Le canada avait déjà des puits de pétrole lorsque sa dette et son déficit étaient problématique. Ensuite, le Canada a réglé l’essentiel de son problème budgétaire. Et enfin, la hausse du pétrole ainsi que la possibilité d’exploiter des champs inutilisables car trop couteux a permis d’accroitre encore les revenus du pétrole.
Le budget avait déjà été sérieusement rééquilibré au préalable, via une technique simple : cesser de saupoudrer sur 30 projets, et en financer 3 fois moins mais avec sérieux.
« Sauf ceux qui ont accepté d’augmenter les prélèvements pour couvrir les intérêts »
Ou de réduire certaines dépensent pour compenser le coût des nouvelles politiques. Comme le Canada, qui a fait un choix rigolo et efficace : demander à chaque ministre de présenter 3 projets, avec les budgets correspondant, choisir un seul des 3 projets, et lui allouer les 3 budgets directement.
Résultat : le projet va à son terme, puisqu’il est largement financé, et le résidu ... est soit déduit de la dette ou du déficit, soit conservé pour l’année suivante.
Ce que je veux dire sur Allais, c’est que bien que ca le chagrine comme cela chagrine d’autres tenant de la monnaie par l’Etat, c’est que les théories d’Allais dans les années 60 et 70 ont abouti à la loi de 73 en France.
Si on était resté dans le système d’avant 73 : - l’Etat aurait remboursé la BdF avec intérêts, comme il le faisait dans les années 30, 40 et 50. Intérêts que la BdF ne reversait pas à l’Etat, mais utilisait pour d’autres choses. - l’Etat, décisionnaire sur la direction de la BdF, aurait pû emprunter selon son bon vouloir, donc sans limite les décisions étant prises en vase clos.
Et là, on entre dans la politique fiction. Nul ne peut prétendre que l’Etat aurait été alors plus vertueux. Or on voit bien comment les politiques réagissent : depuis 30 ans, ils ont presque toujours préféré la solution Emprunt pour financer des mesures nouvelles que la solution Affronter l’opinion publique ou la solution Economiser sur tel poste pour financer tel autre, puisque la solution Impot ou Reduction du train de vie des hauts fonctionnaires est de fait tabou depuis 30 ans.
Or la thèse d’Allais à l’époque, relayée par d’autres « nobels » d’économie, était : pour que l’Etat gère sérieusement ses finances, il convient de l’obliger à emprunter envers un tiers indépendant, non soumis aux ordres de l’Etat, capable de refuser de prêter, donc d’imposer à l’Etat une gestion saine et rigoureuse de ses finances.
Ca n’a pas suffit, puisque les investisseurs continuant à acheter des bons du trésor sans rechigner, les différents gouvernements se sont sentis libre de continuer à emprunter sans limite réelle.
D’autres pays ont pris cela comme un avertissement, et ont choisi d’améliorer leur balance budgétaire pour diminuer le risque d’effet boule de neige. Or ces pays ne sont pas forcément moins protecteur que le nôtre : Suède, Norvège, Danemark, Finlande ne sont pas réputés pour une absence de protection sociale. Pourtant ces pays ont réussi une réduction drastique d’une dette souscrite dans les mêmes conditions que la nôtre : auprès du privé.
C’est donc faisable, si on se pose les bonnes questions.
Vous parlez de la déduction du personnel à domicile ? Un très bon exemple. Vous omettez l’effet d’aubaine. Les particuliers employeur AVANT la déduction sont restés employeurs ... tout en gagnant cette déduction. Il en va de même pour les heures supp défiscalisées, qui ont bénéficié essentiellement à des salariés ayant déja des heures supp avant la loi TEPA.
Or ces déductions ont normalement pour vocation de favoriser la CREATION d’activité, pas de bénéficier à une activité pré-existante.
Pourtant, aucune étude sérieuse sur le résultat en terme d’activité supplémentaire.
Idem pour la tva à 5.5 pour les restaurants. 3 milliards pour combien d’emploi créés ? Les syndicats de restaurateurs parlent de 50 000 emplois sauvegardés. Sauvegardés ! Pas nouveaux ! Ca fait une subvention de 60 000 euros par emploi sauvegardé, il me semble. Cher non ?
On peut se poser la question du nombre global de fonctionnaire, très élevé. Donc, en réalité, la question de « quel travail demande-t-on à nos fonctionnaires, et met-on les postes en face du travail demandé » et donc, encore plus précis : quel travail veut on faire faire à nos fonctionnaires.
Très loin du simple « supprimer un poste sur deux ».
Mais, et là je vous rejoins, les élus pensent en fonction de la prochaine élection, et non en fonction de l’état du pays dans 20 ou 30 ans. Du coup, ils privilégient la mesure visible, plutôt que la mesure sérieuse.
Mais alors, si vous partagez ce constat, pensez vous que l’Etat aurait mieux géré son budget sans la limitation induite par la loi de 73 ?
autre chose, sur Allais. Les travaux d’Allais qui lui ont valu le « Nobel » d’économie concerne ... les marchés efficients. Ils ont servi pour les travaux des membres de la Société du Mont Pélerin : Allais, bien sûr, mais aussi Hayek, Friedman, et von Mises.