Le magazine MOBILES MAGAZINE N°128 de juin dernier affichait en couverture :
« LES PROTECTIONS ANTI-ONDES SONT-ELLES VRAIMENT EFFICACES ? »
Je m’attendais de la part d’un tel magazine à un minimum de regard critique eu égard à leur domaine de compétance supposé ? surprise ce magazine ne fait que servir la soupe aux marchands de gadgets bidons en traitant le sujet de manière purement commerciale ! les inepties facon « bague de ré » s’étalent en long en large et en travers sur papier glacé de la page 24 à 33, il y’a même un tableau comparatif à la facon de QUE CHOISIR ou 60 MILLIONS qui donne l’apparence de sérieux comme si le traitement de l’information pouvait se substituer à sa qualité. On y retrouve même le brumisateur « anti-ondes » de Clarin qui avait pourtant ému la DGCCRF il y’a quelques temps. Pour pas grand chose apparemment.
Ca me fait penser à une chanson de Diane Dufresne quand elle dit « mais j’ lis pas les pages féminines... ch’ai pas quand c’est qu’y vont cesser de prendre les femmes pour des crétines » Ben oui on prend aussi les homme pour des crétins, un coup d’oeil rapide aux étagères des kiosques à journaux suffit pour constater que tout est bon dans le cochon.
A Norbert Gbriel Pourquoi les assurances n’assurent plus ?
c’est très simple, les assurances n’assurent que les RISQUES CONNUS dont les OCCURRENCE sont CONNUES statistiquement par le travail des actuaires. Par exemple « l’automobile » dont on connait les « risques » : blessures/morts/dégats matériels etc.. et aussi « les occurrences » : env. 5000 morts par an etc...
Bref : Il suffit aux compagnie d’assurances d’ajouter leur marge à ces couts et elles ne peuvent jamais perdre d’argent.
On peut remarquer que si pour l’automobile les assurances connaissent parfaitement risques et occurrences, personne par contre ne peut dire « QUI » parmi les 30 millions d’automobilistes fera partie des 5000 morts par an ? C’est là seulement que réside « l’inconnu », pas dans le risque lui même.
On peut lire dans le livre de Patrick Peretti Watel : « la société du risque » page 10 :
« Sur 100 000 femmes de 50 ans, on peut certifier qu’en moyenne 1172 seront décédées d’ici 365 jours : c’est là une précision largement connue pour que les assurances réalisent des bénéfices à coups sûrs. Et cependant, pour aucune de ces 100 000 »têtes« personne ne peut dire si la mort la frappera.
Avec les antennes relais c’est tout le contraire. L’inconnu serait le risque lui même, et pourtant celui ci est seulement suspecté ! Sauf qu’au lieu d’employer le terme »suspiscion de risque« , on emploie le mot »risque« alléguant ainsi de l’existence d’un »danger réél« . Pour faire bonne mesure on ajoute parfois »Potentiel« pour renforcer le terme sans l’argumenter davantage. Conclusion, pour les assureurs, la téléphonie mobile n’est ni bonne ni mauvaise, elle est floue statistiquement du fait des incertitudes supposées, et ce flou ne permet pas de calculer des primes d’assurances, ca n’a pas d’autre signification.
Vu le film d’Annie Lobé, le débat ne devrait pas porter sur la lampe à basse consommation, mais sur la manière dont on rapporte l’information, et aussi comment on peut la manipuler. Rester dans le sujet apparent et raisonner sur lui bien gentiment c’est s’enfermer dans un piège (ON NE PARLE QUE LAMPE) alors que ce qui compte est le non-dit, la suggestion implicite et accusatoire : « les autorités nous mentent », « les industriels nous empoisonnent » etc... c’est ca le vrai sujet d’Annie Lobé pour lequel elle instrumentalise ces lampes.
Une fois de plus on nous donne à croire que « voir » c’est « comprendre ». Que l’image peut se substituer à la réflexion, que tout est compréhensible sans se fatiguer. Annie Lobé montre des chiffres dont personne, sauf des physiciens spécialistes de la question, n’est capable d’en comprendre la signification, et tout ca sert à appuyer une conclusion d’épouvante sur le cancer ! n’importe qui peut acheter un gaussmètre ou un champmètre, devient-on pour autant un physicien doublé d’un biologiste des radiofréquences ? Pas plus qu’on devient mathématicien en achetant une calculette scientifique... Comme l’a dit le spécialiste des images Laurent Gervereau : « les images ne mentent pas, on ment sur les images ». Des réalisateurs ont fabriqués de faux documentaires pour montrer combien il était facile de manipuler l’information avec des images, William Karel avec son faux documentaire « Opération Lune » et Jean-Teddy Filipe avec ses extraordinaires « documents interdits ».
Avec Youtube et Daily motion on n’est pas sorti de l’auberge.
Non ce n’est pas de la science ! c’est ce que le philosophe Dominique Lecourt appelle : « le catatrophisme technophobe et son sous-produit, le journalisme d’épouvante » (humain post-humain PUF 2003)
Mr Cabanel, votre article provoque une gêne. Vous compilez une montagne de cas « particuliers » pour suggérer dans un sens « général » l’idée de « nocivité des ondes » . Soit je réponds dans le « particulier » et alors pour répondre il me faudrait un livre ! soit je réponds dans un sens « général » et vous balayez d’un revers de main ce qui n’est qu’un point de vue non argumenté ! En une ligne vous trouvez le moyen d’écrire « fours à micro ondes mal isolés, les antennes relais, en passant par les lignes Très Haute Tension » et le reste du texte : cancer, leucémies, exploitants, citoyens, experts, enquètes, pollutions, lignes, ozone, pollution EM, toxicité pour les êtres vivants, enzymes ODC, citation de scientifiques, on cache les antennes, le portable, Interphone, éléments contradictoires, abeilles. j’en oublie...
Que puis-je faire d’autre sinon extraire un mot : « abeilles »
-Les allégations concernant les abeilles proviennent d’une seule source, celle d’une expérience réfutée depuis, par son auteur, trop tard ! Le buzz est parti d’un article de « The Independant » du 15 Avril 2007 : « are mobile phones wipping out our bees ? » . Ensuite, c’est l’hallali ! Le Parisien du 18 avril 2007. France soir écrit le 19 avril 2007 : « on a enfin mis le doigt sur la principale cause de ce massacre (sic) il s’agit des ondes émises par les téléphones portables » . Les échos 20 aout 2007 parle d’hypothèses « les émissions électromagnétiques perturbant les nanoparticules de magnétite présente dans l’abdomen des abeilles » etc.. L’article de the Independant, relatait une experience réalisé par Jochem Kuhn de l’université de koblenz-Landau. Ce dernier a placé une base DECT (et non des téléphones portables) sous une ruche et compté des abeilles de retour au bercail. La réfutation de l’auteur est passée completement inapercue. Tout le contraire du buzz, tout le monde répéte se qu’il lit sans rien vérifier : que les portables et les antennes relais tuent ou désorientent les abeilles, un point c’est tout.
-Le Monde 30 aout 2007 : « Les abeilles malades de l’homme » (...) un temps envisagé, la piste des ondes électromagnétiques a été abandonnée«
- Le Monde du 20 septembre 2008 : »Les auteurs de la seule publication suggérant un lien avec les ondes électromagnétiques se sont rétractés« titre »Le déclin des abeilles produit ses premiers effets économiques« Stéphane Foucart interview Dennis van Engelsdorp, chercheur au département d’agronomie de l’université de Pennsylvanie.
En dehors de cette affaire particulière, l’idée que les rayonnements électromagnétiques domestiques puissent être nuisibles à l’abeille s’effondre d’elle même par un constat d’évidence : les abeilles se portent bien...en ville ! Précisément là où se trouve une concentration de rayonnements. Tout le contraire de la campagne où se trouvent traditionnellement les ruches. Une évidence et une contradiction dont on s’étonne qu’elle n’ait pas frappé les contempteurs des ondes.
-LE PARISIEN 8 mai 2009 : »Des abeilles au grand palais«
-LA MARSEILLAISE 08 09 2008 »tant qu’il y’aura des abeilles« (...) l’apiculture est également unphénomène URBAIN (...) essaims à la Timone et à Saint tronc
-RTL Info 12 mai 2008 : »L’Abeille des villes mieux lotie que sa cousine des campagnes« L’insecte vit mieux en ville qu’à la campagne (...) Les visiteurs du jardin d’Abeille Bruxellois pourront le constater.
-LA CROIX 21 04 2008 »Les abeilles trouvent refuge en ville« (...) cela fait des années que les abeilles produisent plus de miel en ville qu’à la campagne. C’est vrai à Paris comme à Metz, Marseille ou Montauban » affirme paul Schweitzer, le directeur du laboratoire d’analyse et d’écologie apicole du centre techniques apicoles de Moselle-Lorraine (...) http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2335758&rubId=5547
-Le PARISIEN 19 mars 2008 « Les abeilles se plaisent en ville » (...) massivement victimes de pesticides à la campagne, les abeilles trouvent un peu de répit dans les agglomérations. Les ruches se multiplient dans les jardins publics.
Il semble plutôt que les opérateurs soient vent debout contre l’idée de multiplier les antennes du fait d’un surcoût très élevé (les antennes ne sont que la partie émergée de l’iceberg) et contrairement à toute attente, probablement la multiplication des plaintes du fait d’un plus grand nombre de riverains. L’abaissement des niveaux de rayonnement n’aurait probablement que très peu d’effets sur les interrogations et craintes d’un public se sentant encore plus cerné par les antennes et prêtant l’oreille à une propagande déclarant l’existence d’effets délétères « Quel que soit le niveau ». (en se référant par exemple aux électrosensibles) En fait, on ne ferait que transposer le problème des Antennes Relais en problème Wi-Fi !
Si l’électrosensibilité est bien d’origine psychosomatique, ce que tendent à confirmer jusqu’à présent les études scientifiques (et non les témoignages), alors effectivement nul besoin du moindre niveau de rayonnement pour être malade. le reportage sur ce suédois électrosensible réfugié en forêt est édifiant (émission « C dans l’air » et « Le Monde 2 » en mai 2008) . Dans ces conditions, la détermination d’un seuil de rayonnement en arguant du doute, donc de la précaution, devient une quète aussi illimitée que peut l’être l’allégation d’effets délétères « quel que soit le niveau ».
De fait, tout tourne autour de la question du soupcon sur les « faibles niveaux d’énergie ». On retrouve avec les ondes électromagnétiques ce qui était déjà questionné ou dénoncé bien avant avec les rayonnements du courant électrique 50Hz. Il semble que Cindy Sage ait d’ailleurs commencé par là.
Si on remonte le fil d’Ariane de la valeur de précaution de 0,6V/m prônée par le rapport BioInitiative, on retrouve cette valeur avec la résolution de Salzbourg de juin 2000 (en compagnie de certains auteurs de Bioinitiative) et auparavant en 1996 avec le Dr Neil Cherry : Potential and actual Adverse Effects of cellsite Microwaves Radiation. Christchurch New Zealand. 1996
Selon B. Louppe in « Pollutions Electromagnétiques » nature et progrès 2004 : " les premiers chercheurs à s’être interessés à l’electro-sensibilité sont le Pr Cyril W. Smith (université de salford, GB) et le Pr William Rea (allergologue) université de Dallas, USA.