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Neos

40 ans, juriste.
Favorable à la mise en place de listes transnationales d'eurodéputés en 2014.
Je soutiens l'initiative du Groupe Spinelli (Parlement européen).

"Si l'État national était la seule forme d'organisation politique pour les Européens, si nous ne savions pas regarder au-delà de lui comme les Grecs ne surent regarder au-delà de la polis, nous n'aurions qu'à constater que nous sommes arrivés à la fin de la civilisation européenne, nous résigner et attendre que notre destin s'accomplisse."
 Altiero SPINELLI, Turin, 6 décembre 1957

Tableau de bord

  • Premier article le 20/10/2006
  • Modérateur depuis le 03/11/2006
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Derniers commentaires



  • Neos 6 mars 2007 14:49

    Bonjour, cet article est intéressant, je souhaite toutefois y apposer quelques commentaires.

    « Non seulement l’Europe est en panne, mais elle demeure, en plus, divisée. »

    Depuis le début de l’année, après une année de réflexion en 2006, les Etats membres se consultent, sous la responsabilité de la Présidence allemande du Conseil, pour tenter d’identifier une voie, issue d’un compromis à 27, afin de sortir de l’impasse causée par les ’non’ aux referenda français et néerlandais. Mme Merkel a reçu un mandat pour présenter lors du Conseil européen du mois de juin 2007 une feuille de route qui devrait, en principe, nous éclairer sur le chemin choisi par les 27 et relancer le processus. Parler de ’division’ me semble prématuré. Nous verrons au mois de juin si des Etats refusent de choisir la voie du compromis et si l’Allemagne réussira, ou non, à réunir les 27 autour d’une voie unique.

    « En France, comme partout en Europe, les espérances du plus grand nombre se sont, au fil des décennies, considérablement réduites, et le quotidien de millions de personnes s’est lentement étriqué. »

    Cette vision est assez commune en France actuellement. Cependant, il y a en Europe d’autres Etats où les conditions de vie sont bonnes (Etats scandinaves, Irlande, ou encore Belgique et Luxembourg, par exemple), voire même parfois des régions où le niveau de vie a considérablement augmenté ces dernières années (Estonie, Rép tchèque, Slovénie, Espagne, entre autres). Cette analyse sur la situation française est juste. Le niveau de vie de la République a chuté depuis quelques années, et les français qui vivent à l’étranger ont bien perçu la chute de la qualité de vie. Cela ne justifie point toutefois la généralisation de cette situation à l’ensemble de l’UE.

    « La libre concurrence règne sur un royaume misérabiliste clinquant sous les ténèbres, où les sujets du marché s’affrontent pour un job sous-payé, quand il est payé. »

    La concurrence existe dans l’UE peu ou prou depuis l’entrée en vigueur des Traités de Rome. C’était le 1er janvier 1958. Il me semble curieux d’entendre, ça et là (particulièrement depuis la campagne pour le referendum de 2005), des propos critiques sur la nature et les règles du marché intérieur, que la France respecte en tant que membre depuis presque 50 ans. Pourquoi ces reproches français sont-ils lancés maintenant à l’égard du marché intérieur ?

    « Puisque le réalisme est à l’ordre du jour, sans doute devrions-nous comparer ce que nous avons en commun avec le modèle de vie dont l’UE est si fière. Ce que nous avons en commun avec l’ultra-ibéralisme incarné par la Commission européenne, avec le « renouveau moral » du président polonais Kaczynski. Il ne serait pas inutile de reconsidérer lucidement le futur qu’elle propose de partager avec nous et les valeurs qu’elle se propose de promouvoir et de défendre. »

    Les valeurs de l’UE sont (étaient ?) inscrites dans le projet de Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Ces valeurs n’incluent pas les notions de « libre concurrence » ou de « libéralisme ». Elles portent sur des concepts tels que « l’Etat de droit », « la démocratie », la « liberté et l’égalité », le respect des droits de l’Homme et des minorités« , mais aussi »l’humanisme« , le »respect des identités nationales des Etats membres" (..) Ce sont ces valeurs-là que les Etats membres souhaitent inscrire au nom de valeurs communes à l’ensemble des membres de la famille Europe.

    « Il faudrait, alors, le faire avec force et conviction pour parvenir demain à construire une Europe qui vaille le coup de sacrifier une partie de notre souveraineté : l’Europe des peuples, pour la paix et la prospérité dans un capitalisme social et humain. »

    C’est la question qu’il faut en effet poser aux peuples d’Europe pour réussir à définir une voie acceptable pour tous dans l’Union européenne de demain. A cette question s’ajoute d’autres interrogations : Faut-il choisir la voie intergouvernementale ou bien la voie communautaire ? Voire une autre voie ? Les peuples peuvent-ils exiger des Etats la soumission d’une consultation populaire sur l’avenir de l’UE ?

    La Présidence allemande du Conseil de l’UE va devoir répondre à ces différentes questions en deux étapes. Attendons d’abord les 24 et 25 mars 2007 pour en savoir un peu + sur ses intentions et sur les résultats des consultations menées avec l’ensemble des 27 Etats membres. Un peu de patience. Nous aurons ensuite tout le loisir de débattre sur les suggestions concrètes présentées par Mme Merkel, particulièrement à l’issue du Conseil européen des 21 et 22 juin 2007.



  • Neos 6 mars 2007 10:45

    Merci pour tous vos commentaires.

    Sans entrer dans des détails qui justifieront, je pense, la rédaction d’un article sur le sujet, je souhaitais profiter de cet article pour vous demander votre opinion sur le mode de fonctionnement général de la maison Europe.

    Il y a actuellement 2 grandes théories autour du mode de gouvernance de l’UE :

    - la méthode intergouvernementale (qui donne aux Etats un rôle central dans le processus de décision). C’est la méthode qui reçoit la préférence de Nicolas Sarkozy pour certains dossiers clefs, tels que l’immigration, l’économie, etc et (..)

    - la méthode communautaire (qui privilégie la recherche du compromis entre les Etats et les peuples - via leurs représentants élus - dans la prise de décision). C’est la méthode globale qui reçoit le soutien de François Bayrou pour l’ensemble des dossiers où l’Etat ne peut intervenir efficacement et où l’UE semble mieux à même de les gérer).

    Quel serait selon vous la meilleure voie à suivre : développer la méthode intergouvernementale ou la méthode communautaire ? Mélanger les 2 ? Choisir une autre voie ?

    Qu’en pensez-vous ?



  • Neos 5 mars 2007 14:24

    « Ce gouvernement d’Union Nationale doit-il avoir pour objectif de supprimer à terme la bataille droite-gauche ? (...) Quelles seront les alternatives à proposer aux Français ? »

    La tentation Bayrou me semble être un bol d’air pour ceux et celles qui souhaitent trouver une option politique alternative et conjoncturelle au scénario préétabli de lutte bipolaire pour le pouvoir en France.

    Les outils institutionnels de la Ve République, ainsi que les appareils et les idéologies développées par le PS et l’UMP ont instauré des barrières infranchissables pour les défenseurs d’idéologies alternatives sur la scène politique française.

    Ainsi, le PS circoncit depuis plusieurs années toute initiative visant à introduire la social-démocratie dans la République. On connaît l’opposition historique entre le clan de François Mitterand et celui de Michel Rocard. Encore aujourd’hui, la tendance sociale-démocrate incarnée par DSK n’a pas fait l’unanimité des militants socialistes lorsqu’il a fallu élire le meilleur candidat socialiste pour les élections présidentielles.

    Par ailleurs, l’UMP, pris en main par N. Sarkozy dès les lendemains des élections de 2002, a écarté très tôt tout risque de dispersion interne en misant sur une candidature unique, barrant la route à toute alternative autre que la position unilatérale du parti.

    La candidature et le projet Bayrou incarnent une forme d’ouverture au pluralisme des idées, un appel à l’introduction de la social-démocratie en France et une main tendue à l’ouverture et à la préférence communautaire en Europe.

    Voir sur ce sujet, mon article sur la démocratie sociale :

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19993



  • Neos 4 mars 2007 13:53

    « N’y a-t-il pas une solution intermediaire entre la disproportion actuelle et la VIeme Republique ? »

    C’est en effet une bonne question, cher Vagabond. Il faut reconnaitre toutefois que le nombre de questions requérant une modification procédurale (mode de scutin, mandat des députés, 49-3, décentralisation, doublon des activités administratives dans les collectivités territoriales, fonctionnement de l’ENA, statut des universités ... etc) laisse songeur. Peut-on envisager de réussir à mener des réformes sans balayer en profondeur le système instauré par la Constitution du 3 octobre 1958 ? Telle est la question que l’on peut se poser...

    En 2002, le gouvernement avait pourtant tous les pouvoirs pour lancer ces réformes... il les avait tous...



  • Neos 3 mars 2007 10:54

    Cher Mr Candide, je me vois dans l’obligation de vous répondre puisque vos 2 derniers messages me sont attribués.

    Je ne vois toujours pas pourquoi vous faites allusion à la IVe République, mais je conçois que cet argument soit repris par beaucoup de défenseurs de la Ve République, en proie à une singulière frayeur depuis que commence à poindre sur la scène publique l’hypothèse, encore timide mais séduisante, de sortir de ce régime (devenu selon moi obsolète) tout en douceur. En ce qui concerne l’originalité de la démocratie sociale, je répète une nouvelle fois que mon analyse est à cadrer dans le contexte de la Ve République. Il me semble sans trop prendre de risque, que les idéologies traversent le temps, mais les régimes eux se succèdent. Je pense que nous avons en France, aujourd’hui, l’occasion de tenter une expérience unique d’injecter de la démocratie sociale au XXIe siècle dans cette société française. C’est une opportunité soudaine mais qui pourrait, compte tenu de la conjoncture actuelle et de la configuration politique en Europe, s’avérer être un pari gagnant.

    Quant à la ’publicité gratuite’ sur Mr Bayrou, je pense que chaque rédacteur est libre d’écrire des articles sur les sujets qui lui semblent intéressants, porteurs de débats, et il appartient au groupe des modérateurs d’apprécier si les consignes de rédaction sont respectées. Il va sans dire que si les idées portées et défendues par Mr Bayrou me semblent intéressantes, c’est peut-être parce qu’il est le seul sur la scène politique française à défendre la vision communautaire d’une Europe intégrée, vision NON IMPOSEE d’une France solidaire des Etats et des peuples en Europe (etnon pas une vision française de l’avenir de l’Europe), idée partagée par un certain nombre d’européens, dont je fais partie. Il est donc normal, me semble-t-il, de prendre plaisir à partager des idées avec les lecteurs qui pourraient être intéressées par celles-ci et faire découvrir ces idées aux autres.

    Il est tout à fait légitime enfin que vous exprimiez votre désaccord sur le sujet, c’est votre bon droit, et je ne me permettrais point de vous juger sur ce point. S’il s’avérait toutefois que les lectures ne vous conviennent point ou plus, libre à vous d’écrire des articles pour contredire les propos qui vous semblent intolérables, voire (solution de dernier recours ?) de porter votre intérêt sur un autre forum de discussion que celui d’Agoravox.

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