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Le projet de loi censé protéger les sources des journalistes : l'art du trompe-l'œil juridique - AgoraVox le média citoyen

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Le projet de loi censé protéger les sources des journalistes : l’art du trompe-l’œil juridique

La profession journalistique a quelque raison de s’inquiéter du projet de loi en cours d’examen au Parlement sur la protection de ses sources d’information qui seule lui garantit de pouvoir en avoir. Une des caractéristiques de la régression démocratique sévère et donc du retour de jungle que connaît la France est l’élaboration de lois en trompe-l’œil.

Cet art pictural tend, on le sait, à représenter si fidèlement les objets en relief qu’il crée l’illusion de la réalité. Les Romains y excellaient : qu’on se reporte à la photo ci-contre de la coupe de grenades sur une étagère de la villa d’Oplontis, près de Pompéi. Or, ce projet de loi qui prétend protéger les sources des journalistes procède d’une technique comparable. Elle s’ajoute à quelques autres pour affaiblir les défenses de la démocratie. Car ce qui différencie celle-ci de la jungle est d’abord la protection des droits des plus faibles quand la jungle les soumet aux caprices des plus forts.

1- Rendre une loi inopérante par la jurisprudence

Ainsi une de ces techniques des partisans de la jungle, quand ils reviennent en force, est-elle de rendre inopérantes les lois adoptées par temps de progression démocratique. L’appareil judiciaire, dont on ne répétera jamais assez, avec le procureur Éric de Mongolfier que la « culture de soumission » à l’autorité politique est la principale vertu (1), est alors sollicité pour faire le travail. Est-il même besoin qu’on le lui demande ? Les Cours d’appel et, après elles, la Cour de cassation où finissent par être nommés les magistrats qui ont fait leurs preuves en la matière, sont là pour rattraper les « boulettes » des juridictions de première instance.


- Le 24 septembre 1991, par exemple, le tribunal correctionnel de Paris s’est-il montré dans « L’affaire des Irlandais de Vincennes » modérément inamical avec le conseiller technique du président de la République ? Moins de deux mois après, le 20 novembre 1991 suivant, la Cour d’appel bat ses records de vitesse toutes catégories et s’empare de l’affaire pour réparer dare-dare "l’erreur", quand il faut en général un délai minimum de dix-huit mois pour obtenir un arrêt en appel. Puissant oblige ! (2)


- De même, le tribunal correctionnel de Poitiers s’est-il permis, le 1er juillet 1999, de condamner une dizaine de professeurs et un maire pour dénonciation calomnieuse envers un principal ? Six mois plus tard, la Cour d’appel les relaxe, le 18 novembre 1999, en donnant une interprétation toute personnelle de l’article 226-10 du nouveau Code pénal de mars 1994, que la Cour de cassation s’empresse de confirmer le 24 avril 2001 : une dénonciation est dite désormais calomnieuse seulement quand la victime est en mesure de prouver que son dénonciateur savait qu’il dénonçait faussement au moment de la dénonciation ! Autant dire que voilà une loi capitale pour la paix civile qui est rendue inopérante désormais par la jurisprudence. Car qui peut sonder les reins et les cœurs ?

2- Vider une loi de son contenu

Une seconde technique, pour éviter ces désagréments, est de corriger une loi en y glissant un dispositif discret pour la vider de son contenu. La loi n° 2000-321 du 12 avril 2000, relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations et hypocritement censée améliorer "la transparence administrative", a été un modèle du genre. On en a parlé plusieurs fois sur Agoravox.

Il s’est agi ni plus ni moins que de vider de son contenu essentiel la grande loi du 17 juillet 1978 sur l’accès aux documents administratifs, en remplaçant son « article 6 bis » originel par un « nouvel article 6 » qui interdit désormais la communication de tout document nominatif, comme une lettre de dénonciation par exemple, à la victime d’un dénonciateur parce que cette divulgation ferait apparaître le comportement du dénonciateur et qu’elle « pourrait lui porter préjudice », à savoir devoir en répondre en justice par exemple ! C’est donc le dénonciateur qui est protégé en France, mais non sa victime. Il fallait y songer en matière de transparence administrative. La CADA et les tribunaux administratifs n’ont pas eu à se tordre les méninges : il leur a suffi d’appliquer la loi à la lettre pour envoyer paître les victimes qui demandaient communication d’une lettre de dénonciation.

3- L’opposition fantaisiste du « secret défense »

Ce même article 6 rappelle, en outre, que ne sont évidemment pas communicables les documents « dont la communication porterait atteinte au secret de la défense nationale ». Cette interdiction n’est pas nouvelle. Elle constitue pour cette raison un joli précédent qui justifie les craintes du monde journalistique. On sait que la notion de « secret défense » n’a pas de définition rigoureuse au point que toute information pouvant nuire aux intérêts personnels des gouvernants est classée sans façon « secret défense ».


- « L’affaire des Irlandais de Vincennes » est encore un cas d’école en la matière : le rapport du général Boyé qui décrivait les agissements des hommes de la cellule antiterroriste de l’Élysée mitterrandien et disculpait le commandant Beau de toute implication dans la genèse de la machination contre les Irlandais de Vincennes, a ainsi été abusivement classé « secret défense » en 1986. Il en a été de même, un peu plus tard, du rapport que Paul Bouchet, président de la Commission de contrôle des interceptions de sécurité, rédigera dès 1993 au sujet des écoutes téléphoniques de l’Élysée. (2)


- En 1986, le « secret défense » a été aussi invoqué pour refuser de répondre au juge d’instruction chargé d’éclairer les conditions de délivrance d’un « vrai faux passeport » à un individu en fuite, faisant pourtant l’objet d’un mandat d’arrêt, dans « l’affaire du Carrefour du développement ».


- Treize ans plus tôt, dans « l’affaire des micros du Canard enchaîné » où des « plombiers de la DST » avaient été pris en flagrant délit de pose d’un système d’écoute dans les nouveaux locaux de l’hebdomadaire, le 3 décembre 1973, la justice n’avait pu obtenir la déposition des agents de la DST : « le secret défense » lui avait déjà été opposé.

4- L’insertion dans une loi nouvelle d’un verrou discret

Cette expérience du « secret défense » à géométrie variable justifierait à elle seule la crainte qu’expriment les journalistes à la lecture du projet de loi sur la prétendue protection de leurs sources. « Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu’à titre exceptionnel, est-il écrit, et lorsqu’un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie ».

De l’art de reprendre d’une main ce qu’on paraît donner de l’autre ! Qui la définira, cette notion d’« impératif prépondérant d’intérêt public » ? Elle autorise toutes les dérives du « secret défense ». Seul le pouvoir exécutif sera comme toujours en mesure d’imposer à sa guise sa définition d’un cas d’espèce aussi imprécis. Des gouvernants sans scrupule, et surtout sans contre-pouvoir en face d’eux, ont, en effet, une fâcheuse tendance à confondre leurs intérêts personnels avec « un impératif prépondérant d’intérêt public ». Les exemples ci-dessus évoqués l’illustrent à loisir.

Rendre une loi inopérante par la jurisprudence, vider une autre de son contenu, opposer le « secret défense » à sa convenance, insérer un verrou discret pour neutraliser une nouvelle loi, telles sont quelques recettes astucieuses qui entrouvrent à la jungle les portes de « la clairière démocratique » patiemment défrichée par les générations précédentes. Le président de la Conférence nationale des premiers présidents de Cour d’appel n’a pas tort quand, dans un article paru dans Le Monde du 16 mai 2008, il dénonce une « justice sous contrôle ». Encore ne parle-t-il pas de ces techniques évoquées ci-dessus qu’il ne peut ignorer, mais seulement de la réforme constitutionnelle en cours qui « laissera planer une suspicion sur la réalité des garanties d’indépendance de la justice » en maintenant « (la) nomination (des juges), leur carrière et leur discipline sous l’influence du pouvoir politique. » Paul Villach

(1) Éric de Montgolfier, Le Devoir de déplaire, Éditions Lafon, 2006.
(2) Jean-Michel Beau, L’Affaire des Irlandais de Vincennes, l’honneur d’un gendarme. 1982-2008, Édition Fayard, 2008.


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23 réactions à cet article    


  • Yannick J. Yannick J. 20 mai 2008 10:12

    et bien voilà,

    une de plus....

    po de problèmes dormez bien braves gens sarkoléon veille sur vous !!!!


    • Henri François 20 mai 2008 12:39

      J’aurai volontiers ajouté à votre Sarkoléon le nom de notre "Rachidadati", ce modèle de l’ambition dévastarice car protégée qui croit - en criant bien sûr - être la championne de la réforme de la... Justice.


    • melanie 20 mai 2008 14:39

      Et des tenues haute couture à milliers de d’euros ...quand il n’a rien dans "les caisses"......Quelles caisses ???...


    • tvargentine.com lerma 20 mai 2008 10:16

      La presse ne dispose pas de pouvoir car elle ,n’a jamais cherché à faire un travail d’investigation et donc ne peut pas prétendre à avoir un pouvoir d’exigence moral vis à vis du politique.

      De plus,bien souvent les journalistes ont bénéficié d’avantages (appartement de logement sociaux avec un loyer à prix cassé,mise à disposition de voitures pour articles de publi-reportages bidons.....,bref la liste est longue du non choix professionnel de cette presse en train de pleurer à l’image du Monde ou de Libé.

      Quand un journaliste verra véritablement son travail,plutot que de faire caisse de résonnance à des dépêches d’agences ou de se faire caisse de résonnance d’association-bizness,alors,le journaliste pourra pretendre à avoir un poid dans la société

      A pars les avantages particuliers (niches fiscales) ces gens sont assez médiocres et ne méritent aucunes explications dans ce qui faut bien appeler de la LACHETE

       


      • Henri François 20 mai 2008 12:31

        Il est inconcevable Lerma que vous mettiez tous les journalistes dans le même panier à "merde". En réagissant ainsi vous apportez de l’eau au moulin des apprentis dictateurs qui se profilent à l’horizon. Il est évident qu’aujourd’hui, une grosse poignée de journalistes, mes anciens confrères, mériteraient amplement les foudres d’un Conseil de l’Ordre, si celui-ci existait pour la profession. Ils sont, dans tous les domaines de l’information facilement identifiables dès lors qu’ils se sont mis à jouer les vedettes de la plume, du petit écran ou du micro et que pour en arriver là, eux qui se croient intouchables et...riches en euros, et carnet d’adresses, ne sont, et je pèse mes mots car je les ai bien connu, ne sont donc que de vils courtisans avec cette bonne dose de servilité qu’abrite ce terme. Ce sont eux qui vous côtoient tous les jours et contribuent à vous endormir y compris en rédigeant des livres alors qu’ils n’ont aucun talent d’écrivain.

        Mais il y a la grosse masse des vrais journalistes, ceux pour qui cette profession est un véritable sacerdoce que je nommerai volontiers "les soldats de l’ombre". Vous ne les connaissez pas ou si peu, pour l’unique raison qu’ils ne vous sont pas familiers. Pourtant omniprésents ils sont, à travers le monde et quelquefois au péril de leur vie, les vraies sources d’informations et d’investigations, pour employer un terme qui vous sied. Il vous suffirait de les chercher pour les trouver en évitant bien sûr, les présentateurs de JT, les éditorialistes et spécialistes qui pérorent partout, les commentateurs qui croient tout connaître et qui ne savent rien, et les "interwievers" qui se prennent pour des nababs. Ceux là m’ont toujours fait honte, car le devoir premier de tout journaliste est bel et bien la discrétion.


      • Paul Villach Paul Villach 20 mai 2008 12:37

        @ Henri François,

        Comment ne pas partager votre point de vue ? Paul Villach


      • Yohan Yohan 20 mai 2008 12:41

        "Quand Lerma fâché Lerma cracher "


      • melanie 20 mai 2008 14:46

        @ oui

         

        C’est le terme DICTATURE :

         

        On passe en force sue tous les sujets sana tenir compte d’aucune opposition du "peuple" - 53 % ; c’est pas le "peuple", c’est 47 % qui ne l’ont pas voulu et dont j’aimerais qu’on arrète de faire comme s’il n’existait pas -qui l’a élu et à qui il a fait" des promesses " et "qu’il ne peut pas décevoir", on dit au peuple "je ne mentirais pas et je ferais ce pourquoi les français m’ont élu" , mais aux français on dit CAUSE TOUJOURS ...Et bientôt FERME TA GUEULE


      • 5A3N5D 20 mai 2008 11:59

        @ Paul Villach,

        une dénonciation est dite désormais calomnieuse seulement quand la victime est en mesure de prouver que son dénonciateur savait qu’il dénonçait faussement au moment de la dénonciation !

        Eh, oui, nous en sommes là : c’est la victime qui doit apporter la preuve que le diffamateur est "de mauvaise foi".

        Simple renversement de la charge de la preuve.

        Pour la nouvelle loi sur la protection des sources, le journaliste devra évidemment prouver qu’il ne porte pas atteinte à un "intérêt supérieur." Cela ne fait guère de doute.


        • Bulgroz 20 mai 2008 12:08

          Le journaliste et l’éthique professionnelle : Application concrète à la déclaration des revenus pour le paiement de l’impôt 2007 (date limite d’envoi de la déclaration :30 MAI)

          Comme le souligne la syndicat national des journalistes, n’oubliez pas (comme la loi l’autorise depuis 1998) d’appliquersur vos revenus la déduction d’allocation pour frais d’emplois de 7650 Euros sur vos revenus déclarables dans votre déclaration d’impôts de 2007.

          A la question lévée par le SNJ :

          L’allocation est-elle susceptible d’être soumise à des contrôles ?

          La réponse est stricte :”La loi est très explicite sur ce point : « ces allocations ne peuvent donner lieu à aucune vérification de la part de l’administration ».”

          http://www.snj.fr/article.php3?id_article=267

          Bien faire attention, donc ; de ne pas confondre le Journaliste (avec un grand J) avec n’importe quel quidam (avec un petit q) comme vous et moi.

          Car pour le quidam la déduction est de 10% sur votre revenu avec un plafond maxi de 3491 Euros et mini de 357.

          Je comprends que la différence de déduction entre 7650 Euros (forfait maxi quel que soit le revenu du Journaliste) et la déduction de 10% du quiam (357 mini avec maxi de 3491).

          Cette différence à mon avis est complétement justifiée, c’est par exemple, ce qui a couté à Airy Routier pour accéder à la messagerie de Carla et révéler aux quidam que nous sommes le faux SMS de Sarkozy.


          • melanie 20 mai 2008 14:53

            @ Bulgroz

             

            Il en est des journalistes comme des acteurs : Gerard Depardieu ne touche pas le même cachet que Jacky Berroyer ou que n’importe quel acteur qui louvoie dans des petits films sans médiatisation...

            La nana qui est venue m’interroger au sujet des dysfonctionnement de NOOS - Opérateur et fournisseur d’accès Internet, ex Numéricable- pour le journal local, n’émargeait manifestement pas comme Christine Ockrent...


          • cti41 cti41 20 mai 2008 12:18

            Bien sûr les politiques (de tous bords) on interêt à "tenir" la presse car, quels qu’ils soient, ils ont toujours eu des "coups tordus" à cacher. Je ne pense pas que le vote d’une Loi de ce genre rencontre des problèmes il y a des élus de tous bords pour apporter leurs voix. Malgré tout, je constate que les médias sont plutôt libres dans notre pays et parfois des journalistes (si on peut les appeler comme ça) produisent des articles qui ne reposent sur rien et j’estime que dans ce genre de cas ils mériteraient de se faire tapper sur les doigts.

            Pour en revenir à un des cas que vous avez cités l’affaire des irlandais de Vincennes il existe encore de vrais journalistes d’investigation. Pour s’en convaincre il suffit de se rappeler l’enquête de Edwy PLENEL dans le monde ou l’émission télévisée de 52 mn de PEAN et NICK. Sans un minimum de protection de leurs sources ces journalistes ne pourraient produire un travail de cette qualité.


            • Lisa SION 2 Lisa SION 20 mai 2008 12:27

              une interprétation toute personnelle de l’article 226-10 du nouveau Code pénal de mars 1994,...avez vous écrit.

              Ne serait-ce pas en cette période que Jacques Chirac est arrivé à vingt heures, comme un coq en pâte, faire une déclaration sur les trois chaines au sujet de la réforme de la justice... ? Les lois, à l’origine, sont soumises à l’assemblée par les députés, suite à leurs rencontres dans leurs circonscriptions avec la voix du peuple. Comment pourrait-on croire que celui-çi ait demandé la transparence sur l’origine des sources sachant que lui-même est bien plus attaché à sa sécurité dans le cas où il se retrouve appelé comme sipmle témoin cherchant à rester anonyme. Avec une telle loi, le journal du Canard Enchainé est mis en péril, n’est ce pas le but de la loi ? En matière de lois, une étude approfondie pourrait presque déterminer que certaines de ces nouvelles, viennent contredire d’anciennes toujours dans les textes.

              C’est curieux comme une bonne loi, un bon outil, censé réduire le poids des grands producteurs face aux qualités des petites marques, chèrement gagnée dans un débat houleux ayant mobilisé la une des ondes, ayant pour preuve le formidable déséquilibre actuel dans l’appétit des puissants...n’est ni mis à profit, ni même mise à l’épreuve par personne... ?


              • MagicBuster 20 mai 2008 13:50

                Excellent article (parlez-en à Denis Robert ... )


                • finael finael 20 mai 2008 15:42

                  Bonjour

                  Je suis, bien évidemment, globalement d’accord avec votre article, et tout particulièrement avec la comparaison avec le fameux "secret défense" ... qui offense même les militaires.

                   Comme dans bien d’autres cas les termes volontairement flous de la proposition de loi vont permettre n’importe quelle forme d’interprétation.

                  Un point de désaccord toutefois : il est bien vrai que les magistrats sont soumis au pouvoir, quand ils ne s’en font pas les complices. Mais le vrai pouvoir, celui auquel ils obéissent le plus, est le pouvoir financier, comme nombre de justiciables désargentés ont pu en faire l’expérience.

                  Pour finir par une anecdote sur le "secret défense" : Il y a, de l’autre côté de la route, à 100m à vol d’oiseau, une "base secrête" de l’armée. Son installation, il y a une dizaine d’années, a donné lieu à un titre sur toute la première page de "l’Indépendant", le journal local : "Installation de la nouvelle base secrête de Saint Laurent". Il ne manque plus que des panneaux indicateurs sur le bord de la route !!!


                  • kolge 20 mai 2008 20:14

                    @ FINAEL : « Mais le vrai pouvoir, celui auquel ils obéissent le plus, est le pouvoir financier, comme nombre de justiciables désargentés ont pu en faire l’expérience. »

                    100% d’accord, malheureusement, et je dirais même plus : nous subissons de plus en plus la dictature de l’argent. Vivement la révolution, la vraie, qui mette un terme définitif au pouvoir de l’argent et redonne aux vrais politiques et aux Droits de l’Homme le pouvoir.

                    Pauvres journalistes, sont mal barrés !


                  • docdory docdory 21 mai 2008 11:31

                     Cher Paul Villach

                    C’est un peu le même système que pour les contrats d’assurance : la clause essentielle qui fera qu’un sinistre ne sera pas indemnisé est toujours écrite en toutes petites lettres , mais de cette clause minuscule résulte le fait qu’on n’est pas assuré pour une bonne partie des sinistres possibles !

                    On pourrait établir une sorte d’axiome juridique à l’usage des étudiants en droit : " lorsqu’une loi comporte des exceptions ( ou des dérogations ) , ce sont ces exceptions qui deviennent la règle " !


                    • Paul Villach Paul Villach 21 mai 2008 11:51

                      Cher Docdory, je propose d’appeler votre axiome pertinent, "la loi de Docdory". Paul Villach


                    • docdory docdory 21 mai 2008 16:21

                       Cher Paul Villach 

                      A noter qu’il y a deux raisons principales pour lesquelles ces exceptions juridiques sont prévues :

                      - d’une part les raisons de basse politique mentionnées ci-dessus ,

                      - d’autre part pour les législations votées afin de satisfaire au politiquement correct , mais dont les dérogations entérinent l’impossibilité pratique de mettre en oeuvre les recommandations législatives dans le monde réel : un bon exemple pour le corps médical est la loi concernant l’accessibilité des cabinets médicaux aux handicapés . Mon cabinet ,par exemple , situé au deuxième étage , présente tout juste la largeur de porte réglementaire , malheureusement l’ascenseur n’a pas la taille requise pour les fauteuils roulants . Les travaux d’agrandissement nécessaires pour mettre l’ascenseur en conformité impliqueraient la destruction et la reconstruction totale de la cage d’escalier , travaux pour lesquels les copropriétaires émettraient certainement un veto , et qui de toutes façons auraient un coût équivalent à la totalité de mon bénéfice jusqu’à l’âge de ma retraite !

                      Le législateur , constatant que l’application rigide de cette loi contraindrait 95 % des cabinets médicaux situés en centre-ville à fermer leur porte compte tenu de la vétusté des locaux , et à se déplacer en banlieue ou à la campagne pour pouvoir se mettre aux normes , a mis un délai d’application pleine et entière de la loi en 2017 je crois , ce qui laisse à bon nombre de confrères le temps de partir en retraite , et a prévu de nombreuses dérogations pour les cabinets de ville . En résumé , la situation en ville après la loi restera la même qu’avant la loi , et changera à la campagne pour ceux qui créeront un cabinet à la campagne au moment de leur installation , tout en laissant aux médecins actuels de prendre leur retraite . Inutile de préciser que cette loi différée ne prévoit , par bon sens , aucun inspecteur pour vérifier son application ...


                      • docdory docdory 21 mai 2008 17:11

                         Oups ! coquille ! C’était " le temps de prendre leur retraite " que je voulais écrire !


                      • docdory docdory 21 mai 2008 17:14

                         Dans la France de deux mille huit , on constate que des lois sans dérogations sont néanmoins de plus en plus considérées comme des chiffons de papier : cf l’excellent article de Robert Albaredes aujourd’hui :

                        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=40099


                      • Paul Villach Paul Villach 21 mai 2008 17:29

                        Cher Docdory, du nom de la loi du même nom,

                        vous offrez un intéressant cas d’école. Toutefois les contraintes auxquelles se heurte la loi dans votre exemple sont des contraintes matérielles. On peut comprendre la pondération mise dans son application.

                        Il en va différemment quand il s’agit de contraintes résultant d’intérêts personnels, comme dans les exemples que j’ai donnés. Très cordialement. Paul Villach


                      • Cher Paul Villach,

                        Vos exemples en matière d’abus du SECRET DEFENSE sont des plus pertinents. Théoriquement les choses paraissent avoir évolué avec le recours désormais possible à une demande de levée qui passe maintenant par une commission ...dont les trois derniers chefs de gouvernement ont jusqu’à présent suivi chaque fois les avis.

                        Mais la vigilance en la matière doit rester de mise ...sous peine de voir resurgir ces vieux démons ...bien français ! pour ne pas dire spécifiquement français

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