Je réagis ici à vos messages, je trouve que vous passez outre plusieurs concepts pourtant fondamentaux qui définissent l’échange économique.
Déjà, l’homme étant propriétaire de lui-même, il possède le fruit de son travail et à ce titre il est libre de l’échanger, de le vendre, de le conserver ou de l’investir selon des contrats libres passés avec autrui. Le « capitalisme », ce n’est rien d’autre que l’expression de cette liberté, de ces droits imprescriptibles de l’être humain.
Ensuite, je me trompe peut-être, mais il me semble que vous oubliez que la valeur n’existe pas en dehors de l’échange marchand. Ce que je produis n’a de valeur qu’à partir du moment où je trouve quelqu’un pour me l’acheter. Ainsi vous pouvez être extrêmement qualifié et travailler très dur, si ce que vous produisez n’a de valeur aux yeux de personne il ne sera jamais juste ni « mérité » que vous touchiez une compensation financière pour ce « travail ». Il suffit pas de travailler beaucoup ou d’être qualifié pour créer de la valeur, et ce n’est même pas nécessaire d’ailleurs, il faut avant tout répondre au besoin d’un client, aider son prochain à résoudre son problème. Dans cet échange réside la valeur marchande, pas ailleurs.
Enfin, il s’ensuit que « garantir » un revenu ne peut se faire qu’à travers un contrat : l’individu cotise, c’est à dire investit, pour avoir droit à des indemnités chômage, des dividendes d’une entreprise, une retraite ou une assurance en tout genre. Ici aussi, la valeur de l’investissement va être liée à la valeur des revenus qui en découleront, et empêcher ce mécanisme ne peut se faire qu’au détriment de tout le monde.
« comment expliquez-vous les 16000 milliards de dette aux USA ? » >> Deux guerres + renflouement des banques en 2007 et relance keynésienne.
« Comment expliquez que l’ensemble des nations soient soumises à la dette ? » >> Toutes les nations ne sont pas soumises à la dette, de nombreux gouvernements sont excédentaires, et de nombreux pays ont une dette tout à fait soutenable.
« Donc l’euro n’est qu’un outil aux mains des financiers pour maintenir sous tutelles les états. » >> C’est faux puisque ce sont des fonctionnaires étatiques qui sont créé et qui gère l’euro. Et puis, à nouveau, « les financiers » ça ne veut rien dire et tout dire à la fois. Soyez plus précis parce que là vous mettez tout le monde dans le même sac : si demain vous créez une entreprise et que votre grand-mère investit 10000€ pour vous aider à commencer, c’est une financière. Comme vous pouvez le voir, il y a de tout dans la finance, alors de grâce, soyez précis.
« Mais puisque la valeur est une notion subjective d’après vous » >> Oh mais ce n’est pas d’après moi, c’est un constat de la réalité, que ça me plaise ou non c’est ainsi.
« décrétons que la valeur de la dette est nulle et nos problèmes seront réglés. » >> La dette est un contrat, on a signé et donc engagé notre parole. La valeur ne se décide pas de manière unilatérale, c’est un compromis entre deux partis.
« D’ailleurs de ce pas (...) sa valeur est nulle. » >> Vous oubliez qu’en face, le vendeur pense pas tout à fait pareil, et que l’équilibre entre son envie et la votre fixera le juste prix de votre véhicule. C’est la base de l’échange marchand.
« Donc oui, vous lancez des slogans qui n’ont aucuns fondements théoriques. » >> Excusez moi, mais vous ne m’avez pas dit lesquels ! Qu’est ce qui manque de de fondements théoriques dans ce que je dis ? Je ne fais que rappeler des constats de la réalité actuelle de l’économie, ça n’a rien d’un « slogan » (d’ailleurs je ne prends pas parti dans ce que j’écris !)
« la dette est devenu un probleme majeur pour les pays pauvre dès les années 70, l’euro n’existait pas ... » >> La dette est à mettre en rapport avec un actif, c’est à dire la capacité à générer des cash flow pour payer cette dette. On peut avoir une dette élevée, si on a les capacités productives pour la rembourser ce n’est pas un problème grave (mais ça reste un problème quand même !). L’Euro, en empêchant la libre fluctuation des taux de change entre pays aux productivités différentes a réorienté tous les investissements hors des pays les moins productifs, dont la France. En conséquence de quoi, ces pays ont vu leur capacité à rembourser s’écrouler tout en devant s’endetter encore plus pour satisfaire les dépenses pléthoriques issues du clientélisme politique. L’Euro est donc bien le catalyseur de la crise de la dette, l’élément déclencheur si vous voulez.
« l’euro est un des outils inventé par le capitalisme financier pour cadenasser les états dans le système de la dette. j’en parlerai plus longuement dans la suite de cet article. » >> Le capitalisme financier n’a rien inventé du tout, d’ailleurs, c’est qui le capitalisme financier ? Ne soyez pas aveuglé par la haine et ne tombez pas dans des préjugés dogmatiques et manichéens, ça vous fais raconter n’importe quoi. Non, l’Euro a été inventé par des politiciens bien identifiés dans le but de créer une zone économique commune en Europe, au mépris de tout bon sens économique. La crise qui l’on vit actuellement est la conséquence logique de ce constructivisme keynésien, rien de plus. Les élus ont voulu manipuler les prix, les conséquences sont toujours les mêmes : bulles, récession et stagflation.
« Alors comment expliquez-vous la création de la valeur ? par génération spontanée ? » >> La valeur n’existe que dans l’esprit du client : elle est subjective, je ne vais pas vous faire un cours la dessus. Dans une organisation productive, la valeur produite se mesure par le chiffre d’affaire. En face, la valeur consommée se mesure par la somme des valeurs des consommations intermédiaires, y compris le travail. Si la valeur produite est supérieure à la valeur consommée, il y a eu création de valeur, sinon, il y a eu destruction de valeur. Je ne pense pas que cela soit trop compliqué à comprendre. Mais comprenez bien que la valeur produite par une organisation n’est absolument pas corrélée avec la quantité de travail fournie : il y a des tas d’entreprises qui travaillent énormément mais qui pourtant sont en déficit : elle ne font que détruire de la valeur car leur production a une valeur inférieure à celle des consommations intermédiaires. C’était par exemple le cas des entreprises en URSS qui auraient gagné plus d’argent en vendant directement leurs matières premières plutôt qu’en prenant la peine de les transformer : leur « travail » était tellement mauvais que le produit final avait moins de valeur que la matière première initiale à l’état brut !
La dette n’est pas que la conséquence d’un mauvaise gestion de l’argent public, c’est surtout la conséquence de l’Euro, qui a créé des distorsion dans l’allocation des capitaux au bénéfice de l’Allemagne, et au détriment de tous les autres ! Dès 2002, les économistes sérieux avait prédit que l’Euro amènerait à trop de constructions en Espagne, trop de fonctionnaires en France et trop d’usines en Allemagne, et c’est exactement ce qu’il s’est produit.
Ensuite, il n’y a jamais eu aucune exploitation dans le salariat ni extorsion de plus-value sur les ouvriers, faut arrêter la fumette là ! La théorie marxiste de la plus-value est complètement fausse puisque la valeur est subjective. Changez de disque, vous avez 100 ans de retard.