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phiconvers

phiconvers

Passionné par l’Amérique latine (et par un certain nombre d’autres choses).
Profondément désireux d’un débat plus nourri sur cette région en France.
Effondré par l’amateurisme qui prévaut généralement dans l’analyse faite de cette région par la presse, l’université et les pouvoirs publics. En fait, seuls quelques idéologues marxistes publient encore sur cette région (je ne parle même pas des obscurs universitaires, bien rares et soporifiques...)
Motivé par les possibilités offertes par le web pour faire bouger les choses !
 

Tableau de bord

  • Premier article le 26/11/2007
  • Modérateur depuis le 10/03/2008
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • phiconvers phiconvers 28 février 2009 20:59

    Ce débat est très convenu et mille fois répété... Je me demande franchement si ça vaut la peine de venir mettre un grain de sable dans la belle logique de dédouanement dont cet article est un exemple. 

    @ fouadraiden : "vos politiques sont responsables", dites-vous. Je ne disais pas autre chose, mais ces politiques ne sont-ils pas les vôtres aussi ? Vivez-vous ailleurs qu’en France, êtes-vous étranger (vous m’appelez cher compatriote...) ?
    Il est vrai que mes compatriotes ne font pas toujours la différence entre les harkis et leurs descendants et les autres. C’est assez triste, et je l’ai déploré dans mon intervention précédente. Pour ce qui me concerne, je reconnais une dette réelle de la France à l’égard des harkis, et même si leurs descendants ne se distinguent pas spécialement des autres, je les vois différemment quand je sais d’où ils viennent. Malheureusement, le mal est fait, mais la France doit assumer. Manifestement, vous êtes de l’autre bord. Si vous êtes algérien, ex-FLN ou ex-descendant d’un sympathisant de ce mouvement, je serais très intéressé de votre témoignage sur ce que je considère comme un manque flagrant de sens de l’honneur de ceux qui ont réclamé l’ndépendance pour venir, quelques années après, manger dans la main de l’ennemi. Les harkis ont pêché par naïveté et sous-estimé le cynisme des politiques français, en particulier de De Gaulle. Cela me les rend sympathique et la France, je l’ai dit un peu plus haut, s’est salie en les laissant en grande partie à la vindicte cruelle des fellaghas.

    @ "abdelkader" (ça va, les chevilles smiley ) : je revendique en effet une admiration certaine pour mes ancêtres qui ont projeté leur force de par le monde, au Maghreb, en Extrême-Orient, aux Amériques, en Afrique noire. Cette force a précédé un travail remarquable des missionnaires et de quelques entrepreneurs, qui ont fait en quelques années un travail parfois remarquable, dont les peuples "émancipés" de nos anciennes colonies profitent encore. Il y a aussi eu des saluads, des mesquins, des pauvres types, des profiteurs. C’est l’Histoire, et je l’assume sans difficulté et sans honte.
    Sur les harkis, relisez mon intervention précédente, à laquelle vous avez réagi sans lire, semble-t-il.
    Je n’envisage aucun pogrom, je parle de guerre civile. Et je ne l’appelle pas de mes voeux. Vous auriez tort de mépriser vos "compatriotes" européens chrétiens. Vous prenez pour de la faiblesse ce qui est une marque de notre civilisation, dans laquelle nous ne nous organisons pas en bande pour effrayer nos "adversaires" et dans laquelle nous déléguons la force à l’autorité publique. Ne croyez pas pour autant que les gens qui supportent au quotidien les provocations des petites frappes ne sont pas capables, le jour venu, de mettre une branlée à leurs agresseurs ingrats.

    @ tous les deux, et à l’auteur : ce qui est triste, c’est que je pense à peu près la même chose de mes contemporains arabes que ce qu’en pensent leurs propres pères, de la première génération, qui ne comprennent plus leurs gosses. Pour ce qui me concerne, il n’y a évidemment pas l’affection pour tempérer cette incompréhension.

    @ l’auteur seul : je maintiens que votre article est victimaire, inutile et déplacé. Remerciez la terre qui vous accueille et consacrez votre énergie à comprendre les raisons qui font fuir vos semblables de leur terre arabe et musulmane, reconquise pour rien.



  • phiconvers phiconvers 28 février 2009 15:10

    Un autre élement très frappant est le caractère général de la méfiance qu’inspirent les musulmans, et singulièrement les Arabes, en occident. L’Histoire n’explique donc pas tout, mais bien entendu, l’auteur nie qu’il puisse y avoir des facteurs objectifs à cette méfiance. 

    @ fouadraiden : je ne suis pas d’accord avec votre analyse. L’appel d’air économique des Trente glorieuses en France qui a vu une immigration méghrébine massive (coïncidant avec les premières déceptions post-indépendance) est bel et bien fini. Les migrants de cette époque ne sont pas repartis et la France a eu la faiblesse de laisser faire. D’une migration économique, nous sommes passés à une immigration de peuplement, qui n’a pas fondamentalement de légitimité. Vous semblez dire que la France a abusé de ces travailleurs étrangers, non qualifiés et recrutés pour des tâches d’exécution. Mais les choses étaient claires, et l’on a jamais vu la police française empêcher un Algérien de rentrer en Algérie ! Pour ce qui me concerne, je fais en outre une différence entre les harkis et leurs descendants, envers lesquels la France a une dette et qui ont donc vocation à être intégrés quoi qu’il en coûte. Les autres, notamment les désenchantés du FLN et, dans une moindre mesure, leurs enfants ont un devoir d’humilité, de discrétion ou de retour si les conditions culturelles et socio-économiques de la France ne leur plaisent pas. Je vous recommande sur le sujet des premiers arrivants du FLN en France et sur leur importation sur le territoire français d’horribles vengeances contre les harkis l’excellent livre "Ahmed, connais pas". Ce même ouvrage dénonce également, à juste titre, l’horrible ingratitude des Français à l’égard des harkis. Si tache il y a sur notre honneur, c’est celle-ci bien plutôt que notre supposé rejet des "pauvres Arabes que nous avons importés inhumanement".

    En conclusion, il faut que les musulmans d’Europe, et singulièrement les Arabes, se méfient de l’exaspération croissante que les jérémiades de certains d’entre-eux génèrent chez les peuples occidentaux chez qui ils se sont installés. Une guerre civile est toujours atroce, les musulmans, qui en sont coutumiers, le savent mieux que d’autres.



  • phiconvers phiconvers 28 février 2009 13:19

    Ce qui est très frappant, dans cet article, est l’absence totale d’introspection sur les torts que peuvent avoir des musulmans en Occident. Tout est toujours de la faute de l’occident. Je ne crois pas que ce genre de discours, usé jusqu’à la corde, soit de nature à faire évoluer en quoi que ce soit la perception mutuelle entre les Occidentaux, qui ont fondé leur propsérité et leur organisation sur la Chrétienté, et les musulmans qu’ils accueillent.

    Article victimaire, inutile et qui ne fait pas honneur à son auteur. Qui, d’ailleurs pourrait avantageusement songer à rejoindre sa terre d’origine plutôt que de subir au quotidien les affres du vilain Occident...



  • phiconvers phiconvers 27 février 2009 22:13
    Un article vieux de quelques mois, qu’Agoravox en son temps avait rejeté, et qui garde toute son actualité :

    Message à l’Européen de 60 ans :
    « Tu appartiens à une génération qui s’est bercée dans l’illusion que l’Europe était la solution miracle. L’Europe tampon, l’Europe qui engraisse, l’Europe qui invente ce que les nations n’arrivent pas à trouver, l’Europe qui montre ses biscotos, enfin, aux puissances archaïques ! En fait de construction géniale, nous avons récolté un nain militaire, gras de ses juristes doctrinaires et de sa haine des nations, ces vieilles constructions des dizaines de générations précédentes qui, comme chacun sait, étaient beaucoup plus bêtes que la vôtre.

    L’Europe de 2008, c’est une erreur initiale de gens de bonne volonté traitée aux hormones des baby-boomers matérialistes, jouisseurs et décadents.

    Alors, il faut que toi et tous ceux qui insultent les Irlandais après avoir subverti la volonté des peuples se mettent dans la tête qu’on n’achète pas la souveraineté à coups de subvention. L’Irlande a empoché et vous emmerde. Elle a bien raison. »
     
    Pourquoi l’Europe est dans l’impasse.
     
    Dans des temps normaux, une personne qui répondrait complètement à cette question s’enrichirait rapidement, son opus s’arrachant à prix d’or dans les chancelleries et dans les couloirs impersonnels des cubes de verre et béton qui donnent à Bruxelles l’impression qu’elle est une capitale internationale. En ces lendemains de claque irlandaise bien sentie, il ne faut pourtant avoir aucune illusion, l’ordinateur de nos « zélites » est verrouillé et leurs oreilles bien remplies de cérumen pilé.
     
    Pas la peine donc, de s’acharner à être complet. Voici simplement quelques raisons que j’identifie et qui demeurent, depuis l’éveil de ma conscience politique, quand on nous vendait Mastricht avec des trémolos dans la voix :
    - L’Europe associe des nations solides, à la puissance relative déclinante (le Royaume-Uni et la France), des petits pays qui n’ont jamais eu de puissance et qui n’en rêvent point et des nations contestées à l’intérieur ou émasculées par l’histoire (Belgique pour la première catégorie, Espagne ou Allemagne pour la seconde) ;
    - Par un curieux concours de circonstance, les mythiques pères fondateurs, des hommes ayant pris leurs traumatismes personnels consécutifs à la guerre comme une raison suffisante pour abolir l’ordre ancien, ont réuni autour de leur chimère des intérêts différents mais momentanément convergents : celui de De Gaulle, fossoyeur de l’Empire français au nom d’un France petite mais puissante, celui d’une Allemagne souhaitant échapper à l’opprobre frappant ce pays à l’origine de trois guerres en moins d’un siècle, celui d’une Hollande marchande et mercenaire, celui d’une Belgique se haïssant, celui de l’improbable mais très banquier Luxembourg et, enfin, celui d’une Italie n’en pouvait mais de son interminable décadence.
    - Par la suite, se sont agglomérés sur cette improbable molécule 21 Etats supplémentaires, attirés par l’opulence qui doit sans doute plus à la conjoncture et aux (beaux) restes de l’Histoire qu’au génie des institutions européennes. Chacun de ces 21 Etats a une histoire propre et des motivations particulières. Certains coïncident avec de vieilles nations déterminées par leur propre culture, leur environnement et leur volonté collective.
    - L’un des avatars de la démocratie en Europe est la nécessité du mouvement perpétuel ou, plutôt, de la sensation de ce mouvement. Il faut aller de rupture en rupture, d’initiative en initiative, faire des lois, des règlements, innover. Cette caractéristique est bien connue des Français, ces derniers mois. Et d’ailleurs, moins les idées sont nombreuses et innovantes, plus la frénésie doit couvrir la réalité. C’est ainsi que l’Europe n’échappe pas à cette dictature du mouvement. Nous avons eu une zone de libre-échange puis une union douanière, mais c’était faire preuve d’une hallucinante naïveté que de penser que les responsables politiques sauraient en tirer les bénéfices sans vouloir pondre une nouvelle étape chaque jour. A cet égard, les « pères fondateurs », eux, avaient fait preuve d’une diabolique prescience.
    - Nous voilà donc avec une Europe politique sur les bras, larguée par un mélange harmonieux d’enfants de la guerre mondiale, de repentants post-coloniaux, de baby-boomers sans repères, sans valeurs et sans enfants et d’élites biberonnées au lait tiède de l’universalisme confortable. Nous y sommes encore.
     
    SAUF QUE…
    - pendant que nous dépensons les derniers deniers de la prospérité construite en mille ans, une vaste partie du monde crève plus ou moins la dalle et que, sur ces terres, l’Europe ne suscite guère plus de pitié que les autres puissances qui, elles, se protègent et avancent, immoralement peut-être, mais non sans une certaine efficacité ;
    - notre idée post-nationale prétendument géniale n’intéresse guère le reste de l’Humanité (merci de vous abstenir de me parler du Mercosur, de l’ALENA ou de l’ASEAN…) ;
    - nous parlons plus de vingt langues différentes et que nous avons une histoire différente. Cela ne nous condamne pas à la guerre ou à l’absence de coopération, mais cela ne s’effacera pas avec Erasmus (et c’est tant mieux, soit dit en passant, j’aurais horreur de me sentir dans mon pays quand je prends la peine d’aller en Espagne, en Italie ou en Angleterre !) ;
    - nos voisins ont des motivations très différentes de celles qui ont présidé à « notre » choix européen : certains sont européens parce qu’ils veulent démanteler l’Etat central, vécu comme une contrainte (et cela n’a pas toujours grand-chose à voir avec les politiques libérales ou socialistes dudit Etat) : c’est typiquement le cas de l’Espagne, où les communautés autonomes voient en Bruxelles l’allié objectif contre Madrid ; d’autres voient l’Europe, à juste titre, comme un formidable accélérateur de mondialisation : c’est le cas des nations marchandes de la péninsule européenne, d’autres encore espèrent naïvement que l’Europe les protègera de la vieille nation de tutelle (même s’ils ont quand même la lucidité de privilégier l’OTAN) : welcome Pologne, Estonie & co. Restent enfin la France et l’Allemagne. La première a cru que l’Europe serait un démultiplicateur de sa puissance, un empire de substitution après l’aventure coloniale. L’Allemagne, de son côté, a vu l’Europe comme un investissement. Elle a (beaucoup) mis la main à la caisse et pense que le moment est venu d’encaisser les dividendes. Et elle le fait. Je suis frappé par l’affirmation allemande depuis la guerre des Balkans. Berlin n’est plus disposé à laisser le leadership diplomatique continental à Paris, ce qui était le deal initial. Avez-vous vu comme nous devons céder sur à peu près tous les sujets avec la mère Merkel. Quel est, dans cette Europe fidèle à la loi de la spécialisation, l’avantage comparatif de la France ???
     
    ALORS, de ce qui précède, je tire les conclusions suivantes :
    - notre destin nous appartient : nous sommes condamnés à sombrer ou à continuer comme la vieille nation que nous sommes ; il ne faut compter ni sur Madrid, ni sur Bruxelles, ni sur Berlin ni (évidemment !) sur Londres pour nous sortir de l’ornière ;
    - nous avons bien sûr vocation à coopérer étroitement avec nos voisins, sur notre petit sous-continent européen, mais nous avons parfois des intérêts divergents et nous serions bêtes de ne pas défendre les nôtres ;
    - la France ne sera sans doute plus jamais ce qu’elle fût au XVIIe s. ou, même, en 1914, la première puissance mondiale. La bonne nouvelle est que ce n’est pas grave ! Nombre de « petits » pays sont très heureux de leur situation et ne cherchent pas à faire nombre pour pouvoir enfler leurs jabots.
    - Petits que nous sommes, nous conservons une position objective extrêmement privilégiée, qu’il faut s’attacher à maintenir et conforter.
    - C’est en nous et chez nous que nous trouverons les clés de l’avenir. C’est difficile, mais nous n’avons pas le choix.
     
    C’est ce à quoi je m’attelle. Et je vous promets que quand je prends le RER ou que j’ouvre la télé, je doute. Pas longtemps, heureusement !


  • phiconvers phiconvers 26 février 2009 21:08

    Un grand bravo pour cet article, cousin canadien.

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