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Réago

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  • Réago 5 avril 2019 22:59

    Pas de dévaluation de la monnaie aujourd’hui pour la France si elle avait encore le Franc. Idem pour les autres pays de la zone euro, car la dévaluation concerne un pays qui se trouve dans un système de change fixe par rapport à un étalon qui est une monnaie de référence ou un groupe de monnaies. Aujourd’hui les pays développés ont leur monnaie dans le régime des changes flottants. L’Euro, mais aussi le Franc suisse, la Couronne suédoise, la Livre britannique sont dans le système des changes flottants.

    La France d’après guerre était dans un système de change fixe, et les dévaluations du Franc se faisaient par rapport à un étalon dont j’ai parlé précédemment. Si elle retrouvait une monnaie nationale, celle-ci serait mise dans le système des changes flottants dans lequel ce sont les marchés financiers qui font le taux de change de la monnaie à longueur de temps. Dans ce régime, un pays comme l’Allemagne qui bat des records d’exportation grâce à l’Euro verrait mécaniquement sa monnaie s’apprécier du fait que ses produits sont très demandés. Cette appréciation de la monnaie réduirait la compétitivité de l’économie allemande, à l’inverse les pays malades comme la France qui ont un gros déficit de balance commerciale, verraient leur monnaie se déprécier, améliorant la compétitivité à partir du moment où la hausse globale de l’inflation liée à la baisse du taux de change serait beaucoup moins importante en pourcentage que la baisse du change. C’est le cas par exemple au Royaume-Uni qui a connue une baisse importante du taux de change de sa monnaie, mais une hausse beaucoup moins importante de l’inflation. Si on supprime le mécanisme du taux de change la seule façon de le remplacer ce sont des mécanismes de transferts qui existent normalement dans un État entre régions et régions pauvres qui partagent la même monnaie. Bien évidemment les États riches de la zone euro ne veulent pas entendre parler de mécanismes de transferts importants, ni même de mutualisation de dettes, parce qu’ils auraient à mettre la main à la poche de façon importante pour les États pauvres de la zone euro car il s’avère que malheureusement l’Euro a accentué les divergences économiques entre pays partageant cette monnaie, ce qui était prévisible.

    Un pays affaibli, comme l’Italie, qui est surendetté et emprunte à des taux bien supérieurs à ceux de l’Allemagne, doit se débrouiller par réduction des dépenses, augmentations des impôts, etc. ce qui l’enfonce encore plus... Moi je me débrouillerais en sortant de l’Euro, connaissant les possibilités additionnelles que permet la souveraineté monétaire. Si par exemple on accroît les déficits pour relancer la machine par baisse des impôts ou augmentation des dépenses, il faut que la banque centrale se porte en soutien de l’État et de l’économie par quantitatives easing divers et variés.



  • Réago 4 avril 2019 23:15

    @Paul Leleu

    Si le secret ne peut pas être maintenu éternellement et ça sera sans doute le cas il faudra alors établir un contrôle des capitaux renforcé et sortir de l’Euro le plus rapidement possible car la BCE risque alors de couper l’accès aux liquidités aux banques du pays qui veut sortir de l’Euro (c’est évoqué juste après la page 37 du plan B italien, c’est un travail de spécialistes qui ont bien étudié la question).



  • Réago 4 avril 2019 18:46

    S’agissant de l’Euro, se pose la question du pourquoi l’intelligentsia continue à soutenir et à considérer comme une réussite un désastre patent prouvé par les chiffres. Je suppose qu’il y aurait beaucoup à dire la-dessus.

    Puisque cet article évoque un possible défaut souverain de l’Italie dans le futur il faut avoir à l’esprit qu’un pays qui a l’Euro comme monnaie et qui tient à conserver cette monnaie est dans l’impossibilité de faire un défaut souverain non concerné avec les instances européennes (comme l’a fait l’Argentine en 2001, il s’agissait pour ce pays d’un défaut sur sa dette extérieure en Dollars) car si la BCE lui coupe les vivres, cas de Chypre en 2013, de la Grèce en 2015) il est asphyxié financièrement. La seule possibilité de défaut « non accordé » pour un pays membre de la zone euro consiste à sortir de l’Euro, et retrouver une monnaie nationale, dans le cadre d’une préparation minutieuse préalable à la sortie. Je signale à l’auteur de cet article l’existence d’un plan B italien de sortie de l’Euro datant de 2015 qui avait été cosigné par un certain Paolo Savona. Intéressant à lire :

    https://scenarieconomici.it/il-piano-b-per-litalia-nella-sua-interezza/

    Une fois que vous l’aurez lu vous aurez compris que la seule façon de faire une sortie de l’Euro qui tienne la route consiste à la préparer en secret et à l’annoncer au dernier moment avant de la mettre en œuvre (autrement c’est l’asphyxie rapide) en violation avec les traités européens.



  • Réago 1er mars 2019 14:17

    Dans les années 90 la France avait des excédents de balance commerciale avec sa monnaie. Dans les années 2000 la France a remplacé le Franc par l’Euro qui connaît une forte appréciation et sa balance commerciale devient déficitaire de façon de plus en plus importante au fil des années. En 1997 la France a encore un excédent commercial de 173,46 milliards de francs, à partir de 2004 sa balance commerciale devient déficitaire de façon permanente et avec des chiffres qui ne tardent pas à devenir énormes. Dès 2008, elle a 55,7 milliards d’euros de déficit commercial (365,37 milliards de francs). Il s’agit de l’année où l’euro atteint un plus haut face au dollar (1,6038 dollar), contre un plus bas à 0,8252 en octobre 2000. Bien évidemment passer en seulement 11 ans d’un excédent commercial conséquent à un déficit commercial d’un montant faramineux est le signe que des phénomènes macroéconomiques anormaux se sont produits entre temps en France durant cette période. Pour la France il s’agit de deux erreurs macroéconomiques majeures commises en même temps dont les effets nocifs se sont additionnés : l’entrée dans la zone euro et les 35 heures. C’est l’addition des deux qui expliquent principalement les chiffres ci-dessus mais pas seulement car à l’inverse de la France, l’Allemagne fait des réformes abaissant le coût du travail. Celle-ci a bien compris que le cadre institutionnel de la zone euro comportant taux de change bloqué, le respect de règles drastiques concurrence, le système des travailleurs détachés, etc. est idéalement conçu pour permettre aux pays à économie « performante », et la performance c’est aussi le moins-disant social, de profiter des faiblesses des économies moins performantes qui partagent la même monnaie, ce que manifestement les dirigeants français à l’époque de la mise en place de l’euro ne réalisent pas.

    En 1997 un responsable politique allemand déclare que les 35 heures en France à salaire constant « sont une bonne nouvelle pour l’industrie allemande ». Effectivement, mais la France n’est pas punie tout de suite car avec l’Euro les marchés financiers n’attaquent plus la monnaie. Au lieu que ce soit une crise aiguë immédiate, c’est un mal chronique qui se met en place et qui au fil du temps affaiblit de plus en plus le malade. Dans le cas de la France ça a été la désindustrialisation et, associé à celle-ci, le déficit commercial. Pour l’instant, elle n’est pas encore punie au niveau du spread sur la dette souveraine, mais rien ne garanti qu’elle ne finira pas par être punie par là aussi, et le secours de la BCE en cas de difficulté de financement sur les marchés n’est pas automatique contrairement à ce qui est le cas pour les banques centrales des pays ayant leur propre monnaie. Dans le cadre de la zone euro le soutien de la BCE passe par l’OMT qui implique une mise sous tutelle européenne du pays en difficulté de financement sur les marchés.



  • Réago 22 septembre 2017 15:39

    Le système de l’UE et de l’Euro (si on l’avait fait exprès ou n’aurait pas fait mieux) semblent avoir été spécialement conceptualisés, notamment avec les principes de la libre circulation de tout ce qui peut circuler et de la concurrence non faussée, pour favoriser les délocalisations aux endroits où il est le plus économiquement rentable de produire, c’est à dire dans les endroits où les salaires sont les plus bas, où les taxes sont les plus basses. Certains pays de l’Europe de l’Est qui sont dans l’UE et pas de la Zone Euro peuvent même cumuler les avantages de la monnaie faible en plus des salaires faibles ou des impôts faibles, donc on ferme les usines en France pour les ouvrir ailleurs, c’est dans la logique économique du système et dans l’intérêt bien compris des entreprises qui délocalisent. On n’a pas oublié de mettre aussi en place le système des travailleurs détachés pour accentuer encore plus le dumping fiscal et social.

    Ce qui signifie que les pays qui pratiquent le dumping fiscal, social ou monétaire se trouvent donc dans un système qui a été spécialement conçu pour leur permettre de piquer des emplois, dans le secteur industriel notamment, aux pays qui ne pratiquent pas le dumping ou qui le pratiquent moins, éventuellement parce qu’ils ne peuvent pas le pratiquer, pour diverses raisons, au niveau où ça serait aujourd’hui nécessaire, c’est sans doute le cas de la France, c’est pourquoi elle se vide logiquement des emplois exposés à la concurrence, notamment dans les secteurs technologiques, industriels.

    Si celle-ci n’était pas rentrée dans ce système, s’il est avait conservé sa souveraineté et sa monnaie, elle aurait pu moduler la mondialisation à défaut de pouvoir la refuser. Là elle est vraiment démunie et condamnée sans doute à un appauvrissement progressif.

    En outre on ne peut modifier fondamentalement les règles du jeu du système de l’UE et de l’euro en raison des conflits d’intérêts entre les pays qui sont capables d’en profiter et de ceux qui en souffrent. C’est une chose que M. Macron va découvrir progressivement. 

     

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