Il faudrait déjà commencer à défaire cette amalgame monnaie-dette. Alors parlons de crédit et comme vous le faisait remarquer Pie 3,14, le crédit est une anticipation, une projection sur l’avenir, une manière d’échapper à la tyrannie du temps. Le crédit concédé et, par conséquent, la dette reconnue ne sont pas du vent. Ils représentent une richesse, le bien que l’on va consommer, la maison que l’on va habiter avant d’avoir réuni toute la somme nécessaire à son achat, l’entreprise que l’on va créer sans avoir à épargner le capital de départ, etc... Très grosso modo et dans le but de me faire comprendre, vous avez, avant la concession de ce crédit, un nombre de biens disponibles qui va augmenter en fonction de l’accès au crédit. Il faut donc que la monnaie suive et qu’il y ait un mécanisme de création monétaire souple qui permette de créer et détruire ( quand le prêt est remboursé ) la quantité de monnaie en fonction des besoins de crédit de la population. Que les banques privées soient le rouage essentiel de cette partie de la création monétaire (ils n’impriment pas la monnaie, ni décident les taux directeurs, ni les coefficients de réserve, etc..) n’est pas un scandale en soi. Par contre, quand on voit où va cette masse monétaire et ce qui se fait avec sur les marchés financiers, on peut s’indigner, oui, mais ce n’est pas la création monétaire par le crédit qui est en cause sinon le contrôle de l’usage des capitaux générés par ce mécanisme. Donc, les mesures qui entameraient le problème par le haut, régulation de la finance internationale, prohibition des paris, des produits dérivés trop complexes, séparation des banques de dépôts de celle d’affaires, etc... ont plus de chance de remettre la finance au pas que celles qui partent d’un principe aussi bizarre que celui qui assimile la monnaie à de la dette.
D’autre part, remettre entre les mains du gouvernement le pouvoir de contrôler la création monétaire peut s’assimiler à un suicide démocratique du fait de la propension démagogique du pouvoir exécutif. C’est ce qui a poussé les États modernes à se doter d’une banque centrale autonome (le système USA est archaïque sur ce point de vue). Revenir en arrière serait aussi stupide, à mon avis, que de lui remettre le pouvoir judiciaire entre les mains.
La dette publique est encore un autre problème différent. L’amalgame, sous le nom de dette, que font ces documentaires pseudo-révolutionnaires n’aide pas à faire la part des choses. C’est le moins que l’on puisse dire. Le plus comique est quand ils prétendent faire découvrir un énorme secret fort bien caché depuis des siècles alors que la description de ce mécanisme est dans tous les manuels d’économie.
Maurice, faut-il comprendre que votre sens des réalités s’accommode avec l’affirmation selon laquelle la monnaie serait de la dette ? Je sais bien que vous sauvez Grignon parce qu’il a nettoyé la thèse des précédents de l’antisémitisme évident qu’ils secrétaient mais regardez bien qui est le banquier dans son documentaire. Le message est le même bien que plus subtilement exposé et tous viennent du libertarianisme américain dont vous ne savez pas grand-chose, apparemment. Leur doctrine est anarco-ultralibéral-capitaliste, c’est à dire qu’ils ne conçoivent d’intervention de l’état dans l’économie que pour protéger la propriété privée. Les programmes sociaux, les impôts, la redistribution c’est le Diable pour eux. Alors souffrez que l’on puisse les appeler anarco-fascistes. Si vous n’aimez pas le qualificatif, évaluez leurs thèses correctement et ne les défendez pas.
Dupont-Aignan, bâillonné par ses anciens copains à cause de son intégrité et honnêteté foncière, dénonce le nouvel ordre mondial : http://www.youtube.com/watch?v=IgFi6st-zvY
Cheminade, larouchien ( loué soit-il et Roosevelt est son prophète ) muselé par les médias parce qu’il avait tout compris avant tout le monde : http://www.youtube.com/watch?v=TNQbN-IpsSo
Lorelei, vous êtes complètement contaminée par le faux concept d’argent-dette répandu par le libertarianisme américain. Je vous le dis sans intention de polémique. Je trouve tout simplement dommage que les européens s’indignent en reprenant la propagande d’une bande d’anarco-fascistes appuyée par l’opportunisme des évangéliques et conservateurs américains. Connaissez-vous Pat Robertson et son bouquin Le Nouvel Ordre Mondial ? Savez-vous qui est ce monsieur avec sa bouille de sacristain ? Qui est Peter Joseph Merala ? Qui est Paul Grignon ? Qui est derrière le projet Venus ? Derrière le projet Zeigeist ? Qui est Ron Paul ? Quelle est la doctrine économique que prônent tous ces gens ? Quelle était la doctrine économique de Reagan ? Quelle était celle de Thatcher ? Comment cette doctrine a pénétré de nouveau une Europe qui s’en était débarrassé ? Quelle fut la conséquence de la victoire écrasante de cette doctrine sur le bloc soviétique pour les partis de gauche européens ? Ce sont des questions qu’il faut se poser avant de fabriquer un coupable commode.
Relisez ce que vous expliquait Pie 3,14 le 17 Nov. à 22h09. Faites un effort de remise en question de vos postulats. Vous y gagnerez certainement.