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Naja

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  • Premier article le 16/04/2009
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Derniers commentaires



  • Naja Naja 5 août 2009 01:34

    (Suite)

    Je ne prétends pas non plus à la béatification.
    Je pense par exemple que je retirerais une grande satisfaction de savoir mon père déchu de l’image d’honnête citoyen et père respectable dont il jouit toujours. De même que je trouverais assez juste qu’il soit privé pour un temps de la petite vie tranquille qu’il mène en toute impunité.
    Vengeance ou besoin de rétablissement d’une certaine forme d’équité ? Je serais bien incapable de théoriser la différence avec rigueur et clarté.
    Il me semble cependant que ces satisfactions ou attentes portent seulement sur les conséquences légales de leurs actes et de leur responsabilité, ce dans un état de droit égalitaire. A la différence des mauvais traitements en prison.

    Dans l’idéal, je ne vois pas ce que je pourrais espérer de plus qu’une prise de conscience sincère et totale de mes agresseurs. Prise de conscience du caractère préjudiciel de ses actes pour l’un, de leur monstruosité pour l’autre. Cependant, je ne me fais pas d’illusions à ce sujet.
     A ce propos, voici un article que j’avais trouvé assez intéressant sur un programme mis en place par la justice canadienne allant en ce sens : http://www.hommes-et-faits.com/Dial/spip.php?article143

    Pour conclure -et peut-être mieux répondre à votre question-, je dirais que la douleur ne rend pas forcément insensé.
    Il m’arrive d’éprouver des émotions très violentes en rapport avec mon histoire douloureuse. Mais j’ai la modestie de croire que ces affects ne rendent pas mon idée de la justice inique et mes attentes envers celle-ci injustes et déraisonnables. Par contre, ils influent lourdement sur mon moral... et ma vaisselle, lol.

    J’ai souvent lu ou entendu que les émotions risquaient de venir troubler le jugement (des magistrats, des jurés, des politiques, des citoyens).
    J’en suis venue à la conclusion qu’au contraire l’absence de sentiment pouvait justifier toutes les atrocités et que les émotions ne troublent jamais autant le jugement que quand elles sont niées.
    Les exemples d’individus prétendument purement objectifs et strictement rationnels qui pensent d’abord en fonction de leurs angoisses et peurs inavouées sont nombreux (voir par exemple certains commentaires de l’article précédemment cité en réponse à Sissy972).



  • Naja Naja 5 août 2009 01:21

    Bonsoir,

    Papyboom, vous demandez :

    "Propos sage pour une personne sensée. Mais dans la douleur, sommes-nous encore des gens sensées  ? Par chance, le n’ai jamais été confronté à cette pénible situation.
    Comme cela restera entre nous, j’avoue que, peut être, je demanderai vengeance.
    Le pire des crimes, c’est de toucher un enfant."


    En complément des commentaires de sissy972, je me permets d’apporter mon témoignage en tant qu’ancienne victime, n’en déplaise à certains...

    Viols par mon père pendant une dizaine d’années à partir de ma petite enfance, parfois accompagné d’actes que je peux difficilement qualifier autrement que de torture et de barbarie. Puis abus par mon frère à la suite, durant toute mon adolescence. Mère complice aveugle, au moins coupable de non dénonciation de crimes en ce qui concerne son fils et de complicité à mauvais traitements sur mineurs de 15 ans pour ce qui est de son mari.
    Voilà pour l’histoire.

    Pour l’un comme pour l’autre, je ne demande pas qu’une quelconque vengeance soit faite.
    Et tout comme vous, je ne souhaiterais en aucun cas prononcer leurs jugements. Quelle horreur ! Il faudrait en plus que je sois responsable de leur sort ?

    Après avoir assez longuement réfléchi sur le sujet, je pense que le sens de la justice est d’affirmer l’autorité de la loi, de se donner les moyens de conduire autant que possible à l’amendement des délinquants et criminels et de contribuer à la réparation des éventuelles victimes dans le respect des droits fondamentaux des condamnés.
    Dans cette perspective, il me semble que la prison sert effectivement le premier but, dans la menace que la privation de liberté représente en cas de non respect de la loi.
    Pour ce qui est du deuxième en revanche, rien n’est moins sûr. En effet, je vois mal en quoi le milieu carcéral - français, pour citer mon pays - oeuvre à l’amendement des détenus... il semblerait que ce soit plutôt l’inverse. Je conçois que la prison serve aussi de mesure de protection des citoyens par enfermement d’individu dangereux, mais si c’est pour que les plus dangereux ressortent inchangés, voire encore plus dangereux, c’est raté.
    Sur le dernier point (souci de réparation pour les éventuelles victimes), ce qui compte pour moi serait la reconnaissance collective de la gravité des actes subis via la justice. Je n’ai rien à attendre en soi de la durée d’une peine de prison. En tant que leur victime, celle-ci ne me concernerait que dans la mesure où il se trouve que les peines sont proportionnelles à la gravité des infractions commises, compte tenu des éventuelles circonstances atténuantes. Par exemple, si mon père prenait 18 mois de prison avec sursis alors que les faits commis sont passibles de la perpétuité, je le vivrais comme une criante minimisation de leur gravité et m’estimerais lésée par ce jugement banalisant. Après, s’il en prenait 10, 20 ou 30, ça ne changerait strictement rien pour moi.
    Par ailleurs, savoir que leur dignité ou leurs droits risqueraient d’être bafoués en prison ne m’apporte aucune sorte de soulagement. Au contraire. Je tendrais plutôt à m’en sentir coupable.



  • Naja Naja 5 août 2009 00:35

    @ Sissy972,

    En effet, les propos de Duralex sont tout simplement odieux, en plus d’être arrogants. Sachez cependant que cet individu est manifestement un habitué du genre.
    Voir par exemple cet article :
    http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/manifeste-pour-l-55785
    Rien de personnel à votre égard donc. Visiblement, il se plait à profiter de la souffrance d’autrui pour l’insulter de la façon la plus abjecte qui soit. Cela ne discrédite en rien votre témoignage. Son intervention pleine de haine en revanche...



  • Naja Naja 2 août 2009 22:18

    @ Rodier,

    Très joli procès d’intentions que vous me faites là ! 
    Il y a en effet plein d’aspect des maltraitances familiale dont je n’ai pas parlé, en effet. Je commente un point de l’article, je ne sors pas une étude sur les maltraitances familiales, la justice et l’ensemble des préjugés hommes/femmes père/mère dans notre société...

    " Mais comme il me semble que c’est vous qui prônez l’imprescriptibilité des délits et crimes sexuels, on ne s’attendait pas à moins.« 
     »Inégalité insupportable, j’en conviens mais très utile pour continuer à vivre dans ce miroir enchanté des apparences de la féminité dans lequel vous semblez vous mirer."
    Je vois que c’est toujours aussi courtois et respectueux sur Avox. Prenez-vous au moins du plaisir à formuler ce genre d’attaques personnelles gratis ?

    Le bonjour chez vous smiley



  • Naja Naja 31 juillet 2009 14:39

    @ Jondegre,

    " Pourtant la justice n’a aucun problème à condamner le viol, l’état à mobiliser forces de polices pour investiguer et attraper ces criminels."

    Si, précisément !
    La justice a beaucoup de problèmes à condamner le viol et les agressions sexuelles dans la mesure où ce sont des faits qui bien souvent ne laissent aucune trace physique.
    Cela pose à la justice la question de ce qui doit être considéré comme preuve : seulement des preuves dites matérielles, sachant que l’on pourra toujours arguer, sauf cas très particulier, que telle ou telle lésion peut être due à autre chose ? Un témoignage appuyé par des analyses psychologiques établissant l’existence d’un traumatisme ? Des déclarations corroborées par d’autres personne se disant victime du même accusé ? Le portrait psychologique de ce dernier ?

    Quant à mobiliser les forces de police pour investiguer et attraper les criminels... pardon, mais permettez moi de grincer des dents. Peut-être est-ce ce que certaines déclarations de propagande politique laissent penser quand il s’agit d’un enlèvement d’enfant par un inconnu, mais dans le quotidien des affaires courantes de pédocriminalité et inceste, il en va tout autrement.
    Déjà, l’accusé est à 80% un proche du plaignant (dans cet article, il s’agit du père), nul besoin de l’attraper, il est tout désigné. Ensuite, police et justice, faute de moyens financiers et humains - et parfois aussi par négligence - laissent trainer des mois, voire des années, les affaires de ce type. La durée moyenne d’une procédure pour viol sur mineurs de moins de 15 ans est de... 7 ans et 9 mois. Je conçois qu’une instruction bien menée implique un travail fouillé et consciencieux, mais près de 8 ans... ça donne une idée de l’écart qui sépare les priorités annoncées par démagogie et la réalité.

    "Alors pourquoi monter en épingle trois affaires pour décrédibiliser un article qui dénonce ces pratiques de destruction des pères. Sous entendre à force de dialectique (*) que lutter contre ses pratiques est renoncer à poursuivre les violeurs est manipulateur, et c’est tout le sens de votre post. "

    Mon commentaire ne vise pas à décridibiliser l’article. Il apporte un complément d’information en revenant sur un point de l’article : celui qui dit que la justice n’accorde aucun crédit au SAP.
    Cela ne veut pas dire que dans le cas de séparation de conjoints, les enfants ne soient jamais l’objet de tractations de la part d’un parent ou de l’autre. Comme je l’indique à la fin.
    C’est manifestement vous qui tenez à voir les choses seulement en termes de tout ou rien. Au point de taxer les nuances que j’apporte de procédés rhétoriques manipulatoires... voilà qui s’appelle décridibiliser !
    Je vous retourne donc la question : pourquoi ce besoin de déformer, amplifier ou extrapoler mon propos afin de décridibiliser mon intervention, et donc balayer du revers de la main les cas où les enfants pâtissent de l’aveuglement de la justice ?

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