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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La politesse est le fondement de l’école

La politesse est le fondement de l’école

Kant sur son lit de mort recevant la visite de son médecin ; comme il faisait l'effort de se lever pour le saluer et que ce dernier tentait de l'en dissuader, le philosophe lui dit ces paroles :

« Le sens de l'humanité ne m'a pas encore abandonné. »

Ce que Kant appelle « le sens de l'humanité, » est certainement la définition la plus subtile de la politesse. Une longue évolution conduit à cette substantifique formule. Il faut du temps pour apprendre, réciter, penser et reconnaître. Dans le regard du tout petit à l'esprit malléable chemine cette longue acquisition de qualité et de mœurs. Ce qui fut tout d'abord la consigne du petit prince sur sa planète entre l'amour pour la rose et l'amitié pour le renard, prit sens dans le cœur et l'esprit de l'homme courtois, c'est à dire civilisé.

« La plupart des jeunes gens croient être naturels, lorsqu'ils ne sont que grossiers et vulgaires. »

La Rochefoucauld

De la grossièreté à la violence, de la violence au brigandage, du brigandage au terrorisme.

Ainsi la politesse est sœur de la civilité, leurs racines grecque et latine désignant la cité. La famille et l'école seraient la source par excellence de l'apprentissage de la vie en société. Les convenances et la bienséance émergeraient et se développeraient au fil du temps. S'il est de bon ton de s'insurger contre ces règles, c'est qu'inconsciemment notre révolte à leur égard trahit l'importance qu'elles représentent pour nous.

C'est Alain qui dans ses Propos sur le bonheur a sans doute le plus réfléchi sur ...

« Les coutumes de politesse »,

« Elles sont bien puissantes sur nos pensées ; et ce n'est pas un petit secours contre l'humeur et même contre le mal d'estomac si l'on mime la douceur, la bienveillance et la joie ; ces mouvements, qui sont courbettes et sourires, ont cela de bon qu'ils rendent impossibles les mouvements opposés, de fureur, défiance et tristesse. »

Les recherches des éthologistes mettent en lumière que la codification qui régit les rapports humains au fil du temps a des fondements biologiques. Il est donc erroné de dénoncer ici des formalités répressives inutiles ou néfastes. Les animaux ont des inhibitions qui relèvent de leurs instincts. Les instincts sociaux, que Lorenz range parmi les instincts secondaires, sont des comportements tout aussi innés que les instincts primaires tels que ceux de la nutrition ou de la reproduction. La nature s'impose à elle-même des limites. « Il n'y a, écrit Lorenz, aucune différence de principe entre les multiples formes d'appareils émetteurs de stimuli qui provoquent une réponse active chez tout animal supérieur et ceux qui font entrer en jeu les inhibitions sociales » (Konrad Lorenz, L'agression). Dans de nombreuses espèces, l'attitude qui provoque l'inhibition chez le congénère agressif consiste à déposer les armes et à se présenter sous son jour le plus faible. La chose est particulièrement manifeste chez le chien sauvage qui freine l'attaque de son adversaire en lui tendant la partie la plus vulnérable de son cou. Dans d'autres espèces, l'attaque, surtout celle d'un représentant de l'autre sexe, est freinée non par un simple geste de soumission, mais par un ensemble complexe de gestes rituels appelés cérémonial d'apaisement.

L'analogie entre d'une part l'attitude de soumission et le cérémonial d'apaisement, et d'autre part les gestes et rites de la politesse est frappante. Lorenz ne manque pas de la souligner. Enlever son chapeau en entrant dans une maison, tendre la main, sourire, n'est-ce pas là se désarmer soi-même et désarmer en l'autre l'ennemi possible ?
La connaissance du comportement animal nous révélerait-elle sur notre nature propre des vérités autres que la langue de bois du défoulement ? « L'homme est par nature un être de culture ». fréquemment cité par Lorenz. La culture aurait donc pour fonction de remplir le vide créé par la réduction des instincts, la meilleure culture humaine étant celle qui prend le relais de l'instinct le plus adéquatement.

Vues dans cette perspective, les règles élémentaires de politesse sont un bel exemple de relais bien pris. Déjà, Alain, avant les découvertes de Lorenz, avait vu la nécessité d'inhiber l'expression des mouvements affectif négatifs : « Ce qui n'est que mouvement d'humeur n'est même pas senti, des qu'on peut le montrer ; c'est pourquoi, autant que l'on aime, la politesse est plus vraie que l'humeur [...] Tout naïvement chacun dit d'un être grognon ou hargneux qu'il connaît bien : 'C'est son caractère'. Mais je ne crois pas trop aux caractères. Car, selon l'expérience, ce qui est régulièrement comprimé perd de son importance au point d'être négligeable. [...] Une femme qui a du monde et qui interrompt sa colère pour recevoir une visite imprévue, cela ne me fait point dire : « Quelle hypocrisie ! » mais : « Quel remède parfait contre la colère ! »

Les gestes rituels des animaux deviennent chez les humains les codes de politesse. À la Renaissance, Érasme s'est amusé à rédiger un manuel de politesse : La civilité puérile, à l'usage des écoliers. Ce livre a eu une telle importance que les règles qui y sont présentées, d'ailleurs avec humour et légèreté, sont encore celles qui, à quelques nuances près, président de nos jours à la vie en société, ou devraient présider... La civilité puérile a été copiée par de nombreux auteurs et enseigné à travers les âges jusqu'à tout récemment.

Nous connaissons tous des gens qui endossent les codes de bienséance comme un vêtement qu'ils quittent des qu'ils sont dans leur environnement affectif. Alain a décrit ce comportement : « Comme on vit mal avec ceux que l'on connaît trop. On gémit sur soi-même sans retenue, et l'on grossit par là de petites misères ; eux de même. On se plaint aisément de leurs actes, de leurs paroles, de leurs sentiments ; on laisse éclater les passions ; on se permet des colères pour de faibles motifs ; on est trop sur de l'attention, de l'affection et du pardon ; on s'est trop bien fait connaître pour se montrer en beau. Cette franchise de tous les moments n'est pas véridique ; elle grossit tout ; de là une aigreur de ton et une vivacité de gestes qui étonnent dans les familles les plus unies. La politesse et les cérémonies sont plus utiles qu'on ne croit. »

De même que le fait d'adopter une attitude extérieure nous dispose à la concentration lorsqu'un travail exigeant nous presse — on s'enferme alors dans le silence, dans le calme, on dispose son corps de façon à l'oublier pour que l'esprit fasse sa besogne sereinement, etc. — de même d'autres attitudes corporelles, la main qu'on tend, la tasse de café qu'on sert, la parole vive qu'on refrène dans un groupe de discussion créent un climat tel que l'autre se sent accueilli. Il se défait sans même le savoir des préventions qu'il pouvait avoir contre nous en vertu même du fait qu'ont été inhibées celles que nous aurions pu avoir contre lui. Cela est vérifiable de la façon suivante : lorsque nous avons de bonnes raisons de nous séparer d'une personne, le souvenir de ses gestes courtois à notre égard inhibe les sentiments négatifs qu'elle nous inspire !

Cette inhibition des tendances agressives, qui font partie de nos instincts comme la nutrition, la reproduction et la fuite est d'une importance que nous sous-estimons jusqu'au moment où une manifestation ou une parole de menace nous ébranlent. Cette inhibition doit être distinguée du refoulement qui laisse l'instinct tout entier dans une revanche possible ; (les effets pervers de « qui veut faire l'ange fait la bête » sont bien connus !). Tout au contraire, quand l'inhibition est vraie, elle canalise nos instincts dans des formes de culture et de civilisation qui permettent à la sociabilité de s'épanouir, aux êtres humains de s'entendre.

Ce n'est donc ni en imitant le hurlement des loups, ni en tapant sur des casseroles, ni même en frappant sur son semblable que nous manifestons le mieux notre humanité. Pour Buytendijk, comme on le voit dans son admirable livre de psychologie comparée « L'homme et l'animal », l'homme n'est pas un animal dans lequel serait tout à coup apparue l'intelligence. « Nous avons, écrit-il, écarté la conception de l'homme, animal maîtrisé par l'esprit, l'âme, et cherché a accréditer la thèse selon laquelle tout comportement humain toute perception et tout mouvement, possèdent des caractéristiques proprement humaines. » Et il poursuit : « Toute vie de groupe chez l'homme est, en un certain sens, sociale, c'est-à dire qu'elle se place dans un système normatif [...] Le dynamisme des sociétés humaines (et donc les impulsions) est un dynamisme spirituel. C'est pour cela que les impulsions primaires et vitales ont plus d'une signification. Il existe une nature humaine corporelle qui possède une signification dans chaque communauté et dans chaque société. Mais l'angoisse de l'homme, la faim de l'homme, son instinct sexuel, son instinct combatif... tout ce qui est la « nature » dans l'homme porte aussi en soi une promesse de civilisation ». Mais comme beaucoup de manifestations humaines, la politesse peut être mécanisée. « Quand l'esprit ne détermine pas le corps, le corps détermine l'esprit », disait un philosophe français contemporain Bernard Charbonneau. L'envers du défoulement c'est le système rigide de codes à quoi peut être réduite la civilité. Alors l'esprit ne détermine plus le corps ; il rend les rapports avec autrui mécaniques. Nous avons tous fait l'expérience de milieux sociaux ou se pratique cette forme de politesse. Mais pour notre bonheur il existe aussi des gens, et cela n'a rien a voir avec la classe sociale à laquelle ils appartiennent, qui transgressent les règles de politesse par un mouvement du cœur qui va bien au-delà : qui est un geste d'amour ou d'amitié.

L'école incivile est comparable à la jungle animalière. La première réforme scolaire est humaine. Elle est ce que Kant appelle « le sens de l'humanité, » C'est certainement la définition la plus subtile et la plus profonde de la politesse.

Ecrits et travaux de Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste autrichien titulaire du prix Nobel de physiologie ou médecine. Lorenz a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques. Il a écrit des livres qui ont touché un large public tels que « Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons » ou « L'agression, une histoire naturelle du mal. »


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62 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 29 juin 2013 08:57

    Bonjour, Jack.

    Entièrement d’accord avec cet article, parfaitement résumé par son titre. La politesse induit en effet le respect, et il ne peut y avoir d’éducation réussie sans respect. Un respect qui doit évidemment être partagé : respect de l’élève pour le maître, respect du maître pour l’élève. A noter que la manière de se vêtir est également une composante de cette politesse et de ce respect.

    Cordialement.


    • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 09:45

      Bonjour Fergus,

      A chaud, tout reste à faire.
      Au début du XVIIIe siècle, les prêtres avaient charge d’enseigner.
      Les nobles ou les chanceux partageaient cette noble tâche avec
      des précepteurs, souvent doctes mais avec une ombre religieuse.
      Il y eut probablement de bons enseignants et de bons élèves.
      Nos philosophes des lumières en portent témoignage.
      La qualité de ces élèves là faisait front aux risques encourus.
      L’intelligence, l’humour, l’originalité des élèves illuminaient le passage.
      Quand l’école laïque déploya son arsenal d’humanité, de bonne volonté,
      dans un auditoire heureux, je pense à Charles Péguy, Alain Fournier,
      Marcel Pagnol et Jean Giono...par exemple, ce devait être merveilleux
      pour un enseignant de voguer sur les cimes poétiques et littéraires.
      Mais maintenant nous avons surestimé la flexibilité du maitre et
      la pépinière de talents...dans le chaos des langues et le passé culturel
      de bon nombre d’élèves arrivés tout droit de Babel ou de l’enfer.
      La multitude n’est pas si souvent créative...en esprit simplement.
      Ce n’est pas un échec, c’est une catastrophe !
      ...on aménage les horaires quand la majorité des élèves ne savent
      pas lire, écrire, compter, penser et tout simplement vivre.

      Faire la classe à des fauves n’est pas de taille humaine.
      Que sont devenus les pouvoirs publics, sans pouvoir d’ailleurs.
      Je rêve souvent à l’idéal, à travers par exemple les figures citées plus haut.
      C’était l’époque ou l’école était sacrée et les enseignants des demi dieux.
      C’était le temps de la découverte, de l’intuition créative, de l’amour, de la foi.
      Les maitres sont maintenant terrorisés et quelques fois battus...blessés même.
      C’est par là qu’il faut commencer. L’école est un sanctuaire d’humanité ou bien
      elle n’est pas, elle n’est plus.
      Les matières enseignées dans un second temps.
      La première grandeur reconnue ce doit être l’humain.

      Merci de votre passage

       
       


      • Gollum Gollum 29 juin 2013 09:58

        Bon article. Qui touche à des choses essentielles que malheureusement beaucoup de lecteurs d’Avox ne percevront pas. 


        Cette culture de la politesse et du respect à priori  de l’autre, non dite, allant de soi, est à l’opposé de cette exigence  de respect vis-à-vis de soi, revendicative et qui suppose de façon implicite le non-respect de l’autre, le tout accompagné d’une véritable schizophrénie et dichotomie, la marque du diable...

        J’ai retenu ça aussi : L’envers du défoulement c’est le système rigide de codes à quoi peut être réduite la civilité. Alors l’esprit ne détermine plus le corps ; il rend les rapports avec autrui mécaniques.

        Il s’agit ici de cette politesse feutrée que tous ceux qui ont travaillé en entreprise connaissent bien et qui n’est pas là pour assurer l’harmonie humaine pour elle-même mais bien évidemment pour ne pas perturber la productivité... C’est cette même politesse, fausse, que l’on retrouve dans le monde politique.

        Du coup je trouve maintenant les animaux plus polis que les humains. Quand mon chat rentre le matin il ne se précipite pas sur sa gamelle sans d’abord auparavant me dire bonjour. Avec force démonstration. Un jour il a même laissé une proie pour nous devant la porte en guise de cadeau en remerciement de toute notre affection qu’il sait percevoir, lui, tout au fond de ses yeux de chat... smiley

        • Shawford Shawford42 29 juin 2013 11:27

          Si je peux me permettre, cela rejoint de façon manifeste le commentaire que j’ai posté un peu plus bas et se résout en un concept : l’empathie.


          Celle ci se révèle en effet dans le regard du felin, et quand il vient frôler la jambe (toute considération anthropomorphique remisée smiley ) et sans qu’il soit ainsi besoin pour l’animal de le signifier en propos épistolaires smiley

        • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 12:05

          Tout à fait Shawford,

          Je ne comprend pas que l’on intervienne négativement
          sur votre affirmation.


        • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 12:39

          Au latiniste inspiré,

          Merci tout d’abord d’avoir stimulé mon imaginaire.
          Je marchais dans la Rome antique, en paix et sans condition.

          En attendant, globalement ce site reçoit la lumière de toute part.

          Je parle et parle encore, mais grâce à vous me voici sur l’agora.
          que de toges multicolores et de beaux discours classiques.

          Vous évoquez des vérités, si bien que je me sens bardé comme un centurion.
          Qu’ils y viennent ces clébards malveillants, je les botterais de mes spartiates.

          6 ou 7 élèves...Le grand Meaulne, j’ai changé d’époque, la belle époque.
          Les classes heureuses à l’aire de l’enseignement naissant.
          Au temps du bonheur d’écouter et de s’abandonner à la connaissance.

          À quoi peut servir l’école si le chômage peut atteindre 80%
          sans que ça change rien pour personne ?

          On peut rêver, je vis de contes et de nature. Ce que nous pouvons faire
          c’est vivre cette foi dans un monde plus humain, plus sensible et plus intelligent.
          Il existe de ci de là des ilots de culture et de créativité, l’imaginaire existe,
          la création aussi, mais nous sommes dans l’être et non pas dans l’avoir.

          Il faut y croire, il faut le dire et encourager les belles initiatives.

          En attendant merci pour tout.

          On peut dire que vous me faites voyager avec vos propos lumineux.


        • alinea Alinea 29 juin 2013 10:45

          La politesse me semble être l’expression de la décence et de l’humilité ; c’est curieux qu’aujourd’hui personne ne s’aperçoive que les « grands hommes » sont humbles et savent écouter ; plus personne n’écoute ; c’est le règne du « moi je » ; et c’est pauvre, cela ne peut pas mener loin ! Mais comme dit Sabine, une fois que l’homme est ainsi fait, peut-on le défaire ? Il faudrait pour cela une expérience de vie, initiatique, qui fasse choc et remette tout en question chez l’imbu de lui-même !
          À l’époque où Sarlozy nous pompait l’air, je rêvais qu’il fût, un jour, propulsé, anonyme, en milieu indifférent à lui ou hostile, démuni ! Pareil pour les autres ! Alors on est obligé de faire appel à ce qu’il y a de plus profond en soi, et cela ramène à cette humilité et tous les signes dont tu parles ; politesse, désamorçage de l’arrogance.
          J’ai essayé de trouver un biais pour « provoquer » cette situation, que j’ai décrit dans mon article sur le « service civil » ! Mais personne ne veut se défaire de sa morgue ! Cuirasse trop précieuse !!


          • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 12:49

            Alinea,

            les « grands hommes » sont humbles et savent écouter

            Je le savais mais avais oublié de le noter.

            C’est une vérité, la plénitude de l’âme est simple.
            Elle a tout, que pourrait-elle espérer de plus.

            En attendant ma logorrhée me maintient dans le nanisme.
            Peut être que Blanche neige cherche un 8e compagnon.

            Tu es une activiste dans ton genre.

            Tu es toujours la plus belle Blanche.


          • Kookaburra Kookaburra 29 juin 2013 10:55

            Bonjour Jack. J’aime beaucoup votre article ! Arrivé en France l’extrême politesse des Français m’avait tout de suite frappé. En me doublant sur un escalier j’entend l’homme murmurer « Pardon ». Je reste perplexe, pourquoi pardon ? Mais voilà, chaque culture a ses codes de politesse. L’étranger se doit de les apprendre. Surtout l’Australien qui, en comparaison, est un barbare, plus décontracté qu‘un ours.


            • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 12:58

              Bonjour Kookaburra,

              Mais voilà, chaque culture a ses codes de politesse.
              L’étranger se doit de les apprendre.

              Vous faites preuve de délicatesse, la beauté des âmes pures.
              Pures au sens ou émergeant du berceau de l’humanité.

              Cette partie du monde, comme l’Afrique recèle les mystères
              de la genèse paléolithique. Vous êtes une vieille âme,
              c’est à dire tellement jeune dans votre humble rusticité.
              Consultez certains commentateurs, ils vous glorifient naturellement.

              Au plaisir
               


            • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 11:00

              Bonjour Gollum,

              Commentaire à la mesure de l’enjeu...et pourtant.
              L’être humain est une cathédrale, un temple, un bel arbre, un félin.
              C’est la vision idéalisée qu’il abandonne souvent à son frère l’animal.

              Je suis content d’être entendu, lu, en un mot reconnu.
              Comme au fond je frôle de très près le désamour des humains.
              Et quoique tu penses, si je te proposais ce texte que je trouve lumineux.
              « Me voici donc seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami,
              de société que moi même. Le plus sociable et le plus aimant des humains
              en a été proscrit par un accord unanime...

              Ce texte qui introduit les rêveries, de cet homme que tu n’aimes pas trop.

              J’insiste ici avec tout ce que j’ai de passion pour le psychologique.
              Quelqu’un que l’on rejette nous enseigne en creux.

              Ton commentaire a le mérite d’être court et dense, essentiel.
              Au fond ce que tu préfères aux arabesques rousseliennes
              et »mandoniennes" c’est la justesse du verbe et des mots.

              Au fond, pour revenir à notre sujet d’envergure spirituelle en ce
              qui concerne l’enseignement des âmes qui implique l’amour.

              Je crois qu’il n’est pas plus beau métier que celui d’enseignant.
              C’était un Dieu, on en a fait pour de multiples raisons un vulgaire
              démon de seconde classe, un Faust de caniveaux et même d’égout.
              La société est devenue une grosse merde infâme...
              et ce n’est pas de la faute à Voltaire ou de la faute à Rousseau...
              Je me sens de plus en plus exilé, dans un pays au relief naturel,
              mais sans trop de relief culturel. Enfin la nature possède et règne.
              En cela je suis rousselien, au moins quant à la forme des perspectives
              des cimes qui elles sont inaltérables, incorruptibles et divines.

              Je suis parfaitement en phase avec ton commentaire. En même temps,
              celui de Fergus est à la mesure de l’humanité dont parle Kant.

              Il ne manque plus qu’une espèce de Porthos pour nous tenir langage oral
              et j’entrerai définitivement dans le roman d’Alexandre Dumas.
              J’inclus le chaland qui vota négativement sans crier gare.
              Celui là, au fond, il vaut mieux l’oublier s’il est capable de méconnaitre
              Konrad Lorenz ou ce brave Kant qui nous donne une leçon de respect
              avant de mourir.

              Bien amicalement.


              • Gollum Gollum 29 juin 2013 14:54

                de cet homme que tu n’aimes pas trop.

                Non non j’y suis indifférent c’est tout...

                J’insiste ici avec tout ce que j’ai de passion pour le psychologique.
                Quelqu’un que l’on rejette nous enseigne en creux.

                Pas d’allergie, pas de rejet... Sinon je suis d’accord avec la phrase. Ceux que je rejette : il y en a beaucoup. La grande majorité de mes contemporains en fait... smiley Un peu comme toi non ? smiley


                Ton commentaire a le mérite d’être court et dense, essentiel.
                Au fond ce que tu préfères aux arabesques rousseliennes 
                et »mandoniennes" c’est la justesse du verbe et des mots.

                Oui j’aime la précision.. smiley On en a déjà parlé..


                La société est devenue une grosse merde infâme...

                Et encore.. La merde est féconde, alors que pour l’instant... 


                Je me sens de plus en plus exilé, dans un pays au relief naturel,
                mais sans trop de relief culturel. Enfin la nature possède et règne.
                En cela je suis rousselien, au moins quant à la forme des perspectives 
                des cimes qui elles sont inaltérables, incorruptibles et divines.

                Je crois qu’on est pareil : deux vieux ours solitaires et heureux de l’être vu ce qu’il y a autour.. Toi par affinité avec Rousseau, moi par sympathie pour John Cowper Powys qui était un fervent partisan d’un égoïsme de nature reptilienne, un esprit sans doute proche de Rousseau... En fait un esprit profondément celte, proche des arbres et des senteurs, d’une spiritualité dionysiaque..

                Paradoxalement cette fermeture sur soi est en même temps compréhension d’autrui, mieux que ne savent le faire les obsédés des droits de l’homme et autres niaiseries modernes.. et qui se révèlent être en fait des agités et des manipulés pour beaucoup d’entre eux..

                Cordialement.



              • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 16:14

                Gollum,

                Rejet d’une époque ?
                On habite son temps, plus ou moins.
                Où l’on fait comme Rousseau, on tombe dans la paranoïa.

                J’ai vécu mon enfance dans un environnement de parents âgés,
                qui possédaient une mémoire ancestrale à fleur de peau, une espèce
                de respect religieux pour les ancêtres depuis longtemps disparus.
                L’épopée de l’aigle, en long, en large, dans toutes les directions
                de la rose des vents. C’est à dire que la grande histoire est devenue
                une histoire de famille avec ces héros de l’ombre. Cette attitude d’esprit
                présente la particularité de la chronologie qui est scientifique et de la
                subjectivité qui transforme le récit en histoire romanesque idéalisée.
                Elle sert la poésie, la narration imaginative ou critique mais dessert
                complètement la rigueur historique, les faits, les causes, le sens politique.
                Mais tu le sais, dans une famille, chacun des enfants s’alimente à sa mesure.
                Les perspectives, les angles de vue varient à l’infini au gré des natures.
                Cela me parait difficile de vivre l’indifférence. Chaque vie stimule ma curiosité
                et active mon imaginaire. Une hyperémotivité sans doute. Bien entendu,
                la projection va bon train. L’autre peut être le réceptacle que l’on investit.
                C’est manifestement la démarche romantique, la fonction sentiment tour à tour
                alimentée par la fonction intuitive ou sensorielle. Mais la complexité de l’âme
                ouvre sans doute d’autres perspectives assez différentes. La fonction pensée
                apparait dans un registre beaucoup plus classique, structuré, plus critique
                que créatif. C’est ce pivotement jungien que j’ai beaucoup travaillé en graphologie.


              • Gollum Gollum 29 juin 2013 18:56


                Cela me parait difficile de vivre l’indifférence. 


                Il ne s’agit pas d’indifférence mais de vivre en retrait. Un peu comme un moine qui n’a pas de relations avec autrui et qui pourtant est en communion avec tous beaucoup plus que ceux qui ont une vie sociale soi-disant riche.


                Chaque vie stimule ma curiosité
                et active mon imaginaire. Une hyperémotivité sans doute. Bien entendu,
                la projection va bon train. 


                C’est cette projection que je crains, dans un sens, comme dans l’autre.. Et il est vrai que je recherche de plus en plus une absence d’émotion. Sans doute l’influence du bouddhisme pour lequel toute émotion est souffrance. Et c’est effectivement ce que j’ai constaté. D’où ma recherche du calme de l’esprit prôné là encore par le bouddhisme. 


                J’ai tellement été secoué dans mes années passées par des émotions destructrices que j’éprouve un impérieux besoin de me recentrer.. Et la vie mondaine est incontestablement un ennemi pour moi dans ce contexte. Je suis mûr pour le désert..


              • gaijin gaijin 30 juin 2013 12:00

                jack
                bonjour smiley
                si vous invoquez porthos je ne saurais manquer d’apparaître ne serais ce que par simple politesse ...
                avec mes excuses cependant pour avoir tardé : c’est que je ne voulais pas venir !
                le sujet est si fondamental qu’il est difficile d’en parler. du reste pour ce qu ’il y a à en dire ceux qui sont aptes a comprendre ne n’ont pas attendu et les autres, ma foi, a prêcher a des sourds les bras m’en tombent.

                je peux toutefois vous offrir un point de vue venu d’une autre de mes incarnations escrimeur lui aussi ( comme il se doit ) et qui fut mon contemporain Shinmen Takezo autrement nommé Miyamoto Musashi.

                tout le monde connait ne serais ce qu’au travers des films la manie des pratiquants de budo japonnais de se saluer avant et après la pratique.
                dans les cours pour les occidentaux il est de coutume de présenter la chose comme étant du respect , une tradition , un rituel que l’on exécute sans trop savoir pourquoi ni comment .......
                en réalité il n’en est rien
                le salut dans la pratique est un moment capital : celui ou on se met en « harmonie » terme hélas porteur de connotations qui n’ont rien a voir avec le sujet. Le plus juste étant de l’entendre dans son sens musical, comme des musiciens qui s’accordent avant de jouer .
                il s’agit de faire ici « un » avec l’autre afin de partager un « espace » commun ou on ressente son rythme, ses sentiments, son attitude, la qualité de sa présence ........
                ( l’ ésotériste pourrait parler ici d’égrégore même si en théorie pour un égrégore il faut être au moins trois , couple paraît encore moins approprié smiley )
                quand le combat ou l’exercice est finit on se resalue a la fois pour se remercier de l’instant partagé et pour se remettre en harmonie avant de quitter l’espace commun

                voilà le sens de la politesse dans la pratique des budo
                mais également dans la vie de tous les jours !
                une telle attitude est le ciment de toute société qui souhaite être autre chose qu’un simple ramassis d’individu et un espace ou se produise autre chose que le triste spectacle de conflits d’intérêts et de rapports de force mutuels )

                rien a voir donc avec les tristes mimiques automatisées que sont devenues les marques de politesse dans notre société d’individualisme .
                « dis bonjour a la dame »
                « m’ enfous est ce qu’elle me dit bonjour elle ? et pis d’abord elle a l’air méchante .... »

                voilà
                je repasserais plus tard
                namasté


              • jack mandon jack mandon 30 juin 2013 13:29

                Bonjour Gaijin,

                L’extrême orient, c’est du grand art en matière de civilité.
                Mais selon la loi du balancier Eros et Thanatos,
                nous pouvons observer les contrastes.
                Selon la métaphore des cimes, la ou s’élèvent les plus hauts sommets,
                se creusent les abysses les plus vertigineuses.

                Merci pour ce parfum d’extrême oorient


              • Shawford Shawford42 29 juin 2013 11:12

                Pas tapé Jack, je viens sous votre fil en toute cordialité, respect et politesse smiley


                Sur ces ces propos liminaires et concernant votre très juste composition, m’égarerais je disant qu’il y manque peut être un aspect fondamental de la politesse, qui hors de ces aspects civilité, bienséance, respect, humanité et j’en passe, se décompose tout autant dans la dose d’empathie qui s’y révèle et s’y joue... ou pas.

                La fonctionnalité mécaniste de la politesse ne suffit en effet pas selon moi à caractériser en tous points ce phénomène, la façon dont elle est appliquée dans le temps même de l’inter relation et de l’interaction, est le corollaire incontestablement indispensable de ce fait social.

                Tant est si bien d’ailleurs que l’empathie déployée sans forme de politesse exacerbée peut se suffire à elle même, alors que le contraire n’est pas du tout sûr. smiley

                • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 11:59

                  L’empathie mon cher Shawford42...

                  Mais j’ai fait de nombreux papier là-dessus.

                  Vous avez tout à fait raison, elle est l’essence même
                  de ce qui fait le coeur de l’évangile, le Samaritain.

                  Seulement j’en parlais si fort, si passionnément que j’eus le réflexe
                  naturel du thérapeute et me posais la question autocritique.
                  « tu en parles trop, c’est pathologique, tu passes en sol mineur »
                  ainsi j’adhérais au silence coupable de l’hystérique bâillonné
                  et me taisais définitivement.

                  L’empathie est l’unique source de l’amour, et l’amour est le maitre mot.

                  Merci de votre passage éclairé.


                  • Shawford Shawford42 29 juin 2013 12:47

                    L’empathie vous étant substantifiquement chevillée au corps et au verbe, vous l’eûtes oublié en chemin ? Pani problem vous nous supposiez vous la reconnaître en tous points. Dont acte.


                    Pour mes moinsseurs, ils sont tout autant consubstantiellement attachés à mes basques, je les oublie donc juste, ils sont comme la petite bande de poissons pilotes seulement à même de suivre mon sillage dans les méandres de l’agora. smiley

                  • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 13:06

                    Le ramage est égal au plumage Shawford.

                    Belle manière de poétiser en prose troubadour saxon,
                    C’est une manière courtoise de faire grandir l’autre.

                    Merci.


                    • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 16:47

                      Selena,

                      Entre Bergson « la grâce de l’esprit, Kant, » le sens de l’esprit « 
                      et Barthes »la politesse vaut mieux que la sincérité car elle fait confiance
                      à l’intelligence d’autrui" la beauté, la vérité et l’empathie samaritaine.
                      Tout est dit. Quand à la politesse mécanisée et diplomatique,
                      si elle n’était que cela, tout le monde pourrait rester chez soi.
                      Et pourtant, c’est cette dernière qui vient à l’esprit communément.
                      Le regard majuscule et le regard minuscule. Deux niveaux.
                      Le sanctuaire idéalisé de l’école s’oppose à la trivialité de la violence.
                      Au temps de Jésus, les pharisiens, débatteurs légalites se trouvaient
                      confrontés à l’amour évangélique du bon sens du terroir dans sa simplicité.


                    • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 18:24

                      Justement, Gollum et moi avons repéré une vacance dans notre monastère mixte.
                      A la trappe 33, connotation sonnante médicalisée, on peut vous réserver un
                      coin de méditation sur pointes en acier dur inoxydables version chamanique sikh.
                      Nous avons aussi une bonne affaire volante, un tapis persan de l’époque d’Avéroes.
                      Vous pouvez mettre une option sur une planète avec baobab en action
                      et petit prince retraité avec barbe fleurie, absorbé dans un champs de roses.
                      Et passer librement dans notre bric à brac de broc.
                      A bientôt Selena.
                      .


                    • Gollum Gollum 29 juin 2013 18:35

                      N’est pas « Rocla » (le captaine) qui veut : rocailleux au coeur lumineux ou un M.Maugis vieil ours, au coeur tendre comme certains bonbons. 


                      Marrant comme on peut avoir des perceptions très différentes.. Autant je suis d’accord avec vous sur Rocla autant en ce qui concerne Maugis je vois plutôt quelqu’un de complètement déformé par son idéologie (marxiste comme tout le monde le sait) et qui n’hésite pas à agresser et qualifier de traître celui qui n’est pas de son bord.. Bon je n’ai jamais eu affaire à lui et d’ailleurs je ne m’y frotterai pas.. il ne fait vraiment pas envie.

                    • Shawford Shawford42 29 juin 2013 18:44

                      Rocla je le trouve pas mal aussi depuis qu’il s’est transformé en tutti frotti, sachant qu’il aura ainsi remis à zéro le compteur de ses calembours foireux smiley smiley smiley


                    • Gollum Gollum 30 juin 2013 13:10

                      Gollum, rien n’oblige que vous soyez toujours d’accord avec moi, je continuerai à échanger avec vous, si je connais un peu (pour l’astrologie...je ne le peux), le sujet. 

                      Mais j’en suis ravi. Effectivement nous ne pouvons être d’accord sur tout. Pourvu que l’on se respecte mutuellement, c’est bien là le principal, raison pour laquelle nous nous trouvons sur ce texte, fondamental, de notre ami commun. smiley

                      De plus, argumenter pour tenter de présenter, illustrer, défendre ? son point de vue peut se révéler aussi enrichissant pour celui qui lit que celui qui réfléchit sur ses idées.

                      Oui bien d’accord.

                      PS : je vois que nous avons été tous moinssés.. Maugis est passé dans le coin ? smiley

                      Je m’en vais. Il fait beau et je vais de ce pas aller profiter du peu de nature qui reste encore.

                      Bon dimanche à tous. smiley

                    • Gollum Gollum 1er juillet 2013 08:51

                      D’accord avec vous globalement. Vous avez de la chance d’avoir un bout de mer à proximité. 


                      Pour moi ce sont bois de hêtres et de châtaigniers avec les vaches dans les prés ! M’enfin je ne vais pas me plaindre... smiley

                    • Karol Karol 29 juin 2013 14:49

                      Merci de revenir à l’essentiel de toute relation humaine qui doit être fondée sur cette capacité à être en empathie avec l’autre, à être capable de se mettre en retrait, et d’écouter.
                      Il nous faut retrouver les moyens de maîtriser notre impatience et nos pulsions. Le respect des codes de bonnes conduite et de politesse sont la marque de cette disposition à échanger avec la distance nécessaire au respect de l’intégrité de l’autre, ce que ne fait en aucune manière le tutoiement ou la tape sur l’épaule faussement amicale, gestes qui sont censés affirmer une connivence qui n’est en réalité trop souvent que manipulation. J’ai toujours trouver vulgaire, voire obscène le comportement de certains hommes politiques ( suivez mon regard...) qui pour afficher cette connivence avec les puissants ne cessent de les toucher voire de les tutoyer ce qui ne peut que causer des confusions dans la tête de certains entre relation privée et relation publique.
                      La « pipolisation » de l’information fait aussi des dégâts mais c’est un autre sujet...


                      • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 17:14

                        Bonsoir Karol,

                        Indépendamment de votre analyse qui s’inscrit bien dans le réel,
                        il est intéressant d’observer que le positionnement des protagonistes
                        varie beaucoup selon les ethnies en présence.
                        Il y a peu de temps, j’observais que les britanniques gardent leurs mains
                        derrière le dos pour s’interdire de toucher l’autre d’autant qu’ils mettent
                        une bonne distance entre l’interlocuteur et eux. La part kinesthésique est
                        complètement refoulée, s’en est comique.
                        Les italiens, les arabes parlent dans le visage de l’autre au risque de
                        lui postillonner en pleine face. Les animaux ont aussi leur périmètre
                        de sécurité. Les oiseaux, le merle imprudent, bien connu des chats.
                        peut se promener à 3-4 mètres de vous, le corbeau à 15 mètres,
                        la pie à 30 mètres. Les images à l’infinie traduisent parfaitement
                        l’absolue nécessité humaine d’ajuster la distance convenable pour l’autre.
                        Il en va de la qualité de la communication.
                        Je m’amuse en pensant à Gérard Depardieu, la tornade incandescente,
                        tapotant dans le dos de Vladimir Poutine, l’iceberg cassant.
                        C’est une pièce d’anthologie, l’anti communication.
                        Notez bien que Nicolas Sarkosy présentait quelques similitudes, dans
                        la même situation fusionnelle inadéquate. 


                        • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 18:26

                          Vous êtes une connaisseuse de la confiserie moscovite ?


                          • Jean-Marc B 29 juin 2013 18:39

                            J’apprécie cet article et les commentaires qui lui font écho ... poliment. L’empathie, en effet, comme la politesse, n’est pas la non plus la moindre des vertus à cultiver. Le courage et le goût du geste poétique me semblent également dignes des classes de notre école. Molière, le moribond au grand sourire, reste toujours un modèle avec son « Malade imaginaire ».
                            Et je vous retrouve, jack mandon. Car je vous associerais volontiers à Boris Vian l’auteur de cette pensée : « l’humour est la politesse du désespoir » ... 
                            Pouvons-nous convenir que nous fréquentons la même école de pensée ?...


                            • jack mandon jack mandon 29 juin 2013 20:27

                              Jean-Marc, Bonsoir.

                              Molière, belle personne, grand artiste et peut être le seul qui fait échos
                              à Shakespeare. Cependant ils ont la particularité de représenter deux
                              peuples qui se regardent en miroir et projettent leur animosité.
                              L’anglais et son humour de pleine lune sanglante qui vit le drame
                              dans l’outrance avec à la clé des morts foudroyantes et crapuleuses.
                              Un jeu, une espèce de thérapie sombre avec le sourire énigmatique,
                              flegmatique et détaché, la finesse du verbe...l’humour anglais.
                              Molière porte une souffrance profonde masquée par une faconde
                              et un accent rocailleux du sud-ouest. Une émotion intériorisée
                              dans sa souffrance et apparemment légère, presque grotesque.
                              Le verbe classique, la règle des trois unités, de lieu de temps et d’action.
                              Un cadrage imposé, le grand siècle de l’alexandrin.
                              Contrairement à ses contemporains Racine et Corneille dignes
                              héritiers des hellènes, d’orientation dramatique, il se veut comique,
                              ce qu’il est formellement...mais dans le fond, ses dérapages
                              et libertinages ont fait de lui très vite un grand malade condamné.
                              Sa vie intérieure est laminée, sa souffrance intense.
                              Pauvre au début, il sera protégé par le roi soleil qui l’aimait.
                              Le malade imaginaire est totalement vrai, détruit mais dans les cieux
                              Il sublime et se pare d’attraits angéliques et rieurs.
                              Il fut sensibilisé par Goldoni et sa comedia del’arte. (la belle Italie)
                              Pour résumer, le premier a l’âme d’un comique et se vautre
                              dans l’outrance tragique éclaboussée de sang et de souffre,
                              le second se décompose en secret dans sa souffrance tragique
                              mais rit et clame sa joie hystériquement dans la comédie fine.
                              Il est bien sur satirique et frondeur et dangereusement sincère
                              pour tous les parvenus de la cour de Versailles. Courageux
                              et démystificateur comme le héros de légende d’Artagnan,
                              doublé d’un Aramis qui succombe au charme de Vénus.
                              Un véritable artiste de grande taille, le plus grand des classiques
                              par son génie et sa stature complexe, au fond moderne,
                              voire même intemporel, adaptable à tous les siècles.
                              Ce qui n’est pas le cas de tous les autres, prisonniers de leur temps.

                              Je reviens demain.
                              Bonne soirée.

                               


                              • jack mandon jack mandon 30 juin 2013 09:20

                                Jean-Marc,

                                Aujourd’hui, c’est la fin de n’importe quoi hors saison, hors tout et tous.
                                Tout le monde va rencontrer l’Eté qui n’a point cesser de se faire prier.
                                C’est comme le grand chaos lumineux de la vie de Boris Vian.

                                Il a vécu le bouquet final d’un feu d’artifice, dans un rythme endiablé
                                de jazz. Contrepoids fulgurant pour éternel amoureux.
                                Sa fin à l’image de sa vie. Adolescent brillant, farceur, fourmillant d’idées.
                                Il s’effondre dans un fauteuil, terrassé par une crise cardiaque à 39 ans.
                                C’était à l’occasion de la première du film tiré de son roman,
                                « j’irai cracher sur vos tombes » ce qu’il fit dans l’allégresse.
                                Adolescent de nature et de vocation, il s’engouffre dans la vie
                                et dans la mort avec la même désinvolture rigolarde granguignolesque.
                                C’est comme si son oeuvre et son histoire étaient inédites,
                                hors de portée du grand Larousse, une invention pure avant la parole.

                                « Coupez, on va reprendre ! »

                                Bon Dimanche.
                                 


                                • alinea Alinea 30 juin 2013 10:55

                                  Je crois Jack que Boris Vian avait la maladie de Marfan et qu’il est mort d’une fibrillation de l’aorte, c’est-à-dire d’une hémorragie interne, genre rupture d’anévrisme !
                                  Bon dimanche !


                                • Jean-Marc B 30 juin 2013 12:47

                                  Magnifique , Jack !
                                  (Il n’y a aucune raison de désespérer de ce forum....)
                                  Boris Vian, comme Molière, est un classique , c’est à dire digne de nos classes .
                                  (Je reviens donc au sujet , au titre de votre article qui évoque le fondement de l’école)

                                  J’ai été enseignant et je suis musicien de jazz. Oui, des types pareils peuvent nous aider à trouver un chemin à tracer dans notre courte existence. Ils font partie de notre socle culturel. Et en conséquence, des millions d’anonymes, (dans la discrétion), autour de nous s’inspirent de leurs parcours. A l’école, nous ne suivons pas la religion d’un seul livre ....


                                • brieli67 30 juin 2013 15:01

                                  pour Boris VIAN

                                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Vian

                                  ne nous racontez donc pas des sornettes !
                                  il était agent Philips


                                • jack mandon jack mandon 30 juin 2013 10:58

                                  Merci Docteur


                                  • brieli67 30 juin 2013 15:07

                                    Szomorú Vasárnap (Sombre Dimanche)


                                  • jack mandon jack mandon 30 juin 2013 13:49

                                    Jean.Marc,

                                    L’éveil de chacun à la mesure de sa différence.

                                    Vous citez... A l’école, nous ne suivons pas la religion d’un livre.

                                    Cela me renvoie à l’ouverture de l’imaginaire contenu dans une phrase
                                    prononcée par Stéphane Freiss , dans « Des jours et des nuits` »

                                    « Le rêve est la raison d’un seul ; la réalité la folie de tous »

                                    La formation d’une âme réclame un savoir faire qui souvent nous échappe.


                                    • Jean-Marc B 30 juin 2013 14:22

                                      Petite nuance. J’ai écrit « A l’école nous ne suivons pas la religion d’un seul livre ».
                                      Les religions du livre unique ont fait trop de dégâts.
                                      Alors, Molière, accompagné de Boris Vian, de Shakespeare, de Stéphane Freiss..... cela ne me paraît pas si mal.
                                      Bon dimanche Jack.


                                    • brieli67 30 juin 2013 14:40

                                      quelle promotion jungienne -andonienne de l’épouse du Manadier !!
                                       bouvier / vacher/ taurellier en delta du Rhône
                                      une technicienne agricole ensaignante en Lycée agricole

                                      la PUCELLE TORRO-MACHIQUE auto-proclamée
                                      la FERIA
                                       
                                      Saga en cours ECHO DES MANADES

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