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  • xa 15 octobre 2008 17:38

    j’ai pas compris le lien entre LBO et cavallerie. Le LBO c’est le rachat à crédit d’un bien, sachant que le crédit devra être rembourser par les revenus tirés du bien. 

    Schématiquement, le LBO, c’est l’achat avec un crédit à 110% d’un appartement locatif.


    La cavallerie, c’est emprunter pour rembourser les échéances d’un précédent prêt, puis emprunter pour rembouser les échéances du prêt qui a permi de rembourser le prêt initial, puis ............ En gros, la cavallerie, c’est la gestion de dette de l’Etat.

    Je ne vois pas le lien.

    Quand à la source de la crise, sont-ce les LBO ou la titrisation qui a permi aux banques de créer plus de crédits (donc de LBO) qu’elles n’auraient pû en faire sans la titrisation ?



  • xa 15 octobre 2008 17:34

    A quoi ils servent ?

    ........

    A rien. Ce sont des investisseurs comme les autres, qui estiment à un moment donné, qu’une action est survalorisée, donc qu’elle va baisser. Ils parient dessus, empruntent les titres quelque part, les vendent, et doivent les racheter plus tard. S’ils ont eux raison, ils gagnent, s’ils ont eux tord, ils perdent.



    Il faut aussi se rappeler comment cote un titre. Pour qu’il y ait chute (ou hausse d’ailleurs), il faut qu’il y ait rencontre à un cours donné d’acheteurs et de vendeurs. Pour que ce cours devienne le cours officiel, il faut que cet échange soit maximisant en terme de volume de titres échangés. Les ordres exécutés sur cette fraction de temps sont ceux qui correspondent à ce cours.

    Ex : 10 titres à l’achat à 10 euros, 15 à 11 euros. A la vente 10 titres à 10 euros, et 11 à 11 euros. Le cours sera 11 euros, et seuls les ordres à 11 euros sont exécutés.


    Pour manipuler le cours, il faut donc être en mesure de donner un signal crédible dans un sens donné, c’est à dire lancer un ordre à un cours inférieur ou supérieur et avec un volume qui garde un sens.

    Par exemple, à l’achat, il faut que je passe un ordre avec un volume suffisant pour que mon ordre définisse le nouveau cours (donc qu’il maximise l’échange en volume de titres), mais pas trop parce qu’il faut que je trouve suffisement de vendeurs pour maximiser cet échange. Et pour le cours, suffisement bas pour provoquer une baisse, mais pas trop pour à nouveau trouver des vendeurs.

    Donc si je lance un ordre d’achat d’EDF à 1 euros pour 1 million de titres, il y a peu de chance que je trouve 1) des vendeurs à ce prix, 2) si par le plus fortuit des hasards je trouve des crétins à ce prix, que l’échange soit maximal en nombre de titre sur la fraction de temps (si je trouve un seul crétin pour un titre, ca ne sera pas maximisant, donc ca ne sera pas le cours, donc l’ordre ne sera pas exécuté). Le signal n’est pas crédible.

    Pour couronner le tout, cette manipulation devrait se faire dans un environnement où tout le monde fait les mêmes calculs, et cherche à trouver l’ordre qui pourrait manipuler le cours ..... ca tient plus de la prédiction de la prochaine combinaison du loto que de l’intelligence.






  • xa 15 octobre 2008 16:23

    "LONDRES (Reuters) - Les autorités boursières de plusieurs pays ont annoncé des mesures limitant les ventes d’actions à découvert, provoquant un violent rebond des valeurs financières qui avaient été prises pour cible par les spéculateurs."

    Il me semble qu’il faut remettre les données dans leur contexte, Gilles.

    Cette brève date du 19 septembre dernier, date à laquelle les bourses ont fait un bon spéctaculaire, le CAC ayant pris ce jour là 9,27%.

    Ce même jour, il était annoncé :

    - l’interdiction de la VAD, ce que dit cette brève

    - l’intervention de l’Etat américain pour 700 milliards de dollars afin de sauver le secteur bancaire.


    "Le premier facteur de cette hausse généralisée est l’annonce faite par le Trésor américain et la Réserve fédérale d’une ouverture de discussions avec le Congrès sur un "vaste plan" d’aide aux banques. Il s’agirait d’aider ces établissements à se débarrasser de leurs actifs à risque, accumulés pendant la dernière bulle immobilière. Selon la presse américaine, le dispositif rappellerait celui imaginé pendant les années 1980 après l’effondrement de centaines de caisses d’épargne. Le second facteur est la décision prise par les régulateurs boursiers américains et britanniques (suivis par ceux des autres pays) d’interdire avec effet immédiat les "ventes à découvert" sur 799 titres d’institutions financières."


    Par ailleurs, l’interdiction de la VAD concernait certaines sociétés seulement, et non une interdiction totale. Dans le cas de l’AMF (donc pour la place de Paris), les sociétés concernées étaient :
    ALLIANZ DE0008404005
    APRIL GROUP FR0004037125
    AXA FR0000120628
    BNP PARIBAS FR0000131104
    CNP ASSURANCES FR0000120222
    CIC FR0005025004
    CREDIT AGRICOLE FR0000045072
    DEXIA BE0003796134
    EULER HERMES FR0004254035
    HSBC HOLDINGS FR0004254035
    NATIXIS GB0005405286
    NYSE EURONEXT FR0000120685
    PARIS RE CH0032057447
    SCOR FR0010411983
    SOCIETE GENERALE FR0000130809

    Pas suffisant pour justifier la hausse du CAC, qui ne dépend pas que de ces sociétés. Est-ce l’interdiction de la VAD qui a provoqué le rebond, ou l’information sur l’intervention massive qui a lancé un rebond ?

    Si on prend la journée du 13 octobre, la VAD est autorisé, un plan de sauvegarde des banques est annoncé, la hausse est vertigineuse. Pourtant la VAD n’est plus interdite.



  • xa 15 octobre 2008 11:47

    "L’objectif du plan est de mettre les banques françaises sur un pied d’égalité avec les Britanniques », qui, après le plan d’aide de Gordon Brown, auront un ratio de solvabilité de 9 %. Bref, tout établissement français est fortement incité à piocher dans ce fonds de 40 milliards."

    Précisons deux petites choses. Le ratio en question est le ratio tier1. C’est le ratio entre les enagements de la banque et ss fonds propres. Ca ne concerne pas les dépots des clients, mais uniquement l’argent qui appartient à la banque et à ses actionnaires. 

    Les banques anglaises tournent, au 30 juin (le ratio actualisé à Septembre sera publié avec les comptes trimestriels) entre 4 et 5%. Les banques francaises tournent entre 7 pour les moins capitalisées et 8,9% pour la plus capitalisée.

    Le plan britannique remonte ce ratio à 9. L’idée, semble-t-il, c’est de permettre aux banques francaises de s’aligner ... si elles le souhaitent, bien sur. Vont-elles le faire ? C’est plus délicat comme question.

    Elles peuvent y voir un intérêt, puisque cela remontera le ratio tier1, donc renforcera la solidité de la banque. Mais d’un autre côté, cela risque de donner une mauvaise image pour les clients ("ma banque est obligée d’utiliser les ofnds de l’Etat, est-ce que ca veut dire que ca va mal ? Dans le doute, je retire mes économies").

    D’ailleurs, HSBC a annoncé qu’elle ne ferait pas appel au plan britannique, et qu’elle atteindrait seule le nouveau niveau exigé pour tier1 (elle part avec un ratio de 8,7), histoire de bien montrer qu’elle a les reins solides, et une gestion sérieuse.


    "En revanche, pour injecter 40 milliards dans le capital des banques, il faudra augmentera d’autant la dette publique"

    oui. Comme pour les 320 milliards de garantie d’ailleurs. Mais comme pour les 320 milliards, la mobilisation des fonds
    (ie : la prise réelle de dettes) se fera au besoin, et pas en une fois. Il y aura vraissemblablement un emprunt initial, mais les 40 milliards ne seront pas mobilisés d’un coup.

    "
    Mais là où le gouvernement est resté muet, c’est sur le déficit à plus long terme. Augmenter l’endettement a un coût. Cela produit une hausse de la charge de la dette, qui doit être payée. Cela ne peut pas être sans effet sur les déficits. "

    Il y a deux choses.

    Primo, c’est logique qu’il n’y ait pas de cout en 2009, les intérêts seraient le cas échéant impactés en 2010, si l’emprunt concernait directement l’Etat.

    Deuzio, il y a une subtilité importante. C’est la société montée pour l’occasion qui va payer les intérêts, et non l’Etat. Résultat : cette société va devoir le faire sur la base de ses propres ressources. ses ressources sont issues de l’emprunt et des revenus qu’elle obtiendra soit par la revente des titres obtenus en recapitalisation des banques, soit par les intérêts reçus sur les prêts (n’oubliez pas que c’est la même structure qui gère les deux cas, surement pour jouer les vases communiquants).

    Pour l’Etat, le coût des intérêts ne devrait être impacté que si la société ne dispose plus de ressources pour "assumer" ses dettes. C’est une astuce comptable, certes, mais ca permet de ne pas modifier le budget ... au moins pour un temps.

    Deux cas possibles, alors.

    1) la société n’a plus de cash pour payer les intérêts, et les titres ne couvrent pas les dettes + intérêts, alors l’Etat sera mis à contribution (ie : budget impacté).
    2) la société n’a plus de cash, mais les titres couvrent, elle les vend pour payer ses échéances (intérêts + dette), le surplus éventuel à la fin de l’opération (ie : une fois tous les titres vendus et les dettes remboursées) revenant à l’Etat.

    Le budget ne devrait donc pas être impacté avant l’échéance de l’opération, la dette de l’Etat sera par contre impactée par les sommes mobilisées.

    J’ajouterai une petite chose. A partir du moment où cette structure existe, et qu’elle recourt à l’emprunt avec la garantie de l’Etat pour se financer, qu’est-ce qui nous garantit qu’elle ne pourra pas à terme augmenter ses dettes "recapitalisation des banques" au delà de 40 milliards (soit parce qu’elle doit recapitaliser plus que prévu, soit pour disposer de ressources pour financer les intérêts de la dette initiale) ?



    Donc, comme vous le dites fort justement, "
    on est encore loin de savoir précisément si l’état sera gagnant ou perdant dans l’histoire".



  • xa 15 octobre 2008 11:11

    "ce qui m’etonne un peu c’est qu’aucun media"

    Liberation, le monde, le figaro, et évidement les echos et la tribune pour les journaux français.
    on peut ajouter BFM et France Info pour les radios.

    Aucun media, c’est peut être un tout petit peu exagéré.




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