• mercredi 16 avril 2014
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
  Accueil du site > Actualités > Santé > Enfumés par le saumon
7%
D'accord avec l'article ?
 
93%
(76 votes) Votez cet article

Enfumés par le saumon

Le scandale des lasagnes au cheval n’est probablement que la partie visible de l’iceberg de la mal bouffe.

Les amateurs de saumon fumé vont peut-être y regarder à 2 fois avant de se régaler de ces fines tranches fumées, surtout lorsque celles-ci viennent de certains élevages de saumons.

Bien sûr, les promoteurs de l’élevage argumenteront : si on avait continué à ne consommer que des saumons sauvages, on serait arrivé très rapidement à la disparition de ce magnifique poisson pour cause de surpêche, ajoutant que ces saumons d’élevage ne présentent pas de problèmes sanitaires, sont générateurs d’emplois, représentant un « modèle de durabilité de l’environnement  », assurant même que ces poissons d’élevage sont rarement infestés par des parasites, affirmation bien légère, comme on le verra. lien

Au-delà de la surpêche, le problème n’est-il pas plutôt lié à la qualité de l’eau ?

Sur cette carte, on constate la diminution drastique des saumons dans nos rivières françaises, entre 1929 et aujourd’hui, même si depuis peu, ces poissons font leur réapparition : en 2008, un saumon a été capturé dans la Seine…et depuis d’autres ont suivi.

C’est à Vichy qu’a été installé en 1996 un « observatoire des poissons migrateurs », et fin 2005, plus d’un million de poissons ont été comptabilisés, dont 25 000 se partagent entre saumons, aloses, lamproies, truites de mer et anguilles. lien

Sur ce lien, une webcam filme en continu le passage des poissons.

Ceci dit, on peut logiquement s’interroger sur la santé de ces poissons, quand on connait l’état sanitaire des eaux de nos cours d’eau, dans lesquels la féminisation des espèces bat son plein sous l’effet des agents chimiques que nous rejetons. lien

En Irlande, en 2007, le ministre irlandais de la pêche a décidé d’un quota de prise, limitant la pêche à 17 625 saumons, plus prudent que ses experts, lesquels avaient fixé la barre beaucoup plus haut : 100 000 saumons par an. lien

Le ministre a aussi autorisé la technique dite de la senne, mais à condition de ne mener les embarcations qu’à l’aviron.

En Ecosse, les saumons sauvages semblent bien se porter, puisque ils ont obtenu le « label rouge  » label obtenu dans le cadre d’une IGP (indication géographique protégée) ce qui lui donne une reconnaissance officielle garantissant la qualité supérieure. lien

Toutefois, le consommateur doit être prudent car il existe 2 labels rouges : le 1er est le plus important, car il porte sur « la matière première  », le 2ème portant uniquement sur la transformation.

Or un saumon peut être « labellisé rouge » même s’il ne répond qu’à la 2ème condition, d’où l’intérêt de faire plutôt confiance aux artisans, dans ce domaine, comme dans d’autres. lien

Les problèmes posés par la pratique de l’élevage sont multiples : au-delà de la nourriture qui sera bientôt à base de farine d’élevage pour les poissons, puisque l’Europe vient de l’autoriser, (en 2014, l’autorisation touchera les poulets, et les porcs) la pisciculture intensive amène fatalement des maladies, de la vaccination, des soins antibiotiques ce qui inquiète à raison les consommateurs. lien

A cela pourrait s’ajouter la pollution génétique, puisque le saumon transgénique pourrait bientôt être autorisé aux USA, et qu’il n’est pas improbable d’envisager que ces saumons OGM s’évadent de leur prison « dorée » pour rejoindre le milieu sauvage. lien

Les puissants lobbys américains ne désespèrent pas d’obtenir cette autorisation : (lien) ces poissons atteignent l’âge adulte en 16 mois, au lieu de 30 normalement, ce qui augmenterait les marges de profit …mais le jeu en vaut-il la chandelle ? lien

Aujourd’hui, un poisson sur deux que nous consommons provient de l’élevage, ( lien) ce qui représente 60 millions de tonnes par an, poissons nourris avec des farines et des huiles de poisson et tous les ans, ce sont 600 000 tonnes de saumons qui débarquent sur nos étals. lien

Mais voilà, depuis quelques années, les aqua-fermes se trouvent confrontées à un parasite, le pou du poisson, lequel provoque des dégâts considérables. lien

En effet, en Ecosse, tout comme en Norvège, (et ailleurs) où est pratiquée intensivement l’élevage du saumon, ceux-ci sont menacés par ce parasite, qu’il est très difficile d’éradiquer. lien

Dans les élevages norvégiens, sur les 400 000 saumons détenus dans chaque cage, la moitié de ces poissons périront, soit à cause du manque d’espace, soit à cause des poux, ou pour d’autres raisons.

Ces poux provoquent de gros trous dans la chair des saumons, les rendant plus fragiles aux attaques bactériennes.

Il a fallu donc traiter les poissons aux antibiotiques, sauf que les poux de mer devenaient de plus en plus résistants aux traitements.

Les éleveurs sont donc passés à l’usage d’un pesticide, le Diflubenzuron, incorporant ce produit cancérigène à la nourriture des poissons.

Rappelons que ce pesticide, commercialisé sous le nom de Dimilin, est utilisé en France, parfois en épandage par hélicoptères,  pour détruire les chenilles processionnaires qui viennent parasiter les pins, et il est probable que les cigales doivent aussi déguster. lien

D’ailleurs, ce pesticide est autorisé en France dans la composition de préparations bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché. lien

LISBETH Berg-Hansen, la ministre norvégienne de la pêche se veut rassurante, assurant que les conditions d’utilisation du pesticide seraient conformes aux règlementations communautaires et l’agence de sécurité sanitaire norvégienne dément toute toxicité pour la consommation. lien

Les autorités sanitaires ne sont pas inquiètes, et selon EMEA, (agence européenne des médicaments) ce pesticide n’aurait pas d’effet sur la santé des poissons d’autant qu’un rapport de l’OMS publié en 2008 affirme que « dépasser les doses journalières acceptables ne résultent pas forcément en des effets indésirables », ce qui est loin d’être prouvé. lien

En effet, en caméra caché, une équipe de télévision est allé enquêter auprès d’un éleveur de saumon, lequel a confirmé qu’après chaque traitement au diflubenzuron, plusieurs centaines de poissons trouvaient la mort. lien

Il faut ajouter qu’au lieu de mettre uniquement ce pesticide dans la nourriture des poissons, il est aussi dispersé dans les filets, et répandu en mer.

Plus grave, alors que certains saumons survivent à ce traitement, tous les autres poissons à proximités meurent, y compris de petits requins.

Pas fou, l’éleveur interviewé avoue ne plus manger de saumon, poisson qu’il consommait avec plaisir auparavant.

Pourtant la règlementation européenne interdit que l’on répande des pesticides dans le milieu aquatique.

Cerise sur le gâteau, l’Europe vient d’autoriser à nourrir les poissons d’élevage avec des farines animales, expliquant que les saumons sont carnivores, ne voyant pas où serait le problème de nourrir ces animaux avec ces farines.

S’il est vrai que le saumon se nourrit essentiellement d’abord d’éphémères, de phryganes, de perles, de gammares, puis plus tard, qu’il passera au petits poissons, ou au krill, une petite crevette, nourriture favorite des baleines, il n’est sur que ces farines animales soient sans danger pour ce poisson. lien

Mais les problèmes liés à l’élevage du saumon ne se limitent pas à la Norvège, au Canada ou à l’Ecosse : au Chili, ou l’élevage s’est beaucoup développé, un virus s’est répandu comme une trainée de poudre dès 2009, diminuant drastiquement les populations de poissons, et faisant bondir le cours du saumon de 50% aux USA. lien

Quant à la mise à mort de ces poissons : par asphyxie, voire dans un bain de dioxyde de carbone, la cruauté est au rendez vous. lien

Le fumage du saumon, pour sa part, relève parfois de l’enfumage en bonne et due forme.

L’authentique fumage consiste à allumer un feu de sciure de hêtre, d’en éteindre les flammes pour n’avoir finalement que de la fumée, plaçant le poisson au dessus de celle-ci, sauf que le fumage, lorsqu’il est industriel, peut être aussi à base de « fumée liquide » qui consiste à utiliser un appareil électrique générant de la fumée, au moyen d’un liquide « fumigène » ayant le parfum de la fumée. lien

A grande échelle, il est appelé « fumage électrostatique » et il est probable que cette pratique se soit aujourd’hui généralisée.

Même si des tests proposés à des gouteurs de l’Ifremer ont pu démontrer le peu de différence entre le procédé traditionnel, et le procédé électrostatique, il n’est pas sur que le consommateur y trouve son compte. lien

Décidément la mal bouffe continue, et la crise actuelle « Findus  », qui est en train de se répandre dans toute l’Europe, ne changera peut-être pas grand-chose, sinon d’encourager le consommateur à ne plus avoir confiance dans la nourriture dite industrielle en général, et dans les plats préparés en particulier. lien

On se souvient que la marque de surgelés incriminée nous avait affirmé dans une pub diffusée en 1992 : « je crois que vous allez être étonnés »…Ils ont tenu parole. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « le Monde est sombre quand on garde les yeux fermés ».

L’image illustrant l’article vient de « petitparisentreamis.com »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Articles anciens

Du round up aux OGM

Globalement mauvais

Je vais vomir un peu et je reviens

Les abeilles ont le bourdon

La planète des singes

Dans le secret des labos noirs

Arrêtez la Terre , je veux descendre !

A l’oreille des feuilles

La faim du monde

Les vilains secrets du terroir

Les microbes auront le dernier mot

Monsanto, un cadeau empoisonné

Alimentaire, mon cher Watson

Les larmes du paysan

Menace sur le BIO

Le jardin extraordinaire

Des piquants qui protègent

Ces plantes qui tuent les virus

OGM, l’Amérique s’inquiète

L’amarante, plante espiègle

Les mâles se font la malle

Où sont les hommes ?

A voir plusieurs films :

Celui de Jean Paul Jaud, « tous cobayes  » et le film « le monde selon Monsanto » ici

A voir aussi ce court doc : « oui les OGM sont un poison » ici

On peut signer la pétition anti OGM sur ce lien

On peut aussi signer la pétition qui soutien Kokopelli ici




par olivier cabanel (son site) jeudi 21 février 2013 - 133 réactions
7%
D'accord avec l'article ?
 
93%
(76 votes) Votez cet article

Les réactions les plus appréciées

  • Par Gollum (---.---.48.42) 21 février 2013 09:24
    Gollum

    Quant au saumon il suffit d’avoir bonne mémoire (et être assez vieux..) et de se rappeler la différence entre un pavé de saumon cuit il y a 20/30 ans et celui d’aujourd’hui. 


    Le saumon d’aujourd’hui rejette à la cuisson une espèce de matière blanchâtre dont on se demande bien ce que cela peut être mais on se doute bien que c’est le rejet de toutes les merdes qu’il a pu avaler toute sa vie...

    Les poissons de pêche n’ont jamais ce genre de rejet (la viande de porc elle par contre ça arrive..)

    Inutile de dire que je n’en achète plus depuis longtemps. 

    De toute façon avec la crise qui vient les « accidents » sanitaires vont devenir légion et je conseille à ceux qui n’ont pas de capacités financières à se reconvertir dans le végétalisme..

    Les animaux vous en seront d’ailleurs reconnaissants.
  • Par ZenZoe (---.---.125.167) 21 février 2013 12:06
    ZenZoe

    « le Monde est sombre quand on garde les yeux fermés »

    Bonjour Olivier,
    En ce qui me concerne, j’ai ouvert les yeux après la crise de la vache folle et je ne les ai plus jamais refermés. J’ai peu à peu délaissé les produits « carnés » comme on dit et même les produits laitiers, pour préserver ma santé. D’ailleurs, en plus, ça tombe bien, l’abattage halal me révulse, l’élevage des porcs dans leurs camps de concentration aussi, les poulets en batterie pareil et oui, aussi les saumons qui vivent dans des batteries aquatiques infestées de parasites et contaminées par des produits « phytosanitaires » (un joli mot pour « poison mortel »). Parait aussi que l’élevage bovin cause des ravages sur l’environnement. J’ai juste gardé les oeufs (bio ou label rouge), un petit poulet fermier de temps à autre quand même, et je vis toujours, et fort bien même.

    Je voudrais aussi faire un commentaire sur le danger que représente le futur accord commercial entre l’Europe et les Etats-Unis. On en parle vraiment peu, et c’est très inquiétant. Vous mentionnez le saumon transgénique. Si c’est américain, on y aura droit, plus de choix. Vous imaginez, un saumon transgénique, nourri aux antibios et rincé à l’eau de javel !!!

    Les consommateurs ne se rendent même pas compte du tort qu’ils se font à eux-mêmes en achetant n’importe quoi et en ne lisant pas les étiquettes que des associations se battent pour obtenir. C’est à se cogner la tête contre les murs. Aujourd’hui c’est les lasagnes, hier le steak haché, et je suis certaine qu’il y a encore plein de merveilles à découvrir dans les rayons des magasins et les camions frigorifiques qui encombrent les autoroutes.
    Pourtant, c’est des consommateurs uniquement que peut venir le changement. Les politiques sont vendus aux multinationales et ne feront rien. Par contre, si les consommateurs commencent à vraiment tiquer et boycotter certains produiits, la donne peut changer. Hélas, je suis pessimiste...

    Pardon pour la longueur du poste Olivier, j’ai perdu plusieurs proches de cancers divers, et le sujet de la malnutrition me touche beaucoup.

    Ah oui, et aussi merci pour les articles bien documentés que vous écrivez. Vous faites oeuvre de salubrité pubique, parfaitement !

  • Par jcl44 (---.---.222.165) 21 février 2013 13:00
    jcl44

    Je viens de regarder la video (à diffuser largement - je vais m’y employer si tu le permets) . Un bon résumé en 6mn de la société de merde que nous (l’on) nous (a)vons créé. La chute est pathétique - le gavage des « oies » n’a qu’à bien se tenir.

    L’article sur le saumon est très complet. Grand merci. Les lobbies américains ont bien travaillé à la chambre d’enregistrement européenne - les commissions et contre-parties doivent être grasses.

  • Par eau-du-robinet (---.---.150.197) 21 février 2013 16:02
    eau-du-robinet

    Premier constat  : la surpopulation de la planète terre, planète devenu trop petite pour accueillir autant d’humain (9 milliards en 2050), engendre une multitude de problèmes notamment celui de la pénurie alimentaire (surpêche ...etc) . Puis il y la mauvaise gestion des aliments. 50% des aliments produites sont jette.

    Deuxième constat  : Le profit prévôt avant l’écologie et le respect (qualité) alimentaire. La crise de la vache folle été un scandale alimentaire et sanitaire du premier ordre !
    Pour augmenter le profits, des procédés non naturelles sont expérimenté et employé à grande échelle. Un exemple : une vache est un animal par nature herbivore hors il sont désormais nourrie avec des déchets animalier (viandes et os ...). Le retour du bâton été douloureux sur le coup, mais quelle leçon à ton tiré de cette crise d’envergure mondiale ?
    Aucune, les industrielles persistent voire renforcent leur dispositifs de malbouffe.
    Des nombreuses semences naturelles, les quelles ne sont « volontairement » pas catalogue dans le catalogue dit des « semences officiellement autorisé à la vente » ne sont pas autorisé à la vente. Un bien naturel appartenant à l’humanité entière à été confisque par des multinationales notamment américaines. C’est un véritable hold-up des multinationales voire un crime contre l’humanité !

    Troisième constat  : Le Etats-Unis poussent la libéralisation des marchés à l’extrême et par ce fait des scandales alimentaires vont se multiplier comme le tempête suite au réchauffement climatique !

    Quatrième constat : Comme la malbouffe rend beaucoup de gens malades voire obèse, etc., les frais des soins, des médicaments, des hospitalisations, etc. risquent d’exploser ! En réalité nous supportons déjà ses chargées financières due aux effets secondaire de la malbouffe !
    La malbouffe ouvre une nouvelle porte très lucrative pour l’industrie chimique d’un côte qui fabrique les pesticides, les insecticides, les fongicides, etc. et le l’autre coté pour l’industrie pharmaceutique qui profite avec la vente des médicaments pour « soigner » la population mondiale avec les médicaments, souvent chimiques.
    On dirait que c’est voulu, qu’ils font exprès, car ce qui compte c’est faire du fric sur notre dos entant que consommateurs et patients ! Le marché mondial (chiffre d’affaire) prime avant la santé et la protection de l’environnement. C’est une logique mortelle, mais qui rapporte gros aux multinationales.

    L’UE et les États-Unis sont à deux dois (2015) de conclure le grand marché transatlantique ainsi nous n’avons PLUS AUCUN RECOURS à nous protéger contre la malbouffe qui à déjà largement envahie le marché Européen. Environ 75% des animaux en France sont nourrie à base des produits OGM !

    Il y urgence de comprendre que c’est l’Europe, notamment les traitées de Maastricht et de Lisbonne, qui ont permis, d’accélérer la déréglementation ou « libéralisation » des marchés.

    L’Europe nous à vendu aux multinationales. L’Europe n’est plus contrôle par les peuples mais bel et bien par les multinationales, notamment américaines !

    Il y à urgence de sortir de l’Europe ... il est « minuit - 5 » !

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération