Ah ah ! Je n’ai pas de problèmes avec Asselineau, ni même avec ses chantres. Et je trouve par ailleurs que son sort sur Wikipédia est assez malvenu. Car pour toutes les raisons qui pourraient faire qu’il n’y est présent qu’a minima, on pourra trouver des contre-exemples wikipédiens dans la foulée.
De là à en faire un cheval de bataille dantesque... je laisse ça aux afficionados !
Mais ce qui me fait sourire, c’est plutôt la formulation de l’article, rédigé comme si la démarche était naïve, et là c’est un peu gros quand même ! Ca fait des années que n’importe quel agoravoxien connait la problématique. En faire un article, pourquoi pas, mais faire comme si vous débarquiez en terre inconnue, c’est nous prendre gentimment pour des truffes (je le dis avec malice, et sans agressivité).
Est-ce que ces jeux sont cons, et en appelent à ce qu’il y a de plus bas en nous pour requérir notre attention et notre engagement ? Oui, indubitablement.
Mais on ne saurait lui opposer une culture « classique », façon Bach, Rembrandt, Bartholdi, etc... Car alors on se pose dans le bon art ou le mauvais art donnant « accès à la culture » (comme si on n’y baignait pas constamment, dans la culture).
Il me semble que l’article confond l’art et la culture, tandis que l’art c’est fabriquer quelque chose en essayant d’y mettre du sens, tandis que la culture est un processus politique ( et dans ce cadre l’art prend la forme d’une communication politique : un objet esthétique qui donne du sens, du symbolique à une pratique politique de positionnement critique).
C’est pour moi en ce sens que le savoir Pokemon n’est pas de la culture, car ce savoir ne permet pas de se positionner politiquement, sinon dans une politique de l’a-politique et du renoncement.
Et pourtant ! Ne pourrait-on pas envisager, comme une simple hypothèse et non un souhait personnel, que ce savoir permette l’intégration sociale dans une cour d’école ? Et si c’était une condition sine qua none de l’intégration... alors ça deviendrait de la culture !
Finalement, contre ce phénomène, l’auteur préconise des comportements individuels de refus. Soit. Mais est-ce le sens d’une action politique collective ? La culture doit nous amener à un positionnement politique, donc à un certain moment, à une action collective commune, tout en formant individuellement les gens à un savoir individuel d’engagement collectif. N’y a-t-il pas une contradiction ?
Pour résumer l’article : la Chine, en tant que nation avec une structure institutionnelle donnée, regarde ses intérêts, et fait ses choix « indépendants » selon ses intérêts bien sentis. Ca ne dit évidemment rien des intérêts en question (qui sont les siens), ni de la structure politique qui détermine ses choix (structure souvent considérée dictatoriale), ce que ne serait pas l’UE
Mais la chine, ou n’importe quelle nation, est-elle indépendante ? Non, elle est dépendante de ses propres contraintes, et des objectifs poursuivis, ce qui ouvre des lignes de conduites décisionnelles, et in fine un choix raisonné.
La France tente de faire la même chose, de même que l’U.E. Aussi, plutôt que d’opposer des pays sur une notion d’indépendance ou non, il me semble plutôt judicieux de comparer les systèmes de dépendance : dépendances à qui, à quoi, et de quelles façons. Du point de vue des structures, c’est assez facile : il suffit d’observer sur un organigramme qui a le droit de décider, qui n’en n’a pas le droit, qui est convoqué, invité à faire, selon quelles procédures... et l’on voit alors se dégager les structures de lobbying, d’influences donc, qui sont autant de déterminants du jugement et de la décision.
La Chine est une dictature... bon, c’est pas le problème (parce que sinon, ça ne serait pas notre usine) ! C’est un problème quand ses choix ne nous conviennent pas (qui contraignent nos objectifs), et que sa structure décisionnelle ne nous permet pas d’intervenir dans les déterminants de ses choix.
A notre niveau à nous, de qui est dépendant le sort de la France, ou de l’UE ? Comment chacun est (ou peut être amené à être) convoqué dans les choix à faire ?
@Jean-François Dedieu Merci de votre réponse. Oui, j’ai abrégé mon propos en amalgamant quasiment pouvoir et blancs, j’en suis conscient, et je m’attendais un peu à ce retour
Mais outre que je n’ai pas bossé le sujet en profondeur (mon propos était un simple témoignage pour expliquer peut être l’insécurité), mes contacts hors boulot étaient essentiellement des métropolitains, et les propos paternalistes et corporatistes de certains d’entre eux m’agaçaient profondément. J’ai eu la faiblesse de croire que les enseignants seraient plus sages que les militaires... j’ai constaté une certaine concordance de vue entre les uns et les autres, dans un ensemble ethnique peu perméable (mais pas totalement clos, non plus). Des généralités donc, mais qui n’excluent pas les individualités.