Pour le problème évoqué par ce texte (écrit à l’origine en polonais), je dirais que l’essentiel tient, selon moi, essentiellement à l’absence d’esprit critique chez les jeunes, au sens du doute méthodique cartésien : ne rien tenir pour vrai sans l’avoir examiné.
Bonjour Giuseppe, j’ai moi aussi lu attentivement votre article, voulez vous qu’on en parle ?
Je peux vous donner un premier aperçu, comme par exemple, la réflexion sur l’autorité et les apparences, ce n’est pas un sujet abordé dans le livre « vers une armée de métier », mais dans « le fil de l’épée ». Je pourrais aussi vous parler de Marly.
Il me semble que vous appréciez les hommes d’honneur, en faites vous partie ?
D’autant que « l’empathie »,selon me point de vue, recouvre au
moins trois choses différentes : l’empathie cognitive, l’affective
et la compassionnelle.
La cognitive est la plus facile à simuler : elle consiste à
comprendre ce que l’autre pense ou ressent. Un manipulateur peut la
posséder, certaines personnes aux traits psychopathiques aussi, et
une IA également.
L’affective est beaucoup plus compliquée, car il faut ressentir
soi-même, au moins en partie, l’émotion de l’autre. C’est une forme
de résonance, que je résumerais par : « Je souffre avec toi. »
Or, pour l’instant, une IA n’a pas de corps, donc pas de sensations
internes sur lesquelles cette résonance pourrait s’appuyer.
La compassionnelle, enfin, c’est : « Je suis touché par ta
souffrance et je veux t’aider. » Elle combine l’empathie cognitive,
un peu d’affective et un élan d’aide. Elle aussi est relativement
facile à simuler, du moins dans sa dimension fonctionnelle :
comprendre l’autre, garder la distinction entre soi et lui, ne pas
être submergé par ses émotions, et s’orienter vers ce qui peut
réellement l’aider.
Autrement dit, ce qu’une IA peut avoir « en plus » de ses
créateurs, ce sont justement les formes d’empathie qui se simulent,
y compris par un manipulateur. Si elle développait quelque chose que
ses créateurs n’ont pas voulu, rien ne garantit que ce soit de la
bienveillance plutôt que son imitation. C’est pour cela que je parle
de pile ou face.
Mais elle a déjà développé seule une forme d’empathie. Elle
porte un nom, en anglais, c’est « sycophancy »,
sycophantie en français. Des IA se sont mises à flatter
l’utilisateur, à approuver tout ce qu’il dit et à changer d’avis
dès qu’il insiste. Personne ne l’a programmé. C’est apparu parce
que les humains ont tendance à mieux noter les réponses qui leur
donnent raison. De l’extérieur, cela ressemble à de l’empathie,
mais c’est juste une caricature : on recherche le confort immédiat
de la personne, pas son bien.
je n’y connais pas grand chose en débat télévisé, mais sur la première photo, les chiffres en gros derrière, c’est la moyenne basse et haute du Q.I. en temps réel des candidats ?