Que de temps (et de talent littéraire) perdu à vouloir nous expliquer ce que tout le monde sait déjà sur Cantona.
Vous me faites penser à ces militants pour une presse noble qui s’emparent de liasses de journaux gratuits pour les jeter : combat pitoyable, car perdu d’avance.
Le segment de marché qui s’identifiera à ce gros con existera d’autant plus qu’il aura été stigmatisé par des cours de psycho-philo-socio tel que le vôtre.
Vous savez bien que l’opposition ou la provocation est un moyen parmi d’autres d’affirmer son ego. Ici, c’est l’opposition à la convenance, ailleurs c’est celle aux bonnes moeurs ou autres, peu importe.
Les machos avec ou sans poils s’empareront de cette marque pour alimenter dans leur société une énième conversation de café du commerce, déclenchant admiration chez les uns et sourires de connivence chez les autres.
Qui plus est, la polémique que vous amorcez (et qui marche pas mal au vu des réactions précédentes) peut mettre l’eau à la bouche de nos omniprésents animateurs de talkshows. Vous nous faites donc courrir le risque d’une nouvelle séquence minable à une heure de grande écoute d’une télé franco-française qui n’a pas besoin de ça. Vous aurez ainsi participé à ce marketing de merde que vous voulez pourtant dénoncer.
Article contre-productif, assurément.
Heureusement, il va y avoir les grèves, avec un peu de chance, votre sujet sera éclipsé et le joli coup marketing de cette marque éventé.
Jolie performance Demian que celle de faire couler autant d’octets de la part de lecteurs qui affirment ne pas vouloir vous lire...
Le plus drôle ce sont les grandes tirades moralistes visant à expliquer pourquoi l’on devrait vous censurer.
Il y en a même qui s’amusent à compter et à recompter les scores, comme pour pour chercher une preuve arithmétique contre vous.
Certains vous intègrent même dans leur haine contre Sarko. C’est poilant.
Vous auriez écrit le même article avec un autre pseudo, le fil aurait probablement été totalement différent, mais je vous avoue que cela n’aurait pas été aussi drôle.
Au passage, cela en dit long sur l’objectivité des lecteurs et montre bien, à mon avis, les limites d’un tel média.
Je suis vos aventures depuis une paire d’années et je vous confesse qu’au début, je vous trouvais exaspérant. Mais en observant les réactions des lecteurs contre vous et vos réponses, j’ai fini par comprendre un peu mieux votre fonctionnement. Depuis, je me régale.
Vous en avez déjà laissé pas mal derrière vous. Chapeau. Mais de nouveaux se présentent qui tombent raides dans le panneau de leur contradiction. Vous les aurez à l’usure, c’est sûr, mais le réservoir est inépuisable.
Amusez-vous bien et revenez nous voir de temps en temps.
C’est avec émotion que je me joins à votre nostalgie.
VOus employez des termes d’une grande douceur pour décrire une situation si révoltante qu’on en est profondément touché.
J’ai connu l’Algérie juste avant son « islamisation politique ». A cette déjà triste époque, les déçus de leur pays parlaient d’un espoir de se sortir de leur misère : les richesses gazières, l’éducation des masses, la fin de la chappe de plomb imposée par le FLN, les agitations de l’administration contre le trabendo, l’honneur et la fierté légendaires de l’Algérien, tout cela nourissait un peu d’optimisme.
J’ai encore entendu ce discours longtemps.
Vous êtes le premier que j’entends faire un constat de renoncement à croire que les choses iront mieux demain.
C’est effectivement très triste.
Courage, le Français que je suis, sait encore reconnaître et accueillir les hommes aussi humains que vous.
Je ne suis pas le seul, vous non plus et la diaspora algérienne trouve parfois un peu de réconfort ailleurs.
S’il est une marque de fabrique des sites média / tchache, c’est bien de constater le nombre impressionnant de personnes qui peut, sur un sujet aussi dérisoire, prendre parti en invoquant les plus grands principes moraux, politiques, scientifiques etc., à moins que ce soit une marque exclusivement française.
Entre la fin du XIXè et le début du XXè et si AV avait existé, j’imagine avec délice les propos fleuris qu’on aurait pu recueillir sur le recours aux empreintes digitales pour distinguer les individus avec certitude.
S’est-il trouvé à cette époque quelque brillant esprit pour dénoncer l’atteinte morale contre l’humanité ? Je l’ignore, mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas fait florès.
Quelqu’un aujourd’hui songerait-il à s’offusquer contre les empreintes iriennes qui permettent d’ouvrir une porte ? je ne l’ai pas entendu. Et qui milite contre la reconnaissance vocale pour utiliser un téléphone mobile ? Tout le monde s’en fout.
Et l’usage de la biométrie en général pour filtrer les entrées aux frontières, qui s’en émeut ? Personne à part ceux qui doivent se rendre aux Etats-Unis, mais là, c’est de l’agacement contre une administration trop tatillonne qui émerge et non le sentiment d’humiliation contre une procédure immorale.
Donc sur le plan de la morale, je ne vois pas ce qu’il y a de nouveau sous le soleil avec l’empreinte génétique.
Sur le plan scientifique, j’en connais trop peu pour affirmer quoique ce soit, mais je ne suis pas assez paranoïaque pour remettre en cause la confiance que l’on doit aux gens dont c’est le métier ou le domaine d’expertise.
Sur le plan politique, je pense que c’est un jeu à somme nulle pour les intéressés. Pourquoi en effet, se trouverait-il davantage de requerrants génés par ce test ADN dans une entreprise douteuse de regroupement d’enfants de voisins, que de demandeurs honnêtes qui pourraient par ce biais compenser à leur avantage la défaillace de l’état civil de leur pays d’origine ?
Sur le plan technique, cela me paraît une grosse farce puisque les règles de l’adoption auront toujours le dernier mot et c’est tant mieux.
Sur le plan juridique, on verra bien ce que dira le Conseil Constitutionnel. Ce seul aspect de la question devrait modérer bien des ardeurs humanistes de garde-champêtre (elle n’est pas de moi, mais je la trouve idoine), car il bien possible que toutes ces discussions soient rendues caduques dans peu de temps.
Nous voilà donc avec une polémique de baudruche comme nous les affectionnons tant. Et chacun y va de ses motivations plus ou moins avouables : les dogmatiques qui croient toujours que nous avons un héritage à assumer, celui des Lumières (sacrée lumière en vérité), les droits-de-l’hommistes drappés dans leur dignité de pasteurs Mormons, les anti-sarko prêt à faire feu de tout bois, les gogos qui suivent l’air du temps et j’en passe... On en trouve même, tels des prophètes décharnés, qui nous jètent l’anathème et nous promettent le châtiment. Pauvres pitoyables blaireaux !
La facilité de communication internetesque développe probablement les hypnoses collectives et ramolit sûrement le sens critique, car pendant ce temps, de vraies douleurs hantent notre monde, des constats si horribles peuvent être faits chaque jour qui nous nouent la gorge au point de nous laisser sans voix.
C’est sans doute pour compenser cette impuissance que nous nous livrons à de telles fausses querelles. Le pire serait de nous prendre au sérieux.