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scripta manent

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  • Premier article le 15/07/2011
  • Modérateur depuis le 09/08/2011
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Derniers commentaires



  • scripta manent scripta manent 2 décembre 2013 14:31

    Oui, c’est une bonne question : que s’est-il passé pour en arriver là ?
    Je me risque à quelques explications.
    Le contexte général est la mise en oeuvre d’une philosophie économique et sociale dite « ultralibérale », théorisée aux USA dans les années 70/80 et propulsée dans le réel par le fait, dans un 1er temps, de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.
    La prospérité des USA et l’échec des régimes communistes ont contribué à convaincre la planète que là était le chemin et que la seule règle devait être de ne pas en avoir.
    D’où une dérégulation étatique mais aussi internationale qui a libéré les mouvements de capitaux, avec des forces de frappe considérables (notamment : fonds de pension et fonds souverains des pays bénéficiant de la manne pétrolière).
    Le financement des entreprises qui était, pour l’essentiel, entre les mains des banques a été confié aux « marchés ». La durée moyenne de détention d’une action, qui s’exprimait en mois, voire en années, il y a une cinquantaine d’années, s’exprime désormais en secondes.
    Les rendements recherchés, qui étaient de l’ordre de 2 à 3 % + l’inflation auparavant (compatible avec l’économie réelle), sont passés à 20 ou 30 % (insoutenable dans la durée), avec des cycles de plus en plus courts.
    De l’époque des entrepreneurs (qui n’étaient pas forcément des anges mais qui calculaient souvent à long terme), on est passé au couple infernal : actionnaires spéculateurs / dirigeants mercenaires, financièrement incités à faire cracher la bête. 
    (je parle là surtout des grandes entreprises, qui font le plus gros de l’activité économique).
    Et nous voila dans l’économie casino, qui nous promène de bulles en bulles ...
    A ce jeu, il y en a qui gagnent et il y en a qui perdent mais, globalement, les riches s’enrichissent parce que le consensus est qu’il faut peser sur le mal nommé « coût du travail ».
    Et je ne m’étends pas sur les aspects éthiques et environnementaux.
    Pour quelque chose d’un peu plus substantiel :

    http://www.citoyensunisdeurope.eu/notes-du-portail-f69/la-course-a-la-competitivite-ou-panurge-au-pouvoir-merkel-austerite-protectionnisme-libre-echange-mondialisation-pascal-lamy-omc-world-policy-conference-t425.html

     





  • scripta manent scripta manent 2 décembre 2013 11:39

    Mon objectif ici n’est pas de démontrer. Il est de donner une nouvelle illustration d’un phénomène connu et bien documenté. Les inégalités de revenus et de patrimoines, qui avaient eu tendance à diminuer entre le début du XXème siècle et les années 70 (destructions dues aux guerres, effets de l’inflation, politiques sociales) ont repris leur envol depuis la mise en oeuvre de la « mondialisation ultralibérale ».
    Vous pourrez consulter sur ce point cette série d’articles : http://www.citoyensunisdeurope.eu/pauvrete-richesse-revenus-et-patrimoines-f67/
    Parmi lesquels une étude instructive de l’OCDE (que l’on ne pourra pas taxer de gauchisme ...) : « Les inégalités et la pauvreté augmentent alors que les plus défavorisés sont les plus touchés par la crise »
    Tout cela est tellement vrai que l’on voit maintenant des tenants du libéralisme pur et dur réclamer un retour à la raison car ils craignent une implosion du système.
    Pour ceux qui n’aiment pas les statistiques, on peut aussi se contenter de regarder autour de soi : une industrie du luxe qui n’a jamais été aussi prospère, à un moment où les organisations de secours aux plus démunis n’ont jamais été aussi mobilisées.
    Contrairement à vous, je pense que la pure spéculation financière, lorsqu’elle est, comme aujourd’hui, à peu près libérée de toute entrave, « prend de l’argent dans la poche des petites gens », parce qu’elle détourne les capitaux des investissements productifs et d’avenir et parce qu’elle génère des crises qui perturbent l’ensemble du système économique : faillites (ou sauvetages coûteux pour les finances publiques), chômage, pression sur les bas salaires, ... 



  • scripta manent scripta manent 2 décembre 2013 11:06

    Oui, et le titre même de ce dernier ouvrage de Joseph Stiglitz - « Le prix de l’inégalité » - appelle bien l’attention sur l’absurdité d’un système qui glorifie et revendique la « croissance », tout en enlevant à une part croissante de la population la possibilité d’y contribuer, en développant sa consommation ou, tout simplement, en ayant les moyens de subsister.
    Henry Ford avait compris cette équation lorsqu’il disait : « Je paie mes ouvriers pour qu’ils m’achètent mes voitures ». Cynique, mais réaliste !



  • scripta manent scripta manent 19 septembre 2013 17:18

    A Ruut

    Détruire ?
    Pas toujours et même, me semble-t-il, rarement..
    Les autoroutes, par exemple, ne sont pas parties pour être détruites.
    Je dirais plutôt que l’objectif est de s’approprier, de contrôler et de transformer en centres de profit des infrastructures et des services à usage ou d’intérêt collectif. Mais vous avez tout de même raison, car ce qui disparaît alors, c’est la possibilité de gérer et de faire évoluer ces services dans le souci du bien commun et non dans le but principal de servir des dividendes.

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