Olivier, encore une fois non. La différence entre énergie produite (c’est à dire énergie secondaire) et énergie consommée (c’est à dire finale), n’est pas importante dans les proportions que vous dites.
Sans doute voulez vous parler de l’énergie primaire, et non de l’énergie produite.
Le rapport entre l’énergie produite (c’est à dire l’énergie secondaire) et l’énergie consommée (c’est à dire l’énergie finale), dépend du taux de conversion du réseau de transport qui est de 95% en France en moyenne. Autrement dit même en supprimant tout réseau vous gagnez au maximum 5% de rendement. Or on a vu qu’un système décentralisé avait besoin d’un réseau.
Donc, non, ce rapport ne serait pas « bien » meilleur. Je ne sais même pas si il serait meilleur tout court, car dans un système décentralisé on supprimerait je suppose une grande partie du réseau haute tension, or le taux de conversion du réseau est d’autant meilleur que la tension est élevée (effet Joule).
Oui, le nucléaire manque de flexibilité ce qui oblige à importer pour passer les pointes lorsque les barrages et autres TAC sont à fond ...
Mais rien à voir avec l’effet Joule. L’effet Joule est une réalité physique, et non comme vous avez l’air de le dire, une invention du lobby nucléaire pour masquer les inconvénients de l’énergie nucléaire.
Cette histoire de pertes et de compensation par des achats équivalents d’énergie est très bien expliquée. Il existe par ailleur une mécanisme d’ajustement pour équilibrer le réseau en cas de décrochement imprévu de la production par rapport à la demande.
Quant au rendement du nucléaire, oui il est conventionnellement de 33%, ce qui explique la différence importante en France entre l’énergie primaire et l’énergie électrique finale. 1 TEP d’électricité nucléaire consomme 3 TEP d’énergie primaire. C’est parfaitement connu et cela figure noir sur blanc dans les statistiques de l’INSEE. Ce serait exactement la même chose si on avait un parc 100% charbon, puisque les centrales au charbon ont un rendement équivalent.
Cette histoire de rendement n’a aucun rapport avec le taux d’utilisation, autrement dit la disponibilité, des centrales nucléaires, qui pourrait baisser avec le vieillissement. Le rendement énergétique d’une quantité donnée d’uranium ne changera pas pour autant.
« Le taux de pertes sur le réseau de transport est le ratio entre la consommation d’électricité pour compenser les pertes et l’énergie totale injectée sur le réseau de transport, somme de la production injectée sur le réseau et de l’énergie importée physiquement depuis les pays frontaliers. »
Soit 2,24% / 12 TWh en 2010.
La perte sur la compensation est intégrée à l’équation.