« Trouvez-vous normal qu’on ait supprimé en Europe l’obligation d’afficher l’origine des produits ? »
Non. La transparence nécessite que l’on tienne informer tout le monde, et que chacun fasse son choix en conscience. Ce qui n’est plus possible en l’absence de cette indication.
Cela dit, l’origine des produits a été indiquée longtemps ... sans que les tenants de ce protectionnisme forcené n’applique ce que je viens de dire : acheter uniquement francais pour prouver leurs dires.
Et comme je l’ai dit, j’ai rencontré beaucoup de personnes fustigeant les méchants asiatiques et leurs prix anticoncurrentiels (et comme la chine devient chère, bientôt ce sera l’afrique centrale ou un retour en amérique du sud) ... mais aucun pendant 25 ans qui auraient accepté de payer un vulgaire t-shirt blanc basique de chez basique 3 ou 4 fois plus cher parce que fabriqué en France.
"Effectivement, dans la mesure du possible, je préfère payer plus cher
des produits fabriqués en France, ou en Europe. De plus, je sais qu’ils
sont de meilleure qualité et d’une durée de vie plus grande.«
Sans vouloir vous offenser, - sur la qualité, c’est discutable selon le produit considéré ... On sait aussi faire du »pas terrible« , en France et en Europe, et la qualité d’un produit s’apprécie à un instant T. Ce qui est vrai une année ne l’est pas définitivement. Cf le Japon, l’Espagne, etc ... et même la France. - sur les achats européens, les mêmes discours se tiennent ou se tenaient que vis à vis de la Chine. Reprenez les discours des candidats de ce parti dans les années 80 sur les espagnols, les portugais. Puis plus récemment sur les polonais, les roumains, les bulgares.
Il est nécessaire de s’adapter. Difficile de lutter sur le prix, alors luttons sur la qualité, l’innovation, la proximité, la qualité écologique, etc ...
Mais cessons de chercher un bouc-émissaire à nos problèmes.
»Un Etat a le devoir prioritaire de protéger les siens et leur travail."
Protéger leur travail ne signifie pas protéger chaque emploi dans sa spécificité mais permettre à chacun de trouver un emploi.
Les nombreux allègements de charge des entreprises, dont l’efficacité est manifestement très relative malgré les 70 milliards de coûts annuels (3 fois le déficit commercial avec l’Asie, il me semble) sont essentiellement basés sur ce principe de la défense non pas de l’emploi dans sa globalité, mais de la protection de certains emplois dans certaines activités (aide pour le batiment, pour l’industrie automobile, pour l’industrie textile, pour l’industrie papier
"utrement dit, si on n’avait fait aucun commerce avec l’Asie, on n’aurait
pas vendu un seul Airbus ni une seule centrale nucélaire."
Et vos vêtements, vous les auriez acheté combien ? Et les jouets de vos enfants ? Et l’ordinateur avec lequel vous allez sur Internet ? Et le téléphone que vous utilisez ? Et les composants électroniques de vos appareils francais ou européens ? ..............
J’adore ce discours sur les méchants chinois et leur dumping salarial. Mais je n’ai encore jamais rencontré une personne tenant ce discours, et acceptant de payer un tshirt basique 3x plus cher parce qu’il est fabriqué en France, et non en Asie, ou ayant défendu l’industrie électronique francaise en achetant des composants fabriqués en France même si 6 fois plus onéreux que les concurrents asiatiques.
Donc vous ne considérez que les actions émises dans le cadre d’une augmentation de capital, et je suppose d’une entrée en bourse.
J’en déduis que les spéculateurs qui ont souscrit à l’AK de la SocGen à 36 euros estimant que l’action valaut plus de 45 (ce qui a été le cas puisqu’en fin de souscription le titre dépasait les 45 euros, soit 25% de plus value immédiatement à la cloture de l’AK) sont des investisseurs ... selon votre définition.
Sur l’entrée en bourse, que dire des investisseurs initiaux autres que l’entrepreneur ? Ce sont des investisseurs ou des spéculateurs (cf la bulle internet : les financeurs de la nouvelle économie étaient-ils, selon votre définition, des spéculateurs ou des investisseurs) ?
« Il faut au contraire tout faire pour que l’accumulation du capital puisse s’opérer et cela demande des générations. » + « faut supprimer l’ISF, les droits de succession, supprimer l’impôt sur les sociétés »
ISF : la Suisse le pratique. Sans que cela n’impacte négativement son activité. Impot sur les successions : cf outre-atlantique. L’impot sur les successions limite la création de castes en redistribuant partiellement les cartes à chaque génération. Il a toujours été plus fortement décrié dans les sociétés de type aristocratique / élitiste / monarchiste. Donc très critiqué en France.
L’absence d’imposition sur les successions facilitent l’accumulation du capital, la création de dynastie, d’une nouvelle aristrocratie, et nuit au mérite et au talent des générations suivantes.. Buffet le dit très bien.
La question est simple : l’impôt doit être acceptable et lisible. Or les impôts en France ont perdu cette lisibilité ce qui n’a fait qu’accroitre leur côté difficilement acceptable.
L’ISF francais, parce qu’il stigmatise une part de la population, ne l’est pas. L’IF suisse l’est, mais il cible très large.
Pour l’IR, les taux marginaux ne permettent absolument pas de prévoir à l’avance son taux réel, du fait du nombre incalculable de déductions de revenus, de déductions d’impots et de crédit d’impot, et de l’existence de mécanismes annexes d’imposition comme le PLF et la CSG.
On peut construire plus simple, donc plus lisible et plus acceptable.
La suppression du PLF, par exemple, permettrait de réintégrer les revenus mobiliers dans l’imposition normal. Ex : une personne ayant un taux réel d’imposition de 5% sur son revenu voit ses revenus mobiliers potentiellement taxés à 18%, soit 3 fois plus que ses revenus classique. A l’opposé, une personne ayant une imposition normal de 30% aura intérêt à avoir des revenus financiers, taxés à 18% seulement. C’est anormal.
« Ainsi, celui qui achète des actions pour investir ne sera pas taxé tandis que celui qui achète pour spéculer le sera. »
J’aimerai savoir comment vous différencier l’acheteur d’action spéculatif de l’acheteur non spéculatif. Selon la durée de détention ? selon l’évolution du titre ? doit on interdire la revente d’une action qui a connu une très forte évolution (à la hausse comme à la baisse), parce que la durée de détention est trop courte ?
Donc un fonds de pension conservant des actions 3 ou 4 ans n’est pas spéculatif ?
"La TVA sociale est le nouveau nom donné par les anti-FN à la proposition
du Front National de protéger nos marchés par des taxes à l’importation«
La, on entre dans des thèses ....................
La TVA sociale n’aura d’impact que sur les activités non délocalisables, donc les services essentiellement. Or ca ne sert à rien puisque ces services ne sont pas délocalisables. Pour la consommation, comme les taxes sur support numériques ou les taxes sur le tabac, ca renforce surtout l’attrait de l’achat hors du territoire.
Par ailleurs, toute taxe à l’importation voit son corollaire : les pays étrangers font de même. La taxe sur le textile chinois a beaucoup plu à Airbus, EADS, Areva, .... lorsque ces entreprises se sont »pris dans la figure" les mesures protectionnistes chinoises correspondantes.