J’ajouterais que les gens de gauche n’existent pas, ce sont seulement des anti-sarko. Ils n’existent pas car la gauche n’existe plus depuis qu’elle a été confrontée aux réalités du pouvoir durant les 2 premières années de Mitterrand. Le programme de Royal était un programme de droite, comme celui de Bayrou et de Sarko. Le choix des électeurs s’est fait sur le style, pas sur le programme.
Les commentateurs qui matraquent Sarko sur AV se comportent comme des supporters d’une équipe de foot qui n’acceptent pas leur défaite. Ils utilisent le même style, plutôt en-dessous de la ceinture et les mêmes mots, plutôt l’insulte. Il leur manque les mêmes valeurs : l’honneteté, le respect, le recul, la profondeur d’analyse.
Si les grandes douleurs sont muettes, la leur ne doit pas leur faire beaucoup de mal
Oui, c’est assez pitoyable d’invoquer la résistance quand on vit repus, mais aussi quand on profite indument d’un loyer à bas coût ou quand on se plaint de payer trop d’impôts en France (là, je pense que tout le monde est servi !)
Vous avez raison dans le système actuel, mais je crois précisément que ce projet de vise à le changer.
Aujourd’hui nous n’avons que 2 voies pour orienter le sort judiciaire d’un criminel : ou bien il est reconnu responsable de ses actes et il est jugé, ou bien il est irresponsable et n’est pas jugé.
Ce projet propose une voie médiane dans laquelle le criminel serait reconnu responsable pour l’acte commis et irresponsable pour d’éventuelles récidives. Pour la première partie, la justice doit sévir, pour la deuxième, elle doit protéger la société par un internement de type socio-médical.
Encore une fois, la vraie difficulté est de déterminer cette médiane avec toutes les précautions nécessaires, mais sur le principe, l’approche qui reconnaît un continuum entre la responsabilité et l’irresponsabilité me paraît un progrès car elle correspond à une réalité. Il y a en effet une part d’irresponsabiité chez un maniac sexuel. Pour autant, personne de comprendrait qu’il ne soit jamais jugé. On est donc bien obligé d’étudier une solution intermédiaire.
Il y a quelques fausses vérités dans votre article. Je n’en citerai que 2 pour faire court.
Vous dites : « un fait divers grave, une effervescence médiatique, une profonde émotion dans l’opinion publique, une nouvelle loi pour aggraver les sanctions pénales. Et ce cycle se poursuit. Or, une loi devrait être le fruit de mûres réflexions, pas l’aboutissement de compassionnelles émotions. »
Je ne crois pas que le mécanisme d’élaboration des lois soit aussi simplet que cela et heureusement. Des parlementaires réfléchissent parfois longtemps à leurs lois, mais lorsqu’un événement survient qui va dans le sens de leur projet, il peut servir de révélateur ou de déclencheur. Je ne crois pas que l’événement émotionnel et médiatique génère la loi, je crois qu’il déclenche la mise en oeuvre d’une réfléxion antérieure. Ce que vous dites à ce sujet relève donc de l’apparence des choses et non de leur réalité.
Vous dites : « Si l’abolition de la peine de mort semble un acquis définitif (notamment par son inscription dans la Constitution en février 2007 ... »
Je ne pense pas que la peine de mort soit un acquis définitif et surtout pas pour la raison que vous citez car ce qu’un texte a fait un autre texte peut le défaire.
Pour le reste :
- je vois que vous faites appel à R. Badinter. Naturellement, dès qu’il s’agit du droit des coupables, c’est encore la meilleure référence.
- vous semblez craindre pour la présomption d’innocence et vous avez raison. Tant que l’on restera caché derrière son petit doigt, on aura beaucoup de mal à appliquer cette présemption dans le cas de flagrants délits ou dans des cas similaires. Et c’est bien dommage, car cette faiblesse de constitution de la présomption d’innocence, et je dis bien faiblesse de constitution car on a voulu en faire un standard universel, ce qu’elle ne peut pas être, cette faiblesse donc, nuit à son application dans les cas où elle est vraiment nécessaire, c’est à dire tous les cas où il peut y avoir doute.
- vous abordez avec objectivité me semble-t-il, la différence qu’il y a entre une sanction pénale qui conduit en prison pour punir et une détention socio-médicale qui isole de la société pour la protéger. Ce point me paraît plus important que ce qu’en dit R. Badinter. Ce grand magistrat confond en effet les deux statuts en un seul et en fait une double peine. Non, l’isolement n’est pas une peine pour la personne concernée, c’est une nécessité pour la société. De même qu’un sens interdit n’est pas une punition pour la moitié des automobilistes, c’est une nécessité pour la sécurité du trafic (je sais, l’exemple n’est pas à la hauteur du sujet, mais il est lumineux de simplicité).
- la question de la détermination par avance du risque de récidive me paraît la plus délicate. Il ne faut surtout pas compter sur les experts psychiatres qui pensent pouvoir fonder un diagnostic psychique sur la foi d’un savoir aussi empirique que la psychiatrie. Pour autant, il existe des psychiatres qui font bien leur travail, je parle de ceux qui se servent de leur intelligence. Le problème, c’est que personne n’est en mesure de faire la différence entre les premiers et les seconds (ils ont les mêmes diplômes). Ce n’est qu’à l’aune du temps que l’on peut connaître le bien-fondé du diagnostic. Trop tard donc. Là est le risque.
- les soins ne peuvent pas tout. Là aussi, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, les thérapies, la rééducation ont leur limite.
Pour finir, à bien regarder le fil de cet article, je n’ai pas le sentiment qu’il y en ait beaucoup parmi les commentateurs qui ont été victime un jour d’un de ces boureaux-malades. Qu’il en reste ainsi pour eux et leurs opinions seront bien gardées.