"Vous remarquerez d’ailleurs que la "dette" des Etats ne peut qu’augmenter plus ou moins régulièrement dans le temps, parce qu’arrrivé à échéance on a d’autres bons du trésor à plus long terme."
Non. Certains états sont excédentaires, et donc réduisent leur dette. La dette n’est donc pas impérative pour l’Etat.
"Je propose avec le dividende social de remplacer ce mécanisme par l’augmentation de la base permanente via le dividende social. Or le dividende social n’est pas décidé arbitrairement. Comme pour l’achat de bons du trésor actuellement par les Banques Centrales, il doit être mesuré, et versé régulièrement ou pas selon les estimation que l’on peut faire de la croissance des biens et services (qui n’est pas l’inflation)."
Primo, la BCE n’a pas le droit d’acheter des bons du trésor. Vous estimez le fonctionnement des banques centrales sur la banque centrale américaine.
Deuzio, je vois bien votre processus de dividende, mais vous ne voyez pas que ce n’est pas une équation mathématique permettant l’équivalence. Le fait de distribuer ce dividende a mécaniquement un effet sur le pouvoir d’achat absolu (ie : salaire + dividende social), donc sur les prix.
A moins que vous n’arriviez à me démontrer que lorsque les gens ont plus d’argent (par exemple parce qu’on leur verse un dividende social), les prix ne varient pas d’un iota.
Or si les prix montent en raison de votre dividende, cela revient à ne pas le distribuer (et donc ne pas faire monter les prix). Cette partie du mécanisme n’ayant plus d’intérêt, puisqu’elle est blanche, il ne reste que la contrepartie que vous évoquez : la diminution de l’offre de crédit.
"Ce qui se fait via les bons du trésor et le RMI versé par l’Etat actuellement, revient peu ou prou à la même chose."
Non. Ca ne revient pas du tout au même.
Pour les bons du trésor, déjà, c’est un emprunt de l’Etat auprès d’investisseurs. Ce n’est pas le fait du prince, ce sont des gens qui prêtent à l’Etat, parce que l’Etat rembourse. Ces gens, techniquement, ce sont des banquiers (d’autant que certains empruntent pour acheter des bons du trésor en jouant sur le différentiels de taux). Ce n’est pas de l’argent distribué par l’Etat, mais remboursé par l’Etat. Si l’Etat n’a plus besoin d’emprunter (par exemple, le Canada qui a drastiquement diminué ses besoins dans les 15 dernières années, et qui donc empruntait beaucoup moins), alors il y a moins de remboursements.
Le RMI, lui, consiste à verser de l’argent à une minorité de personne. De fait, cet argent n’a que peu d’impact puisqu’il n’impacte pas le pouvoir d’achat de chacun des citoyens de la zone économique.
A contrario, votre dividende augmenterait mécaniquement les revenus de tous les citoyens. Les vendeurs auraient pleinement conscience de cet approt supplémentaire aux revenus des citoyens, donc en profiteraient pour augmenter les prix.
Au final, vous persistez à négliger l’effet inflation de votre idée. Et c’est la faille de votre raisonnement.
Un exemple simple d’effet négatif d’une mesure. Il fut un temps où un gouvernement décida d’aider les ménages à faibles revenus en leur allouant une allocation d’aide au logement. L’idée était, au départ, simple, limpide, et devait mécaniquement favoriser la consommation par l’apport d’un complément de revenus à ces ménages qui, contrairement à des ménages aisés (qui peuvent recevoir des remboursements d’impots), n’épargnent pas cet argent fraichement alloué par l’Etat.
Résultat immédiat ? Une hausse des loyers des logements à destination de ces familles. Forcément, comme tout le monde savait qu’elle avait une aide de l’Etat, elle pouvait payer un peu plus. Donc autant augmenter le loyer et améliorer sa marge.
Résultat secondaire ? les familles en question n’ont pas eu plus de facilité à vivre, puisque l’allocation était presqu’entièrement mangée par la hausse de leur loyer. Pire, elles ont découvert avec effroi l’effet guillotine : lorsque les revenus directs montent, l’allocation est supprimée.... Mais le loyer, lui, ne diminue pas.
Alors, à votre avis, si on verse un dividende social à tout francais, les commercants vont jouer le jeu et ne pas augmenter leur prix ? idem pour les propriétaires de logements ? idem pour les vendeurs immobiliers ? (on se rappelera que les récentes mesures d’aide à l’acquisition n’ont eux qu’un seul effet : retarder la baisse qui intervient maintenant, alors qu’elle aurait du commencer l’année dernière).
Présenté sous cette forme votre mécanisme semble alléchant. Mais creusons un peu votre idée.
Vous remplacez la moitié de la monnaie actuelle (qu’elle soit réelle ou "dette") par de l’argent réel de sorte que l’argent "dette" ne puisse représenter que 50% de l’argent total existant.
2 solutions.
1) vous remplacez l’argent dette par de l’argent réel là où il se trouve. Ce sont donc ceux qui ont reçu paiement (donc des vendeurs) sur de l’argent dette (donc des crédits fait par des acheteurs). Vous convenez que cela ne change donc pas les dépôts ?
Du point de vue des acheteurs, par exemple le particulier qui veut acheter son appart, ca ne change rien. Ils doivent toujours emprunter. Comme dans le même temps vous avez réduit les ratios prudentiels de la banque, elle doit restreindre son offre .... donc autoriser moins de crédit.
"mais non puisqu’il y a autant d’argent".
Erreur ! Il y a autant d’argent pour tout le monde ! Mais aucune modification des dépôts, donc la banque ne peut prêter que l’équivalent des dépôts (ratio de 100%), alors qu’elle peut prêter 11 fois les dépôts actuellement (ratio de 8%). Mécaniquement, il y a moins de crédits possible.
Dans cette hypothèse, vous avez bien, comme je vous le disais, limiter les capacités d’investissement, donc l’activité.
Notez que dans cette hypothèse, il suffit de modifier le ratio prudentiel pour arriver à la même situation.
2) vous distribuez ce dividende aux citoyens. Là, vous négligez un mécanisme de base : si le consommateur dispose de plus d’argent, les prix montent.
"mais non mais non, ce n’est pas vrai"
Vous en êtes sûr ? Revenons à une période antérieure, lors de laquelle les salaires étaient indexés sur les prix. Que se passait-il ? Les salaires prenaient 10% pour suivre les prix. Du coup, les vendeurs savaient que les acheteurs avaient plus d’argent ; donc ils augmentaient leurs prix.
Du coup, vous distribuez cet argent, mais les prix vont mécaniquement s’aligner sur les nouvelles capacités d’achat. Le pouvoir d’achat reste donc stable, c’est à dire qu’on ne peut acheter que ce qu’on achetait déjà avant cette distribution.
On peut alors raisonner en monnaie constante. En monnaie constante, votre distribution d’argent ayant eu un impact semblable sur les prix, la monnaie constante est stable. Du coup, le problème redevient l’offre de crédit.
En monnaie constante, votre offre de crédit est passée de 11x les dépôts à 1x les dépôts. Donc vous restreignez les capacités.
Comme vous distribuez cet argent, ce dividende sur l’activité économique de la zone, vous entrez, en plus, dans un mécanisme amusant.
Vous distribuez cet argent, cela a donc de fait un impact sur les transactions : augmentation des prix et augmentation du nombre de transactions (forcément, plus d’argent, ce la signifie de fait plus de consommation). Vous en conviendrez, je pense. Donc de la croissance générée
Mais alors, ca veut dire que cela crée ........ de la croissance ? Et oui. Du coup, l’année suivante, votre dividende va progresser. On continue jusqu’où cette distribution ? Eternellement ? ou est-ce qu’on définit une date d’arrêt de cette distribution, en supposant qu’à cette date .... la suppression brutale d’une partie des revenus n’aura aucun impact économique ?
Ce n’est pas forcément un mal de vouloir ralentir l’économie, et rechercher, par exemple, une croissance plus faible mais très stable. Mais il faut en prendre conscience que votre mécanisme n’est pas aussi simple que vous voulez le croire ou le faire croire. Il a de fait de nombreux impacts .... que vous éludez un peu trop facilement.
"Vous n’êtes pas entrepreneurs ou n’avez pas d’entrepreneurs dans la famille ? Un entrepreneur investit avec son CAPITAL financier ou immobilier qu’il sécurise au sein d’une SARL par exemple, et quand il veut grandir il fait des "Levées de fonds" pour faire entrer de nouveaux actionnaires. Ca s’appelle l’entreprise comme système. Tout investissement financier se fait avec du CAPITAL financier, et si on se trompe on ne perd que ce qu’on a misé."
Si vous avez réussi à monter votre société sans jamais faire appel au crédit chapeau.
Question : combien de salariés faites vous vivre uniquement sur vos fonds propres et les rentrées de la société, sans jamais faire appel à l’escompte, au découverts et lignes de crédit de la banque, sans jamais utiliser l’argent de la TVA versée par vos clients ?
Vous raisonnez à monnaie constante et en négligeant tout impact de vos mesures sur l’économie.
"Par ailleurs il faut cesser de parler d’argent édité par l’Etat, le Dividende Monétaire remet l’Etat à sa place, ce dividende est versé à tous les citoyens par la Banque Centrale. Libre à l’Etat d’imposer ou de s’endetter (réellement cette fois, pas pour créer de la monnaie), mais pas d’éditer la monnaie."
Voila, c’est dit. Vous versez de l’argent à des personnes ... ce qui augmente leurs revenus.
Mais bien sûr, cela se fait sans aucun impact sur les prix !!!!
C’est une erreur logique bête pour reprendre votre terme.
Soyez logique. Si vous augmentez les revenus, que se passe-t-il ? une partie de cette augmentation de revenus sera répercutée en terme de prix. In fine, avec votre dividende en plus, les capacités de chacun seront les mêmes qu’avant (simplement ils paieront plus chers la même chose), vous n’aurez pas vraiment changé le pouvoir d’achat de ces revenus.
Par contre, vous aurez diminué dans le même temps les capacités de prêts.
"Exact. Surtout au final 11 fois la culbute sur les intérêts... pour être précis."
Non. Justement, lorsque les ratios étaient plus faible, les banques (qui ne sont pas des entreprises philanthropiques) appliquaient des taux supérieurs. Si vous cherchez un peu le rendement des fonds des banques, vous verriez qu’il n’a pas sensiblement varié.
"La discussion autour des bienfaits ou méfaits de la réserve fractionnaire n’a plus de pertinence en monnaie d’émission étatique."
Pardon ? lorsque la monnaie était étatique, il n’y avait pas de crédit sur des fonds dont les banques n’étaient pas propriétaires ? Meme Holbecq ne me l’a pas sortie, celle là.
"D’une part, une monnaie qui n’est plus d’endettement nécessite largement moins de faire appel continuellement au crédit. Holbecq soumettait que les banques prêtent l’argent créé par l’état.
Par ailleurs, il ne s’agit pas de diviser par 11 la masse monétaire, mais d’éviter à certains de faire 11 fois la culbute sur fonds propres."
Vous inversez le probléme. La monnaie dette est créée parce qu’il y a emprunt. Là, vous semblez dire, que l’Etat créant la monnaie, il ya de fait suffisement de monnaie pour les besoins qui actuellement nécessite le crédit.
Donc que l’Etat créerait une masse monétaire remplacant à la fois la masse monétaire actuelle ET les crédits non inclus dans cette masse monétaire.
Pour l’Etat lui même (et c’est la thèse d’Holbecq), le fait de créer sa monnaie quand il en a besoin, lui évite de devoir emprunter (on néglige le problème de l’argent correspondant à une création de richesse, mais bon).
Mais vous, mortel parmi les mortels (ou votre entreprise). Si vous devez acheter un appart, soit vous creez cet argent (vous travaillez 40 ans en économisant, puis vous payez cet appart), soit vous empruntez. Pour l’entreprise, cela revient soit à attendre d’engrenger suffiseéent de bénéfices pour se développer, soit emprunter et rembourser.
2 cas, alors.
La banque ne peut prêter que de l’argent existant, donc elle ne peut financer qu’à hauteur de l’argent dont elle dispose, diminué des sommes edvant rester liquides (par exemple pour les transactions courantes). Donc elle finance 11 fois moins qu’elle ne le fait actuellement. Meme en se limitant à l’investissement direct .... elles ne peuvent financer les entreprises et les particuliers. Il y a restriction de l’économie.
Ou alors vous l’autorisez à prêter plus que ce qu’elle possède (puisqu’il va y avoir des remboursements, et que tout l’argent existant n’est pas utilisé simultanément) ... c’est une réserve fractionnaire.
Je veux bien vous croire, mais il faudra développer beaucoup plus votre idée.
"Et ce n’est pas ses 400 ans d’existence qui la légitime."
Effectivement. Ca ne fait que répondre à votre affirmation sur un système ayant 40 ans.
Mais sur le principe, cela signifie que ce n’est pas plusieurs siècles de création de la monnaie par l’Etat qui légitime la supériorité de ce principe non plus.