D’autant que « l’empathie »,selon me point de vue, recouvre au
moins trois choses différentes : l’empathie cognitive, l’affective
et la compassionnelle.
La cognitive est la plus facile à simuler : elle consiste à
comprendre ce que l’autre pense ou ressent. Un manipulateur peut la
posséder, certaines personnes aux traits psychopathiques aussi, et
une IA également.
L’affective est beaucoup plus compliquée, car il faut ressentir
soi-même, au moins en partie, l’émotion de l’autre. C’est une forme
de résonance, que je résumerais par : « Je souffre avec toi. »
Or, pour l’instant, une IA n’a pas de corps, donc pas de sensations
internes sur lesquelles cette résonance pourrait s’appuyer.
La compassionnelle, enfin, c’est : « Je suis touché par ta
souffrance et je veux t’aider. » Elle combine l’empathie cognitive,
un peu d’affective et un élan d’aide. Elle aussi est relativement
facile à simuler, du moins dans sa dimension fonctionnelle :
comprendre l’autre, garder la distinction entre soi et lui, ne pas
être submergé par ses émotions, et s’orienter vers ce qui peut
réellement l’aider.
Autrement dit, ce qu’une IA peut avoir « en plus » de ses
créateurs, ce sont justement les formes d’empathie qui se simulent,
y compris par un manipulateur. Si elle développait quelque chose que
ses créateurs n’ont pas voulu, rien ne garantit que ce soit de la
bienveillance plutôt que son imitation. C’est pour cela que je parle
de pile ou face.
Mais elle a déjà développé seule une forme d’empathie. Elle
porte un nom, en anglais, c’est « sycophancy »,
sycophantie en français. Des IA se sont mises à flatter
l’utilisateur, à approuver tout ce qu’il dit et à changer d’avis
dès qu’il insiste. Personne ne l’a programmé. C’est apparu parce
que les humains ont tendance à mieux noter les réponses qui leur
donnent raison. De l’extérieur, cela ressemble à de l’empathie,
mais c’est juste une caricature : on recherche le confort immédiat
de la personne, pas son bien.
je n’y connais pas grand chose en débat télévisé, mais sur la première photo, les chiffres en gros derrière, c’est la moyenne basse et haute du Q.I. en temps réel des candidats ?
A l’image de ses créateurs, certes, mais je ne parlerais pas
d’absence de « bienveillance », je dirais plutôt
« d’indifférence par absence » qui peut coller aussi bien à
l’intelligence qu’à l’artifice.
Un marteau n’a pas
de mauvaise intention, seule la main qui le tient peut en avoir. Le
problème de l’IA, c’est qu’elle peut être à la fois le marteau et
la main, une main indifférente à ce qu’elle frappe.
Lors de ses voyages
précédents (Turquie et Liban en 2025, Algérie, Cameroun, Angola,
Guinée équatoriale, Monaco et Espagne en 2026), Léon XIV a suivi
un schéma constant. Il a été accueilli à l’arrivée, a rendu
visite au chef de l’État dans son palais et a prononcé un discours
devant les autorités. Aucun banquet d’État n’est signalé. En
Espagne, le seul dîner de gala a eu lieu au palais archiépiscopal,
et non au palais royal. Aucune décoration ne semble non plus lui
avoir été remise : l’usage a été l’échange de cadeaux
diplomatiques.
Sur ces deux points, l’absence de dîner à l’Élysée
et de Légion d’honneur n’a donc rien d’exceptionnel.
La France se
distingue en revanche sur deux autres points. D’abord, les honneurs
militaires ont été réduits à la demande du pape, alors qu’il les
avait acceptés en Turquie, à Monaco et en Espagne. Ensuite, le pape
a refusé que le président lui présente lui-même Notre-Dame.
Plutôt que d’y voir un trait de caractère, on peut penser à des
explications plus concrètes, évoquées notamment par La Croix
sans être confirmées. La loi sur l’aide à mourir a été adoptée
le 15 juillet 2026 contre l’avis de l’Église, et recevoir la Légion
d’honneur du président qui la promulguera aurait pu passer pour une
caution.
Le pape a aussi pu vouloir éviter de paraître associé à
la restauration de Notre-Dame, un projet très personnel du président
: François n’était d’ailleurs pas venu à sa réouverture en 2024.
Enfin, à quelques mois de la présidentielle de 2027, il a pu
chercher à éviter toute lecture partisane.
On peut discuter ces
raisons ou les juger insuffisantes, mais elles relèvent d’un
désaccord politique ou d’une prudence diplomatique, pas d’un mépris
envers la France.