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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 octobre 2006 18:52

    @ Cambronne

    J’ai compris ce qu’était l’histoire telle que bon nombre d’historiens nous la servent, à Smara, quand, arrivant dans cette « cité » décrite dans quasiment tout les livres d’histoires comme ayant été bombardée ou incendiée par les troupes du colonel Mouret en 1913, j’ai découvert les reste de la zaouÎa de Cheikh Ma el Aïnin quasiment intacts, et ayant souffert depuis, beaucoup plus de l’occupation espagnole qui débuta en 34, puis de leur abandon par les Marocains.

    Quand j’ai commencé mes recherches, sur les conseils du Lt coL Jean D’Arbaumont qui a publié un ouvrage où il traite de la question, j’ai cherché le rapport militaire, puis le rapport politique du colonel Mouret. J’ai remis un exemplaire du rapport militaire aux autorités de Smara qui n’en avaient jamais eu connaissance. J’ai eu aussi le plaisir de remettre divers documents au petit-fils du cheikh, qui les expose à l’intérieur du bâtiment.

    La zaouïa est toujours debout, et ça n’empêche pas nombre d’historiens de bazar de continuer à écrire qu’elle a été bombardée. C’est même dans tous les guides touristiques. Le Clézio qui n’est pas historien mais qui a voulu donner des cours d’histoire dans « Gens des nuages » a sacrifié au rituel. De même qu’Antoine de Meaux qui avoue dans son ouvreage n’avoir pas pu visiter la zaouÎa lors de son bref passage à Smara... J’ai participié à une controverse à l’Académie des Sciences d’Outrre-Mer avec le directeur des Guides Bleus qui continuent de parler de cette destruction . Pour l’anecdote, l’homme est descendant du fameux Marmol à qui on doit une « Histoire d’Afrique » des plus intéressantes et qui date du XVIIème siècle.

    Je me suis aussi posé beaucoup de questions sur la façon dont on écrit l’histoire la première fois que je me suis rendu à Asrir, près de Guelmim (Anti-Atlas), sur les ruines de Noul Lamta, une cité un peu mythique qui a été, du Xè au XIIIème siècle la capitale d’une tribu de nomades guerriers dont on parle dès qu’on se réfère à cette partie de l’Afrique, vu que ces guerriers se sont joints au Almoravides dans leur conquête du Maroc puis de l’Espagne. Toutes les descriptions font de cette cité une ville importante, connue pour oa fabrication de boucliers en peaux d’antilopes. Quant tu es sur le site, tu te rends compte que c’était une petite boite de terre séchée qui ne devait pas pouvoir contenir plus de cinq cents âmes...

    Voilà comment on écrit l’histoire. Et pourquoi j’aime à me glisser dans les fissures... Merci pour tes pensées. Bien à toi.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 octobre 2006 17:32

    @ basta

    Je vosi que je parle à un expert. Alors t’as sans doute visité un jour l’immense complexe sidérurgoique que les Russes avaient implanté à la sortie d’Annaba, pas loin de l’ancien site d’Hyppone, et dont j’ai pas le temps maintenant de rechercher le nom. Quand j’étais en Algérie, il tournait à 30% de ses capacités de productions. C’était la risée de tout le pays. Il y avait aussi une cimenterie du côté de Mostaganem, qui aurait dû produire des tas de tonnes de ciment, mais les concepteurs russes avaient oublié de construire la voie ferrée pour évacuer la production. Les files de camion s’étiraient le long de la côte. Le ciment coûtait un prix fou. A l’époque, le port d’Alger, celui de Skikada et celui d’Anaba étaint gérés par des russes. pas celui d’Oran. A Tebessa, tout l’hiver on mangeait du poulet russe et du chou russe. Faut dire qu’il n’y avait pas grand chose d’autre à bouloter. Le pire était de tomber malade, car à l’hôpital, on était soigné par des Russes... et j’ai une ou deux anecdotes locales assez « piquantes » en réserve à ce sujet, si ça t’intéresse.

    Tu devrais te procurer quelques numéros de la revue Afrie-Asie de l’époque. elle faisait scrupuleusement le bilan de la cooépration avec les russes et avec les Allemands de L’Est. Tiens, à propos, Simon Malley, son ex-rédacteur en chef est mort ces jours-ci. Pourquoi tu nous ferais pas un article à sa gloire.

    patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 octobre 2006 17:20

    Salut Cambronne

    Bien sûr je n’ai jamais écrit : « du passé faisons table rase », je dis seulement que vouloir « éduquer » nos banlieues avec un film fait par des bobobeurs pour des beurs qui sont encore secoués par un passé mal digéré, n’est pas la meilleure solution aujourd’hui. Et j’ai entendu le ministre de robien dire ce matin qu’il avait recomandé de faire passer le fil dans les établissements scolaires... On peut craindre le pire, vu la façon dont on y enseigne l’histoire.

    Le titre « oublier alger » faisait précisément référence au livre d’edmonde charles Roux qui parle du déracinement de manière adminrable.Mais le fond du problème est bien d’essayer de savoir quelle mémoire doivent se construire les enfants d’immigrés. Est-ce celle de la réparation, de l’expiation et de la revanche, ou bien celle d’une histoire apaisée, qui sans gommer les fautes, s’appuient sur ce que ces deux peuples si différents l’un de l’uatre se sont appris en coexistant pendnat plus d’un siècle.

    A propos, moi aussi j’ai du apprendre à lire sous Auriol, mais, si j’en crois ma mère car moi j’ai oublié, je n’avais pas deux ans quand je pouvais réciter 7 ou 8 fables de la Fontaine en entier. La « culture », ça commence à la maison pas à l’école, et c’est encore mieux quand c’est fait pour donner du bonheur et de la fierté à sa mère.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 octobre 2006 13:49

    @ yann

    Merci pour votre appréciation. effectivement le prochain film sera sans doute encore plus gratiné que celui-ci. A touiller goulûment dans le pot de confiture qui rapporte gros, pourquoi se gêner ?

    Je pense que traitant du FLN, ils n’oublieront pas de parler des centaines de fellhas qui ont eu le nez coupé d’un coup de couteau parce qu’il avaient fumé du tabac français. Voici le texte d’un avertissement placardé par le FLN à Djemaa (teritoire de Touggourt), le 25 septembre 55 : « Ecoutez, gens. Evitez de fumer des cigarettes françaises, cela vaudra mieux pour vous. Nous brûlerons le magasin de celui chez qui nous trouverons des cigarettes françaises et par dieu, la France ne pourra jamais rien faire. Nous couperons au couteau le nez de celui que nous trouverons en train de fumer des cigarettes francçaises. Nous en avons décidé ainsi. Faites ce que vous voulez.Toi, Caïd, fais attention à ce que tu fais. Nous t’égorgerons, toi et ta famille, petits et grands. Evitez les jeux de hasard dans les cafés, tels que dominos et cartes... Vous pourriez vous en retpentir... »

    J’ai vécu dans l’Est algérien à la fin des années soixante-dix et j’ai rencontré des tas de gens qui avaient subi ce traitement humaniste et « libérateur ».

    Bien à vous. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 4 octobre 2006 13:24

    @ tous

    Pour ce qui est de la controverse c’est bien Sartre et Aron, et le débat portait alors sur l’appréciation que l’on pouvait avoir de l’URSS... Cette controverse est plus tardive que l’opposition très forte, du début des années 60, entre l’existentialisme nihiliste de Satre et Camus qui pensait que l’absurdité de l’existence n’empêchait pas de donner un sens à la vie.

    Puis qu’on en est aux corrections : à noter que dans l’article il faut lire « Gérard Blanchard accusé de partialité » et non « d’impartialité », bien sûr.

    Mille excuses. Patrick Adam

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