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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 18:43

    Il ne sert à rien, sur un sujet de cette importance de faire preuve de dogmatisme et d’agiter les grandes phrases indignées sur le « rejet des pauvres ». Toutes les villes ont toujours des quartiers nobles et des quartiers plus populaires. Voyez le sort des termes de Caracalla à Rome qui, précisément, ont été implantées dans un quartier populaire. Venise, Florence, Sienne, sont divisées en quartiers, avec une identité reconnue. Mais ce qui semblait autrefois immuable, change aujourd’hui à chaque génération ou à chaque soubresaut politique...

    Il ne s’agit pas de repousser des pauvres. Mais de leur offrir un cadre de vie digne de leur condition d’être humains à part entière et non de consommateurs qu’on stocke les uns sur les autres.

    L’espace se rétrécit. Tout projet d’urbanisme doit en tenir compte. Nous dévorons des surfaces de plus en plus vastes, sans qu’on s’en émeuve outre mesure. Quand je parle de rues, je critique tout autant les barres d’immeubles que la démultiplication des pavillons en carton-pâte qui, pour donner deux rosiers, un coin de barbecue et permettre de rentrer la voiture, étire à l’infini des zones urbaines sans âme, sans commerce et sans services.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 18:28

    @ IP:xxx.x12.103.114

    Dire que les projets de Le Corbusier et ceux du baron Haussmann étaient strictement identiques est une absurdité. Le Corbusier était un architecte qui, ainsi que je l’ai dit, a montré un grand talent dans tous ses aménagements intérieurs et dans ses réalisations intimistes, mais qui était un intégriste dès qu’il cherchait « à faire le bonheur du peuple » et à l’éduquer. On voit le résultat.

    Haussmann était un fonctionnaire consciencieux. Un préfet. Il a su s’entourer d’architectes de talent, Baltard, Alphand, Garnier, etc... Il a élaboré de grands axes de travaux liés à des priorités COLLECTIVES et non individuelles comme l’a fait le Corbusier.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 17:35

    Marsu

    T’as rien compris. Et ça m’étonne. Faut croire que les vieux réflexes style « Haussmann c’était pour les canons ont la vie dure.

    Les motivations d’Haussmann étaient pratiques et hygiéniques (eau, égouts, déplacement des cimetières, pissotières, etc....). Que le pouvoir du second empire en ait tiré profit pour le maintien de l’ordre, fait partie des antiennes de la gauche soixante-huitarde (je l’ai entendu mille fois), la même gauche qui aujourd’hui se dispute les immeubles haussmanniens (quand elle ne peut s’offrir un pied à terre du côté de la Place des Vosges). Les grands opérations (Champs Elysées, avenue de la grande Armée, avenue Foch, Sébasto, boulevard Saint Michel répondaient avant tout à un souci de rationalisation de l’urbanisme et d’imprimer une marque de grandeur. Je sais ce n’est peut-être plus à la mode, mais ça a quand même assez bien fonctionné.

    Et ne me parle pas des « motivations personnelles « du baron. Ça n’a aucun sens. En dehors du goût prononcé pour les honneurs, ses motivations l’ont plutôt amené à se mettre tout le monde sur le dos, bourgeois, journalistes, bobos de l’époque, et bien sûr les populations déplacées. Les seuls à lui être restés fidèles sont les milliers d’ouvriers du bâtiment à qui il avait procuré un travail digne et valorisant puisqu’on venait des quatre coins de la terre voir ce qui se faisait (de mieux) à Paris...

    Voilà une des innombrables descriptions du Paris louis-philippard que tu sembles regretter : « Quand on quitte la rue de Richelieu éclairée par un « torrent de gaz », on plonge dans l’ombre épaisse où le moins que l’on puisse rencontrer est une odeur fétide, engraissée par l’accumulation de déchets et d’immondices, nourrie par des murs suants. Voilà la vérité : les rues de Paris sont presque toutes des sentines puantes, des égouts à ciel ouvert. »

    Quel intérêt politique y aurait-il eu à doubler la superficie de Paris en la faisant passer de 3 370 ha à 7 8800 ha, et d’augmenter la population de 350 000 habitants ? A contrôler une population, il était préférable de maintenir son fractionnement et une frontière entre le Paris « utile » et le Paris rejeté.

    On comptait alors à Paris un agent de police par ha et pour 360 habitants. En banlieue, un agent pour 56 ha et 5 165 habitants. La banlieue était alors tout autant délaissée qu’elle ne l’est aujourd’hui.

    Il déclare au conseil municipal le 7 mars 1859 : « Il n’est pas admissible que la capitale de la France soit composée d’une partie centrale administrée avec unité et fermeté, soumise à un certain régime financier qui assure convenablement ses services municipaux, ouverte et reliée par un bon système de voies publiques, protégée par une police vigilante, et d’une zone extérieure, fractionnée légalement en dix-huit communes ou portions de communes, divisées par dix-huit péages aussi divers qu’insuffisants, sans communications bien entendues, sans surveillance efficace. Ce n’est pas le nom de paris mais celui de Babel qu’il faudrait donner à un pareil assemblage. »

    A peu de choses près la situation qui prévaut aujourd’hui dans quasiment toutes les banlieues.

    Le sens de mon texte est de dire halte au saupoudrage imbécile qui fait loi depuis plus de 30 ans, sans avoir rien réglé, au contraire, puisque la vie maintenant se résume (comme en ce qui concerne l’Europe) à une chasse aux subventions. C’est aussi de confier à un comité aux pouvoirs élargis (il n’y a pas de politique participative en matière d’urbanisme sinon à échelle restreinte) la mission de continuer un tissu urbain cohérent, susceptible d’être décliné dans différents projets porteurs d’identification. Si tu ne l’as jamais fait, je te conseille d’aller faire un tour un jour à Antigone à Montpellier. Mais aussi dans l’ancien Villeurbanne. Pas un Villeurbanne antique, non le Villeurbanne construit dans les années 30, avec de magnifiques immeubles populaires, collés les uns aux autres, avec des rues et des places, avec des squares. Et le square Clingnancourt à Paris, dans le XVIIIè, tu connais ? A deux pas de Barbès. C’est sublime.

    Il faut arrêter de jeter des immeubles les uns à côté des autres et de créer des ghettos perdus au milieu de zones industrielles. J’ai longtemps vécu en banlieue sud de Paris, et j’en suis parti parce que, déjà, chaque matin et chaque soir cet urbanisme sans âme me donnait envie de vomir.

    Toi tu vis dans ton coin pénard. Tant mieux pour toi. Mais tout le monde n’a pas ce genre de privilège. Et je pars du principe que tout le monde a droit a un environnement humain, digne, et non pas à être entassé dans des clapiers.

    Pendant des années on a fait étudier aux architectes des plans préétablis d’hôpitaux, de collèges de piscines, de stades, et d’immeubles aux appartements en étoile ou « transversaux »... Dans la philosophie de Le Corbusier on a cru qu’il fallait aligner tout le monde face au soleil dans la journée et les faire dormir plein nord. Va donc faire un tour à la Grande Borne ou aux Grands Ensembles de Massy et prend un bouquin de Le Corbu qui décrit le projet qu’il avait pour raser toute la rive droite de Paris pour y implanter une forêt de tours, bien alignées les unes sur les autres.

    Pour ce qui est d’un urbanisme intelligent, plus que Chandigardh qui n’a jamais été la réussite escomptée, en encore moins que Brasilia, je te citerai la reconstruction d’Agadir suite au tremblement de terre de 60. Ces travaux ont été confiés à de nombreux cabinets d’architecture mais avec un cahier des charges des plus contraignants : hauteur des immeubles, unité stylistique, commerces, délimitation précise de quartiers. La réussite a été totale. Malheureusement la ville est aujourd’hui entamée par des promoteurs qui ne respecte ni l’unité architecturale ni la vie des quartiers.

    Bien à toi. Mais sors un peu de ta retraite et va faire un tour plus souvent en banlieue. Tout le monde ne peut pas se gaver de bucolisme. La banlieue, c’est quasiment tout pourri. Faut raser et arrêter de replâtrer. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 11:57

    @ Cristophe

    Bonne analyse mais vois toi-même le temps que nous devons perdre à expliquer ce que nous faisons et les basses manœuvres de cette bande de dégénérés. Il y a longtemps maintenant que je ne réponds à aucune de leurs vomissures. Qu’ils vivent dans la même fosse à purin si ça leur chante. Je m’en tiens éloigné.

    Je pense effectivement que les lecteurs impuissants devant un tel spectacle ne peuvent ressentir qu’un manque de respect.

    Quoiqu’il en soit, j’essaie de maintenir le cap que je me suis fixé, tant que je recevrai des encouragements venant de personnes respectables. Pour les autres, je n’ai que du dégoût.

    Bien à toi. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 20 octobre 2006 06:57

    IP:xxx.x26.40.74

    T’as bien raison. Spectacle pitoyable, mais surtout dégâts garantis pour Agora. Je comprends de moins en moins que la rédaction accepte cette pollution nauséeuse. A laisser ainsi souiller tous les textes qui parlent de l’islam, on souille aussi leurs auteurs, et on souille le média dans sa totalité... Bizarre comme politique éditoriale.... Qu’on exprime des divergences, soit. Que le ton s’envenime parfois, soit aussi. Mais qu’on accepte un tel sabotage systématique, sans jamais intervenir, me laisse perplexe. On ne peut poursuivre aucun échange sans qu’il soit vérolé par de sinistres crétins menés par un chef d’orchestre qui ne s’est même pas rendu compte qu’il a explosé en plein vol depuis qu’il s’est prêté à un article qu’il croyait à sa gloire et qui n’a été que la démonstration de l’écroulement d’un Dorian Gray de bazar qui se prenait pour le nombril d’Agora... Lamentable. Le jour où il atterrira au fond du cloaque plus-que-maxime, ça risque de faire mal. A son âge, c’est pas sûr qu’il s’en relève...

    Bien à toi. Patrick Adam

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