"fini la démocratie et la société libérale" : on est bien d’accord sur le résultat, mais pas sur les causes. Ce n’est pas un quelconque Besancenot qui risque de torpiller le couple, c’est le couple lui-même qui n’a plus d’avenir commun. La belle société libérale est en train d’étouffer la démocratie sous sa montagne de déchets.
Qu’un système ait pu croire que les mauvais instincts de l’homme pouvaient servir de base à une société plus humaine, constituera un grand point d’interrogation pour les futurs sociologues qui se pencheront sur notre époque !
Belle chronique d’une dérive hélas très logique car il s’agit pour notre société de surconsommation de trouver les moyens de survivre sur une Terre qui n’est plus capable de satisfaire ses besoins de croissance, ni surtout de permettre à tous les peuples de vivre sur le même pied que nous. Le mariage de la démocratie et de la surconsommation ayant atteint son point de rupture, il s’agit maintenant de choisir un des deux partenaires au détriment de l’autre. Mais s’il reste un espoir que le citoyen, dans un sursaut salvateur, fasse le choix d’une société frugale pour sauver ses droits démocratiques, les pouvoirs en place, eux, vont tout faire pour l’en empêcher, avec en point de mire le modèle du capitalisme chinois. Comme cet article le montre bien, le processus de verrouillage a déjà démarré.
Après le capitaliste incontournable, voici donc le virage (à gauche) de la mort. Décidément Monsieur Fay, vous devriez enlever vos oeillères. Dans quelle bulle vivez-vous ? Ce n’est pas en proclamant que les idées progressistes n’ont aucun avenir que vos désirs deviendront des réalités.
C’est que je voulais plutôt dire le contraire : à force de nous accrocher à la croissance indispensable à la société de consommation, nous serons amenés à accepter la perte de nos libertés démocratiques. Le processus est déjà en cours. Le comble est que cette perte ne permettra probablement pas à la plupart d’entre nous de garder l’accès aux biens de consommation mais quand nous nous en rendrons compte il sera trop tard. Le capitalisme aura installé les contrôles qu’il lui faut sur la population pour perdurer, au profit d’une poignée d’individus. N’oubliez pas que le capitalisme existe depuis bien avant la société de consommation, il pourrait donc très bien lui survivre.
Je ne dis pas que c’est inéluctable, mais le risque me semble grand. Où sont les forces qui pourraient s’opposer à la main-mise de la finance et des intérêts privés sur le monde ?
Notre seule chance me semble être de nous engager dans une société de frugalité, dans une réelle perspective de développement durable. Le néo-libéralisme qui s’est développé dans le système capitaliste ne peut proposer qu’un pitoyable simulacre de développement durable puisque ses principes de base (individualisme, cupidité, loi du plus fort) s’y opposent.
Désolé de n’avoir pas le temps de développer plus.
Cette culture de la peur vise surtout un objectif bien précis, celui de faire accepter aux populations des pays dits démocratiques la perte progressive de leurs libertés. C’est en effet la condition sine qua non pour que le système capitaliste et sa vache à lait, la société de consommation, puisse perdurer maintenant qu’on se rend compte que la Terre arrive au bout de ses capacités, et qu’il est donc impossible de permettre à tous les peuples d’accéder à notre niveau de consommation des ressources.
Les forteresses doivent donc se mettre en place pour empêcher les exclus de venir grappiller les miettes du festin, et les exigences citoyennes de respect des droits de l’homme strictement contrôlées. Il s’agit d’un réflexe de survie d’un système confronté aux limites de capacité de la Terre ainsi qu’à ses propres limites.
Le couple société de consommation - démocratie vit ses dernières années, et le modèle capitaliste du futur est celui de la Chine. A moins d’un sursaut citoyen, qui préférera l’option Droits de l’homme à l’option Accaparation des richesses ? Sait-on jamais...