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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 21 octobre 2006 07:16

    @ davideo

    Vous dites : « Et bien moi pas Bernard, je ne travaille pas pour le Surhomme Nitzschéen, mais bien pour les « éclopés de l’existence », les paumés, les zonards, les ratés, ceux qui sont partis de rien et qui ne sont arrivé nulle part, les emmerdeurs, les brebis pas seulement égarées mais galeuses, les paresseux. Ils sont comme moi, ce sont mes frères. Désolé. »

    C’est une attitude louable, mais l’architecture doit-elle, DANS SON ENSEMBLE, n’avoir que cette vision du monde des éclopés ? Quel est le quartier de Paris où le peuple semble se sentir le mieux si on tient compte du nombre de gens « populaires » qu’il attire quotidiennement ? Je pense qu’on peut dire sans risque de se tromper que c’est le Trocadéro... Longtemps décrié par les cerbères du bon goût comme l’exemple type de l’architecture « mussolinienne »... Démonstration flagrante que le peuple, lui aussi, a besoin de ses fastes et que l’architecture doit savoir les lui donner...

    Vous donnez des exemples de « ce qui plait aux gens »... Une fois de plus, vous tombez dans le piège de confondre l’individuel et le collectif. Bien sûr il faut « être à l’écoute » mais quand une architecture génère plus d’inconvénients que d’avantages, le bien collectif doit être capable de s’imposer face à la démultiplication des desideratas individuels.

    On ne va pas construire en banlieue des villages africains, et donner à tous les immeubles le chiffre 111 ni dessiner leurs entrées comme celles des maisons du Mali... Il y a maintenant trente ans qu’on teste des solutions au « coup par coup ». Le résultat est plus que décevant malgré les sommes colossales qui ont été englouties. Tu dis « attendons les premiers résultats ». mais ça fait longtemps qu’on les attend et on ne voit toujours rien venir.

    Ce que je propose ? Pas grand-chose de bien original mais revenir à la notion de rue, c’est-à-dire à un bâti solidaire (le mot est à la mode), dans lequel les bâtiments ont un lien les uns avec les autres. Je pense qu’il faut aussi se méfier de tout ce qui ressemble à un « geste » architectural pour en revenir à plus de modestie. Et je pense indispensable d’imposer que la plupart des bâtiments retrouvent des rez-de-chaussée à usage commercial, avec, dans les nouveaux quartiers, une fiscalité de zone franche...

    Pour ce qui est des bobos de Montreuil (j’ai quelques amis dans ce cas) je ne leur reproche rien, mais je constate simplement qu’ils participent à ce que tu dénonces : repousser le pauvre... Et si tu penses que les bobos se retrouveront un jour à la Grande Borne, à mon avis, tu te fous un peu de nous... Le bobo n’aura jamais la lucidité de se suicider. Il est trop « équitable » par rapport à lui-même. Quant à Antigone que tu sembles ne pas apprécier, je constate simplement, qu’à l’instar du Trocadéro dont je parlais plus haut, c’est aujourd’hui un des quartiers les plus fréquentés de Montpellier (et les plus visités par les étrangers (en dehors de la place de l’Œuf). En tout cas, bien plus intéressant que le monstrueux Corum qui a été posé comme un blockhaus au bout de cette place. Et pour ce qui est de Nemausus, c’est loin d’être le succès escompté. D’ailleurs personne ne songe plus à s’en inspirer... Par contre l’Institut du Monde Arabe est un pur joyau... mais personne n’y habite...

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 21 octobre 2006 07:14

    @ Bernard Dugué

    Effectivement la théorie du manque tire l’ensemble de l’urbanisme vers le bas. Exactement, et je l’ai évoqué quand l’article, comme la tyrannie de la méthode globale d’apprentissage de la lecture a tiré l’ensemble de l’éducation vers le bas. Et je passe sur la façon dont on a cherché à apprendre l’histoire en la découpant en morceaux sans queue ni tête.

    Je critique la théorie de ceux qui prétendent chaque matin réinventer l’eau chaude et qui proclament qu’on n’avait rien compris avant eux. L’architecture et l’urbanisme sont des exemples flagrants d’une telle attitude imbécile qui s’est imaginé pouvoir tout « redessiner », alors qu’il aurait été peut-être plus intelligent de poursuivre des recherches qui remontent à la nuit des temps et qui avaient créé une diversité architecturale extraordinaire dont nous semblons aujourd’hui avoir été bannis.

    La maladie de l’architecture d’aujourd’hui c’est que chaque bâtisseur met un point d’honneur à faire que sa « création » soit « originale » c’est-à-dire qu’elle se démarque de ce qui a été fait autour... Les artisans qui ont fait Sienne, Assise, le Bario Gotico de Barcelone, Tolède, Grenade, Saâna, Collioure, San Giminiano, le vieux Lyon ne cherchaient à se démarquer de personne. Ils ont fait leur boulot, et ils l’ont bien fait, en signant leur travail d’une légère touche personnelle qu’il est un plaisir aujourd’hui encore de respirer au fil des balades...

    Loin de moi l’idée de fustiger systématiquement la modernité. Mais pour moi elle s’est égarée quand elle a tourné le dos à l’œuvre d’un Mallet-Stevens pour se jeter corps et âme dans la folie concentrationnaire (et fascisante) de Le Corbusier. Les moyens techniques actuels nous donnent la possibilité de faire du Mallet-Stevens à grande échelle. Non pour le dupliquer, mais pour s’en inspirer.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 22:04

    @ davideo

    Pourquoi ne vont-ils pas s’installer au Val Fourré ou à la Grande Borne. Au niveau de l’engagement « citoyen » ça aurait de la gueule. Et ça « revitaliserait » le quartier. Le boom immobilier des années 80 a fait voler en éclat ces beaux principes. Tous ceux qui habitaient alors des appartements populaires dans le XII, le XIX ou le XX les ont revendu au triple du prix où ils les avaient achetés quelques années auparavant, pour s’installer près des Halles et plus tard dans le Marais. Mouvement traditionnel de spéculation qui aurait pu intéresser Courteline... Mais qu’ils aillent donc en banlieue...

    Vous dites à B. Dugué : « travailler sur le MANQUE ». Le quartier Antigone à Montpellier a-t-il été construit sur un manque quelconque ? Non. Il est né de la volonté d’un maire et du savoir faire d’un architecte : Ricardo Boffil. Non loin de là, Jean Nouvel à construit Némausus à Nîmes, en cherchant à répondre à des tas de manques (il est allé jusqu’à prévoir des emplacements pour les vélos sur les balcons...). Résultat : un fiasco... Il est d’ailleurs significatif que peu d’expérience d’urbanisme de banlieue soient revendiquées en tant que telles par les populations concernées. S’il y avait tant de réussites que ça, ça finirait par se savoir.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 21:44

    @ davideo

    Ce texte propose en filigrane des solutions : non pas revenir en arrière mais changer de méthode en resserrant le mode décisionnel en matière d’urbanisme, et en se réappropriant le concept de base de la « rue », concept qui peut être décliné de mille façons.

    Je me souviens encore aujourd’hui avec un certain effroi du jour où j’ai dû aller prendre le RER à Grigny et que j’ai découvert une gare sinistre, cachée au fond d’un ravin, d’où il fallait s’extraire en montant des tas d’escaliers couverts d’immondices... Quel sens du bien commun peut-on inculquer dans un tel environnement ? J’ai cité à Marsu l’exemple d’Agadir ou de Villeurbanne, mais il en est d’autres. Mon propos est de dénoncer une méthode de saupoudrage qui a fait faillite et à laquelle on continue de s’accrocher désespérément alors qu’elle n’est qu’un cautère sur une jambe de bois.

    Je pense que la banlieue parisienne nécessite cinq ou six grands projets d’urbanisme, aptes à donner de l’espoir aux populations, en leur montrant qu’ont été pris en compte bon nombre de leurs soucis quotidiens t enleur proposant un environnement de qualité. Puis, l’expérience aidant, de s’attaquer à d’autres projets en mobilisant les moyens de la nation toute entière ainsi que ceux de l’Europe, car les problèmes d’intégration ne vont pas tarder à iontéresser l’ensemble du continent.

    Déterminer 400 quartiers dits « sensibles » et prétendre y apporter des solutions au coup par coup est une utopie dangereuse et imbécile.

    Vous interrogez : « faut-il détruire TOUTES les tours et les barres ? ». Je pense qu’à de rares exceptions répondant à des critères qualitatifs exceptionnels (notamment les tours qui ont été construite non loin de la Défense) il ne faut pas avoir peur de répondre oui. Les tours du XIIIè sont moches mais elles ne posent pas de problème particulier (j’ai habité pendant des années dans le quartier du Chevaleret...), et vu que Navarro y a élu domicile, on lui doit de les respecter... Mais le Front de Seine est une insulte permanente faite à la silhouette de Paris. Mais il est impossible de le détruire : trop cher....

    J’aime beaucoup l’architecture contemporaine et je ne demande pas qu’on revienne à une architecture haussmannienne. Mais des expériences intéressantes ont été faites par certains architectes qui ont proposé des jeux de façades plus complexes que ceux auxquels ils nous avaient habitués depuis cinquante ans. Certains ont même readapté les fameuses couvertures en zinc qui sont une des caractéristiques du décor parisien, et l’expérience était des plus réussie. D’autant que ça donne du travail à de nombreux artisans qui ont ainsi autre chose à faire qu’à mettre du goudron sur les terrasses.

    J’ai signalé le programme proposé par Rolland Castro et personne ne semble le connaître. C’est dire l’intérêt qu’on porte aux questions d’architecture. Pourtant ce programme (appelé » banlieues 89 ») esquissait des solutions originales... et draconiennes. Le sens de mon article était un appel pour en revenir à cet esprit inventif et radical.

    Bien à vous Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 20:49

    @ l’hôpital peripate

    Qui est le plus dogmatique sur le coup ? La mixité ne se décrète pas. Elle naît spontanément d’un environnement susceptible de la favoriser. La notion de ville nouvelle ne peut se concevoir qu’en tant que ville (c’est-à-dire lieu de vie et de travail) et non comme une cité dortoir.

    Les bobos qui s’installent aujourd’hui dans le Marais, mais aussi en proche banlieue, ne sont-ils pas aussi en train de « repousser les pauvres » ?

    Patrick Adam

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