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Moristovari

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« Traverser un désert, c’est pas grand chose. Ce qui est terrible, c’est naître dedans, c’est grandir dans un désert. » - Deleuze

Tableau de bord

  • Premier article le 03/06/2009
  • Modérateur depuis le 23/09/2009
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Derniers commentaires



  • Moristovari Moristovari 29 août 2009 14:42

    @ gül

    « Père castor, raconte-nous une histoire. »

    Comme tout, la philosophie à une histoire. L’un des grands moments de cette histoire est « critique de la raison pure », de Kant. Cela pour un seul motif : pour la première fois était admis que la raison ne pouvait avoir connaissance de l’ensemble du réel. Bref, qu’il est vain de vouloir comprendre certaines choses. Le bonheur en est une.

    Un siècle plus tard vint Bergson. S’il lui aussi admettait les limites de la raison, il offrit un peu d’espoir : là où la raison se perdait, l’intuition pouvait trouver un chemin.

    L’intuition bergsonienne semble être cette pensée quotidienne dont vous parlez. Par exemple, pour écrire un article : une fois les connaissances acquises, la feuille blanche en face de soi, il faut un certain effort de pensée pour commencer l’écriture, relier les données entre elles dans un langage cohérent. Imagination contrôlée ou analyse émancipée, cet effort est ce que Bergson appelle intuition.

    Mais l’intuition n’est pas imagination, elle ne peut inventer ce qu’elle ne connaît pas. Au final, le plaisir comme la sérénité ne peuvent être compris que par ceux qui l’ont vécu. Ainsi un illetré qui connaît la sérénité en parlera souvent mieux qu’un savant qui l’ignore - car l’intuition guidera le choix de ses mots.



  • Moristovari Moristovari 29 août 2009 14:37

    @ caleb

    Le plaisir entraîne bêtise et égoïsme, cela d’une façon simple. Le plaisir est ce que recherche instinctivement tout individu. Dès qu’il l’obtient, il n’a plus de raison de vivre - sinon davantage de plaisir. En politique, les pauvres et les insatisfaits sont généralement de gauche tandis que les riches et les jouisseurs sont généralement de droite. L’un comprend les défauts du système qui lui nuisent, l’autre cherche à conserver ses qualités qui font son bonheur. Au final les deux sont à la recherche du bonheur, les deux sont humains, il n’y a pas de bon et de méchant. Un pauvre gagnant du loto donne rarement son argent aux pauvres.

    Nos conceptions sont éloignées. La votre est encore le fruit d’un conditionnement. Connaissez-vous ce mot de la Rochefoucauld ? « Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler d’amour ». De même, bien des gens prendrait le temps de vivre au lieu de chercher en vain un bonheur supposé si on leur avait caché ce concept. Mais la recherche du bonheur est vanté chaque jour par tous les médias, notamment par volonté consumériste. La constitution américaine la met même en première page.

    Avoir su que les microbes existent a rendu maniaque ou fou beaucoup de monde. Avoir su que le bonheur existe a fait perdre la sérénité de bien d’autre.

    Comme dit Nietzsche : « les convictions sont des prisons »



  • Moristovari Moristovari 28 août 2009 19:40

    Imaginons un gadget : une fine aiguille enfoncé dans la zone du plaisir du cerveau et relié par cable à un petite batterie portable. Si ce gadget existait et offert à chaque individus, l’humanité serait-elle enfin heureuse ?

    Pour ma part, évidement non. Tel les drogués après shoot, ce monde dépérirait rapidement. Loque humaine ne vivant que pour le plaisir, morts-vivants sans désir ni avenir, une telle humanité n’aurait d’humain que l’apparence.

    Le plaisir est une réalité, le bonheur est un concept. Le bonheur ne désigne rien de concret et par là-même désigne généralement nos plaisirs d’origines non-sensoriels, « spirituels » : beauté artistique, amour...

    L’un des grands mérites de Nietzsche est d’avoir révélé la valeur naturelle de la souffrance - une valeur qui ne doit rien au masochisme :

    « La souffrance cherche toujours sa cause alors que le plaisir incline à s’en tenir à lui-même et à ne pas regarder en arrière. »
    « le plaisir d’autrui est quelque chose qui doit s’apprendre »
    « Créer, voilà la grande délivrance de la souffrance »

    La souffrance permet humanisme et raison, le plaisir entraîne bêtise et égoïsme. On ne peut vivre sans l’un, on ne peut avancer sans l’autre.

    Quand au capitalisme, c’est aussi est un concept qui sert facilement de bouc-émissaire...



  • Moristovari Moristovari 28 août 2009 14:36

    Qu’elle est la différence entre plaisir et bonheur ? La souffrance peut-elle contribuer au bonheur ? L’homme sans conditionnement (éducation) peut-il être heureux ?

    Trois questions auquel votre article ne répond pas. Et comme d’habitude le responsable de tous les maux, le capitalisme. Guère original.

    « La qualité de vos vies dépend ce que vous en ferez »

    Don rosa, la jeunesse de Picsou



  • Moristovari Moristovari 26 août 2009 18:51

    Oui, mais cette montée de l’apparence, évidente, est-elle forcée ou naturelle ?

    Il y a plus de soixante ans l’emploi était majoritairement agricole. Puis il devint majoritairement ouvrier. Aujourd’hui, je crois que le secteur des services occupe 70% du marché du travail - chiffre de mémoire. Résultat évident : un coiffeur, une caissière, n’importe quel chargé de clientèle se doit d’être plus présentable qu’un charpentier ou un accrocheur de poulet. L’apparence compte plus car le social donc la présentation compte plus.

    Qu’une entreprise préfère l’apparence à la qualification, je n’y crois pas sans raison. A l’heure du rendement maximum, de la recherche du profit, où l’être humain est vu comme une ressource, on se moque de la beauté - thème de l’article, fort différent de l’apparence - sauf si celle-ci permet plus de profit. Ainsi dans la vente, dans l’accueil.

    Si, dans le contexte social que vous connaissez, le smicard moyen préfère paraître qu’être, il est fort différent du mien. Dans le mien le smicard survit d’abord, enchaîne les petits boulots qu’on lui donne, où l’apparence ne joue pas - de l’agro-alimentaire aux travaux publics. Dans les rares emplois intéressants qu’il reçoit, il fait un réel effort de présentation : c’est normal, il veut s’en sortir.

    La réalité n’est pas aussi bourgeoise que celle qu’en donne les médias. Si vous vous trouvez dans un milieu bourgeois, sachez simplement que la réalité est plus contrastée.

    Dernier point : la fierté. Durant la seconde guerre les femmes, privées de maquillage, se piquait le bout d’un doigt pour utiliser le sang comme rouge à lèvres et fard à joue et utilisaient un crayon pour simuler la couture d’un bas sur leurs jambes. La fierté est une forme de résistance face à la réalité mais cette fierté n’est pas engendrée par les médias. Beaucoup de jeunes ayant obtenu leur premier emploi stable s’empressent de faire un prêt pour s’acheter une belle voiture. Achat inutile, déraisonnable ? Non : cela conforte leurs egos, donne une raison de vivre, augmentera leurs probabilités de rencontrer « l’amour » et de fonder une famille. Achat irréfléchi ? Sûrement. L’homme doit de temps en temps être irrationnel - sinon, est-il encore Homme ?

    Les médias sont devenus ce qu’ils sont en grande partie naturellement. L’Homme agit en grande partie naturellement. Pas de complots, pas d’artifices. Peu de raison : c’est la nature humaine.

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