"Payer un interêt sur un prêt est un choix anthropique, ce n’est pas une
force fondamentale de la nature. C’est un choix, on peut donc le
changer. Il nous faut trouver un autre moyen de récompenser le preteur
sans pour autant demander de l’argent qui n’existe pas.«
Attention, l’intérêt n’est pas seulement une récompense.
Une partie de l’intérêt est une récompense, une valeur en plus que le prêteur récupère. Mais une partie de l’intérêt vient compenser l’érosion monétaire, la perte de valeur naturelle de la monnaie.
La dette / monnaie a une valeur donnée à un instant T qui évolue dans le temps. L’intérêt issu des taux directeurs est là pour garantir que si on vous a prêté de quoi acheter 1 baguette de pain en 2000, vous rembourserez de quoi acheter une baguette de pain en 2010. Comme entre temps il faut un peu plus de monnaie, vous remboursez nécessairement plus pour que l’opération soit réellement blanche.
Souvent on prend l’exemple de la maison, que l’on paye 2x à cause de ces voleurs de banquiers. On oublie de comparer le cout total (dette + intérêts) de cette maison achetée maintenant avec le coût total de la même maison achetée dans 20 ans (coût du logement en attendant d’acheter la maison + coût de la maison payée cash à ce moment là qui peut être du double par rapport au montant initial 20 ans plus tôt).
Dans un système dynamique, on ne peut raisonner en ramenant à l’instant T une donnée de l’instant T+1.
Après il y a effectivement une part de rémunération, de récompense. Mais si on réfléchit au problème en enlevant le côté EUR/$/Livres, et qu’on réfléchit en troc, l’intérêt est techniquement le petit cadeau qu’on fait à un voisin qui nous a dépanné une semaine en nous prêtant son véhicule. Ce cadeau participe de la dynamique d’échange en incitant cet échange : l’emprunteur gagne le service dont il a besoin, le prêteur reçoit une récompense.
C’est une mécanique qui marche depuis très très longtemps.
Mais comme vous le dites, c’est un outil. Et il peut être mal utilisé.
»Je milite bien pour la création monétaire par les banques publiques,
mais pas uniquement elles dans un premier temps«
Vous me rassurez.
»La je ne vous comprend plus quand vous parlez des « fonds ». Il me semble
que vous parlez bien d’une somme d’argent thésaurisé/épargné que l’on
serait ammené à preter."
Si nous passons dans un système dans lequel les banques ne peuvent pas créer de monnaie. Alors elles ne peuvent que prêter de la monnaie prééxistente (créée par les banques centrales dans ce cas).
Alors il y a 2 cas possibles : - elles prêtent leurs fonds propres, ce qu’elles ont accumulé par leur travail, contre intérêt. Dans ce cas, les fonds prêtables sont faibles, et se reconstituent lentement par remboursement du capital et intégration des bénéfices des banques. Avec un effet notable sur le dynamisme de l’économie. Il faut se rappeler que c’est comme cela que les banques sont nées : le mécanisme de réserve fractionnaire permettant de financer plus de personnes, ce qui dynamisait l’activité, favorisait les échanges, etc...
- ou elles empruntent auprès de la banque centrale, et reprêtent derrière. Dans ce cas, ca revient strictement à la réserve fractionnaire, et techniquement le problème actuel reste : les banques peuvent prêter plus qu’elles n’ont.
Reprenez le problème actuel. Que les dollars injectés soient créés totalement par les banques américaines, ou qu’ils soient créés par la FED, puis transmis par les banques, avec les règles prudentielles en vigueur, les mêmes montants auraient été alloués.
Et cela n’aurait, in fine, pas changé le problème : sans contrôle de l’utilisation de l’outil, il peut faire des dégâts.
"la création monétaire doit elle être entre les mains des banques
publiques ou des banques privées"
Lorsque vous dites ca, vous militez implicitement pour la création uniquement par les banques publiques, il me semble.
Donc vous militez pour l’interdiction de création monétaire par les banques. Donc pour la limitation des prêts aux seuls fonds disponibles des banques. Il faut alors intégrer dans votre analyse d’un tel système que les banques francaises n’ont pas les fonds nécessaires pour ne serait que financer dans un tel système l’immobilier en France (et ce, en cessant de financer les entreprises, les prêts consommations divers, etc...)
"D’accord avec vous, mais il faut après bien prendre en compte que les
banques publiques et les banques privées ont crée de concert la même
monnaie pendant des siècles, si bien que l’on a du mal à savoir qui
avait le vrai pouvoir. «
Exactement. Mais comprendre, déjà, que ce n’est pas que depuis 73 que les banques créent la monnaie est une bonne chose. La plupart des avoxiens sont, semble-t-il, persuadés qu’avant 73 seul l’Etat avait ce pouvoir.
Ce que l’Etat a perdu en 73, c’est la possibilité d’être son propre créancier, de s’autoemprunter de l’argent, bref d’être juge et partie.
»L’interêt n’étant pas une monnaie qui a été crée (appellée amonnaie ou
monnaie négative ou interêt non monétisée) celà ammène forcément à
l’accroissement géométrique (car les intérêt sont calculés en taux) de
la masse monétaire."
L’intérêt est un coût, une dépense. Ce n’est pas de la monnaie créée, mais de la monnaie existante qui change de main. Ce n’est pas un objet de la même nature puisque l’intérêt en lui même ne crée pas de nouvelle monnaie.
Lorsqu’un emprunteur emprunte pour payer ses intérêts, il y a deux étapes : 1) l’emprunt, qui crée de la monnaie et augmente la dette 2) le transfert de cette monnaie de la poche de l’Etat vers celle de ses créanciers sous forme d’intérêts.
Si l’emprunte n’emprunte pas, il utilise de la monnaie prééxistente.
« Peut-on exiger qu’un avocat soit présent dès la première minute ? »
Non. Au bout de la première heure uniquement ... même si la CEDH précise via les arrêts récents qu’aucune audition ne saurait être valable en l’absence d’une assistance juridique.
« Qu’il soit présent pendant toute la durée de la garde à vue ? »
30 minutes seulement, pendant lesquels il ne peut pas vous aider faute d’avoir accès au dossier. Mais il peut vous donner les conseils de base (rester zen, ne pas parler ou le moins possible) et recevoir de votre part des informations voire des instructions, afin qu’il puisse faire des observations annexées au dossier (par exemple : sur l’état des cellules, le temps pris avant de signifier la garde à vue, ...)
On rappelle que la garde à vue débute techniquement lorsque l’on vous signifie votre placement en GAV. Théoriquement, la GAV débute lorsque l’on vient vous chercher chez vous.
"La police
est-elle en droit de refuser l’accès à des toilettes« Non, ils doivent vous y emmener. Mais rien ne les oblige à le faire dans les 5 min, alors »on manque de personnels, on est désolé pour les prévenus, mais ....«
»Le gardé à vue
peut-il refuser d’être maintenu dans un lieu visiblement insalubre ?" A priori non.
Mais il peut faire inscrire ca par son avocat dans le dossier, puis se retourner contre l’Etat pour mauvais traitement, atteinte à la dignité humaine, etc. Tout un tas de truc qui sont interdit par une petite convention que la chancellerie méconnait et qu’on appelle pudiquement Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Ensuite, un GAV peut tenter de faire annuler la validité de sa GAV (devant la chambre de l’instruction, puis devant la cour de cass puis devant la CEDH, dans cet ordre il me semble).
« La fouille corporelle intime, n’est pas systématique »
J’ajouterai qu’elle n’est pas prévue par le code de procédure pénale. C’est une mesure purement policière / administrative.
Sinon j’ajouterai : - préférez le silence à la parole. un non-dit ne peut jamais constituer un élément à charge. Alors qu’une parole mal placée peut se révéler désastreuse par la suite. - exiger d’être mis au courant des charges qui pèsent sur vous, du motif de la garde à vue. - de dire à votre avocat de faire observations en décrivant votre version des faits (menottes, fouille, état de la cellule, etc...)