Si s’indigner, c’est honnir l’indigne au point de se justifier d’haïr pour le détruire, pas d’accord. Si s’indigner, c’est aimer le digne au point de se justifier d’agir pour le faire grandir, ça me va.
Le problème de s’indigner peut être de perdre toute dignité selon la justification qu’on y donne et l’amour qu’on y met.
Je connais des tas de gens qui s’indignent sans cesse, ce qui les rends insupportables et, de plus, leur indignation ne produit rien de positif.
Au-delà du sentiment intérieur que l’on a sur le monde, il faut agir.
Mais pour quoi ? comment ? où ? quand ?
Hessel est un grand sentimental. Et les sentiments ne transforment pas le monde.
Vouloir distinguer entre les vrai/faux ou bon/mauvais provocateurs n’est, à mon avis, pas pertinent.
« Provoquer » est ce phénomène qui fait que, certaines expressions sont suivies de conséquences.
On peut provoquer l’hilarité, l’amour, la haine, la compassion, l’hostilité, l’amitié.
Le provocateur fait parler, râler, s’indigner, s’offusquer, vociférer, rire, pleurer...
vocare, en latin « appeler » ; pro en latin « pour, en avant »
l’expression d’un provocateur, pour ceux qui sont provoqués, appelle à une réaction.
Le provocateur provoque. Ce qu’il a dit fait parler.
Il n’y a pas de notion de bien et de mal dans la provocation. Parfois le provocateur n’avait pas l’intention de faire naître ce qu’il a provoqué. Il ne faisait qu’essayer d’exprimer clairement ce qu’il pensait.
Cependant, il existe des personnes qui cherchent intentionnellement à provoquer. Dans ce cas, il s’agit de subversion.
Cette subversion est-elle pertinente ou pas ? chacun en discute...