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Moristovari

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« Traverser un désert, c’est pas grand chose. Ce qui est terrible, c’est naître dedans, c’est grandir dans un désert. » - Deleuze

Tableau de bord

  • Premier article le 03/06/2009
  • Modérateur depuis le 23/09/2009
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Derniers commentaires



  • Moristovari Moristovari 23 septembre 2009 12:38

    « Phénomène en opposition avec un monde hypocrite et répressif »



  • Moristovari Moristovari 16 septembre 2009 12:51

    J’ai plutôt tendance à la phrase courte, style Sartre, contre Proust. Le développement est proportionnel à mon intérêt et au désir d’amoindrir les caricatures. Nietzsche en 10 lignes, Eco en 5, c’est peu mais déjà beaucoup sur Agoravox : les articles se perdant avec le temps, réactions ou discussions se contentent souvent d’un minimum routinier. Des exceptions, merci.

    Effectivement, cela se sent, vous avez choisi votre camp. Dommage. Nietzsche n’enseigne-t-il pas que « Les convictions sont des prisons » ? Vous avez vos convictions, ces rassurants murs de Jéricho, et le lointain son de trompettes d’Eco vous inquiète. Préjugé défensif, peur de l’inconnue qui est la principale impasse de l’apprentissage. Votre vision du monde est devenu un foyer douillet (« C’est pour bientôt, la crise systémique et la fin de l’Occident va obliger l’humanité à une véritable mutation. » « Dans un siècle, Eco sera complètement oublié, alors qu’Abellio, ignoré et méprisé pour l’instant sera à l’origine d’un renouvellement important de la connaissance. Et Guénon sera de nouveau aussi à l’honneur. ») mais est-elle vraie ?

    Zarathoustra pourrait être vu comme un ouvrage hermétique s’il ne faisait déjà partie d’un corpus, l’œuvre de Nietzsche, qui offre un code permettant d’en décrypter les symboles. L’ouvrage hermétique n’a aucun code clé et entraîne donc vers d’infinies interprétations. L’hermétisme recherche et cultive le secret, non la vérité.



  • Moristovari Moristovari 15 septembre 2009 19:53

    On ne parle ni ne juge un auteur en ignorance de cause. Ainsi pour René Guénon. De même pour Eco.

    Eco n’est pas particulièrement sympathique. Un tantinet trop narcissique insouciant, universitaire allant de conférence en conférence. Mais c’est une encyclopédie vivante. Sa passion pour l’hermétisme est une conséquence de sa passion pour la sémiotique car l’hermétisme tend à épuiser toute possibilité d’interprétation, de sens. Avant de juger Eco, lisez au moins le chapitre 2 de son essai les limites de l’interprétation, intitulé : « Aspects de la semiosis hermétique ». 70p. Sa description du gnostique devrait vous hérisser le poil.

    A propos du caractère évangélique de Zarathoustra. Vous critiquez cette lecture, sous-entendez donc une volonté ironique de la part de Nietzsche, mais plus haut voyez l’auteur ainsi : « il se considérait comme un prophète annonciateur de temps nouveaux par la venue d’une nouvelle espèce. » Paradoxe. Aussi, vous dites que Nietzsche a proposé un semblant d’alternative. Je dis qu’il n’a pas eut le temps de la construire. L’alternative qu’on lui prête est une souris accouchant d’une montagne.

    Nietzsche est ironique, il ne se prend pas pour un prophète, il connait assez toutes les vanités humaines. L’importance qu’il attache à la forme - aphorisme, titres, caractères spéciaux - montre qu’il existe un Nietzsche « raisonnable », qui garde le contrôle sur ses écrits. C’est une part de sa personnalité, « Apollon ». L’idée « cet homme a été le jouet de forces qui l’ont dépassé » est juste, c’est une autre part, « Dionysos ». Apollon connaît Dionysos. Dionysos permet à Apollon de trouver la vérité. Mais la vérité affaibli Apollon. Apollon s’est battu jusqu’à la fin pour garder le contrôle. Déménagement curatifs au soleil, correspondance importante, nombreuses retouches de ses ouvrages demandées à son éditeur, tentative amoureuse auprès de Salomé, qui retardent l’échéance : mais Apollon se meurt, Nietzsche se désespère de sa maladie, de sa solitude. Peu avant l’effondrement, Apollon sent le joug tomber et il envoit des lettres testaments : « cette lettre là, prenez là au tragique ».

    Vous aimez bien l’hermétisme, Gollum, mais Nietzsche n’est pas hermétique. La poésie, le symbolisme présent dans son œuvre fut bâti après le sens, pas avant comme dans le discours hermétique. Son œuvre à un sens, difficile d’accès du fait de la personnalité de Nietzsche, de son enrobage poétique et de son état inachevé. Pas inaccessible.



  • Moristovari Moristovari 14 septembre 2009 20:09

    Gollum, je n’ai pas la sensation que vous êtes fin psychologue. Le Nietzsche dont vous parlez tient surtout du oui-dire ou d’une lecture superficielle. « prophète annonciateur de temps nouveaux », « grand pourfendeur de la modernité », « mystique athée » : lieux communs d’étudiant, Nietzsche selon Fight club.

    L’homme est complexe, parfois très complexe. Nietzsche fut très complexe. Nietzsche : un portrait. Un bon exemple de la dualité de l’Homme selon Jung. Nietzsche, c’est avant tout un sommet d’ironie, un Andy Kauffman des idées. Cette ironie fut probablement une réponse aux souffrances physiques - migraines principalement - qu’il connut jusqu’à son effondrement intellectuel en 1889.

    Le seul livre « prophétique » de Nietzsche est Ainsi parlait Zarathoustra. C’est aussi son seul ouvrage de fiction et son plus hermétique. Certains ont regrettés son caractère trop évangélique. C’est ne pas connaître ni sentir l’ironie Nietzschéenne. Nietzsche, ce n’est pas que le philosophe, c’est aussi l’artiste, le poète, modelant sa prose comme le boulanger avec le pain. Entre le Nieztsche narrateur et le Nietzsche réel, il y a un jeu, une mise une scène. Un jeu dangereux mais qui lui permettait d’avancer.

    Nietzsche n’a pas eut le temps de finaliser son œuvre, d’entamer la partie la plus intéressante : l’après renversement de toutes les valeurs. Comment donc lui en vouloir de ne pas avoir proposé d’alternative ? Comment Nietzsche aurait refusé quelque chose - atteindre le surhumain par le Soi - qu’il n’a pas expliqué ?

    Quand a Umberto Eco, l’avez-vous lu ? Toute son œuvre, tant professionnelle que romanesque, traite de l’hermétisme, et c’est probablement l’un des plus fins connaisseurs du sujet au monde. Dans la préface de lector in fabula, il avoue même, à propos de toutes les recherches et analyses qu’il a effectué sur un court texte hermétique d’Alphonse Allais : « Voila. Comme on le voit, il s’agit là de l’Histoire d’une obsession. Moi, je m’en suis sorti (du moins je le crois) en écrivant ce livre, mais en le publiant, j’ai voulu la transmettre à mes lecteurs ». Evidemment, Eco ne s’en est jamais sortit.

    « C’est pour bientôt, la crise systémique et la fin de l’Occident va obliger l’humanité à une véritable mutation. »

    Sic.



  • Moristovari Moristovari 14 septembre 2009 16:04

    Ne mélangeons pas texte et interprétation. « La main invisible » d’Adam Smith n’apparaît qu’une ou deux fois dans son œuvre, c’est pourtant son concept le plus connu. Nietzsche n’a guère eut le temps d’expliquer en détail ses trois concepts aujourd’hui vu comme fondamentaux : L’éternel retour, la volonté de puissance et le surhomme. L’essentiel de nos connaissances est invention.

    Nietzsche s’intéresse peu à la technique. Il sait que le futur de l’Homme dépend moins de ses outils - et la monnaie en est une - que de ses idées. Fin XIXème, la démocratie était déjà une vieille idée. Sans avenir, c’est la résultante de l’analyse de Nietzsche - résultante pas si originale que cela à son époque.

    Le surhomme qu’attendait Nietzsche fut sans doute, au vu du texte, plus espérance peu probable qu’avenir certain.

    Le futur est une idée, Bergson l’a montré. Passé, présent, futur : une invention naturelle nos perceptions ancrée dans l’espace (Achille et la tortue). Pour écrire les œuvres de Shakespeare, il fallait être Shakespeare - avant, ce fut impossible. Le futur, dixit Bergson, est création perpétuelle d’imprévisible nouveauté. Imprévisible.

    Comment donc Nietzsche prévoit-il le futur ? Car il n’imagine aucune nouveauté. Il parle de démocratie, de libéralisme, de capitalisme (souvent intra-textuellement). Il dit juste que ces idées déjà anciennes n’ont aucun avenir au vu de la nature humaine. Et Nietzsche la connait, cette nature humaine, depuis « Humain, trop humain » et « Aurore ». Ce n’est pas sans raison que Freud parla peu de Nieztsche et de ce qu’il lui devait : Nietzsche, comme Dostoïevski, fut probablement meilleur psychologue que Freud.

    Début XXIème, le monde est encore empêtré dans les idées de démocratie, libéralisme, capitalisme. De vieille idées. A quand du nouveau sous le soleil ?

    Pour Nostradamus, comme tout hermétisme, mieux vaut ne pas en parler. L’hermétisme tend vers d’infinis interprétations, donc vers l’inutile. Voir la majeure partie de l’oeuvre d’Umberto Eco, dont au départ « Le pendule de Foucault ».

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