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Accueil du site > Tribune Libre > L’extraordinaire diversité des paysages de France

L’extraordinaire diversité des paysages de France

Dans un article de mars 2016, intitulé L’extraordinaire diversité des villages de France, j’observais que « rares sont les pays sur la planète où, sur une superficie comparable à celle de la France métropolitaine, la diversité architecturale des villages est si grande et si spectaculaire ». À l’évidence, il en va de même pour les paysages de notre pays. Petit tour d’horizon...

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Côte de Granit rose à Perros-Guirec ; Chamonix : massif du Mont-Blanc ; Près du Mont Lozère à L’Hospitalet ; Marseille : calanque de Sormiou

En 2016, j’écrivais ceci : « 550 000 km², c’est grosso modo une superficie comparable à celle de pays comme le Cameroun, le Kenya, le Maroc, la Suède, l’Ukraine, la Thaïlande ou le Yémen. » Or ce constat – qui, dans l’article mis en lien ci-dessus, visait à souligner la diversité de l’habitat en France métropolitaine relativement à celle des pays mentionnés – est tout aussi pertinent pour ce qui concerne les paysages, nettement plus contrastés entre Dunkerque et Perpignan ou entre Brest et Colmar que dans ces pays de superficie équivalente.

Comment pourrait-il en aller autrement, eu égard aux caractéristiques physiques de la France ? Voilà un pays baigné par un océan (l’Atlantique) et plusieurs mers (la mer du Nord, la Manche, la Méditerranée) aux caractères très éloignés les uns des autres, c’est le moins que l’on puisse dire. Un pays doté en outre de reliefs montagneux très différents, entre les vieux massifs érodés de type hercynien formés pour l’essentiel au paléozoïque (l’Armorique, les Ardennes, le Massif central et les Vosges) et les chaînes de montagne jeunes apparues beaucoup plus tard au cours du cénozoïque (les Alpes, le Jura et les Pyrénées) ; sans oublier les volcans dont les éruptions les plus récentes sculptaient encore les paysages d’Auvergne il y a moins de 10 000 ans (lien), autrement dit hier à l’échelle géologique.

Un pays où, de surcroît, les mers anciennes ont, principalement au mésozoïque, laissé de grandes plaines sédimentaires (de la Picardie et la Champagne jusqu’à l’Aquitaine en passant par le Bassin parisien et le Val-de-Loire), et de spectaculaires plateaux karstiques entaillés de profonds canyons, notamment dans les Grands causses. Un pays en outre exposé à de forts contrastes climatiques marqués par les influences océanique à l’ouest, méditerranéenne au sud et continentale à l’est.

Autant d’éléments et de facteurs naturels qui, combinés à l’exploitation des sols à des fins agricole, viticole ou forestière, et au façonnage des espaces maritimes en marais salants, domaines piscicoles et autres polders, ont contribué à dessiner les paysages de notre pays, le plus souvent pour notre plus grand plaisir et pour celui des visiteurs étrangers, fascinés par les fleurons les plus emblématiques de ce patrimoine composite.

Côté littoral, l’on peut observer de très grands contrastes entre les escarpements rocheux ou les falaises qui plongent – parfois de très haut, notamment en Provence et en Corse –, dans les eaux de la mer ou de l’océan, et les grandes plages alanguies qui s’étirent, ici le long d’espaces de marais et de prés salés (Vendée, Charente, Camargue), là en bordure de zones dunaires (Cotentin, Côte d’Argent). De même peut-on remarquer que le littoral est parfois linéaire – particulièrement du Pas de Calais à l’embouchure de la Seine ou le long de de la côte aquitaine –, parfois très tourmenté et entaillé par de multiples échancrures, voire de profonds abers et rias comme il en existe en divers secteurs des 1 600 km de la côte bretonne. Sans oublier les mers intérieures reliées par un étroit goulet aux eaux libres, à l’image du superbe golfe du Morbihan et du non moins séduisant bassin d’Arcachon. Sans oublier non plus les cordons de galets qui se couvrent ici et là de choux de mer, ou les chaos rocheux baignés par les flots (en Bretagne et en Corse notamment).

Impossible d’évoquer les côtes de France sans mentionner de surcroît les îles qui, plus que tout autre territoire, excitent notre imaginaire. Citons, parmi les plus spectaculaires à des titres divers (ici des côtes rocheuses déchiquetées, là des dunes, ailleurs des marais) : Chausey, Bréhat, Batz, Ouessant, Sein, Groix, Belle-Île, Houat, Noirmoutier, Yeu, , Aix, Oléron, îles du Frioul, îles d’Hyères, et celles, inhabitées, des Sanguinaires en Corse. Autant de lieux que l’on ne se lasse pas de découvrir ou de redécouvrir !

Côté montagne, la diversité n’est pas moins grande, eu égard à la complexité des systèmes géologiques qui ont façonné les massifs français, ici et là en interaction avec une présence maritime qui a fortement influencé la nature des reliefs sédimentaires, ou bien avec une activité volcanique localement intense. Encore ne faut-il pas oublier la prodigieuse action érosive des cours d’eau et des glaciers sans lesquels nombre de vallées n’existeraient pas telles que nous les connaissons.

En divers lieux, l’on peut observer d’étonnantes proximités. C’est notamment le cas en Haute-Savoie où le massif du Mont-Blanc voisine avec la toute proche chaîne des Fiz, hôte de l’un des plus grands lapiez d’Europe : le désert de Platé. Autre lieu étonnant : la chaîne des Puys et ses 80 jeunes volcans alignés. En résumé, l’on trouve dans la montagne française d’imposantes parois rocheuses, des pics acérés, des dômes enneigés, de spectaculaires glaciers, de vastes plateaux calcaires, ici et là truffés de gouffres (localement appelés avens ou scialets), de paisibles croupes pastorales engazonnées et fleuries, des vallées avenantes, des gorges impressionnantes, des canyons vertigineux, des espaces forestiers remarquables, ou bien encore des déserts presque totalement minéraux. Et pour le plaisir des yeux, de multiples lacs de toutes tailles et de toutes formes.

Côté campagne, la diversité n’est pas en reste, et les sites spectaculaires qui contrastent avec la monotonie des grandes plaines d’agriculture intensive (Beauce, Brie, Champagne et Picardie) ne manquent pas dans notre pays, en particulier dans les Préalpes, les piémonts pyrénéens ou le Périgord. De nombreux espaces de culture peuvent même se montrer particulièrement séduisants, à l’image des oliveraies méridionales, des plantations d’agrumes et des vergers, des champs de lavande de Provence en été ou des vignobles en automne. Autres sites très prisés, les lieux humides, qu’il s’agisse des marais et des étangs (Brière, Dombes, marais audomarois, marais poitevin) ou des abords des lacs, naturels ou artificiels. Les forêts ne sont pas en reste, et certaines (Compiègne, Fontainebleau, Landes, Huelgoat, Tronçais) sont, chacune avec son caractère, d’une grande beauté. La campagne française offre en outre, ici et là, de superbes paysages de bocage (Bretagne, Limousin, Normandie, Pays Basque, Vendée), de maquis (Corse et Provence) et de landes. Sans compter les très belles vallées fluviales, avec une mention particulière pour la Loire au cours alangui parsemé de bancs de sable.

Avant d’en terminer, une petite pensée amicale pour les Français des départements et des territoires d’Outremer. Que ce soit aux Antilles, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie ou à La Réunion, nos lointains compatriotes disposent eux aussi de décors magnifiques et spectaculaires, très différents de ceux que l’on peut admirer en France métropolitaine. Des décors qui mériteraient également qu’un article leur soit consacré. Ce sera peut-être pour un prochain opus...

Pour finir, un petit emprunt (transposé en plus soft) au film « À bout de souffle » (lien) : « Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la campagne, désolé de vous avoir importuné(e)  ! »

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Cirque de Troumouse, Hautes-Pyrénées

 

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Ile de Pomègues, Bouches-du-Rhône

 

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Corniche du causse Méjean, Lozère

 

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Vignoble de Saint-Emilion, Gironde (photo anonyme)

 

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Etretat, Seine-Maritime (photo vacanceselect.com)

 

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Puy de la Vache (volcan), Puy-de-Dôme

 

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Glacier d’Argentière, Haute-Savoie

 

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Saint-Coulomb (plage des Chevrets), Ille-et-Vilaine

Moyenne des avis sur cet article :  2.9/5   (21 votes)




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93 réactions à cet article    


  • gruni gruni 25 avril 09:58

    Bonjour Fergus


    Un texte intéressant et de belles photos. C’est vrai que la diversité de nos paysages est remarquable. 
    Le passage sur les mers anciennes m’a fait penser à la mer de Téthys.  
    Pas très loin de Metz se trouve une carrière encore en activité d’où est extraite une pierre sédimentaire de couleur jaune. On l’appelle « pierre de soleil », qui a été exploité dès le moyen âge. La cathédrale de Metz a été construite avec ces pierres, mais bien d’autres bâtiments également. L’oxyde de fer est responsable de la couleur jaune, mais on peut également remarquer des traces de coquillages.

    Merci pour l’article



    • Fergus Fergus 25 avril 11:02

      Bonjour, gruni

      Merci pour ton commentaire. Je connais assez mal la Lorraine, mais je me souviens très bien de Metz où j’ai séjourné naguère. Et notamment de cette pierre calcaire jaune que l’on retrouve effectivement sur d’autres monuments, à commencer par l’emblématique porte des Allemands. Cette pierre est très belle au petit matin et au coucher du soleil.

      Pour ce qui est des traces de coquillages, présents dans nombre de roches calcaires, ce qui étonne le plus les enfants à qui je le montre, c’est l’étonnante densité des cérithes (de petits mollusques) observables dans les parapets de pierre qui bordent la Seine à Paris.


    • vesjem vesjem 25 avril 16:22

      @gruni
      de belles photos
      merci pour ce compliment justifié, c’est fergus qui les a prises

      extraite une pierre
      t’en sais des choses, toi, mon colon ! bravo !


    • ZenZoe ZenZoe 25 avril 10:24

      Bonjour Fergus,
      Très jolies photos. Merci pour cette belle évasion.
      En passant, un merci aussi aux associations qui tentent de protéger nos magnifiques paysages de la folie prédatrice, ils ont du boulot !


      • Fergus Fergus 25 avril 11:18

        Bonjour, ZenZoe

        Merci à vous  ! Et merci, en effet, aux « associations », mais également au Conservatoire du Littoral qui, en France, a - depuis sa création en 1975 - réalisé un énorme travail de sauvegarde des sites marins les plus remarquables.

        Dommage qu’il soit arrivé trop tard sur la Côte d’Azur pour sauver certains sites livrés depuis longtemps au « bétonnage des côtes » : la vue de cette partie du littoral depuis le large (par exemple sur le ferry reliant Bastia à Nice) est d’ailleurs particulièrement déprimante.

        Par chance, de très nombreux grands sites ont été préservés. Encore faut-il être vigilant avec les gouvernants dont certains n’auraient guère de scrupules à assouplir la Loi Littoral, à l’image de Sarkozy qui, en 2009, affirmait « Il faut rendre constructibles les terrains inondables » !



      • Le Panda Le Panda 25 avril 10:39

        Bonjour Fergus

        Pour cette superbe réalisation qui fait que nous nous évadons merci.

        Tu es parti avec ton appareil en brandouillée comme je peux le faire parfois ?

        Mais nous faire passer dans le pays des songes nous aimerions à chaque instant pouvoir voir les paysages de France comme tu nous les montre.

        Je vais avec plaisir le tweeter puis le poser sur la page Facebook certains vont se régaler. Puis en cherchant qui a fait cela on trouvera ton avatar.

        Bien à toi

        Cdt 


        • Fergus Fergus 25 avril 11:25

          Bonjour, Le Panda

          Je te remercie de relayer ce texte qui n’a pas de prétention particulière, sinon de fixer mes observations et d’être lu par mes petits-fils, deux gamins très curieux et avides de découvertes.

          L’appareil photo, je l’ai presque toujours avec moi. Et pour cause : entre les paysages, l’habitat, les animaux sauvages, la flore, et parfois les gens (avec leur accord), il y a toujours quelque chose à fixer sur la carte mémoire. smiley

          Cdlt 


        • Plus robert que Redford 25 avril 11:45

          @Le Panda
          Bonjour monsieur Panda.

          Juste une curiosité : en brandouillée. 
          De quelle région ce charmant parler est-il originaire (car original autant que charmant !) ?

        • Fergus Fergus 25 avril 12:00

          Bonjour, Plus robert que Redford

          Je ne sais pas ce que va répondre Le Panda, mais j’avoue n’avoir jamais rencontré en Auvergne - où vit Le Panda - ce mot « brandouillée » employé en l’occurrence dans le sens de « bandoulière ».

          En revanche, il existe un verbe « brandouiller » en Picardie - j’ai appris cela en pension dans l’Aisne - qui signifie, « agiter », « remuer ». D’une certaine manière, l’on pourrait dire de l’Amiénois Macron, si prompt à agiter le microcosme politique, qu’il est un « brandouilleux » ! smiley 


        • gueule de bois 25 avril 14:33

          @Plus robert que Redford
          Demander à Google ’dictionnaire Panda-Français’.


        • ZenZoe ZenZoe 25 avril 14:54

          @Plus robert que Redford
          J’ai de la famille en Champagne-Ardenne. Je les entends dire quelquefois « mais qu’est-ce que tu brandouilles toi ? » (il faut comprendre « mais qu’est-ce que tu fabriques ? »)


        • vesjem vesjem 25 avril 16:26

          @ZenZoe

          mais qu’est-ce que tu brandouilles toi
          non :
          mais qu’est-ce que tu brandigouilles toi


        • JC_Lavau JC_Lavau 25 avril 11:12

          D’où il résulte qu’il n’y a jamais pu avoir de parti agrarien en France : les revendications paysannes sont trop contrastées et morcelées.
          Au contraire de la Finlande, des Pays Bas et des pays scandinaves où la campagne est bien plus uniforme.
          Le président Uhro Kekkonen était un agrarien.


          • Fergus Fergus 25 avril 11:41

            Bonjour, JC_Lavau

            « les revendications paysannes sont trop contrastées et morcelées. »

            C’est parfaitement exact. Qui plus est, les histoires des différentes régions, et les rapports des paysans au pouvoir jacobin et à l’Eglise au fil du temps, ont été extrêmement contrastés

            La nature des exploitations est d’autre part très dépendante de la géologie des sols, de l’altitude, du climat local, du mode de vie et des influences exogènes.

            Bref, autant de facteurs qui ont contribué à une diversité à peu près unique.


          • zygzornifle zygzornifle 25 avril 12:45

            Haaa des photos sans pylônes EDF , sans routes ni autoroutes , sans hyper marché et son parking démesuré , sans ancienne affiche de la dernière présidentielle collée sur un poteau , sans flic planqué dans un buisson radar rivé a l’œil , on se croirait sur une autre planète avant l’arrivée de la souillure humaine .... 


            • Fergus Fergus 25 avril 12:50

              Bonjour, zygzornifle

              Il y a quand même en France de très nombreux sites qui échappent aux pollutions visuelles que vous évoquez.


            • Doume65 25 avril 16:01

              @zygzornifle
              « Haaa des photos sans pylônes EDF , sans routes »
              Le but de Fergus n’était pas de nous imposer une fois de plus la Tour Effel, le plus gros de nos pylônes, mais justement de souligner la diversité des paysages en France. Une photo d’une entrée de vile française aurait complété le tableau de la « diversité », c’est vrai. Une seule aurait suffit tant elle sont caractérisées par l’uniformité. Les villes Italiennes et espagnoles ne sont pas comme ça. Fergus n’a pas triché. J’habite au pied des montagnes pyrénéennes, et dès que je sors de chez moi, je peux faire une foule de photos de paysages magnifiques, à l’instar de celles de notre ami Fergus. Si ce n’est pas ton cas, je suis malheureux pour toi et te souhaite de pouvoir t’extraire un jour de ton triste milieu.


            • Fergus Fergus 25 avril 16:27

              Bonjour, Doume65

              Merci pour ce soutien en rapport avec l’objet de l’article qui n’était effectivement pas de comparer les paysages préservés aux paysages abîmés de différentes manières par l’activité humaine.


            • vesjem vesjem 25 avril 16:30

              @Fergus
              non, zygorsniffe a raison ; y’a encore des saletés d’arbres qui gênent la vue dans bien des endroits
              ton appareil, c’est quoi ?


            • Fergus Fergus 25 avril 17:14

              Bonjour, vesjem

              « y’a encore des saletés d’arbres qui gênent la vue dans bien des endroits »

               smiley

              Mon appareil ? Un Lumix FZ38. Avant, au temps de l’argentique, j’utilisais un Canon AE1.


            • vesjem vesjem 28 avril 18:49

              @Fergus
              je te canonnise avec mon mark 5 mk2 ; anciennement minolta fragile
              c’est complexe ; j’en maitrise que le 1/10ème ; mais beaucoup de photos sont superbes


            • Fergus Fergus 29 avril 10:53

              Bonjour, vesjem

              Le fait est que cet appareil est complexe et offre de nombreuses possibilités. Le beau-père de mon fils en a un de la même gamme et réalise en effet de superbes photos - notamment des portraits - lors de ses lointains voyages.

              Personnellement, je ne suis pas un photographe, je prends des photos pour le plaisir sans trop me prendre la tête, d’où le relativement bon marché Lumix qui offre de surcroît un zoom puissant idéal pour des détails d’architecture. Il y a toutefois deux points sur lesquels je suis exigeant : le cadrage et, autant que faire se peut, la lumière, ce qui m’amène parfois à des attentes de 10 ou 20’. A cet égard, la photo est une école de patience.

              Excellent fin de week-end !


            • vesjem vesjem 29 avril 19:31

              @Fergus
              où l’on remarque que nous avons peut-être beaucoup de sujets de convergence, à part quelques sujets annexes ou secondaires


            • Fergus Fergus 29 avril 20:09

              @ vesjem

              Eu égard au parcours de vie et à l’expérience de chacun, les convergences et les divergences sont naturelles. Dès lors que ces dernières s’expriment dans le respect, pas de problème. smiley 

              Bonne soirée.


            • vesjem vesjem 29 avril 21:59

              @Fergus
              remarque malgré tout que l’irrespect donne du pigment à des échanges un peu trop ordinaires


            • velosolex velosolex 25 avril 12:52

              Une leçon de grammaire qui me rappelle celle ce mon instituteur de CM2, qui s’extasiait devant cette France éternelle, que chantait « le tour de France de deux enfants », un ouvrage qui a servi de base à des légions d’écoliers. 

              Une remarque cependant. Ces belles cartes postales cachent une réalité plus triste. Jamais autant de terres pollués, de zones dénaturées, de La Beauce au bocage Breton, de l’étang de Berre au littéral pollué, avec partout une disparition des espèces animales.
               Il n’y a pas de photo pour montrer l’absence, la transformation, la disparition. Même les zones de montagne victimes du tourisme de masse, voient leur équilibre fragile rompu, pour une beauté en trompe l’œil, à la solde d’une économie prédatrice qui justifie tout. Alors bien sûr on peut faire de belles photos, mais on aura du mal à enregistrer le chant des oiseaux. Moins celui de la sonnerie intempestive des portable. 

              • Fergus Fergus 25 avril 13:17

                Bonjour, velosolex

                Vous avez parfaitement raison de souligner qu’il existe un revers à cette médaille séduisante. Nombre de lieux sont en effet pollués ou dénaturés, avec pour conséquence d’inquiétantes disparitions de faune et de flore.

                Je voulais évoquer cette réalité en fin d’article, mais j’ai oublié de le faire. Merci par conséquent de l’avoir fait à ma place.

                « Même les zones de montagne victimes du tourisme de masse, voient leur équilibre fragile rompu, pour une beauté en trompe l’œil, à la solde d’une économie prédatrice qui justifie tout. »

                Il convient de relativiser : en montagne, les zones de pastoralisme - très nombreuses en France - sont peu touchées par les dégradations. Quant aux massifs de haute montagne, ils sont eux aussi relativement peu affectés, exception faite de quelques stations de ski mal intégrées. Les grandes vallées sont en revanche très dégradées par l’industrie et un urbanisme souvent peu harmonieux.

                « on aura du mal à enregistrer le chant des oiseaux »

                Là aussi, il faut relativiser. Certes, le nombre des espèces et des individus dans chaque espèce est en baisse significative. Mais c’est surtout dans les villes et les bassins de culture intensive que l’on constate ce phénomène inquiétant car ailleurs les oiseaux sont encore très présents, fort heureusement.


              • velosolex velosolex 25 avril 13:54

                @Fergus
                Permettez moi malheureusement de vous contredire ; Un tiers des oiseaux ont disparu des campagnes ces 20 dernières années. Et ce chiffre est trompeur, car bien des espèces sont en voix totale de disparition avec aucune chance de retour, quel que soit la politique maintenant effectuée. 

                Disparition des oiseaux : vers des printemps de plus en plus silencieux  Ne parlons pas des insectes pollinisateurs. 
                Le tort est donc de se rassurer, car on ne change rien à une situation, si on la trouve banale, ou peu grave, et par conséquent on anticipe encore le pire. . 

              • Fergus Fergus 25 avril 14:07

                @velosolex

                « Permettez moi malheureusement de vous contredire » 

                Cela ne me contredit pas dans la mesure où je pense que ces disparitions ont été principalement constatées dans les lieux où l’on a détruit le bocage et ceux qui ont été soumis à des usages massifs d’engrais, de pesticides et de fongicides, sans compter les pollutions de nature industrielle.

                Ailleurs, la raréfaction des oiseaux a été moindre, à mon avis. Cela donne des régions où, en effet, l’on n’entend moins, voire plus du tout, certaines espèces, alors que dans d’autre régions, la diversité des oiseaux est encore présente.


              • velosolex velosolex 25 avril 14:48

                @Fergus
                Vous remarquerez que ce n’est pas moi qui avance ces chiffres, et qu’elles résultent non d’un vague ressenti, mais d’une analyse scientifique...J’ai mis un lien, mas vous pourrez en trouver bien d’autres, émanant des plus hautes autorités. 

                Les chiffres malheureusement confirment nos impressions, nous qui voyons en masse les hirondelles se rassembler sur les fils l’automne. Entre autres, bien sûr...
                Malheureusement si l’on retire«  les lieux où l’on a détruit le bocage et ceux qui ont été soumis à des usages massifs d’engrais, de pesticides et de fongicides, sans compter les pollutions de nature industrielle »....Il ne reste plus grand chose dans le pays. 
                Toutes les zones sont touchées. 
                Car les espèces et même les plantes se déplacent. Une chose que l’on sait depuis Darwin ; Malheureusement l’adaptation est le fruit souvent des pires espèces, je parle des bactéries qui résistent maintenant aux pesticides et sont un poison mortel pour les animaux. 

              • vesjem vesjem 25 avril 16:36

                @velosolex
                les pesticides et autres glyphosates, ne sont en rien responsables des destructions d’oiseaux, ni même ne sont responsables les gus qui votent à main levée pour la continuation de leur utilisation, ni même ne sont responsables ceux qui votent pour ces connards 


              • Montdragon Montdragon 25 avril 17:57

                @velosolex

                Ouhlà^^ !
                Un échange entre Vélotrottinette et Fergus me fait penser à la confrontation titanesque entre un Bayrou et un Castaner, les deux sous Prozac.

                On avance les enfants, on avance.


              • velosolex velosolex 26 avril 00:40

                @vesjem
                Malheureusement les oiseaux ne peuvent pas en plaisanter, encore moins voter


              • velosolex velosolex 26 avril 00:41

                @Montdragon
                Je sais pas où se trouve le mont dragon ?...Un volcan éteint sans doute....


              • vesjem vesjem 26 avril 21:01

                @velosolex
                et les drôles d’oiseaux qui votent pour les pesticides ?


              • Fergus Fergus 25 avril 14:07

                Erratum : ... l’on entend moins...


                • Surya Surya 25 avril 14:08

                  Bonjour Fergus,


                  Je connais la plupart des régions de France, mais il me manque l’Est (Alsace etc), les Pyrénées où je ne me suis rendue qu’une fois, la Drôme, et le Sud Ouest où je me suis rendue une fois aussi, rapidement. J’ai beaucoup aimé le Pays Basque aussi. 

                  Les régions sont toutes belles de différentes façons, et chacun de nous a sa préférence, je suppose. Je dois avouer que la mienne va aux paysages Méditerranéens (ah la la Porquerolles et Port Cros, quel bijoux !! Et la côte varoise en général !) et à la Savoie (plus encore que la Haute Savoie). 

                  Avez vous une préférence ? Je vais relire votre article dès fois que j’ai manqué un truc mais je ne crois pas que vous en ayiez indiquée une en particulier.

                  Pour avoir vu les Etats Unis sur tant de photos (je ne connais des USA que New York et Philadelphie), c’est un pays magnifique aussi, mais comme vous le faîtes remarquer, la France concentre un nombre incroyable de paysages divers sur une superficie qui est bien moindre que celle des USA. 

                  Je salue moi aussi les actions du Conservatoire du Littoral (et de tous les autres qui ont à coeur de préserver la nature en France).

                  • velosolex velosolex 25 avril 14:38

                    @Surya
                    La différence entre les pays d’Europe et les états unis ou d’Asie, réside en la grande promiscuité des espaces naturels. Les américains vivent encore le culte des espaces sauvages, en rapport avec l’âge des pionniers. Et ces immersions sont tentantes pour certains, mais demandent entrainement, courage, et équipement. 

                    On peut en avoir une idée en lisant par exemple David Van et particulièrement son « sukkvan island », ou celui crépusculaire de mac candless « into the wild ». Une nature redoutable, où il faut astuce,et débrouillardise.
                     L’Himalaya n’est pas forcément toujours exotique, car on croise maintenant bien plus de marcheurs et de cordées que dans certains coins des alpes. Sans compter cet inconvénient d’être étranger, le gringo, le touriste, qui fait des impairs et s’avère souvent le pigeon à plumer. Exotique au début, mais vite fatiguant. ...Les montagnes himalayennes, bien qu’elle soient plus hautes que les alpes, n’offrent pas leur diversité. Ce sont des pays où il faut des jours et des jours pour voir une petite variation. Alors c’est sûr, la France des chemins de traverse, que ce soit ceux de Sylvain Tesson , dans « les chemins noirs », ou les GR qui traversent le pays, sont des trésors à portée de main, et en font un patrimoine exceptionnel, et ouvert à tous, où l’on peut se perdre, dans le meilleur sens du terme...
                    On comprend après avoir été ailleurs pourquoi se pays fascine tant d’étrangers, depuis qu’Henry Miller, qui du haut de la falaise de Rocamadour, décréta que c’était là le plus bel endroit du monde....Vrai, nul part ailleurs cette diversité, une sorte d’idéal touristique. Privilégier parfois les GR les moins connus, loin des autoroutes de piétons, et on gagne au change. 
                    Les voies vertes sont des trésors à accommoder en vélo, comme le canal de Nantes à Brest. Certains préféreront suivre le chemin qu’avait fait Stevenson, avec son âne, du coté de Florac , autour du Tarn, encore un bel endroit, ou suivre celui de Flaubert et de maxime du camp qui écrivirent « par les monts et par les grèves » en Bretagne...Lire en voyage est un luxe, et un ensoleillement, et on peut voir l’évolution des paysages et des mœurs. A 40 ans de distance, je constate souvent combien le pays à souvent changé, quand je retraverse le pays, et c’est encore un autre voyage qui se superpose, avec nos désirs, nos clichés, et la réalité des choses, ainsi que celui de nos humeurs et des rencontres. 

                  • Fergus Fergus 25 avril 14:47

                    Bonjour, Surya

                    Toutes les régions ont des atouts, même celles qui semblent, a priori, plus austères.

                    L’Alsace est l’une de mes destinations préférées car un séjour sur place permet, en peu de kilomètres, d’alterner des balades dans les villages du vignoble ou les villes avec des randos sur les crêtes des Vosges. Le Pays basque, j’apprécie également beaucoup, mais avec un regret : la trop grande urbanisation de la bande côtière.

                    « Je dois avouer que la mienne va aux paysages Méditerranéens (ah la la Porquerolles et Port Cros, quel bijoux !! Et la côte varoise en général ! »

                    Il s’agit là de l’un des rares coins de France que je ne connais quasiment pas, tout comme le reste de l’arc méditerranéen, Marseille et les calanques exceptés. La faute à la chaleur, souvent excessive. C’est pourquoi j’envisage d’y aller en avril une prochaine année.

                    Pour ce qui est de mes préférences, je dirais tous les massifs montagneux, la Bretagne, le Périgord, la Corse et l’Alsace (déjà évoquée ci-dessus).

                    Avec une prédilection pour les monts du Cantal, l’Aubrac et les grands causses, les massifs du Mont-Blanc et des Ecrins, le Vercors, les Pyrénées centrales, les calanques de Marseille, la presqu’île de Crozon et la côte de Granit rose. Sans oublier la forêt de Fontainebleau et ses chaos de grès.

                    Mais j’ai encore beaucoup à découvrir... smiley


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