classes pour prospérer. le suffrage universel -> la concurrence des partis pour gouverner. la séparation des pouvoir -> la concurrences des pouvoirs pour gouverner.
De fait, la mythologie révolutionnaire-républicaine « les lumières qui combattent l’obscurantisme pour produire l’homme nouveau » est l’expression typique d’une mentalité gnostique et manichéenne.
J’appelle ceci les polémosophies modernes (du grec polémos : guerre, sophos : sagesse), la croyance selon laquelle le conflit engendrerait de la sagesse.
Ma foi, je n’y crois pas du tout. L’artiste produit d’autant mieux qu’il a l’amour de son oeuvre. L’amour est un acte de création par excellence.