Je ne crois pas vous avoir mal lu, au contraire. Votre texte est émaillé de tournures de phrases qui montrent votre propension à adopter le point de vue israélien.
Quant à prétendre que les gens qui étaient "peut-être" là de bonne foi ont été submergés pas les antisémites, c’est assez culotté. Avez-vous jamais participé à une manifestation ? Vous sauriez alors que ce qui en ressort est toujours le côté le plus spectaculaire, et qu’il suffit d’une poignée d’excités pour qu’une manifestation majoritairement pacifique devienne une émeute une fois passée par le prisme médiatique.
Je vous reconnais le droit à avoir vos opinions mais pas celui de prétendre à l’objectivité pour les faire passer.
L’auteur précise qu’il ne souhaite pas discuter de l’opération en cours, mais il parsème son texte de réflexions orientées on ne peut plus clairement. J’en cite deux pour exemple :
"...de la légitimité qu’a Israël à protéger ses frontières et de celle qu’ont les Gazaouis à ne pas payer les pots cassés à la place du Hamas". Traduction : Israël est légitimement en droit de protéger les frontières qu’il s’est fixé unilatéralement, au mépris des conventions onusiennes, tandis que le Hamas prend sa population en otage.
"...d’une guerre, entre une armée régulière et une organisation terroriste ayant fait 900 morts". Traduction : il n’y en a pas, cette phrase est tout simplement malhonnête. D’abord parce qu’elle parle d’une guerre, ce qui supposerait que le Hamas soit lui aussi une armée régulière, ensuite parce qu’elle précise que le Hamas a fait 900 morts sans donner la même précision en ce qui concerne Tsahal. Y aurait-il des bonnes et des mauvaises victimes, selon qu’elles soient tuées par une armée ou non ?
Après ça, que l’auteur ne vienne pas prétendre que son point de vue sur la teneur des manifestations est impartial.
Que Dieudonné ait du talent, c’est certain. Qu’il soit l’un des seuls encore capable aujourd’hui de secouer le cocotier du politiquement correct, c’est vrai aussi. Qu’il tape sur tout le monde, mais que seuls ses sketches sur les juifs provoquent des levées de boucliers, c’est encore vrai et c’est scandaleux.
Mais, désolé, je ne pourrais pas être l’ami d’un Le Pen ou d’un Faurisson. Ca, ça me trouble profondément, et ce n’est pas l’exemple d’un Delon qui me rassure, loin de là.
Je ne peux avoir pour amis que des gens pour qui j’ai de l’estime. Je reconnais à tout le monde le droit à la liberté d’expression, mais j’ai du mal à comprendre qu’on puisse passer du bon temps avec des gens qui prônent des idées qui, personnellement, me répugnent.
Bon, peut-être Dieudonné ne tient-il pas vraiment Le Pen pour un ami. Il n’empêche que si je dois risquer de le voir monter sur scène en me payant une soirée culturelle où je suis censé m’amuser, je préfère m’abstenir. Même si tout le reste du spectacle devait être éblouissant.
L’auteur écrit "...les thèses de Faurisson (que nous connaissions comme polémiques mais dont nous ignorons les détails jusqu’alors)" : apparemment, qu’il en ait pris connaissance ou pas depuis lors, la participation de ce monsieur au spectacle de l’humoriste ne semble pas lui poser problème, et je trouve cela inquiétant.
Vous avez acheté deux exemplaires, c’est formidable. L’étape suivante c’est de les lire. Vous vous seriez peut-être rendu compte que ce magazine tente d’impulser une vision positive du changement, et que celui-ci ne se résume pas à promouvoir les panneaux solaires ou à réclamer un peu plus de contrôle sur les mouvements financiers. Les thèmes de la décroissance, de la société frugale, d’une société de coopération y sont clairement évoqués comme des pistes à suivre. La pub y est "vertement" critiquée. Pensez-vous que réclamer la suppression des paradis fiscaux soit le fait d’adeptes de la pensée dominante ? Je vous fiche mon billet que ceux-ci ne disparaîtront pas, malgré les fanfaronnades actuelles de nos dirigeants politiques, tout simplement parce qu’ils sont le lubrifiant des rouages de la finance mondialisée. Supprimez les paradis fiscaux et c’est tout le système qui se grippe.
Evidemment, ce n’est pas un magazine "rentre-dedans" qui prône la révolution armée. Et cela me convient très bien, car je suis convaincu qu’un mouvement qui s’impose par la violence ne peut engendrer qu’une société violente. Dans ces temps de plus en plus troublés et cette société de consommation de plus en plus pitoyable, je garde un faible espoir de voir suffisamment de gens prendre résolument le chemin d’un autre mode de vie pour qu’une société enfin adulte s’impose d’elle-même à ceux qui ne jurent que par le fric et le pouvoir.
C’est vous qui devriez envisager d’approfondir votre réflexion avant d’écrire des âneries. Dites-nous plutôt ce que vous entendez par "thèses alternatives" ?