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Commentaire de Eric de Trévarez

sur Innéisme aveugle et cécité pédagogique : les coulisses de l'échec


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Eric de Trévarez 12 février 2012 13:30

(Je crois que pour comprendre ce qui s’est passé dans cette affaire de méthode global, il faut la replacer dans son contexte de l’époque et analyser la personnalité et le parcours de ceux qui en furent les promoteurs)

On avait cependant remarqué très vite qu’un enfant réfractaire à l’apprentissage de la lecture par méthode globale, s’en sortait immédiatement par méthode syllabique, le contraire n’est pas vrai, d’où le succès jamais démenti de la méthode Baucher...De nombreux parents, pendant les « décennies noires », ont appris, eux-même, la lecture à leurs enfants, par la méthode syllabique. (en cachette, pour cause de hors la loi !)

Pourtant la méthode syllabique est parfaite pour les enfants d’age bien inférieur à 7 ans, parce que les compétences de cet age de l’apprentissage de la lecture, sont avant tout l’automatisme et le réflexe, comme le dit mon article.

Vous avez raison de souligner que la méthode syllabique est indispensable pour écrire. Pourtant, malgré ces constatations pertinentes, la méthode syllabique a été interdite de séjour !

Il n’est pas nécessaire d’en rajouter, comme vous le faites, sur le « savoir complet » de lecture et son lien avec une approche global, qui est de la compétence exclusive de ceux qui savent déjà lire...

A l’époque, certains auraient fait de « l’éducation nouvelle », une science rétroactive, s’ils avaient pu, à la façon dont ils mélangent, cause et conséquence dans la chronologie et dans la hiérarchisation des savoirs.
On ne fait pas une « éducation nouvelle » baptisée pompeusement « science de l’éducation », en mélangeant différemment les ingrédients, et en laissant de côté le principal, comme on l’a fait en matière d’apprentissage de la lecture, même en cuisine cela ne marcherait pas.

Le procès de la méthode global est justifié.

Cependant le procès devrait maintenant s’étendre au promoteur de la méthode. Tout cela sent la mystification ! Regardez le parcours du grand homme, entrée à l’éducation par la petite porte, subitement propulsé au sommet avec une thèse d’état en 1983, sur un sujet de recherche « les pratiques de groupe en situation scolaire »...
Mystification, nouveauté et travailler ensemble, la sauce très prisée du moment où la France basculait vers des horizons meilleurs, dans une construction mystifiée de l’Europe aux sons et lumières d’un consumérisme et d’une spectacularisation généralisée ! Tout devenait communication.

La méthode de lecture devenait, elle-aussi, globale comme le coca cola à l’échelle planétaire.
A cela vous ajoutez, que le grand homme cumule à lui seul, les défauts de Lacan et de Bourdieu. c’est embêtant , par exemple, de le voir finir en politique comme Bourdieu ! Comme ce dernier il a commencé en philosophie. Il s’en est toujours servi très adroitement à des fins personnels...Il n’y a pas de bon sophiste, sans un tantinet de philosophie...

Pour conclure, il y a plein de choses extrêmement gênante dans cette affaire, d’apprentissage de la lecture. Je pense qu’il faut attendre que tout cela décante.


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