Il est clair que les fortunes du commerce transatlantique avaient grandi considérablement, qu’elles trouvaient plus de liberté dans le monde Anglo-Saxon et qu’elles voulaient continuer à croître sur le continent. Robespierre avait donc commencé à le percevoir. Mais la lecture « purement nationale » n’était peut-être plus guère valide, la monarchie anglaise ayant dû elle-aussi composer avec les pouvoirs économiques depuis sa révolution. Les ficelles, tirées depuis Londres, n’étaient pas nécessairement tirées exclusivement par le Roi Georges.
Ce que montre l’histoire est donc : - Montée des puissances économiques du commerce transatlantique. - Coup d’état en France : fin du régime du roy très chrétien, installation du capitalisme. - Exportation de la révolution capitaliste par les Armées Françaises en Europe (Napoléon - destruction du saint-Empire Germanique) au XIXème. - Expropriation de la puissance temporelle du pape (Garibaldi - création de l’Italie) - Destruction du dernier empire chrétien catholique (1ère guerre mondiale, fin de l’Autriche-Hongrie) - Destruction de l’empire chrétien orthodoxe (révolution Bolchévique, 1919).
La Révolution n’a vraiment rien à voir avec cette légende dorée d’un peuple qui se libère d’une tyrannie. La Révolution a consisté à détruire les structures politiques et économiques du pays pour laisser la place à une nouvelle gouvernance, celle où le pouvoir politique est vassal du pouvoir économique : le capitalisme. Ce processus révolutionnaire a continué pendant 1 siècle 1/2, jusqu’à éradication de tout pouvoir chrétien en Europe.
Vous savez, si vous aviez jamais lu Joseph DeMaistre, cette histoire de démocratie aurait été réglé en votre esprit depuis belle lurette. Celui-ci remarque justement que « la démocratie ne peut exister puisque, par définition, le peuple est définit comme tous ceux qui ne gouvernent pas... ». C’est un mot qui désigne une chose intrinsèquement contradictoire : aussitôt qu’un membre du peuple parvient au gouvernement, il sort du groupe désigné sous le terme de « peuple » pour entrer dans le groupe des « gouvernants ».
Et de fait, le peuple ne gouverne pas, il se voue (il vote) à l’un de ceux qui ont les appuis suffisants pour concourir au poste de l’autorité politique... Nous sommes en fait plutôt dans un système qui pourrait être désigné par démolecture (sondage + suffrage).
En fait tout repose sur les principes de gouvernement qui sont suivis. Un membre du peuple mit au pouvoir peut se transformer en un tyran sanguinaire. Tout repose sur la morale que suivent les gens en position d’autorité. D’où cette classe moralisatrice de l’ancien-régime (les oratores).
Robespierre avait, semble-t-il, une morale, mais comme il fallait achever le travail, il fallait l’éliminer.
@Eric, intéressant votre message. Mais brath-z n’a pas tord non plus. La barque Robespierriste est allégrement chargée, certainement beaucoup trop par rapport à son influence réelle. Cela montre une certaine constance dans le système : dans un gouvernement socialisé, on ne sait pas vraiment qui dirige. L’Ogre Robespierre est peut-être une diversion. De ce point de vue, ses manuscrits retrouvés sont intéressants.
A mon avis, l’imposture est de faire croire que l’ennemi est l’église, c’est cela qui est servi quotidiennement à gauche. Mais la gauche est noyauté jusqu’à la moelle par la Franc-maçonnerie.
Robespierre semble plutôt à un élève très brillant, formé aux meilleures écoles, mais pris dans une machination qui le dépasse et sur lequel il a peu de prise.
Ok, mais peut-être que Robespierre n’avait pas bien compris la nature de l’ennemi ? Si il a combattu la couronne, qui était l’institution chrétienne, mais qu’il a perdu, la couronne n’en est pourtant pas revenu pour autant... . La question est donc : contre qui Robespierre a-t-il perdu ? Contre quel ennemi ? . Je ne vais pas y aller par quatre chemin : la présence de l’oeil-qui-voit-tout sur la déclaration universelle des droits de l’homme. Le fait que l’on m’a rapporté : 477 députés francs-maçons sur 605 à la réunion des états généraux. L’omniprésence des sociétés maçonniques dans toutes les institutions au crépuscule de l’ancien-régime (armée, académies, famille royale)... La Franc-maçonnerie fut crée à Londres au début du XVIIIème. Le plus probable n’est-il pas que ces réseaux de sociétés secrètes furent « téléguidés » de Londres, par les oligarchies du commerce atlantique, pour en finir avec l’institution du « roy très chrétien », afin de trouver des débouchés économiques sur un continent trop protectionniste ?
Robespierre, se trompant d’ennemi, aurait alors participé à leur oeuvre, mais lorsqu’il ne fut plus utile, car il devint dangereux par la tempérance qu’il prônai, il fut éliminé.
Robespierre, pris dans une situation troublée, prenant l’allié pour l’ennemi, et l’ennemi pour l’allié, tout en désirant réellement agir pour le bien.
@Brath-z : merci pour vos intéressantes informations (et pour le temps que vous y avez pris). @Canard Républicain : merci pour le lien et pour votre sollicitude.