Je ne crois pas une seconde, Ulrich, au « retour (du) religieux ». D’abord parce que le religieux depuis toujours est d’emblée « retour » ; ensuite à cause de ce que Derrida a si bien pointé du conflit entre le credo classique et le nouveau credo techno-médiatique (« merci d’être fidèles à notre antenne »). Enfin parce que la crispation identitaire n’étant jamais Culture - en Liberté, en Création justement, en Risque... - elle ne peut passer le cap de la génération qui la porte ; c’est en gros comme un très mauvais virus qui demeure stérile au point d’être incapable de voyager dans le temps, une ombre... Les textes, splendides, auront tôt fait de traverser ces caricatures d’un instant ; je tiens par exemple l’actuel islamisme de surface pour le seul placenta dérivé des révolutions arabes, en attendant le gosse... qui est encore devant sa coiffeuse pour Barbie, sur Facebook - mais il ne tardera pas.
Justement Ulrich, je pensais après avoir posté, que via ces trois lumières, Hopper mettait trois temps en scène : le passé de la station clocher ; le présent en acte du pompiste ; et le futur de la déforestation qui devrait s’ensuivre.
Parce que le cadrage particulier du second tableau raconte comme une évacuation : Elle n’est déjà plus là cette femme, sauf comme un souvenir, surtout au cas où c’est un soleil couchant.
Je ne sais pas si mon regard est affûté, ma culture en ce domaine reste limitée à quelques amis peintres, et je serais bien capable de manquer des choses aussi simples qu’un smiley... mon vieux prof de dessin me traitait de tous les noms en ajoutant « même pas capable de tracer un cercle ! » - mais ce que je sais, c’est que face au tableau, parfois le désir suffit.
Quant à me lire sur Agoravox, j’ai depuis lurette décidé de m’en tenir au sans-plomb, et les délais, et conditions de publication, étant ici parfois tarabiscotées, je me consacre aux joies prolétariennes du comment taire - tous les modes entitaires étant possibles, est vie d’amant.
Vous employez le mot « prêtre » - officiant là
devant ses machines ; et il est vrai que la petite station avec son
clocher semble diffuser bien de la lumière. Mais elle n’est presque rien
comparée aux trois cercles blancs placés tout au centre. Deux feux sont déjà
là.
Ainsi, si la voiture semble absente d’un tableau où elle
devrait avoir le rôle d’honneur, ces trois phares la rendent omniprésente. Et
choisir trois phares en lieu de deux, c’est dire que le vrai feu est toujours
caché ailleurs.
Cherchons donc ce troisième feu…
En général, sauf exceptions répertoriées, on est seul dans
sa voiture, comme ce pompiste.
Mais de quoi parle donc Hopper ?
Je crois que c’est précisément de ce que c’est que l’automobile, dans son essence, oserais-je :
D’abord le cheval Pégase ne surgit, comme lumière de
création poétique, que de la tête coupée de Méduse par Persée via son bouclier,
voilà peut-être pourquoi il choisit de
le réinscrire précisément sur ces trois têtes coupées de lumière en ces trois
pompes.
Mais l’automobile c’est encore et surtout l’éclatement des
villages, et la fin de la place du village comme lieu de réunion ; il n’y
a plus que l’homme seul face à la machine ; la dictature de la route a
tout défoncé, et ce n’est pas seulement à l’humanité de la vie qu’elle en veut.
Pour preuve, il est un contraste entre le vert des arbres et
le jaune des herbes qui raconte une lumière encore plus forte que celle de la
station-église ou même celle des trois pompes éclairées, et c’est :
La lumière de tout un incendie.
Prophétiquement, Hopper raconte déjà tous les déboisements à
venir, notre dame d’hell land est déjà dessinée là aux pieds du héros de
service ; et la seule chose qui ici s’élève au-delà des arbres - là où nul
homme sinon Penthée ne saurait se risquer - le seul animal qui se positionne
d’office comme un au-delà des arbres déjà piétinés, c’est encore ce pet-gaz, dont
toute méduse ne semble pas si complètement écartée.
Quoi de plus médusant que les phares d’une voiture...
Les chasseurs de lapins en savent quelque chose.
Pompez-nous jusqu’à la moelle Ulriche, nous vous suivrons à
la trace.
Et cette trace nous mène vers le second tableau :
Dommage que les pompistes aient disparu de bien des
stations, ce sont des personnages qui en disent long, j’en croise encore dans
mes montagnes, et très exactement avec cette attitude prostrée qui raconte tout le
vide... de celui chargé de faire le plein.
Mais comme vous le dites, il est loin d’être vide, faisant
lui-même son plein de lumière ; et pas vraiment crispé, au vu de son bras
gauche ; mais il semble tout livré à quelque chose, et c’est toute une hypnose.
Là encore Hopper ne parle que de l’automobile comme
révolution radicale de la vie : L’insertion de la femme par rapport au cadre raconte encore
la fin d’un monde au profit d’un nouveau désert bien chromé. Hopper ne fait pas
seulement l’hypothèse que c’est la vie sociale et toute une écologie forestière
qui seront touchées. Le mode vie ouvert par les autoroutes va toucher jusqu’à l’écologie
familiale et conjugale. Et cet homme devenu « tout-dehors » semble
désormais étranger à cette vieille intériorité qui l’appelle.
Je suis sorti ! Je vois ! nous dit-il, et quel désert…
Sauf qu’il ne semble pas trancher entre une libération ou la
chute dans l’abîme.
Je ne serai pas étonné, zara, de tenir que la seule raison
qui vous a empêché de vous flinguer ce sont bien vos enfants. Vous désertez
bien vite le terrain, comme quelqu’un qui court vers le ciel bleu, et qui, dès
les premières gouttes de pluie, affirme haut et fort que la vie ne vaut pas le
détour…
Sans parler surtout de votre paradoxe : vous savez,
mais peut-être ne le savez-vous pas, que le sexe ne se réduit pas au lit, et la
scène à laquelle vous nous donnez le loisir d’assister est hautement érotique,
pour ne pas dire plus, s’il en est un au-delà visible…
Donc vous commencez
par titrer « on ferme », puis vous glissez quelques allusions sur
votre louable ancien job qui fit le bonheur de tant, et enfin vous vous
étonnez, effarouchée, que des hormones se réveillent – on appelle ça « allumage »
ou je m’abuse ?
Ensuite, bien… Inversons le point de vue : Vous êtes
toute innocence, et vous vous faites agresser là par constant qui porte si bien
son pseudo malgré tant d’excellence ; volontairement ou non, il a
sexualisé la situation, c’est-à-dire qu’il vous propose de la fermer.
Et que faites-vous, vous qui affirmez haut et fort, vouloir
lutter contre cette mise au pas, cette réduction du verbe au silence pour le
triomphe du gestuel et du mimétique ? Vous acquiescez ! et vous dites
« bon d’accord, je me casse, je vais la fermer » - autrement dit,
fini les bonnes initiatives, autrement dit surtout, question sexe : «
sorry, but it seems that we’re open again… », vu qu’à la moindre
injonction sexualisée, au lieu d’ignorer, de replier ou de supprimer le commentaire, ou encore tout
simplement de passer outre, vous acceptez que : ok, oui, finalement t’as
raison, le sexe, y’a que ça…
Mais le verbe demande un peu plus et un peu moins : un
peu plus de hauteur, question de savoir que l’accusateur est toujours porteur
lui-même du problème (et vous y touchez presque), et un peu moins au sens où
vous n’arrivez pas - du fond d’une culpabilité à deux balles - à reconnaître qu’il
n’existe pas ; et que si vraiment vous vous trouviez au lieu que vous
prétendez avoir atteint, c’est un endroit où : lui, à ce moment-là, il n’a
pas lieu.
Sa fonction est donc de vous y rappeler, de checker, de
vérifier : elle est vraiment sortie celle-là, oui ou merde ? Et en
vous cassant, vous lui répondez : ben au fond tas raison, le cul, y’a
que ça.
Vous me direz que je vous cherche, je vous dirai que j’ai
passé l’âge, puis c’est pas mon genre, pas comme ça… Simplement chaque terrain
nouveau a ses armes spécifiques, et si vous voulez dealer avec le nouveau,
contentez-vous de vous abstenir des habitudes anciennes : Vous avez-vous-même
appelé les hormones à vous parler, et elles n’auront pas tardé, à voir la foule
sautillant alentour – non pas sur votre titre sexué, mais sur vos allusions de
carrière justement. Et comment reprocher aux autres de vous avoir suivie de si
près ?
Autrement dit, et c’est bien triste, je me répète, vous
obéissez, en partant, à une logique qui consiste à dire : Par ici c’est
porno sinon rien ; le contraire exact serait de rester, ne serait-ce que
par respect pour tous ceux et celles qui eux ne vous pas agressée…
Bref, méfiez-vous d’abord non pas de l’homme qui sautille
autour, mais surtout de vos doigts sur les commandes, surtout le majeur, qui décident si précisément de la température
de l’huile.
Donc je vous prie d’agréer, comme vous le dites en titre, que :
Vous dites que vous commencez par la fin, vous parlez donc d’un commencement zara ; je crois qu’Ariane a encore pronocé le mot qui dit tout : « cycles », cela fut-il astral, hormonal, chronobiologique ou autre. Vous semblez raconter un changement de cycle justement, non pas question sexe, qui n’en est que l’effet, mais : sur le mode de relation.
En lisant King, je me suis dit qu’à un certain âge, ou cycle, j’aurais été plus ou moins d’accord... Puis vient, dans une grande joie, comme un au-delà du loup - libre à vous de choisir l’animal, aigle, lion ou autre... - et ce dernier, tout comme vous se détache dans une belle ascension.
Il n’en perd pas pour autant le sexe, mais ça devient tout autre chose.
les anciens distinguaient entre ceux qui s’en tiennent à la matière, ceux qui s’en tiennent à l’âme, et ceux qui se détachent jusqu’à l’esprit. Krishnamurti est aussi la preuve que des abstinents de l’esprit ne seraient pas étrangers au sexe, voire encore tantrisme et autres amusettes...
La vraie question au fond c’est que tout se joue en quelques mots : le même mec, dans le même lit, dans le même rapport, va soi grogner, soit dire quelques petits mots qui feront toute la différence ; ou avant le rapport surtout.
Voilà ce qui seul ouvre ou ferme la porte du sorry we’re closed. Vous n’êtes donc pas fermée dans l’absolu, mais c’est comme si vous disiez basta à une certaine usine de plastique.
Un dernier conseil : n’attendez pas d’être aimée, sinon par accident, vous faites bien de vous aimer, où que vous soyez, et de tenir le sexe pour un « en plus » éventuel.
Une femme bien branlée rit, dit la formule ; quand on rit après le sexe c’est très bon signe, sinon faut vite laisser tomber, mais pour bien rire après, il faut avoir beaucoup ri avant, en vérifiant que c’est des rires bien verts, surtout pas bleus ou jaunes.