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  • xa 23 août 2010 17:19

    « Parce que les politiques sont irresponsables, il faut faire payer des intérêts ? »

    Les deux problèmes sont disjoint.

    1) les intérêts

    Parce que l’emprunteur doit rembourser in fine un pouvoir d’achat équivalent à ce qu’il a obtenu, il doit y avoir une rémunération du capital compensant l’érosion monétaire de ce capital (=inflation)

    Schématiquement, on ne doit pas pouvoir emprunter la valeur de 10 baguettes de pain en 90 et ne rendre la valeur que d’un en 2010. Donc intérêt pour que le prêteur, a minima, ne perde pas de pouvoir d’achat. C’est sur cette base que l’on fixe les taux directeurs.

    En plus du maintien du pouvoir d’achat, il faut considérer aussi la rémunération du service rendu, rémunération qui peut être nulle selon le bon vouloir du prêteur.

    2) les politiques irresponsables (ca marche aussi avec les banquiers qui ne peuvent pas s’autofinancer et doivent emprunter en dehors de leur propre établissement)

    Pour éviter que celui qui a besoin qu’on fabrique de l’argent (un prêt est de fait une création monétaire temporaire) ne soit celui qui décide de créer cet argent, on impose au premier de devoir demander à un second.

    Comme le second a le pouvoir de refuser ou non, le premier a de fait l’obligation de faire un peu plus preuve de sérieux que s’il devait décider par lui même, pour lui même, sous le contrôle de lui même uniquement.

    Imaginez que vous ayez le pouvoir d’inventer votre propre argent. Vous voulez vous acheter un appartement. Pas de problème, vous inventez 1 million et hop, vous achetez. Si vous dépendez d’un tiers pour inventer cet argent, vous dépendez de l’acceptation par ce tiers d’un prêt qu’il vous consent.

    Que ce prêt soit à taux 0 ou à taux positif ne change pas le fait que vous ne pouvez plus décider par vous même. Donc que pour que ce tiers accepte de vous prêter, il vous faudra des arguments (capacité de remboursement, montant des intérêts que vous paierez, destination du prêt générant de la plus value à terme, etc.... )

    Sur le remboursement, si vous dépendez uniquement de vous même, allez vous rembourser vos dettes, ou décider de les prolonger indéfiniment ?

    Honnêtement, vous feriez quoi, vous, personnellement ?

    Imaginez, maintenant, que Sarkozy ait ce pouvoir ? Qu’en ferait-il selon vous ?



  • xa 23 août 2010 16:22

    "Je ne comprends cependant pas bien l’argument de la compétitivité que donne une TVA plus faible pour un pays, argument avancé par Spartacus."

    C’est un peu plus compliqué que ce que Spartacus avance. La TVA fait partie de la fiscalité prise en compte pour définir un business, mais ce n’est pas la seule.

    Mais pour comprendre, prenez un livre que vous souhaitez vendre 5 euros TTC pour des raisons marketing. Si vous le vendez en France, vous en tirerez 4.18 euros HT. Depuis le luxembourg, 4.35. Ca n’a l’air de rien, mais ca signifie 17 cts de marge supplémentaire par titre vendu.

    Si par ailleurs la fiscalité locale sur les bénéfices n’est pas défavorable, où installez vous votre entreprise ?

    Vous parlez de l’Irlande pour en déduire que la TVA n’a pas d’impact. Mais ce ne sont pas les mêmes entreprises qui s’installent en Irlande !

    En Irlande, vous trouvez, comme par hasard, des entreprises qui vendent essentiellement ... à des entreprises. Donc qui travaillent en HT. Le coût élevé de la TVA ne les gène pas, au contraire. Du coup, elles comparent les marges accessibles sur le HT, avec l’imposition de ces marges. Et l’IS à 12.5 prend tout son sens.

    A contrario, Amazon comme iTunes vendent essentiellement aux particuliers, donc travaillent essentiellement en TTC. Ici, c’est le prix TTC qui est important pour ne pas faire fuir le client. A TTC égal, elles cherchent à optimiser non seulement l’IS, mais aussi le montant HT du bien vendu, donc la marge brute du bien vendu.

    Mécaniquement, à TTC égal, lorsque la TVA baisse, la marge augmente (cf les restaurateurs et le passage de la TVA à 5.5, ce qui a mécaniquement amélioré les marges).

    Les entreprises travaillant avec des consommateurs font donc un double calcul : amélioration du résultat avant impôt du fait de la faible TVA + imposition optimisée = bénéfices maximisés.

    Certaines entreprises mixent les deux solutions en fonction des produits, et des clients concernés.



  • xa 23 août 2010 15:56

    Vous m’avez mal compris. Bonne gestion ne signifie pas « pas de déficit ni de dette ».

    Bonne gestion signifie qu’on emprunte pour des raisons précises, et qu’on tient compte dans les budgets suivant du remboursement de la dette contractée. 

    La dette est un outil qu’il ne faut pas refuser au prétexte que mal utilisé, cet outil devient dangereux .

    « La politique n’aurait pas changé »

    Vous êtes sûr ? Le revirement de 83, du fait que les marchés refusaient de financer le déficit, aurait-il eu lieu, ou le gouvernement aurait-il alors utilisé sa propre banque pour financer la poursuite de son programme ?

    La CSG, impôt crétin j’en conviens, a été créée pour trouver de nouvelles sources de financement des dépenses publiques au sens large. Mais aurait-il été créé s’il avait été possible d’emprunter les milliards correspondant directement à la BdF ?

    Le nombre de paramètres à prendre en compte est bien trop grand pour simplifier aussi simplement que vous le faites en disant « l’Etat n’aurait pas été plus dispendieux, mais aurait moins eu d’intérêts à rembourser, donc moins de déficit ou moins de prélèvement ou ... »

    Mais je parie que 9 fois sur 10, les ministres de l’époque auraient privilégié l’emprunt à la réaffectation de ressources, parce que justement, c’est bien plus facile de se faire réélire lorsqu’on augmente pas les impôts, tout en financant des mesures démagogiques par l’emprunt.

    Les intérêts ne responsabilisent pas les politiciens. Les intérêts compensent l’érosion monétaire qui frappe le capital prêté. Sans cela, l’emprunteur a tout intérêt à attendre, puisque la valeur de la dette diminue, et le prêteur refuse de prêter puisque cela induit une diminution nette de sa richesse.

    Quand au fait que la dette est détenue par des étrangers :
    - c’est partiellement exact MAIS on ne tient pas compte du fait que nombre de fonds d’épargne utilisés par des français sont considérés comme étranger du fait de la localisation légale du fond. 
    - les français détiennent eux mêmes de la dette d’autres états.

    Ce n’est pas uniquement les méchants étrangers contre les français. Les Grecs a qui nombre de français ayant des fonds monétaires en euro ont prêté indirectement de l’argent doivent-ils abandonner leur complément de retraite parce que les Grecs ne devraient pas emprunter d’argent à l’étranger ?



  • xa 23 août 2010 13:20

    « Juppé en 95 a augmenté de 2 points la TVA la faisant passer à »

    à 20.6 %. La TVA est revenue à 19.6 en 2000 sur décision de Jospin, qui voulait réduire la pression fiscale des français.

    Sauf que cette réduction est passée inaperçue, puisque les entreprises ont essentiellement phagocyté ce point de TVA en augmentant leurs prix (avec l’excellent prétexte de l’euro pour faire passer la pilule).



  • xa 23 août 2010 12:44

    Quand aux équipes du Nord, elles ont fait soit de l’augmentation fiscale, soit de la réduction des dépenses, soit les deux.

    Ex : les suédois ont réglé le problème de transfert des fonctionnaires d’un service à l’autre (les corps en France), ce qui leur a permis d’optimiser les allocations de fonctionnaires en fonction de l’activité.

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