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SEPH

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  • Premier article le 24/05/2010
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  • SEPH SEPH 30 août 2012 10:32
    La démocratie provoque la polémique en pleine campagne électorale vénézuélienne

    L’opposition critique Chavez pour une présumée violation des libertés. Le parti du président revendique que le système actuel a été le plus participatif de l’histoire

    Assis à des tables d’écoliers, dix membres des conseils municipaux du quartier 10 de Enero, à Caracas, débattent de la création d’une entreprise de manutention des ascenseurs pour le voisinage. Les conseillers, qui l’auront créée, en seront les propriétaires. Ils pourront compter sur le financement et l’appui technique du gouvernement national et de ses institutions. La nuit est tombée. Les participants de la réunion vont discuter des statuts de la société qu’ils souhaitent créer.

    « Ce qui est sûr, c’est qu’elle sera administrée par la communauté », souligne Darwin Jaimes, conseiller de Las Palmas 1320. « Aucun gouvernement ou homme d’affaires ne pourra prendre possession de l’entreprise ». Cette aspiration n’habite pas seulement ce traditionnel quartier de Caracas. Depuis l’approbation des lois dites du pouvoir populaire en décembre 2010, de nombreuses initiatives similaires ont été enregistrées.

    Les partis de l’opposition critiquent ce nouveau modèle qui permet à l’État de repasser directement à ces organisations de quartier des recours et des attributions. Ils estiment que ce mécanisme vide les administrations régionales et municipales, dans lesquelles ils conservent une forte présence et que ce mécanisme centralise plus de pouvoirs entre les mains de l’exécutif national.

    Les défenseurs de cette politique ne se donne même pas la peine de réfuter la thèse de la purge des anciens corps administratifs. « Nous voulons remplir le pays de communes », affirme Aristóbulo Istúriz, de 66 ans. Il est vice-président de l’Assemblée Nationale et du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV), principal parti du chavisme. « L’état capitaliste bourgeois est hiérarchisé. L’état fédéral commande le régional, qui l’emporte sur le municipal, qui domine le quartier. En-dessous de cette structure bureaucratique, il y a le peuple, loin du pouvoir. Notre stratégie consiste à abattre cette pyramide et à la rendre horizontale ».

    Selon les données officielles, il existe déjà 46 000 communes à travers le pays. Chacune d’entre elles réunit des zones de quartier déterminé, dans lesquelles vivent entre 150 et 400 familles. Le conseil de la commune est élu au suffrage populaire. Dans les zones rurales et parmi les populations indigènes, la base de démarcation est plus petite. Le conseil débat des questions sociales de sa localité et de l’organisation des services publics. Mais cet organisme fait en outre partie d’un nouveau système économique. Il peut créer des entreprises communales, comme celle du 23 de Enero, constituer des sociétés mixtes avec des hommes d’affaires, ou des coopératives. Plusieurs communes peuvent s’unir et créer un projet commun.

    La commune, selon la législation approuvée par le parlement, est la nouvelle unité élémentaire de l’État fédéral. Malgré une forte résistance de l’opposition, plusieurs instruments d’imposition communale ont été réglementés. Ils incluent une partie des impôts locaux et régionaux, des subventions nationales, des barèmes pour certains services. Les infrastructures publiques de tout genre – écoles, centres de santé, aires de loisirs – peuvent passer sous sa tutelle.

    « Nous voyons la décentralisation comme le transfert des ressources vers les endroits où se trouvent les problèmes, à travers les communautés organisées », proclame Aristóbulo Istúriz. « Le vieux concept de démocratie représentative et exclusivement politique nous poussait à la centralisation. Ce qui créait des strates bureaucratiques de pouvoir. Maintenant nous forgeons des espaces de participation où le peuple vit. Les personnes ne se sentent plus fragmentées, elles se sentent une partie de l’État national ».

    L’opposition

    L’opposition ne voit pas d’un bon œil cette voie. Elle essaie de traiter tout ce qui remet en question la démocratie représentative comme une attaque au régime démocratique en général. Pourtant le pluripartisme existe. Treize élections ont été scrutées par des observateurs internationaux. La majorité des médias est contrôlée par la droite. Mais les adversaires de Chavez insistent, au Venezuela et à l’étranger, à brosser le portrait d’une espèce de tyran mou.

    Face à cette perte accélérée de pouvoir, la réaction de ces segments de la société compte sur l’engagement de différentes entités qui naviguent en orbite des puissances occidentales, à commencer par la Maison Blanche. Il y a des signaux évidents de mécontentement, lancés spécialement par les États-Unis, quant à la consolidation d’un processus qui défie son hégémonie en Amérique latine mais aussi au sein du délicat noyau des nations exportatrices de pétrole.

    Finalement, les groupes conservateurs n’ont pas seulement été dégradés dans l’administration nationale. Le président, fort d’une majorité parlementaire et de victoires successives dans les urnes, leur a arraché des positions dominantes dans les cours de Justice, dans les forces armées, dans la diplomatie et dans d’autres sphères de l’État. Chavez n’a jamais caché son intention de mener une révolution politique, de forme « démocratique et pacifique, mais pas sans arme ». Faisant allusion à son intention de se protéger de putschs internes ou des menaces étrangères.

    À plusieurs reprises, le président vénézuélien a évoqué l’effondrement de Salvador Allende, président socialiste chilien entre 1970 et 1973, qui devait servir de leçon à la gauche. Pour implanter les transformations sociales en respectant l’ordre constitutionnel, la gauche doit inhiber la possibilité que ses ennemis recourent à des soulèvements militaires ou des opérations internationales. Allende est tombé quand l’armée s’est unie aux partis de droite, qui avaient perdu du terrain dans les urnes, et a conduit le coup d’État commandé par le général Augusto Pinochet. En avril 2002, Chavez a presque vécu la même chose. Renversé par une insurrection civico-militaire, articulée par la droite et les principaux médias, il a récupéré le pouvoir en 48 heures grâce une ample mobilisation populaire et à la réaction d’officiers légalistes.

    Les membres de l’opposition considèrent cependant que ces changements à la tête des pouvoirs de l’État affecte l’ordre démocratique et menace même les droits de l’homme. Aucune institution internationale de poids n’a entériné cette dénonciation. Le Venezuela est toujours considéré comme un pays qui respecte pleinement les règles démocratiques. Même l’Organisation des États Américains (OEA) dont le siège est à Washington ne remet pas en cause cette évaluation.

    Droits économiques et sociaux

    Professeur d’histoire de métier et ancien maire de Caracas sous la IV République (le régime qui a précédé l’accession de Chavez au pouvoir en 1999), Isturiz conteste de façon pédagogique les insinuations qui portent sur la faible teneur démocratique du processus mené par Chavez. « Il y a deux conceptions de la démocratie, il est normal qu’elles soient confrontées l’une à l’autre », souligne-t-il. « L’une d’elle, d’origine libérale, se limite à garantir les libertés et les droits politiques. Elle n’a aucun contenu social et elle circonscrit le rôle du citoyen au vote, qui délègue le pouvoir à ses représentants. Nous avons fait un bond vers un concept plus large, la démocratie participative, qui inclut les sauvegardes politiques, mais incorpore aussi des droits économiques et sociaux, en plus de créer des institutions qui favorisent une action politique permanente de la citoyenneté ».

    Pour le dirigeant du PSUV, la conception participative prédomine depuis la Constitution de 1999, qui a fondé la V République. Cela est mis en évidence par certains articles qui démontrent la prédominance de cette tendance. « Dans la Carte de 1961, il était dit que la souveraineté réside dans le peuple, qui l’exercerait par le suffrage pour les organes du pouvoir public », indique-t-il. « La nouvelle loi majeure va plus loin, car elle affirme que la souveraineté ne peut pas être transférée et qu’elle peut être exercée de forme indirecte, via le vote, ou de forme directe à travers des mécanismes créés par initiative populaire ».

    Les ennemis de Chavez l’accusent de saper les fondements démocratiques. Cependant, il est difficile de trouver une institution qui ait été révoquée lors des 14 dernières années. Les Bolivariens ont maintenu intacts les mécanismes de la démocratie représentative, mais ils ont aussi ouvert de nouvelles sphères et espaces de décisions qui sont étrangers à la pensée plus conservatrice.

    En vérité, le Venezuela peut arborer certains attributs constitutionnels assez rares. Sa Constitution prévoit des référendums et des plébiscites qui peuvent être convoqués par le Parlement, par le gouvernement ou par la simple volonté autonome des citoyens. Dans ce cas, il faut que la pétition réunisse 20 % des électeurs. Ces consultations, en plus d’être impositives et irrévocables, peuvent aussi interrompre le mandat de parlementaires et de gouvernants. Le président a déjà affronté cet atout pour la démocratie, en 2004. Il a préservé son mandat avec 60 % des voix.

    Aucun pays affilié à la démocratie occidentale ne possède de réglementations d’une telle envergure dans son répertoire constitutionnel. Certains analystes interprètent ces dispositifs comme des moyens d’asservir les institutions à partir de la furie plébiscitaire manipulée par un chef d’État populiste. Pour les Chavistes, cependant, ce sont des armes dans la besace du président qui a misé sur la rupture avec la vieille politique. Celle des accords parlementaires et d’accommodement avec les intérêts filtrés par la bureaucratie étatique. Bien que, dans la pratique, tout soit plus confus et précipité, le choc des idées est bien réel sur le terrain.

    Le débat, cependant, ne laisse pas la droite vénézuélienne très à l’aise. Proposer la réduction de la participation politique pourrait s’avérer un positionnement électoral risqué et en contradiction avec ces forces politiques qui veulent se présenter comme les champions de la démocratie contre un leader soi-disant autoritaire. Vues les circonstances, l’opposition semble préférer un discours qui condamne d’éventuelles manipulations ou de restrictions dans la mise en œuvre des garanties constitutionnelles.

    « Il n’y a pas d’égalité de conditions politiques », réclame Leopoldo Lopez, du parti Vontade Popular (Volonté Populaire). Il est l’un des leaders du MUD (Mesa de Unidade Democratica), alliance de partis qui soutient Henrique Capriles dans la course à la présidentielle. « L’utilisation de recours publics, dans le domaine des communications, est tendancieuse. Le jeu, bien que démocratique, est déséquilibré ».

    Pour le PSUV, ces critiques prédisent que l’opposition pourrait se préparer à mettre en doute la légalité des élections en cours et ne pas reconnaître les résultats d’octobre. Durant les derniers mois, de fait, plusieurs délégations des partis de droite ont voyagé en Europe et aux États-Unis avec pour objectif de faire part de leurs préoccupations concernant la régularité des élections présidentielles. Et ce malgré le système de vote électronique vénézuélien considéré parmi les plus sûr au monde. Chavez affirme fréquemment qu’il respectera les résultats des urnes, quel qu’en soit le verdict. Les socialistes exigent de leurs adversaires le même engagement.......

     Source : http://www.legrandsoir.info/dossier-venezuela-les-annees-chavez.html



  • SEPH SEPH 30 août 2012 10:31
    L’ère Chavez impose le Venezuela sur la scène mondiale

    Les profonds changements dans la politique, l’économie et la société ont propulsé le pays andin sur le devant de la scène internationale

    A plus de mille mètres d’altitude sur la côte vénézuélienne des Caraïbes, une ville naît du néant. Elle occupe 1 200 hectares, dans l’état de Vargas, enclavée entre Caracas, la capitale, et le principal aéroport du pays. Le lotissement a été projeté pour être l’une des grandes vitrines du gouvernement de Hugo Chavez Frias, président de la République depuis février 1999.

    En espagnol, le projet s’appelle Ciudad Caribia. Le chantier est dirigé par une société mi cubaine mi vénézuélienne, la Construtora Alba Bolivariana. Près de 7 000 personnes sont déjà logées dans 1 100 appartements. Quand l’ensemble sera conclu, en 2018, la zone urbaine aura une capacité de 20 000 logements. Cent milles Vénézuéliens y vivront.

    Seuls des gens très pauvres sont devenus propriétaires ou auront accès à la propriété de ces appartements. Ce sont des cinq pièces de 72 m2 : trois chambres, deux salles de bain, une buanderie, une salle à manger, un salon et une cuisine. Tous complètement meublés et équipés.

    Il ne s’agit pas seulement d’une cité résidentielle. Le quartier abritera des écoles, des parcs pour les enfants, des crèches, une bibliothèque, un commissariat, un club sportif, un centre commercial et des espaces pour les réunions et événements. Les véhicules ne pourront pas circuler dans son enceinte. Les déplacements seront assurés par un système de transports publics qui prévoit même un téléphérique pour que les habitants rejoignent la côte et la capitale.

    Des conseillers municipaux élus gèrent cette grande copropriété publique. Ils ont également le pouvoir de développer des entreprises commerciales et industrielles. Le projet de collecte et de recyclage des déchets, par exemple, est déjà en marche. Son fonctionnement obéit à un modèle d’autogestion, soutenu par le gouvernement national, qui remplace la traditionnelle verticalité étatique.

    « J’entends beaucoup de personnes dire que Ciudad Caribia n’existe pas, qu’il s’agit d’un mensonge du gouvernement », rapporte Carlos Marques. À 45 ans, il fait partie du premier groupe de familles qui sont arrivées. Il est le porte-parole d’un des quatre conseils municipaux. « Nous faisons partie d’une expérience. Je ne suis pas un de ces chavistes pur et dur qui est d’accord avec tout ce que dit le président. Mais en octobre je voterai pour lui. Il a changé ma vie. »

    À ce sentiment de rédemption, qui est apparemment généralisé chez les plus pauvres, s’oppose le rejet parfois féroce des plus privilégiés. Quand Chavez a été élu la première fois, on imaginait qu’il serait un révolutionnaire en politique et un réformateur bienveillant de l’économie. Une partie du patronat l’a même soutenu car le système gangrené de la IV République (1958-1999), était devenu un fléau insupportable. Elle était si corrompue qu’elle représentait même un obstacle pour les affaires.

    Ce mécanisme qui a prospéré consistait en un pouvoir duopole. D’un côté l’Action Démocratique (AD) de centre gauche. De l’autre, le social démocrate Comité d’Organisation Politique Électorale Indépendante (COPEI), de centre droit. Après la chute du dictateur Perez Jimenez, en 1958, ces deux partis ont conclu un accord connu comme le Pacte de Punto Fijo, du nom de la ville où il a été signé. Des règles implacables ont été établis pour empêcher les importuns de gâcher la fête. Pendant 40 ans, l’AD et le COPEI ont vécu sur la bête.

    Pétrole

    Dans le cas vénézuélien, la roue de la fortune tourne grâce au pétrole. Le pays est le cinquième exportateur mondial et possède les plus importantes réserves prouvées. Jusqu’en 1976, l’exploitation a été entre les mains d’entreprises privées, principalement nord-américaines. Les hommes d’affaires locaux se sont enrichis en étant des associés minoritaires ou prestataires de services des grandes compagnies pétrolières.

    Pendant le règne du capitalisme prédateur, le Venezuela a utilisé les dividendes de l’or noir pour importer presque tout ce qu’il consommait. Son niveau de développement agricole et industriel était très bas. Ceux qui avaient accès aux négoces pétroliers vivaient comme des nababs. La majorité de la population, sans travail fixe ni revenus stables, s’entassaient dans les villes et vivaient d’emplois précaires.

    L’élite politique aussi en profitait. Les deux partis qui s’alternaient au gouvernement vivaient des commissions grasses qui étaient versées en échange des licences d’exploitation et autre concessions publiques. De haut en bas, le pays a été ligoté par l’un des plus grands schémas de corruption au monde.

    La hausse des prix du pétrole, à partir de la crise mondiale de 1973, a conduit le président Carlos Andrés Perez, du parti AD, à nationaliser l’activité et à créer, en 1976, la PDVSA – Petroleos de Venezuela SA. Sans nuire aux intérêts des multinationales, puisque les activités de raffinage et de commerce international demeuraient entre les mains du privé, le nouveau modèle a alimenté le vol à grande échelle, en utilisant comme alibi un nationalisme de façade.

    Les bénéfices engrangés grâce aux hydrocarbures et gérés directement par les hommes politiques du pacte Punto Fijo a engraissé la ploutocratie para-étatique. Elle a profité des contrats divers et variés de PDVSA. Ces barons du pétrole ont aussi renforcé leur hégémonie dans les secteurs peu risqués de la banque, de la télévision, de l’importation. L’establishment politique s’est alors confondu définitivement avec les maîtres de l’argent.

    Durant ces dix ans de bien-être, les couches sociales les plus basses ont aussi reçu leur lot de bonheur. Au bout du compte, même avec les poches pleines, les politiques ont besoin de votes. Ce qui exige de satisfaire une clientèle. Le Venezuela du pétrole était un pays saoudien mais avec un régime de démocratie électorale.

    Quand le cours du pétrole a chuté, à partir des années 80, le modèle a fait banqueroute. L’inflation a bondi de 7,4 % par an en 1978, à 103 % en 1996. Les intérêts de la dette ont fini par représenter 30 % du budget de la nation. Le PIB par habitant, en tenant compte de l’inflation, a reculé de presque 19 % entre 1978 et 1998. Dans le même temps, le salaire réel a perdu 48 % de sa valeur, provoquant une baisse de 25 % de la consommation des familles, alors que le chômage est passé de 4,3 % à 14,5 %.

    Cependant tout le monde n’a pas été ruiné. Le secteur privé, qui auparavant vivait grassement grâce à la rente pétrolière, a compensé ses pertes éventuelles par des gains financiers en or. Et ce, grâce aux taux d’intérêts que l’État a concédé en mettant sur le marché des titres de la dette publique. Les plus de 30 milliards de dollars envoyés à l’étranger entre 1984 et 1998 sont la preuve de cette abondance alors que le pays agonisait.

    Le transfert accéléré des ressources publiques vers les groupes privés durant les gouvernements pré-Chavez, a été accompagné de l’une des versions les plus radicales du programme d’ajustements recommandés par le FMI (Fond Monétaire International) : révision des tarifs des services publics, coupe des aides sociales, privatisation des entreprises publiques.

    Le fait est que, quand l’actuel président est arrivé aux affaires, il a fait face à une économie brisée et une société décomposée. Dix pour-cents de la population, qui représentait alors de 23 millions d’habitants, intégraient la patrie du pétrole et de la finance. Les 90 % restant ont vu leur niveau de vie dégringoler, détérioré par le chômage, le blocage des salaires et l’élimination de leurs droits. La majorité de ces personnes ont donné leur aval pour enterrer la IV République et lancer un impétueux processus de changement.

    L’initiation

    Le premier pas du nouveau régime, renommé V République à partir de la Constitution de 1999, a été d’exploser le système politique dont il héritait. Adossés à une majorité parlementaire, les partisans de Chavez ont pu adopter une série de mécanismes plébiscitaires et de participation politique, qui ont détoné le contrôle institutionnel exercé par le bipartisme. Les forces déroutées par le chavisme ont perdu leur hégémonie sur l’assemblée nationale, le pouvoir judiciaire et les forces armées.

    Les nouvelles règles du jeu ont permis que des consultations improbatives, via référendums, puissent être convoquées par le président, le parlement ou par initiatives populaires avec un minimum de signatures. Les mandats législatifs ou administratifs ont pu être révoqués par vote populaire. Les lois ont pu être approuvées sans l’aval du parlement, si elles ont été entérinées par les urnes.

    Cette offensive politique a affaibli les secteurs les plus conservateurs. Fin 2001, Chavez s’est senti assez fort pour lancer ses premières réformes structurelles dans l’économie. Les principales ont été la Loi des Terres (qui a fixé les paramètres de la réforme agraire) et la Loi des Hydrocarbures (qui a augmenté les impôts sur les entreprises privées et le contrôle du gouvernement sur l’activité pétrolière).

    La réaction de l’opposition et des grands groupes économiques a été immédiate. Elle a convoqué la classe moyenne dans la rue et incité les militaires à se rebeller contre le gouvernement. Profitant de sa main mise sur les moyens de communication, ces cercles ont créé un climat de chaos et se sont lancés dans la tentative de coup d’État d’avril 2002. L’aventure a duré moins de 48 heures. Les militaires légalistes encouragés par des centaines de milliers de manifestants dans les rues, ont restitué son mandat constitutionnel à Chavez.

    Une nouvelle révolte insensée s’est produite à la fin de l’année 2002. Les patrons ont paralysé l’économie du pays. Au centre de cette grève, PDVSA, encore sous le contrôle de directeurs et de gérants qui refusaient d’obéir au gouvernement. À nouveau le président a gagné le bras de fer à la suite d’une bataille de 60 jours. À la suite du coup d’État d’avril, les mouvements adversaires au sein de l’armée se sont dissouts. La paralysie pétrolière surmontée, Chavez a finalement réussi à prendre les commandes de l’entreprise publique, malgré la démission de 32 000 fonctionnaires qui avaient adhéré au blocus.

    L’opposition a encore trouvé la force de convoquer, en 2004, un référendum révocatoire afin de destituer le président par voie constitutionnelle. D’ailleurs, dans le Venezuela de Chavez noirci par ses ennemis, qui qualifient le président de despote, 20 % des électeurs peuvent plébisciter un scrutin pour limoger le chef de l’État. Malgré ce nombre de signature minimale, l’opposition a été battu lors de la consultation populaire. Le président a poursuivi son mandat et a été réélu en 2006, avec plus de 60 % des voix.

    Test de Chavez

    Cette administration prend fin en janvier 2013. La troisième, du leader bolivarien (la première n’a duré qu’un an et demi, 1999-2000, et s’est terminée après la promulgation de la nouvelle Constitution). Lors des cinq années suivantes, il a surtout mené une révolution politique. Il a éloigné les vieilles élites du pouvoir et dérouté leurs attaques anticonstitutionnelles. Ces six dernières années, il s’est engagé dans la construction d’un nouveau projet économique et social que les urnes jugeront en octobre.

    Le président a ouvert de nombreux chantiers. La première de ses inventions : les missions sociales. Elles sont principalement destinées à affronter les déficiences des systèmes de santé et scolaire. En même temps, il a accéléré le processus de nationalisation qui a commencé par le secteur pétrolier. Il a aussi touché d’autres secteurs stratégiques comme le système financier, la sidérurgie et les communications. Mais aussi d’autres moins importants : comme la distribution et les services. Une partie des bénéfices de PDVSA, de l’augmentation des impôts et de la dette publique ont servi à acquérir ces entreprises.

    La stratégie de Chavez, depuis 2006, est baptisée de « socialisme du XXI siècle ». Elle repose sur un État fort, pourvoyeur de droits et régulateur de l’économie. Un État qui détient les moyens de production et participe significativement à leur gestion. L’élimination des capitalistes n’est pas une finalité comme elle a pu l’être lors d’autres expériences socialistes. Ses opposants, d’ailleurs, ont pris l’habitude de le critiquer d’avoir créé la « bolibourgeoisie ». Des entrepreneurs attelés au gouvernement et au projet bolivarien. De toute façon, il est indéniable qu’en nageant à contre courant, en rejetant les idées néolibérales triomphantes qui ont suivi le collapse de l’Union Soviétique, Chavez a attiré l’attention du monde sur son pays.

    Cette attention s’explique actuellement par la polarisation politique et idéologique entre le Venezuela d’un côté, et les Etats-Unis et autres puissances occidentales de l’autre. Les conflits internes avec l’opposition attise aussi la curiosité mondiale. Défenseur de l’intégration latino-américaine et d’une géopolitique, qui ignore la suprématie exercée par la Maison Blanche, le président vénézuélien est devenu un acteur important sur la scène internationale. La récente filiation de son pays au Mercosul, célébrée le 31 juillet, atteste ce caractère instigateur.

    Mais le Venezuela de Chavez mérite d’être exploré au-delà des batailles d’idées. Les résultats de ces presque 14 ans de gestion ne peuvent pas être ignorés. Malgré les problèmes, comme les difficultés rencontrées dans la diversification de l’outil industriel ou l’augmentation de la criminalité dans les grandes villes, le pays a conquis des succès notables. L’Unesco l’a déclaré libéré de l’analphabétisme. Ce n’est pas rien. Ou encore, selon le Cepal et l’indice Gini, le pays détient la meilleure distribution de revenus d’Amérique du Sud. Il affiche aussi le salaire minimum le plus élevé de la région selon les chiffres de l’OIT (Organisation Internationale du Travail). Il peut aussi se féliciter d’avoir connu la plus forte accélération de l’IDH (Indice de développement humain) du continent lors des dix dernières années, information relayée par un récent rapport des Nations Unies.

    De la patrie fondée par Simon Bolivar jaillit désormais plus que du pétrole. Les expériences et changements, que l’on soit pour ou contre, sont des sujets importants pour ceux qui veulent discuter avec sérieux les défis de notre époque...............

    Breno Altman, Jonatas Campos, Marina Terra

    http://operamundi.uol.com.br/conteudo/babel/23764/l%E8re+cha...

    Traduction : Jérôme da Silva

     Source : http://www.legrandsoir.info/dossier-venezuela-les-annees-chavez.html



  • SEPH SEPH 30 août 2012 10:10

    Cet article c’est n’importe quoi. C’est du délire .



  • SEPH SEPH 29 août 2012 18:33

    Vous écrivez n’importe quoi

    Regardez cette vidéo, elle vous donnera peut-être une autre vision :



  • SEPH SEPH 29 août 2012 17:25

    Lire de telles sottises dépasse l’entendement.

    c’est n’importe quoi

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