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Rounga

Rounga

Le "r" se roule.

Tableau de bord

  • Premier article le 19/07/2013
  • Modérateur depuis le 12/02/2014
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Derniers commentaires



  • Rounga Rounga 1er janvier 2016 14:08

    @Fabien Sabinet

    Il faudra ensuite prendre en compte les effets relativistes liés au temps, par exemple le fait que le temps s’écoule plus vite à la surface de la Terre qu’en altitude. À mon avis, c’est vraiment ce qui interdit de ramener le temps au mouvement.



  • Rounga Rounga 31 décembre 2015 00:48

    @Fabien Sabinet

    Je suis d’accord avec vous pour dire que personne ne se sera rendu compte de rien, sauf peut-être Dieu, ou toute autre entité extérieure qui aurait assisté à l’opération. Si je rembobine un film pour le remettre cinq minutes en arrière, les personnages n’y voient que du feu et reprennent leur rôle à l’identique à l’instant où je remets le film en marche. Il n’y a que moi qui sais que le retour en arrière a eu lieu. Mais comme vous le faites remarquer, il est plus difficile de s’imaginer un retour en arrière de l’univers réel que d’une pellicule de film. Et c’est là que se trouve selon moi la faille du raisonnement, car il ne faudrait pas seulement inverser les mouvements, mais également abolir les forces. Imaginez que la Terre se mette à faire demi-tour brusquement sur son orbite, tous les objets, et particulièrement les plus massifs, seraient catapulté dans l’espace. Il faudrait donc introduire dans l’univers une énergie supplémentaire pour contrecarrer cet effet d’inertie, ou alors inverser toutes les forces (ce qui revient au même, puisque la force dérive d’une énergie). Pendant longtemps, la physique ne s’est appuyée que sur l’idée de mouvement, jusqu’à ce qu’on découvre que, contrairement à ce que Descartes pensait, ce n’est pas la quantité de mouvement qui se conserve, mais l’énergie. Il y a également le fait, déjà cité, de l’entropie. Un voyageur temporel devrait donc introduire dans l’univers une énergie supplémentaire pour à la fois inverser les mouvements de son environnement, mais aussi se débrouiller pour que l’entropie diminue pendant l’opération. Voilà la difficulté du problème doublée.



  • Rounga Rounga 30 décembre 2015 13:58

    @Fabien Sabinet

    En fait, votre notion du temps me pose un problème. Imaginons que tous les mouvements de l’univers se trouvent inversés, puis reprennent ensuite leur cours sans qu’aucune modification soit produite par rapport à avant. De votre point de vue, il ne s’est absolument rien passé, puisque le temps s’est juste « rembobiné » puis a repris sa marche normale. Or, il s’est bien passé quelque chose, puisque nous pouvons en donner une description. Il nous faut donc poser l’existence d’un temps absolu qui rende compte de cette inversion « temporaire ».



  • Rounga Rounga 29 décembre 2015 18:23

    @Fabien Sabinet Eh bien je vais vous surprendre, mais ce que vous dites sur la matière est encore une fois très proche d’Aristote. Pour lui, toute chose est un mélange de forme et de matière, la forme étant justement l’organisation de la matière. La matière, potentialité absolue, est d’une certaine manière, en effet, éternelle, insensible au temps qui passe. Je vous félicite pour votre réflexion. Mais on peut aller encore plus loin, car d’autres philosophes ont soutenu que la matière n’existe pas non plus ! Pour Plotin, la matière est toujours à l’état de potentialité et jamais en acte, or ce qui n’est pas en acte n’existe pas. Pour Berkeley, exister c’est être perçu, or nous ne percevons jamais la matière directement, mais seulement ses propriétés. Pour Schopenhauer, la matière est ni plus ni moins que la causalité elle-même. Enfin bref, on n’a jamais fini avec la métaphysique.



  • Rounga Rounga 28 décembre 2015 21:10

    @Fabien Sabinet

    Attention à ne pas se méprendre sur la pensée kantienne. Le fait que, pour Kant, le temps et l’espace (car oui, l’espace aussi se trouve dans ce cas de figure) n’existent que dans notre conscience n’a rien de prétentieux. Au contraire, c’est l’hypothèse la plus raisonnable et prudente qu’on puisse faire dans l’optique de l’enquête qui est menée dans la Critique de la raison pure, qui consiste à déterminer ce que l’esprit humain peut connaître à partir de sa seule raison. Kant tranche habilement entre les idéalistes, partisans de l’existence des idées innées, et les empiristes, pour lesquels l’esprit humain est à la naissance une table rase, et qui forme ensuite des idées uniquement à partir de ses sensations. L’apport de Kant consiste à dire que l’esprit humain ne contient pas d’idées innées, mais que la forme qu’il donne à sa perception est déterminée a priori par l’espace et le temps. L’espace et le temps ne sont en effet pas perçus directement, mais sans au moins un des deux on ne peut se représenter aucun phénomène. Puisque le monde ne nous est connu que par l’intermédiaire de nos perceptions, et que ces perceptions ne sont possiblement formées que dans le temps et l’espace, il nous est impossible de connaître ce qu’est le monde tel qu’il est, indépendamment de tout observateur. À toute représentation, à tout phénomène, est associée une chose en soi qui est inconnaissable. Par conséquent, que le temps et l’espace soient des formes existant uniquement dans notre esprit n’est pas un pouvoir démesuré attribué à l’homme, mais une faiblesse, un palliatif à l’impossibilité de connaître les choses telles qu’elles sont en elles-mêmes. Mais si Kant a innové dans la formulation de cette hypothèse, ce n’est pas le premier à dire en substance la même chose. Déjà chez Platon, le temps n’est que l’image mobile de l’éternité immobile des Idées, chez Spinoza le temps n’est qu’un mode de la pensée. La pensée que le temps n’a pas d’existence extrinsèque, et ne découle que d’une incapacité à percevoir les choses sous le point de vue de l’éternité où le présent, le passé et le futur sont simultanés, est assez commune. Cependant, pour des applications pratiques qui ne nécessitent pas de savoir ce qu’est le temps, mais seulement de fournir un modèle qui rende compte de la manière dont le temps agi, le modèle newtonien du temps absolu est excellent. Le temps aristotelicien, mesure du mouvement, est nettement moins performant d’un point de vue scientifique car il ne permet pas de traiter le temps comme une variable comme dans l’équation d’une trajectoire par exemple.

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